EAUX POTABLES
d'une très douce chaleur, le sulfure d'antimoine disparaît en présence d'une goutte d'acide chlorhydrique , tandis que le sulfure d'arsenic reste inaltéré.
(f) Action de Vhypochlorite de soude. Une tache arsenicale, mise en contact avec une dissolution d'hypochlorite de soude (obtenue en faisant passer un courant de chlore dans du carbonate de soude), disparaît instantanément ; la tache d'antimoine reste inaltérée en présence de ce réactif. Ce caractère est fondamental.
L'expert , pénétré de la responsabilité qui pèse sur lui , doit bien se rappeler que l'appareil de Marsh a uniquement pour but d'isoler l'arsenic, mais qu'il ne donne par lui-même aucune indication précise sur la nature des taches recueillies. Les essais que nous venons d'indiquer doivent donc toujours être exécutés avec un soin minutieux , car ils peuvent seuls mettre l'opérateur à Tabri de toute erreur.
^ Z88AI VEA SAVZ VOTAB&SS.
271. Une eau est potable (\), lorsqu'elle est bien aérée, qu'elle ne contient qu'une très petite quantité de sels terreux et alcalins, et qu'elle ne renferme pas en dissolution des matières organiques en quantité sensible.
Les eaux naturelles contiennent toujours en dissolution une certaine quantité d'air qu'on peut mettre en
{}) Noos exposerons, dans le volume consacré à l'analyse quantitative, les méthodes k Taide desquelles on détermine la composition des etux minérales et des eaux potables.
35^ ANALYSES SPiCfALES.
évidence en les faisant bouillir dans un matras A (fig. '27), au ool duquel se trouve fixé un tube recourbé ai conduit sant le gaz dans une éprouvette G renversée sur le niercur6<
Pîg. Î7.
Le matras doit être entièrement rempli d'eau, gt l'extrémité du tube, traversant le bouchon, doit QflleMrer la surface Inférieure de celui-pi, de manière qu'en l'engageant dans le col du matras , on force l'eau à expulser tout l'air et à remplir le tube. Dès la première impression de la chaleur, on voit se développer des bulles de gaa; se rendant ensuite dans l'éprouvette; ce déga^ cément gazeux s'arrête après quelques minutes d*ébullition. Après le refroidissement, on mesure le gaz avec le^ précautions usitées.
Les bonnes eaux, dites léçfbres, donnent ainsi, par itre, de 28 à 50 centimètres cubes d'air, renfermant plus d'Qi^ygène que J'air ambjapt, m^\ qu'une quput«lé d'acide carbonique très faible. Les eagx cr^e9 m ionr^fif dégagent, parl'ébullition, un volume d'air moins fiansi-
KAUS JETABLES. 355
déra))le , et cet ^ir renferme généralement moins d'oxy* gène çt plus d'acide carbonique que Tair ordinaire (f).
Les eaux potables contiennent toujours une très petite quantité de bicarbonate de chaux. On s'assure de la pré* sence de ce sel en ajoutant à Teau une goutte d'une tein« ture alcoolique de bois de Campéche; il se produira ainsi , peu à peu, une coloration violette, due à la com* binaispn de la matière colorante (hématine) avec la chaux ; cette coloration paraîtra immédiatement, si l'eau renferme beaucoup de sel calcaire. l<'eau de piuie et l'eau distillée ne la donnent pa$,
La quantité de bicarbonate de chaux, contenue dans une eau potable, doit toujours être assez faible pour que cette eau reste limpide par Tébullition : les eaux de mauvaise qualité, trop chargées de sel calcaire, se troublent toujours par l'ébuUition, et déposent du carbonate de chaux neutre en quantité plus ou moins considérable.
Les eaux légères, bonnes comme boisson, contiennent ainsi, en très petite quantité, des ehlorures et des suffaHs à base de chaux, de soude (ou de potasse], ou de magné sie. Elles se troublent par l'addition d'une goutte de nitrate d'argent ou de chlorure de baryum. Si les sels terr reux renfermés dans l'eau, s'y troi)vei[^t en proportion iKHmtiala, elle dissoudra bien le savon. Lorsque Yfi^di' iioUt k l'eau, de quelques gouttes d'une solution de sn* von blanc dans l'esprit-de-vin , produit imn^édiatement des grumeaux, ceux-ci indiquent la présence d'un excès
(^) On sait que Tair dissous dans Teau renferme environ 33 volâmes d*oxygène pour 100, tandis que Tair atmosphérique n*en contient que 21 pour 100.
356 ANALYSES SPÉGALKS.
de sels terreux, dont la base forme, avec l'acide gras du savon, un précipité insoluble dans Teau. Dans le cas où les grumeaux n'apparaissent qu'au bout d'un certain temps, les sels terreux ne sont pas assez abondants pour être préjudiciables à l'économie. On peut d'ailleurs s'assurer de la proportion des sels dissous dans une eau, en évaporant celle-ci à siccité.
