‹ Précis d'analyse chimique qualitativeChapitre 58 sur 130 · I. is · texte numérisé non relu

I. is

210 MÉTHODE GiffiRALI.

fondent aisément, et le charbon se recouvre d'un

L*antinioine, \ Le plomb, Le cadmium, '

, ^. . . enduit autour de Fessai. Le bismuth.

Le zinc,

L'étain fond aisément et s'oxyde sans former d'enduit.

L'argent, \

Le cuivre, / fondent difficilement sans donner d'enduit.

L'or, )

Le fer.

Le nickel, Le cobalt, Le platine.

sont infusibles.

193. CoioratioD de la flamine. — Plusieurs Substances jouissent de la propriété de colorer la flamme extérieure du chalumeau d'une manière particulière et plus ou moins intense. Dans quelques cas cette coloration est assez tranchée pour accuser immédiatement la présence de certaines substances. Pour obtenir un résultat bien net, il importe d'employer une flamme d'oxydation dont le dard bleu soit bien délié, et sans flamme jaune ; sous ce rapport, la flamme d'une bougie se prête le mieux à cet essai.

Certaines substances fusibles permettent l'emploi du fil de platine, mais c'est en général avec la pince à bouts de platine qu'on saisit une parcelle du corps à examiner. Les essais précédents indiquent d'ailleurs s'il n'est pas susceptible d'attaquer le platine; dans le cas d'un métal aisément réductible ou fusible, il faut employer le char-

\ pour support.

La substance est introduite dans la flamme d'oxydation à rextrémîté a (fig. 17) ^ ^ du dard bleu. On voit alors la flamme s'allonger et s'élargir considérablement autour de la pièce d'essai et prendre la îormeadef. Cette partie élargie acquiert avec certaines substances une des colorations suivantes :

Jaune. — La soude et les sels de soude. Le mélaDgc d'une quantité, même considérablei d'un sel de potasse n'altère pas cetle coloratioo.

ViOLETTC. — La potasse et les sels de potasse. Cette teinte est mafquée par la présence d'une très petite quantité d'un sel de ioade.

RoDOE. — Les sels de strontiane et de chaux, humectés d'acide chlorfaydriqoe. La coloration est rouge purpurine avec les sels de strontiane, et rouge jaunâtre avec les sels de chaux.

Vebt JAUNATRE. — Lcs sels de baryte, préalablement humectés d*adde chlorhydriqne. La coloration est peu intense.

YsaT-iHBRAUDE. — Lcs sels de cuivre ( acétate , carbonate, iodure, etc.), dont l'acide ne colore pas la flamme par lui-même.

Vert bleuâtre. — Les phosphates, préalablement humoctés d'acide sulfuriqae.

ViiT JAUNATRE. — L'acide borique et les borates cïempts do soude. La coloration est très intense. Le borax seul ne produit pas la coloration verte, mais il donne la coloration jaune due h la soude ; la coloration verte n*apparatt qu'après que le sel a été calciné et humecté d'acide sulfurîque.

212 &IÉTHODË GÉNÉRALE.

Dlece. — Chlorure et bromure de cuivre. (Coloralion à peine sensible avec l'arsenic, l'antimoine cl le plomb métalliques.)

La coloration communiquée à la flamme extérieure par les combinaisons du cuivre avec les corps halogènes peut servir à reconnaître ceux-ci ; les teintes produites par le chlore et l'iode sont très tranchées ; le brome donne une nuance intermédiaire. L'essai se fait de la manière suivante : On sature, sur le fil de platine, une perle de sel de phosphore avec de Poxydc de cuivre, de manière à la rendre tout à fait opaque, et on la met encore incandescente en contact avec une parcelle de la substance à essayer, de manière à Ty faire adhérer. Lorsqu'on présente ensuite la perle à Textrémité de la flamme extérieure, celle-ci se colore: en bleu intense bordé de pourpre, avec les chlorures ; en bleu bordé de v>ert, avec les bromures ; en verl'émeraude intense, avec les iodures.

19^. Grillage. — Lorsqu'une substâiice, soumise aux essais précédents, a été reconnue exempte de corps combustibles, on peut directement la traiter au chalumeau par les réactifs tels que le borax, le sel de phosphore et la soude. Mais s'il résulte de ces premiers essais que la substance renferme des sulfures ou des arséniures, il est indispensable de la soumettre préalablement à un traifement spécial, ayant pour effet l'élimination de toutes les substances volatiles ou combustibles, dont la présence pourrait nuire à la netteté des réactions, et môme en masquer les effets. On évite cet inconvénient par le grillage.

