Carbonate potoAsique* KO^COg
Préparation. — On jette de la crème de larlre purifiée el bien lavée dans un vase de fonte, où on la lient au rouge jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement carbonisée. On fait bouillir avec de Teau la masse obtenue, on filtre et on évapore à sec la solution dans un vase de fonte polie parfaitement propre, en ayantsoin de la remuer continuellement. On conserve ce sel dans des flacons fermés avec le plus grand soin, elon en dissout pourTusage 1 partie dans 5 d'eau.
Examen. — Il doit être parfaitement blanc. La solution de carbonate potassique sursaturée d'acide nitrique ne doit troubler ni le chlorure barytlque, ni le nitrate argentique ; elle ne doit pas non plus laisser de résidu insoluble d'acide silicique^ lorsqu'après l'avoir évaporée à sec, on traite par Teau la matière solide qu'elle a abandonnée.
Usage. — Le carbonate potassique précipite toutes les bases, à Texception des alcalis, sous la forme tle carbonate ou d'oxyde. Quelques-unes de ces bases, solubles à Tétat de bicarbonates, ne peuvent être complètement séparées de leurs solutions aqueuses, lorsqu'elles sont acides, qu'en les faisant bouillir. Beaucoup des précipités formés par le carbonate potassique possèdent des couleurs spéciales qui peuvent servir à faire reconnaître quelques métaux. On se sert aussi de la solution de carbonate potassique pour décomposer une foule de sels insolubles à base terreuse ou alcaline, surtout ceux des acides organiques, qu'elle décompose à l'ébuUilion, de manière à ce que leur base, unie à son acide carbonique, se précipite, tandis que la potasse reste en dissolution après s'être combinée avec leur acide. On l'emploie aussi pour saturer les acides libres dont on veut avoir les sels potassiques, et, tout spécialement, .pour précipiler le platine du cbloride platinique, sous forme de chloroplalinale potassique très-peu soluble dans l'eau.
§ 31 . ^ 9. Ammoniaque, vm^.
Préparation. — On éteint 4 parties de chaux caustique avec 1 ^/3 partie d'eau, on mêle cet hydrate dans un ballon de verre avec 5 parties de sel ammoniac en poudre, puis on y ajoute ensuite, et peu à peu, assez d'eau pour que le tout se divise en gros morceaux lorsqu'on secoue Tappareil* On place dans un bain de sable le
ballon auquel on adaplc deux lubes recourbés joliils enlre eux par un petil nacon de lavage, ainsi que nous l'avons décrit el figuré (§ 26 ), en nous occupant delà préparation du sulûde hydrique. Il ne faut mettre qu'un peu d'eau dans le flacon de lavage, tandis que la fiole destinée à absorber le gaz doit en contenir iO parties et être placée dans un vase plein d'eau froide. On commence alors à chauffer, et on continue jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus une seule bulle de gaz; il faut se hàler alors de déboucher le ballon, afin d'empêcher que la solution n'y passe par absorption. La solution qui se trouve dans le flacon de lavage est impure, mais celle du second est tout à fait pure; elle possède une pesanteur spécifique d'environ 0,93, et contient près de 24 pour 100 d'ammoniaque. On la conserve dans des flacons bouchés à Ténaeri.
Examen. — L'ammoniaque doit être incolore, ne pas laisser de résidu quand on Tévapore, et ne pas troubler l'eau de chaux. Après avoir été sursaturée d'acide nitrique, elle ne doit pas troubler les solutions de baryte et d'argent, ni se colorer en aucune façon lorsqu'on la traite par le sulfidc hydrique.
Usage. — L'ammoniaque est un des réactifs les plus fréquemment employés. Elle sert à saturer les liqueurs acides, à précipiter beaucoup d'oxydes métalliques et de terres, cl à les séparer les uns d'avec les autres, parce qu'elle a la propriété de redissoudre certains d'entre eux, tels que les oxydes zincique, cadmique, argentique, cuivrique, nickeleux et cobalteux à l'étal de sels doubles ammoniacaux, tandis que d'autres ne sont pas solubles dans un excès de ce réactif. Quelques-uns de ces précipites ou de ces solutions ammoniacales ont des couleurs assez prononcées pour qu'on en puisse conclure de quels métaux ils proviennent.
Beaucoup d'oxydes précipi tables de leurs solutions neutres, par l'ammoniaque, ne le sont plus lorsqu'elles sont acides, parce que le sel ammoniacal qui se forme alors en empêche la précipitation. (Fot/ez, § 23, ce que nous avons dit à propos du chlorure ammonique. )
•• Carbonate ammonique* fiWii,0^ijOf»
Préparation, — On prend ducarbonaleammoniquedu commerce, purifié et sans odeur empyreumatique, tel qu'on le préparc en
grand, en sublimant un mélange de sel ammoniac et de craie ; on en racle Textérieur avec le plus grand soin, puis on en dissout 1 partie dans 4 parties d'eau, en ajoutant 1 partie d^amraoniaque caustique.