La plupart des eaux naturelles renferment en dissolution des traces presque inappréciables de matières organiques. Lorsque ces matières s'y trouvent en quantité sensible, elles peuvent exercer sur la santé une action fâcheuse, et une eau qui en est chargée doit toujours être rejetée comme boisson. Le chlorure d'or fournit, à cet égard, de bonnes indications : si quelques gouttes de ce réactif communiquent à l'eau une couleur jaune que l'ébuUition du liquide n'altère pas, on peut en conclure que l'eau ne contient pas de matières organiques en quantité sensible ; si, au contraire, le chlorure d'or rend l'eau violette et trouble, cette réaction dénote la présence d'un excès de matières organiques, par lequel le sel d'or est réduit à l'état métallique. La coloration violette est due à des particules d'or, extrêmement divisées, qui sont maintenues en suspension dans le liquide.
L'eau chargée de matières organiques donne toujours, par révaporation, un résidu qui devient noir ou brun par une forte chaleur.
MÉLANGES 6AZBUX. 357
AWA&TSE DSS NtC&AlTOZS OASEVZ.
272. Manihe de recueillir et de transvaser les gaz. — On peut réduire à trois les méthodes qu'on emploie pour recueillir les gaz. La première, peu usitée, consiste à les recevoir dans des ballons, munis de bons robinets et vidés préalablement au moyen de la machine pneuma* tique.
La seconde est fondée sur le déplacement de l'air par les gaz eux-mêmes qu'il s'agit de recueillir : on en fait usage lorsqu'on ne peut pas les recevoir sur l'eau ou sur le mercure , soit à cause de leur grande solubilité, soit à cause de l'action chimique qu'ils exercent sur ces liquides. Les gaz qui se distinguent par une pesanteur spécifique très grande ou très faible, sont particulièrement propres à être recueillis par cette méthode. Lorsque les gaz sont plus pesants que l'air, comme, par exemple, le chlore ou l'acide carbonique, on fait arriver jusqu'au fond de l'éprouvelte où on veut les recueillir l'orifice du tube par où ils se dégagent, et l'on accélère le courant de gaz ; l'air se déplace ainsi peu à peu à mesure que le gaz plus pesant s'élève dans l'éprouvette. On procède de même avec des gaz bien plus légers que l'air, comme par exemple l'hydrogène, seulement on renverse alors l'éprouvette, de manière que son ouverture soit tournée vers le bas.
D'après la troisième méthode , on recueille les gaz sur l'eau ou sur le mercure. C'est la plus usitée dans les la-
boratoires de chimie, et celle qui présente, dans les ar(s, les applications les plus fréquentes.
L'eau est moins avantageuse que le mercure pour la conservation des gaz, parce qu'elle permet la diffusion entre le gaz confiné sur elle et Tair extérieur. Aussi torsqu'il s'agit de conserver un gaz pendant quelque temps, est-il avantageux de le recueillir dans une fiole étroite qu'on bouche sous l'eau immédiatement après y avoir introduit le gaz, et qu'on tient ainsi renversée sur Teau; on peut même recouvrir le bouchon de cire à cacheter, s'il s'agit de conserver le gaz pendant très longtennps.
Lorsqu'on opère sur les gaz, il est utile, dans beau* coup de cas, d'avoir un petit appareil qui permette de
Fig. 28.
les recueillir et de les transvaser avec facilité. Ygiçi un petit gazomètre (fig, 28) qu'on peut construire soi-même
MÉLANGES GÂ^EltX. $59
et qui remplil parfaitement ce but : il se compose d*un flacon A à large goulot et à tubulure latérale a en sa partie inférieure. Le goulot reçoit un bon bouchon percé de trots trou^; par celui du milieu passe un tube métallique b muni d'un robinet r et terminé par un entonnoir ; lee deux auti*es trous sont traversés par des tubes de veiTe c eid recourbés à angle droit et garnis de robl* nets h et // dans leur partie horizontale ; le tube / com-* rounique avec la source du gaz ; le tube g le conduit du gazomètre dans les éprouvettes où il s'ugit de ressayer. Le tube métallique b et le tube de verre d descendent jusqu'au fond du flacon , le tube c se termine immédiatement sous le bouchon. Dans la tubulure latérale a se trouve engagée un tube recourbé à angle droit , dont l'une des branches s'élève verticalement, l'autre étant fixée dans un bouchon sans trop de frottement , afin de permettre d'incliner à volonté la première branche.
Voici comment fonctioime cet appareil : on le remplit d'eau entièrement, de manière que le liquide s'échappo par les deux tubes c et d ; on ferme tous les robinets, puis, après avoir fixé en k le tube f qui amène le gaz à recueillir, on ouvre le robinet k , en inclinant en même temps la branche du tube fixé dans la tubulure a, afin que l'eau puisse s'écouler. Quand on a recueilli la quan-» tité de gaz voulue, on redresse le tube latéral et Ton ferme le robinet h.
