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Papier rouge de tournesol

Préparation. — On plonge à plusieurs reprises dans de la teinture bleue de tournesol une baguette de verre trempée dans de

l'acide solforique étendu, jusqu'à ce que la teioture devienne rouge. On y passe alors des bandeleltes de papier qu'on traite comme celles du papier bleu.

Usage. — Les alcalis libres, les terres alcalines et leurs sulfures, les carbonates alcalins et quelques autres sels solubles à acide faible, tels que Tacide borique, ramenant au bleu le papier rouge de tournesol, il sert à indiquer la présence de ces différents corps.

y, Fafier d» àahlia.

Préparation. — On fait bouillir dans l'eau ou digérer dans l'alcool les pétales de dahlia purpurea^ et^on passe des bandelettes de papier dans la solution qu'on a obtenue. La liqueur doit être assez concentrée pour que le papier ait, lorsqu'il est sec, une belle teinte bleu violacé, pas trop intense cependant ; lorsqu'elle paraît trop rouge, il faut ajouter à la teinture quelque peu d'ammoniaque.

Usage, — Le papier de dahlia étant coloré en rouge par les aci* des et en beau vert par les alcalis, il remplace avec avantage à lui seul les papiers bleu et rouge de tournesol. Bien préparé, ce papier est tout aussi sensible aux bases qu'aux acides. Les solutions concentrées d^alcalis caustiques le colorent en jaune, parce qu*ils en détruisent la couleur. On substitue avantageusement ic papier de myrlile à celui de dahlia. On le prépare en faisant bouillir les baies du vaccinium myrtilus préalablement écrasées, avec leur volume d*eau, exprimant le tout au travers d'un linge fin, ajoutant à la solution un volume égal d'alcool, laissant déposer, filtrant et passant dans la liqueur des bandelettes de papier non collé. Ce papier jouit des mêmes propriétés que celui de dahlia.

â. Papier de cureuma.

Préparation» — On fait digérer à chaud 1 partie de racine de curcuma concassée dans 6 parties d'espril-de-vin faible, etou plonge dans la teinture des bandeleltes de papier mince, qui, lorsqu'elles sont sèches, doivent être d'un beau jaune.

Usage. — Comme le papier rouge de tournesol, il sert à déceler la présence des substances alcalines qui font passer sa couleur au brun. Il n'est pas aussi sensible que les autres ps^piers réactifs; mais comme son changement de teinte est si caractéristique qu'il

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se manifesle même lorsqu^on le plonge dans des liqueurs oolorces, ce papier ne doit jamais manquer dans un laboratoire. Nous observerons encore que le papier de curcuma est bruni aussi par quelques corps, tels que l'acide borique, que nous n'avons cependant pas compris dans le nombre de ceux qui ramènent au bleu le papier rouge de tournesol, parce qu'ils ne font pas partie de ce groupe de corps.

Tous les papiers réactifs doivent être divisés en petites bandes qu'on conserve dans des boîtes ou des bocaux bien fermés.

9« Aelde sulfiirlque* SO^*

Pour l'analyse qualitative on peut toujours se servir d'acide sulfurique du commerce, dans te cas où il ne contient pas d'arsenic et après l'avoir débarrassé de Tacide nitrique qui peut s'y trouver, en

le portant à l'ébuUition. Quand il contient de Tarsenic, il faut le préparer de la manière suivante avant que de s'en servir pour l'appareil de Marsh. On étend l'acide avec six fois son poids d'eau; on sature la liqueur de sulfide hydrique et on l'abandonne à ellemême dans un endroit suffisamment chaud, jusqu'à ce qu'elle devienne limpide. On filtre pour séparer le précipité, puis on fait bouillir jusqu'à ce que l'acide devienne inodore, et on le conserve pour l'usage.

Examen, — Bouilli avec une dissolution d'indigo, il ne doit pas en altérer la couleur. Jeté dans de l'eau où se trouve du zinc pur, il doit produire de l'hydrogène, qui, dirigé au travers d'un tube chauffé au rouge, ne doit pas y laisser trace d'arsenic, (f^oîr § 95,d.)

