‹ Précis d'analyse chimique qualitativeChapitre 68 sur 130 · ESSAIS PAR LA VOIS HUMIDE · texte numérisé non relu

ESSAIS PAR LA VOIS HUMIDE

ZS8AX8 TASL X.A VOI£ HUMIDE.

207. Toute substance qu'on se propose d'analyser peut être obtenue en dissolution par l'un ou l'autre des procédés décrits précédemment. Dans la plupart des cas, on apprend déjà par ces premiers essais, ainsi que par les essais au chalumeau, quelles sont les substances sur lesquelles il faut plus particulièrement porter son attention ; mais ces renseignements ne sont jamais suffisants, et il faut absolument recourir à remploi des réactifs par voie humide pour qu'aucun élément n'échappe à l'investigation.

Les piiénomènes qui se manifestent dans cette nouvelle phase de l'analyse sont assez tranchés pour permettre de déterminer successivement et avec certitude tous les corps faisant partie de la substance proposée. Toutefois, on le conçoit , le choix des réactifs n'est pas arbitraire, et il faut, au contraire, suivre une marche systématique, et observer les réactions dans un ordre déterminé. Cette marche repose sur l'emploi d'un certain nombre de réactifs généraux, c'est-à-dire de réactifs qui se comportent dans les mêmes circonstances, à l'égard d'un nombre limité de corps, d'une manière sinon identique, du moins semblable, et permettent ainsi de diviser en groupes analytiques tous les corps contenus dans une dissolution. L'emploi de ces réactifs généraux n'a pas précisément pour but de distinguer ou de séparer certains corps, bien que, dans

2^0 MÉTBODB GiNÉRALE.

beaucoup de cas, ils puissent également servir pour cet objet; mais on se propose, en en faisant usage, de former un premier classement qui facilite et prépare les moyens d'effectuer ultérieurement la séparation et la détermination de chaque corps. Les réactifs généralement employés pour caractériser les corps par groupes sont : pour les métaux et les oxydes, V hydrogène sulfuré, le sulfhydrate d'ammoniaque^ le carbonate d'ammoniaque^ la potasse et V ammoniaque caustiques; pour les acides, les acides sulfurique, cklorhydrique ou nitrique concentré^ le chlorure de baryum (ou le nitrate de baryte)^ le chlorure de calcium (ou Y eau de chaux) ^ le sulfate de magnésie (ou le chlorure de magnésium) , le perchlorure de fer et le nitrate d'argent, La solution d'indigo sert à reconnaître tous les acides riches en oxygène ou ceux qui mettent aisément du chlore en liberté.

208. Examen de la solution, — Pour toutes les substances directement solubles dans Teau , il importe de déterminer si la solution qu'elles donnent est acide, neutre ou alcaline aux papiers réactifs. Une dissolution neutre ne contient, en général, que des sels alcalins ou alcalino-terreux, car les sels de la plupart des autres oxydes métalliques ont une réaction acide. La présence d'un alcali libre exclut d'une dissolution exempte de matières organiques fixes tous les oxydes métalliques insolubles dans les liqueurs alcalines. Les oxydes alcalino-terreux ne peuvent pas non plus exister dans une solution alcaline, lorsque cette alcalinité est due aux carbonates alcalins. Cependant les oxydes, les cyanures ou les sulfures métalliques solubles dans une dissolution

ESSAIS PAR LA VOIS HUMIDE. 2/tl

de cyanure de potassium ou de sulfure alcalin font exception à cette règle. Il en est de même des oxydes de fer, de chrome et de cuivre, ainsi que de Taluraine, quand la liqueur contient des matières organiques non volatiles.

La manière dont une liqueur se comporte avec les papiers réactifs est surtout à prendre en considération, lorsqu'il s'agit d'une solution dont on ne connaît pas l'origine ou qu'on n'a pas préparée soi-même. Dans les cas de cette nature, il faut en outre compléter ces premières indications en cherchant si la liqueur contient des principes fixes ou volatils : il suffit, pour cela, d'en soumettre une petite quantité à une évaporalion ménagée; si l'on obtient, dans ces circonstances, un résidu fixe, il faut examiner dequelle manière il se comporte au chalumeau. Par ces essais, d'ailleurs si simples, et qui pour ce motif ne doivent jamais être négligés, on acquiert toujours des notions importantes sur la nature des substances contenues dans la liqueur proposée.

Lorsqu'une dissolution est colorée, la nature de la coloration fournit souvent des indications utiles. Ainsi, par exemple, les solutions des sels de cuivre et de quelques sels de chrome sont colorées en bleu ou en vci't; celles des sels de nickel, sont colorées en vert; celles des chronaates, des sels de fer, d'or et de platine, sont, suivant leur concentration, colorées en jaune ou en rouge jaunâtre ; enfin, les solutions des sels de cobalt sont colorées en rose ou en cramoisi.

Aprèscet examen préliminaire de la liqueur, on la divise en trois parts : l'une destinée à la recherche des bases ; l'autre, à celle des acides; la troisième, pour servir de I. 21

2^2 MÉTHODE GÉNéRALB.

réserve. Comme les réaélions des métaux sont en général nettes et bien trancliées, et qu'on arrive promptement à les déterminer tous d'une manière certaine, il est d'usage de commencer l'analyse par la recherche des bases, et de passer ensuite à celle des acides. Toutes les bases ne pouvant pas exister simultanément avec tous les acides dans une même dissolution, la découverte de certaines bases permet souvent à l'expérimentateur de se prononcer sur la présence ou l'absence d'un grand nonîbre d'acides.