EcDamen. —Chauffé, le carbonate ammonique doit se volatiliser sans laisser de résidu ; après avoir été sursaturé d'acide nitrique, il ne doit pas précipiter les solutions de baryte et d'argent, ni se troubler, non plus que précipiter lorsqu'on y verse du sulfide hydrique.
Usage, — Comme le carbonate potassique, le carbonate ammonique précipite la plupart des oxydes métalliques et des terres; de même encore la précipitation complète de beaucoup d'entre eux ne s'opère qu'à l'ébullition. Quelques-uns des corps précipités se redissolvent dans un excès du précipitant. Le carbonate ammonique, dissolvant certains oxydes hydratés, peut être employé à les séparer d'avec ceux qui y sont insolubles. Il doit cette faculté à la tendance qu'ont tous les sels ammoniacaux à former des sels doubles indécomposables par le carbonate ammonique, et l'ammoniaque libre.
De même que l'ammoniaque caustique, et pour la même raison, le carbonate ammonique ne précipite pas de leurs solutions acides beaucoup d'oxydes qu'il précipite de leurs solutions neutres. (Foi/.
Le carbonate ammonique nous sert, en analyse, à précipiter la baryte, la strontiane et la chaux, et à les séparer d'avec la magnésie , qu'il ne précipite pas lorsque la liqueur contient un sel ammonique.
!•• Chlorure barytique* tÊACU
Préparation. —On fait un mélange do 6 parties spath pesant pulvérisé, 1 partie poudre de charbon et 1 Vj partie farine, et on met le tout dans un creuset de Hcsse qu'on expose à la chaleur le plus élevée possible. Quand la masse est froide, on la brise en mor* ceaux, et on en fait bouillir les ^/,o environ dans quatre fois autant d'eau; on y verse alors du chloride hydrique jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de sulfide hydrique, et que la liqueur soit faiblement acide; on y jette enfin le dernier dixième du mélange, on
fait bouillir encore quelques instants, on filtre et on laisse cristalliser la liqueur qui est deyenue alcaline. Les cristaux qu'on en retire sont mis en digestion dans de Talcool avec lequel on les lave. On les redissout ensuite dans l'eau, où on les fait cristalliser une seconde fois. Pour Tusage, on dissout 1 partie de chlorure crislallisê dans 10 parties d^eau.
Examen. — Le chlorure barytique ne doit exercer aucune espèce d'action sur les couleurs végétales et ne pas se colorer ni se précipiter, lorsqu'on y verse du sulfîde hydrique ou du sulfhydrate ammonique. L'acide snlfurique pur doit en précipiter toutes les parties fixes, et la solution claire évaporée sur une lame de platine n'y doit pas laisser de résidu.
Usage, — La baryte formant des sels solubles avec certains aciûeSj et des sels insolubles avec d'autres, son chlorure est employé à distinguer les premiers d'avec les seconds, et à déceler ainsi leur présence dans leurs combinaisons. Les précipités qu'on obtient alors ne se conduisant pas tous de la même manière en présence de certains corps (des acides), il suffit de les soumettre à leur action pourZpouvoir établir des groupes dans les acides précipités et distinguer même, immédiatement, quelques-uns d'entre eux. A raison de son utilité pour la formation des groupes dans la famille des acides, et pour manifester la présence de l'acide sulfurique, le chlorure barytique doit être regardé comme un de nos réactifs les plus précieux.
€!• MlirAte barytique. BaO^MO^.
Préparation, — On fait bouillir une solution étendue de chlorure barytique dans laquelle on jette du carbonate ammonique tant qu'il y détermine encore un précipité, c'est-à-dire donc jusqu'à ce que la liqueur devienne alcaline. On lave soigneusement le carbonate barytique et on le porte ensuite, par petites portions, dans de l'acide nitrique étendu et chaud, jusqu'à ce que la solution cessed'ètre acide. On filtre, on évapore et on fait cristalliser. Pour l'usage, on dissout 1 partie de ce sel dans iO d'eau.
Examen, — Sa pureté se reconnaît aux mômes caractères que celle du chlorure, à ceci près qu'il doit, de plus, ne pas précipiter le nitrate argenliquc.
Usage. — Il esl absolumenl le même que celui du chlorure auquel on le substitue toutes les fois qu'on veut éviter la présence du chlore dans une liqueur.