Usage. — Comme l'acide sulfurique possède pour la plupart des bases une affinité supérieure à celle des autres acides, il sert à mettre en liberté ces derniers : par exemple, les acides phosphorique, borique, nitrique, acétique, chloride hydrique, et autres. Il sert aussi à mettre en liberté l'iode des iodures dont il oxyde le métal aux dépens d'une partie de son oxygène, en passant lui-même à l'état d'acide sulfureux. L'affinité de l'acide sulfurique pour l'eau est si grande qu'il décompose la plupart des corps qui ne peuvent exister sans elle lorsqu'on le met à l'état concentré en contact avec eux ; exemple : l'acide oxalique. Les produits de la décomposiiionqui se fait alors, permettent de prononcer sur la nature du

g m. 1 CHAP. II. DES REACTIFS. 3|

corps qu'on a entre les mains. On l'emploie à la préparaiion de plusieurs gaz, tels que l'hydrogène el le sullide li jdrique. 11 iroute un emploi lout spécial dans la recherche des sels de baryte, de slronliaDe el de plomb; pour cet usage, il doit é{re étendu de 4 parties d'eau.

Préparation. — On jelte peu à peu, el par petites portions, dans un creuset porté au rouge, un mélange intime fait de 30 parties de limaille de Ter exemple de rouille et de 21 parties de fléurt de soufre; pour en.ajouter une nouTelte quaslité, il faut attendra que la dernière jetée soit au rouge, ou, en d'autres termes, que sesélémeuls se soient combinés de la manière la plus parraile. Quand on y a projeté lout ce qu'on avaU préparé du mélange, on couvre le creuset el on le laisse encore quelques instants dans le Teu. Lorsqu'on peut disposer d'un Tourneau à courant d'air Torcé, ou même tout simplement d'ua rourneau à vent ordinaire, à bon tirage, on peut obtenir le suKure Terreux meilleur et lout â Tait bien Tondu ; pour cela , on porte de la limaille de Ter au rouge blanc le plus intense dans un creuset de Hesse, et on y jelte alors, peu à peu, du Eourre en morceaux, jusqu'à ce queloule la masse soit changée en sulTure. Dans ce cas, il est bon de pratiquer, au Tond du creuset, un trou au travers duquel lesulfnre, aussitôi qu'il est Tormé tombe dans le cendrier où on le reçoit sur une pelle à charbon.

Préparé decelte manière ou d'une autre, lesulTuredeTerrelroidi est brisé en Tragments qu'on introduit dans une fiole a, Ctg. 6, arec

de Teau, dans laquelle on verse, par Tenlonnoir 6, de Tacide sulfurique étendu de son volume d'eau. Le gaz qui se dégage se lave en passant à travers Teau du flacon c. La dissolution de sulfide hydrique se fait dans le vase d , contenant de L'eau bouillie qu'il faut avoir soin de tenir aussi froide que possible ; on y fait passer le gaz jusqu'à parfaite saturation, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il la traverse sans êlre absorbé par elle. La meilleure manière de reconnaîlre quand l'eau est salurée de gaz consiste à secouer fortement la fiole en tenant le pouce sur son col ; si alors il se développe une pression de rinlérieur à l'extérieur, c'est la preuve que Teau est saturée de gaz; si l'inverse a lieu, c'est-à-dire que le pouce soit comprimé de dehors en dedans, c'est une preuve non équivoque que l'eau peut dissoudre encore du gaz. La solution doit être conservée dans des flacons bien bouchés ; car du moment qu'elle est exposée au contact de l'air, elle se décompose avec rapidité. Pour la conserver longtemps intacte, on l'enferme dans des flacons hermétiquement bouchés, qu'on renverse dans des vases pleins d'eau.

Examen, — La solution doit être limpide, ne pas noircir quand on y ajoute de l'ammoniaque, et produire au contact du chlorure ferrique un abondant précipité de soufre.

