Essai dans od tulie fermé par mt bout. — On
détermine par cet essai la présence des principes volatils, et la manière dont la substance se comporte sous l'influence de la chaleur, à l'abri du contact de l'air.
On introduit au fond du tube une petite quantité de la substance et on l'expose d'abord à la flamme de la lampe à alcool ; si rien de particulier ne se manifeste à cetle température, on la porte peu à peu au rouge.
Voici les phénomènes qui peuvent se présenter :
Dégagement d'eau, -^ La plupart des hydrates laissent dégager de Teau qui se condense et ruisselle sur les parois Troides du tube. Dans ce cas, il peut être utile d^examiner si cette eau offre aux papiers colorés une réaction acide ou alcaline.
Formation d'un sublimé. — Ce sublimé peut être produit par des corps volatils, tels que les sels ammoniacaux, les sels de mercure, les combinaisons du soufre et de Tarsenic.
Dégagement de gaz oa;yflfèHe. *— Pour reconnaître le dégagement de ce gaz, il faut présenter à Torifice du tube une allumette ayant encore quelques points en ignition, ei observer si elle s'enflamme. Beaucoup de chlorates, bromates^ iodates, nitrates et peroxydes développent du gaz oxygène parla calcination.
Dégagement de vapeurs rutilantes, — Cette réaciion appartient exclusivement aux nitrates et aux nitrites.
Dégagement d'acide carbonique, — On l'observe avec tous les carbonates, à Texception des carbonates alcalins et même des carbonates alcalino-terreux qui ne se décomposent qu'à une température extrêmement élevée; Si cette réaction se manifeste, il faut examiner
le rëfidu, et voir 8*il est attiré par le barreaa aimanté. (Le fer spathiqae laisge an résidu d'oxyde de fer magoéliqae.)
Dépôt de charbon. — La plupart des matières organiques noircissent, en abandonnant du charbon.
1 91 . EsMil dans un tube ouTert par les deux bouts. —
On soumet la substance à un véritable grillage, afin de mettre en évidence certains principes qui ne sont pas directement volatilisables , mais qui le deviennent par l'oxydation. Beaucoup de sulfures et d'arséniures dégagent, dans ces circonstances, de l'acide sulfureux ou arsénieux.
La matière répand de Vodeur. — Les sulfures métalliques dégagent rôdeur particulière du soufre en combustion ; les arsénlures , une forte odeur d*ail.
Il se forme un sublimé fnétallique, — l\ peut être dû à des arséniaref ou k des composés mercurîels.
// se produit un sublimé blanc, — Ârséniures, antimoniures, sols de mercure, sels ammoniacaux.
Il se forme un sublinié coloré et fondu. — Les persulfures donnent an sublimé Jaune brun de soufre fondu ; les sulfarséniures, un sublimé complexe, coloré et noir, rouge noir ou jaune, et composé de couches différentes de soufre et de sulfure d'arsenic.
192. Essai sur le charbon. — On place un petit fragment de la substance dans une excavation faite sur le charbon, et Ton examine comment elle se comporte sous le dard du chalumeau. La plupart des phénomènes déjà observés dans les deux essais précédents viennent alors se reproduire; mais voici d'autres réactions qui peuvent également se présenter :
a, La matière fond sans se volatiliser et sans changer de couleur, et pénètre dans les pores du charbon. —- Cette réaction est particulière à la plupart dos sels alcalins et h quelques composés alcalino-lor-
208 MÉTUODE GÉNÉRALE.
reux. Le r<^sidu qu*ils laissent colore en brun le papier de curcumn, •iprès une forle caicination dans la flamme intérieure. Quelques hydrosilicates, notamment les zéolilhes, se comportent comme les corps précédents.
b. La matière est très difficilement fusible ou infusible, et ne change pas de couleur. — Ce caractère appartient à la silice et à bcaurou[) de silicates, à Taluminc et à plusieurs sels alcalino- terreux. Los alcalis terreux répandent une vive lueur blanche sous le dard du chalumeau.