Les résultats auxquels on est conduit par l'application de la marche générale que nous allons décrire doivent toujours être contrôlés; avant d'admettre définitivement la présence d'un corps» il faut chercher à confirmer les résultats qu'on a obtenus pour chaque acide et chaque base, par les réactions indiquées dans la Deuxième partie de ce volume.

A. Recherche des bases ou des métaux (*).

209. Emploi des réactifs généraux. — Lorsque la liqueur proposée est neutre, on l'aiguise d'une petite quan* tité d'un acide minéral. L'acide dont on se sert pour cela est ordinairement Vacide c/dorhydrique ; cependant on y substitue quelquefois l'acide nitrique. Quand on fait usage d'acide chlorhydrique, il faut se rappeler que cet acide

(*) Les acides de Tar^cnic trouvent leur place dans celte recherche, parce que Tarscnic se comporte comme un métal avec les réaciirs généraux.

UEGHBHCUE DES BASES. 2^3

produit un précipité de chlorures dans les dissolutions des sels d'argent, de plomb et de mercure au minimum. Il faut éviter une addition d'acide trop forte, car elle pourrait entraver les réactions ultérieures.

La solution rendue acide est ensuite traitée successivement par V hydrogène sulfuré, puis, après que ce premier réactif a produit lout son effet, par le sulfhydrate d'ammoniaque^ et enfin par le carbonate d'ammoniaque. Ces trois réactifs permettent de classer tous les métaux en cinq groupes; cette division est fondée sur les propriétés des sulfures métalliques.

Il existe, en effet :

a. Une série de sulfures insolubles à la fois dans l'eau et dans les acides étendus. L'hydrogène sulfuré ajouté à la solution de la matière précipitera tous les mélaux correspondant à ces sulfures.

b. Certains sulfures de la série précédente sont susceptibles de se combiner avec les sulfures alcalins pour former des sulfosels solubles dans l'eau. Par conséquent, si Ton met le précipité produit par l'hydrogène sulfuré en digestion avec du sulfhydrate d'ammoniaque, celui-ci dissoudra les sulfures avec lesquels il peut entrer en combinaison, tandis que les autres sulfures formeront un résidu insoluble.

D'après cela, tous les métaux précipitables par l'hydrogène sulfuré dans une liqueur légèrement acide peuvent être divisés en deux groupes : métaux dont les sulfures sont solubles dans le sulfhydrate d'ammoniaque^ et métaux dont les sulfures sont insolubles dans ce réactif.

2[\li

BfiTHODE GÉNÉRALE.

Métaux précipitaules par l*hydrogène sulfdbb dans une liqueur légèrement acide.

Preuier groupe.

Métaux dont les sulfures sont solubies dans le sulfhydrate d'ammoniaque.

Antimoine.

Arsenic.

Étain.

Or.

Platine.

Deuxième groupe.

Métaux dont les sulfures sont insolubles dans le sulfhydrate d*ammoniaque.

Plomb.

Argent.

Mercure.

Cadmium.

Bismuth.

c. Les sulfures d'une troisième série sont insolubles dans Teau, mais ils sont décomposés par les acides minéraux, et s'y dissolvent. Les métaux correspondant à ces sulfures ne seront donc pas précipités par l'hydrogène sulfuré dans une liqueur acide, mais ils le seront toujours par un sulfure alcalin, aux dépens duquel l'acide libre est neutralisé. Les métaux appartenant à ce groupe sont les suivants :

MÉTAUX QUI NE SONT PAS PRÉCIPITÉS PAR l'HYDROGÈNE SULFURÉ

dans une liqueur acide, mais qui sont précipités par le sulfhydrate d'ammoniaque.

Troisième groupe.

} précipités à Tétat de sulfures.

Nickel,

Cobalt,

Fer,

Zinc, I

Manganèse, ^

rf. Enfin, les sulfures d'une quatrième catégorie sont

solubles dans Teau. Les métaux correspondant à ces sulfures ne seront donc précipités dans aucune circonstance, ni par Thydrogène sulfuré, ni par le sulfhydrate d'ammoniaque. Parmi ces métaux, les uns donnent des carbonates insolubles dans l'eau, les autres des carbonates solubles dans ce liquide; de là deux groupes :

MÉTAUX QUI NE SONT PnÉCIPITES NI PAR L'HYDROGÈNE SULFURA NI PAR LE SULFHYDRATE D'aMMONIAQUE.

Cinquième groupe.

Métaux qui ne sont pas précipités par les carbonates alcalins.

Potassiara.

Sodium.

Ammonium.

Quatrième groupe.

Métaux qui sont précipités par les carbonates alcalins.

Baryum.

Strontium.

Calcium.

Magnésium.

(Dans le cas des phosphates, des oxalates ou des iïuorures, les métaux du quatrième groupe se précipitent par le sulfliydrate d'ammoniaque. En présence des sels ammoniacaux, la magnésie n'est pas précipitée par les carbonates alcalins.)

Ainsi , les vingt-cinq métaux dont nous avons à nous occuper peuvent être rangés, avec le concours de trois réactifs, en cinq groupes parfaitement tranchés. Tout le travail de l'analyse se réduit donc à découvrir et à distinguer les uns des autres les quelques métaux qui font partie d'un même groupe.

Voici un aperçu des cifets produits par l'emploi successif, comme réactifs , de l'acide chlorhydrique, de l'hydrogène sulfuré, du suif hydrate d'ammoniaque et du carbonate d'ammoniaque :

MÉTBODE GÉNÉRALE.

Page 1