Usage. — Le sulfide hydrique possède une grande tendance à se décomposer, en présence des oxydes métalliques, en eau et soufre; ce dernier, en s' unissant au mêlai des oxydes, produit avec eux des sulfures, qui, étant presque tous insolubles dans l'eau, signalent ordinairement celte décomposition en se précipitant de leurs solutions. Les conditions nécessaires pour que cette précipilaiion ait lieu n'étant pas les mêmes pour tous les mélaux, il suffit de les faire varier pour obtenir des groupes iranchés parmi eux, ainsi que nous l'exposerons plus loin. Comme' servant à déterminer les groupes principaux dans lesquels viennent se ranger tous les métaux, le sulfide hydrique est un réactif d'une valeur inappréciable. Quelques-uns des précipités, c'est-à-dire des sulfures formés, sont doués de couleurs tellement prononcées, qu'ils servent à reconnaître les mélaux auxquels ils sont dus.

Le sulfide hydrique esl un réactif caractéristique pour Tétain , l'antimoine, l'arsenic, le cadmium, le manganèse et le zinc. (A^otr, pour plus de détails , le 3^ chapitre.)

Le sulfide hydrique, à cause de sa facile décomposition, sert à

réduire beaucoup de corps; il fait passer, par exemple, les sels ferriques à Télat de sels ferreui ; Tacide chrùmique à l'élat d'oxyde chrômique, etc. ; quand ces réductions ont lieu, le soufre du suifide se précipite sous forme de poudre blanche et légère.

4* SnlAydrato aBUM^Bi^ve^ MV^SyHS, appelé g6mérmMtmÊ«mt

mlfiure aaiHimiiqae*

Préparation. — On fait passer du sulfide hydrique dans de Tarnmoniaque liquide jusqu*à parfaite saturation ; ce qu'on reconnaît à ce que la liqueur cesse d^absorber le gaz. Cette solution, se décomposant à l'air, doit être conservée dans des flacons parfaitement bouchés.

Examen. — Incolore et ne déposant pas de soufre lorsqu'on y ajoute un acide immédiatement après sa préparation, le sulfby* drate ammonique jaunit rapidement au contact de l'air, en passant à un degré supérieur de sulfuralion (NH^ S^). Une fois qu'il a subi ce genre d'altération, le sulfhydrate ammonique n'en est pas moins utile; mais il faut se rappeler que dès ce moment-là une addition d'acide en précipite du soufre. Ce réactif doit être limpide, se volatiliser sans laisser de résidu quand on le chauffe et être bien saturé de sulfide hydrique.

Usage. — Nous venons de voir que la division en groupes des oxydes métalliques précipilables par le sulfide hydrique est basée sur certaines conditions nécessaires à leur précipitation. L'une d'entre elles est la fyrésence et l'autre Tabsence, dans la liqueur , d'un alcali, parce que certains sulfures étant solubles dans les aci* des, ils ne se précipitent que lorsque la liqueur est alcaline ; tandis que d'autres, au contraire, solubles dans les sulfures alcalins, no se précipitent que quand la liqueur est acide. Le sulfhydrate ammonique étant une combinaison de sulfide hydrique et d'ammoniaque, agit, à lui sepl, comme ces deux réactifs séparément. Il possède donc toutes les conditions nécessaires à la précipitation des corps appartenant au premier des groupes que nous venons d'indiquer, et réunit aussi toutes celles qui peuvent s'opposer à la précipitation des corps qui appartiennent au second groupe, ainsi que celles qui sont nécessaires pour les redissoudre lorsqu'on les fait digérer avec lui, après les avoir précipités de leur dissolution

acide. Pour ce dernier usage, il est quelques cas où le sulfhydrale doit contenir un excès de soufre.

Outre les sulfures que le sulfhydrate ammonique précipite par Taction combinée de son SHlfide hydrique et de son ammoniaque, il précipite encore, parla seuleaclion de cette dernière, Talumine et Toxyde chrômique sous forme d'hydrates, ainsi que quelques autres substances qui ne peuvent se trouver en dissolution qu'à la faveur d'un acide libre, comme, par exemple, le phosphate calcique dans le chloride hydrique ; ce qu'il estjrès-important de ne pas oublier.

S* mélange de Polysolfare et d^Ryposalfite potassique^ K.09S202+*K.<S2^ appelé «alfure potassique.