c. La matière ne semble pas s'altérer ou devient seulement plua foncée f mais elle ne subit pas de fusion ^ ne répand pas de fumée et ne forme pas d'enduit sur le charbon. — Dans ce cas se trouvent beaucoup d'oxydes métalliques, savoir : le peroxyde de manganèse, le sesquioxyde de fer (au feu de réduction il se transforme en oxyde magnétique), les oxydes de nickel, de cobalt et de chrome.
d. La matière est in fusible et inaltérable au feu d'oxydation: exposée au feu de réduction, elle ne donne pas de culot métallique, mais elle développe des fumées blanches qui se déposent sur le charbon sous forme d'enduit, — Oxyde de zinc et oxyde de cadmium.
Oxyde de zinc. — Chauffé légèrement au feu d'oxydation , il se colore en jaune, et redevient blanc par le refroidissement; chauffe jusqu'à rincandescence, il répand une vive lueur. Au feu de réduction, il disparait lentement et dépose sur le charbon un enduit blanc, qui est de l'oxyde de zinc régénéré.
Oxyde de cadmium. — Il ne manifeste rien de particulier au feu d'oxydation; au feu de réduction, il disparaît peu a peu et recouvre le charbon , tout à l'entour de l'essai , d'un enduit jaune fon^e d'oxyde régénéré. La couleur n'en devient bien manifeste qu'après un complet refroidissement.
e. La matière se réduit à l'état métallique avec formation d'un enduit. — Oxydes de plomb, de bismuth et d'anlimoine.
Oxyde de plomb, — Au feu de réduction, il donne immédiatement et avec effervescence un culot métallique qui se volatilise lentement et régénère de l'oxyde; celui ci se dépose sur le charbon sous la forme d'un enduit jaî/ï7e. (Chauffé dans la flamme d'oxydalion, sur
ESSAIS AU CBALUMEAU. 209
un support autre que le charbon , Toxyde de plomb prend simplement une couleur plus foncée ; il fond par une chaleur intense en un verre Jaune Toncé.)
Oxyde de bismuth — Au feu de réduction, il est rapidement réduit à rétat métallique ; par un feu soutenu , le culot se volatilise et donne un enduit jaune brun d'oxyde régéuéré. [Soustrait à Taction du charbon, Foxyde de bismuth se comporte comme Toxyde do plomb ; le verre est d*un brun foncé à chaud, et d'un jaune paie après le refroidissement.)
Oxyde d'antimoine. — Au feu d'oxydation, il se volatilise et se déplace sur le charbon pour se condenser sur les parties froides ; au feu de réduction, il donne un culot métallique qui se volatilise aisément, et se réoxyde en déposant un enduit blanc.
f. La matière se réduit à Vélat métallique sans déposer d'enduit. — Plusieurs oxydes métalliques sont nettement caractérisés par celte réaction, savoir :
Oxyde d'étain. — Il se réduitdifGcilement à Tétat métallique. Pour obtenir an culot, il faut une flamme de réduction très franche et bien soutenue.
Oxyde de cuivre, — Soumis au feu d'oxydation, il fond eu un globule noir qui s'élargit et présente du cuivre réduit sur la face en contact avec le charbon ; le feu de réduction le réduit à Tétat métallique à une température inférieure au point de fusion du cuivre. Le calot se réoxyde à la surface pendant le refroidissement.
^'^ . • * ( l's sont immédiatement réduits dans les deux
, .' . ( flammes.
— deplatme. ;
g. La matière produit une déflagration, — Nitrates , chlorates , percblorates, iodates et bromates.
La fusibilité pure et simple d'une substance, sous le dard du chalameaa, est en général un caractère de peu d'importance. Toutefois, lorsque la matière est un métal, il peut être utile de consigner ce résultat qui peut alors donner une indication assez précise. Ainsi :