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EMPOISONNEMENT PAR L' ARSENIC

direclement accuser la présence. Il faut donc nécessairement détruire ces substances, pour en débarrasser Tarsenic et lui rendre ses caractères distinctirs. Divers procédés permettent d'atteindre ce but; celui qui est le plus généralement suivi, consiste dans l'emploi de Tacidc sulfurique.

268. Carbonisation des motières organiques par l'acide sulfurique. — Le foie, la rate, les intestins, ainsi que le saug , étant les parties qui renferment ordinairement l'arsenic en plus forte proportion, c'est sur elles qu'il faut opérer de préférence. Ces parties sont introduites dans une cornue spacieuse et mélangées avec une quantité d'acide sulfurique chimiquement pur, égale au sixième de leur poids. Par l'action de la chaleur, elles sont désagrégées et dissoutes ; on chauffe jusqu'à complète évaporation du liquide. Le résidu charbonneux est en • suite recueilli avec soin et mélangé avec une quantité d'acide nitrique pur, égale au poids de l'acide sulfurique employé; on fait bouillir, et l'on évapore la totalité de l'acide à une douce chaleur. Le nouveau résidu est alors repris par l'eau pure et bouillante, qui dissout facilement l'acide arsénique produit par l'action de l'acide nitrique sur l'arsenic métallique; finalement, h l'aide d'un filtre on sépare de la liqueur les parties solides. On retire l'arsenic de cette dernière à l'aide du procédé de Marsh. Celui-ci est fondé sur la propriété que possède l'hydrogène naissant , de réduire les acides arsénieux et arsénique, et de former du gaz hydrogène arsénié, qui est facilement décomposé par la chaleur en hydrogène et en arsenic métallique.

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269. Appareil de Marsh. ^\\ se compose d*uti flacon à col droit a (fig. 26), à large ouverture, fermé par un bou«

Fig. 26.

cbon percé de deux trous. Dans le premier trou s'engage un tube droit b, d'un centimètre de diamètre; dansTautre est fixé un tube cd , de petit diamètre ^ courbé à angle droit, et communiquant avec un tube /*plus large, contenant de Tamiante ou du colon. Ces substances sont destinées à retenir le sulfate de zinc qui pourrait être en-" traîné par le courant de gaz. À Textrémité du tube f se trouve fixé un tube étroit gh, de verre peu fusible, en^ vcloppé d'une feuille de clinquant sur une longueur d'environ un décimètre. Le flacon doit être assez grand pour que la liqueur occupe seulement les quatre cinquièmes de sa capacité.

L'appareil étant ainsi disposé, on introduit d'abinrd dans le flacon quelques lames de zinc bien pur; on ajoute de Teau, puis une petite quantité d'acide sulfurique également pur, et quand tout l'air a été expulsé par le cou« rant d'bydrogène produit^ on chauffe au rouge la partie du tube recouverte de clinquant, et l'on enflamme le gai hydrogène.

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Cette opération préliminaire a pour but de mettre en évidence la pureté des réactifs employés : aucun dépôt ne doit s*étre produit, au bout d'une demi-heure, ni dans le tube, ni sur la soucoupe de porcelaine exposée à la flamme de l'hydrogène. — Alors on introduit avec pré^ caution la liqueur suspecte dans Tappareil, parle tube b. Si elle contient de l'arsenic, un dépôt métallique, brun noir et brillant apparaît presque aussitôt soit en o dans le tube, soit sur la soucoupe. — Pour éviter que le tube ne s'échauffe à une distance trop grande de la partie soumise è Taction directe du feu, on a soin de placer en t un petit écran métallique.

270. Examen des taches et de Vanneau métallique, — L'apparition des taches miroitantes est loin d'être une preuve absolue de l'existence de l'arsenic. D'autres corps, notamment l'antimoine, fournissent, dans des circonstances semblables, des dépôts qui ont une très grande analogie avec les taches arsenicales ; il faut donc les examiner avec soin et les soumettre à une série d'épreuves, afin de constater qu'elles possèdent bien tous les caractères de l'arsenic.

(a) Couleur, Les taches arsenicales paraissent brj/^nes , surtout sur les bords; les taches d'antimoine,- au con* traire, sont noires. Cette différence devient insensible pour des taches d'antimoine très faibles.

(b) Volatilité. L'arsenic est très volatil ; l'antimoine l'est beaucoup moins. L'anneau métallique étant chauffé dans un courant d'hydrogène ou de gaz carbonique, on doit pouvoir le déplacer facilement d'un endroit

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du tube à l'autre, s*il est formé d'arsenic. Ce déplacement est, au contraire, très difficile pour l'antimoine.

(c) Oxydation par le grillage. Si l'on chauffe l'anneau dans le tube ouvert par les deux bouts, en l'inclinant de manière à y déterminer un courant d'air, il s'oxyde rapidement , en développant, dans le cas de l'arsenic, une odeur alliacée très sensible. L'antimoine s'oxyde en répandant des vapeurs blanches entièrement inodores. L'acide arsénieux ainsi formé doit se déposer à une petite distance de la partie chauffée du tube, sous la forme d'un enduit blanc cristallin ; on doit pouvoir le volatiliser d'une partie du tube à l'autre sans le faire passer par l'état de fusion. Le sublimé d'acide arsénieux , opéré très lentement, est formé de cristaux octaédriques , dont on doit pouvoir apprécier la forme à la loupe.

(d) Oxydation par l'acide nitrique. L'anneau et les taches d'arsenic se dissolvent immédiatement et sans résidu, dans quelques gouttes d'acide nitrique ; la dissolution évaporée au bain-marie, et reprise par l'eau , doit donner avec le nitrate d'argent un précipité rouge brun d'arséniate d'argent. — Si l'on traite de la même manière des taches d'antimoine, l'acide nitrique laissera un résidu blanc, et la liqueur ne donnera pas de précipité par le nitrate d'argent.

(e) Caractères des sulfures. Si l'on évapore sur les taches quelques gouttes de sulfhydrate d'ammoniaque, les métaux sont complètement sulfurés , et apparaissent avec la couleur propre de leurs sulfures, qui esi jaune pour l'arsenic et rouge orangé pour l'antimoine. Sous l'influence

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