Préparation. — Ce réactif, dont il ne faut pas faire provision , se prépare facilement chaque fois qu'on en a besoin, en dissolvant à chaud un peu de soufre dans une lessive de potasse caustique.

Afin d'avoir ce réactif toujours d'une composition constante, on mesure deux portions égales de lessive de potasse caustique ; on fait bouillir l'une avec un excès de soufre; puis on la décante de dessus le soufre non dissous , et on mêle la solution jaune foncé ainsi obtenue avec Tautre moitié de la lessive caustique.

Usage. — 11 se substitue au sulfhydrate ammonique, lorsqu'on veut séparer le sulfure cuivrique d'avec les sulfures qui, comme celui d'élain, se dissolvent dans les sulfures alcalins, parce que le sulfure cuivrique, qui est tout à fait insoluble dans le sulfure potassique, ne l'est pas absolument dans le sulfhydrate ammonique.

e« Potasse* KO*

Préparation, — On dissout 32 grammes de carbonate potassique pur (§30), dans 384 grammes d'eau; on verse la solution dans un vase de fonte polie , où on la fait bouillir ; puis on y jette, en soutenant l'ébuUition, de l'hydrate calcique par petites portions, jusqu'à ce qu'un peu de la liqueur filtrée ne fasse plus effervescence au contact d'un acide. 11 faut , pour caustifier 2 parties de carbonate potassique, l'hydrate obtenu avec 1 partie de chaux caustique. Arrivé à ce point-là, on retire du feu le vase au fond duquel se dépose rapidement tout le carbonate calcique formé , lorsqu'on

opère ainsi que nous FaYons prescrit. On décante la solution sur un fîltre de toile blanche ; puis on évapore rapidement la liqueur filrtée dans un vase defonte, ou mieux d'argent, jusqu'à ce que, ne pesant plus que 128 grammes, elle possède une densité d'environ 1,33. La meilleure manière de conserver la lessive de potasse consiste à la mettre dans des flacons fermés par un couvercle de cristal s'adaptant à frottement autour de leur col, absolument de même que ceux des lampes de verre, à esprtl-de-vin. Lorsqu'on ne peut pas s'en procurer, il faut entourer le bouchon de verre d'une petite bande de papier avant que de le mettre sur le flacon ; on Tempêche ainsi d'adhérer au col avec une telle force qu'on ne puisse plus l'en détacher,comme cela arrive lorsqu'on ne prend pas cette précaution .

Examen, — Elle doit être incolore. Après avoir été sursaturée d'acide nitrique et n'avoir dégagé alors que quelques bulles d'acide carbonique, la solution de potasse ne doit précipiter ni le chlorure barytique, ni le nitrate argeiltique, et ne laisser aucune trace d'acide silicique, lorsqu'après l'avoir saturée de chloride hydrique et évaporée à sec, on dissout le résidu dans l'eau. Elle ne doit pas se troubler quand on la chauffe avec poids égal d'une so« lulion de sel ammoniac.

Usage, — A cause de sa grande affinité pour les acides, la po^ lasse décompose la plupart des sels en précipitant toutes celles de leurs bases qui sont insolubles dans l'eau. Quelques-uns de ces oxydes, par exemple l'alumine et les oxydes chrômique et plombique, se redissolvant dans un excès de potasse, tandis que d'autres, tels que ceux du fer, de bismuth, etc., y sont insolubles, ce réactif peut servir à séparer les premiers d'avec ces derniers. La potasse dissout encore certains sels, par exemple le chrômate plombique, quelques sulfures, etc., et peut être employée tant à les isoler qu'à indiquerleuT présence.

Beaucoup des précipités formés par la potasse ont des couleurs spéciales et d«s caractères assez prononcés, comme par exemple, les oxydes manganeux, ferreux et niercureux, pour pouvoir faire reconnaître les métaux dont ils proviennent. Enfin, la potasse sert à manifester l'ammoniaque qu'elle déplape de toutes ses combinaisons, en la mettant en liberté, avec les propriétés caractéristiques qu'on lui connaît, telles que son odeur, son action sur les couleurs végétales, etc.

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