Cette opération doit être exécutée avec soin. On introduit une petite quantité de la matière, réduite en poudre impalpable, dans une excavation peu profonde pratiquée sur le charbon, et on la comprime légèrement de manière à lui donner une certaine consistance et à diminuer

répaisseur de la couche. On y dirige ensuite la portion la plus extrême de la flamme extérieure, en évitant de trop chauffer, surtout au commencement; dans tous les cas il ne faut pas dépasser la chaleur rouge. Ce traitement o pour effet d'éliminer la plus grande partie du soufre cl de l'arsenic, et d'oxyder les métaux avec lesquels ils étaient combinés; une partie du soufre et de l'arsenic s'oxyde aussi et reste en combinaison à Tétat de sulfate et d*arséniate. Dès la disparition de toute odeur sulfureuse ou arsenicale, on substitue à la flamme d'oxydation un feu do réduction peu intense. Les sulfates et les arséniates sont ramenés à l'état de sulfures et d'arséniures, et il 86 dégage de nouveau du soufre et de l'arsenic. On applique ensuite un deipier feu d'oxydation , très ménagé, qui souvent développe encore une faible odeur sulfureuse. La matière ainsi traitée se présente sons la forme d'une masse légèrement agglutinée et poreuse (elle ne doit pas être fondue). Après ce premier traitement on la retourne , et l'on opère de même sur la face qui avait d'abord été en contact avec le charbon.

Pour éliminer la totalité du soufre et de l'arsenic, il est en général nécessaire de recommencer toute l'opération une seconde et même une troisième fois, après avoir réduit en poudre fine, dans le mortier d'agate, la matière soumise à un premier grillage.

Lorsque la matière contient de l'antimoine, celui-ci se volatilise en partie dès le commencement du grillage, mais une autre partie se transrorme en acide antimonieux qui n'est pas volatil. Dans le cas où elle renferme beaucoup de soufre et d'arsenic, il est utile de l'en débarrasser en

2iU MÉTHODE GbNÉRALK.

plus grande partie, en la chauffant dans le tube incliné et ouvert par les deux bouts (191). On ternoine ensuite le grillage sur le charbon et sous le dard du chalumeau.

Comme les réactifs qu'on emploie au chalumeau ne s'appliquent, à proprement parler, qu'à des corps oxydés, c'est donc cette forme qu'il faut donner, par le grillage, à toutes les substances qui ne l'ont pas déjà.

On reconnaît que le grillage a été bien conduit, quand la matière chauffée au contact de l'air ne dégage pas d'odeur sulfureuse ou arsenicale; qu'elle présente un aspect tout à fait mat , et se laisse aisément réduire en une poudre impalpable dans le mortier d'agate.

195. EMai aa borax. — L'emploi du biborate de soude est fondé sur la grande^ tendance que présente l'acide borique à s'unir aux oxydes métalliques pour former avec eux des sous-borates fusibles. Cette affinité de l'acide borique pour les bases lui communique la propriété d'expulser de leurs combinaisons les acides moins forts que lui. D'une autre part, le borax dissout aussi les acides, notamment la silice, et forme avec eux des sels mixtes, acides et fusibles. 11 est donc le fondant par excellence des substances minérales. Les verres qu'il produit par la fusion avec d'autres corps conservent en général leur transparence après le refroidissement ; très souvent ils sont colorés d'une manière particulière.

Le borax est employé sur le fil de platine, recourbé en crochet. On fait rougir celui-ci et on le plonge encore incandescent dans le sel , qui y adhère alors aisément. Sous le dard le borax se boursoufle, perd toute son eau et se transforme en une goutte limpide et incolore qui se

ESSAIS AU CBALUMBAU. 215

figc Ci s'aiMÔtc dans la courbure. Tandis que le fondant est encore pâteux, on le met en contact avec une très petite parcelle (0 de la substance h essayer, et Ton expose le mélange à l'action de la flamme, en ayant soin d'observer si la fusion du mélange s'opère avec lenteur ou facilité, si le verre produit est coloré, et quel est l'effet des deux flammes sur cette coloration ; si la coloration change, augmente ou diminue par le refroidissement de la perle, et enfin si le verre conserve ou perd sa transpanmce.

Le borax saturé de certaines substances, telles que la baryte, la strontiane et la chaux, donne, après le refroidissement , un verre incolore et transparent susceptible de se transformer en un émail blanc de lait, lorsqu'on Texpose à diverses reprises et pendant quelques instants à la flamme extérieure. On dit, dans ce cas, que le verre devient opaque au flamber. Il est utile de constater cette propriété; elle sert à distinguer les terres alcalines de la silice et de l'alumine.

Le tableau suivant résume les différentes colorations qu'on observe dans les essais au borax.

(*) Il est extrêmement imporlanl de n'opérer que sur de très ftibles quantilés de matière ; sans cette condition, la plupart des réactions sont masquées, et Ton n'obtient avec le borax que des verres noirs entièrement opaques. Ce n'est qu'après avoir obtenu un verre iocolortet transparent qu'il faut augmenter successivement la dose de la matière, pour s'assurer si la perle devient opaque, ou prend une couleur particulière par la saturation;

.MÉTHODE GëNERâLK.

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