Pour faire sortir le gaz, on ouvre le robinet k' ainsi que le robinet r, afin que l'eau de l'entonnoir vienne remplacer le gaz à mesure qu'il s'échappe. Le tube g conduit le ga^ dans les éprouvettes où on l'examine.
560 ANALYSES SFÉCIALIS.
273. Lorsque le gaz à recueillir se dégage d'une source quelconque, sous une certaLre pression, on peut réunir entre eux, à l'aide d'ajutages de caoutchouc, un certain nombre de tubes de verre, étirés en leurs extrémités, de manière à pouvoir aisément les sceller et les détacher par un coup de chalumeau. On laisse d'abord passer le courant de gaz par ce système de tubes jusqu'à ce que tout l'air soit expulsé ; on ferme ensuite les bouts étirés des deux tubes extrêmes, puis on détache de la même manière chaque tube séparément Afin d'empêcher que le gaz ne perce le verre ramolli par la chaleur, il faut avoir soin de verser sur le tube, avant de le dessouder, quelques gouttes d'éther dont levaporalion refroidit assez le gaz intérieur, pour que le verre s'affaisse en dedans par le coup de chalumeau.
Dans les cas où la pression sous laquelle se dégage le gaz, ne suffit pas pour le faire passer par le système de tubes , on y supplée à l'aide d'une petite pompe pneumatique, qu'on fait fonctionner à l'extrémité opposée à celle par où entre le gaz.
Les gaz qui se dégagent sous l'eau, par exemple dans les marais, peuvent être recueillis dans de semblables tubes, à l'endroit même où ils prennent naissance. A cet effet, on scelle entièrement l'une des extrémités des tubes, on en étire l'autre de manière à lui donner la largeur d'un mince col d'entonnoir, et l'on y fixe un entonnoir au moyen d'un ajutage de caoutchouc. Ensuite on remplit d'eau tout l'appareil, on le renverse sous l'eau, et l'on maintient l'entonnoir sur la place où se dégagent les bulles de gaz. Si, comme il arrive parfois.
rentrée du gaz, par l'ouverture étroite du tube effilé, s*opère difficilement, on y remédie en passant sous Teau un fil métallique assez fort, et en l'agitant doucement dans Touverture. Quand le tube est plein de gaz, on le relire de l'eau, après l'avoir placé avec l'entonnoir sur une petite capsule, celle-ci contenant assez d'eau pour confiner le gaz, et l'on détache le tube par un coup de chalumeau, au-dessus de l'ajutage de caoutchouc. Il faut, lors de cette dernière opération, que le niveau intérieur de l'eau, dans l'entonnoir, soit plus élevé que le niveau extérieur, parce que sans cela l'excès de pression du gaz enfermé percerait infailliblement le verre ramolli par la chaleur.
Lorsque les gaz se décomposent par la chaleur, comme certains gaz organiques, ou qu'ils sont susceptibles de détoner, comme un mélange d'hydrogène et d'oxygène, il faut renoncer à sceller au chalumeau les tubes qui les renferment. Dans ce cas, on obtient encore une fermeture excellente, en serrant le caoutchouc avec un bon cordonnet de soie, entre l'entonnoir et l'effilure du tube, coupant le caoutchouc au-dessous de cette ligature et trempant le bout . coupé dans de la cire fondue.
27/i. Lorsqu'il s'agit de transvaser un gaz d'une éprouvette dans une autre, il y a de l'avantage à se servir d'une pipette dont la forme est représentée par la figure ci-jointe. Cette Fig. 29. I. :il
362 ANALYSKS SPÉCALK&
pipette dispense de l'emploi de grandes cuves pneumatiques et permet d'opérer avec facilité les transvasements sur les moindres quantités possibles de liquide intercepteur. A cel effet, on commence par remplir de liquide la boule A en aspirant avec la bouche à l'orifice d^ après avoir enfoncé les deux branches c au-dessous du niveau du liquide de la cuve. On introduit ensuite l'extrémité ouverte e dans l'éprouvelte d'où l'on veut extraire le gaz, et Ton aspire de nouveau en (/ ; de cette manière le liquide intercepteur passe de A en B^ et se trouve luimême remplacé dans la boule A par le gaz ; pour faire sortir ensuite celui-ci de la pipette on n'a qu'à y souffler par l'orifice d. On peut ainsi introduire dans la pipette et en retirer toutes les quantités de gaz voulues.
Pour introduire dans un gaz certains liquideSi par exemple de la potasse, qu'on veut y fairo réagir, on se sert d'une simple pipette (fig. 30) dont la pointe recourbée puisse s'engager dans l'éprouvelte renfermant le gaz.
%Hx. Classification des gaz, — On peut, pour les besoins de l'analyse, diviser les gaz en deux ^ groupes, suivant qu'on peut ou non les absorber '^' ^ ' p£^r une dissolution de potasse, ainsi que l'indique le tableau suivant :
MÉLANGES GAZeUX. 363
PREMIER GROUPE