‹ Précis d'analyse chimique qualitative: ou, Traité des opérations chimiquesChapitre 22 sur 124 · Zinc. Zn · texte numérisé non relu

Zinc. Zn

On choisit de bon zinc distillé, ne contenant pas trace d'arsenic, ce dont on s'assure au moyen du procédé indiqué § 95, d ; on le fond et on en verse une partie par petits jets interrompus dans une grande masse d'eau froide, tandis qu'on coule l'autre dans des moules de bois frottés avec de la craie, afin de l'obtenir sous forme de petites baguettes.

Usage. — La grande affinité du zinc pour l'oxygène, et de son oxyde pour les acides, fait qu'il précipite de leurs solutions salines beaucoup de métaux à l'état régulin, en s'emparant de leur oxygène et de leur acide. Les métaux ainsi précipités, pouvant se présenter avec une forme, une couleur, ou quelque autre caractère spécial, on peut donc, à l'aide du zinc, non-seulement les isoler, mais aussi quelquefois les reconnaître. Nous nous en servons essentiellement pour précipiter l'antimoine et l'étain ; nous l'employons aussi très -souvent à la préparation de l'hydrogène.

oo.

19* Fer. Fe*

Le fer réduit, comme le zinc, une quantité de mélaux, et les précipite sous forme réguline. Nous l'employons surtout à la recherche du cuivre, qui se dépose à sa surface avec la couleur qui lui est propre. Pour ces essais-là, il ne faut se servir que de morceaux de fer bien décapés, tels que des anneaux de clefs, morceaux de tôle. etc.

!•• Cuivre* Co*

Nous ne nous en servons absolument que pour découvrir le mercure qui se précipite de ses solutions acides à sa surface sous forme de poudre grise, qui prend Téclat métallique lorsqu'on la froUe. On peut employer dans ce but toute monnaie ou morceau quelconque de cuivre, après Tavoir bien nettoyé et décapé avec soin.

B. Réactifs spéciaux employés essentiellement à reconnaître

ou séparer les acides.

Préparation. — On dissout 1 partie de carbonate potassique pur dans 2 parties d'eau, et on salure exactement la solution chaude avec de^racide acétique.

Usage, — Tout sel potassique peut servir à déceler Tacide tartrique, avec lequel ils produisent tous un précipité de crème de tartre ; cependant l'acétate potassique doit être préféré, pour cet usage, à tous les autres, parce que la crème de tartre qui se forme est insoluble dans l'acide acétique, mis alors en liberté. On se sert encore de Tacétate potassique pour précipiter de leurs dissolutions, dans les acides minéraux, certaines combinaisons qui sont insolubles dans l'acide acétique. Dans le courant de l'analyse, il est tout spécialement employé pour précipiter de sa solution, dans lechloride hydrique, le phosphate ferrique, né de la décomposition des phosphates terreux. Comme ce réactif n'est que rarement employé, on fera bien de ne le préparer qu'au moment de s'en servir.

s* Chaux eaïuii^ne* CaO.

Préparation. ~ On jetle, à trois reprises, deTeau disUlIée froide sur de l'hydrale de chaux récemment préparé, on remue fortement le mélange qu'on abandonne quelque temps à lui-même; les deux premières eaux de lavage sont rejetées, parce qu'elles peuvent retenir des alcalis ; on conserve la troisième, et quand elle est limpide, oh la décante dans des flacons qu'on bouche avec soin.

Examen, — L'eau de chaux doit verdir fortement le sirop de violettes, ainsi que le papier de dahlia, et donner un précipité abondant avec le carbonate potassique. Dès qu'elle ne présente plus ces caractères, qui disparaissent rapidement lorsqu'on la laisse exposée à l'air, elle n*est plus bonne à rien.

Outre Teau de chaux, il faut avoir toujours de la chaux caustique à sa disposition.

Usage. — La chaux, formant avec certains acides des selssolubles et avec les autres des sels insolubles, elle est employée à les séparer les uns d*âvec les autres. Plusieurs des acides qu'elle précipite ne pouvant Têtre que dans certaines conditions, par exemple par l'ébullition (acide citrique), on a tiré parti de cette propriété pour les séparer en groupes ultérieurs. Nous nous servons de l'eau de chaux en particulier pour découvrir l'acide carbonique, et distinguer les uns d'avec les autres les acides racémique, tartrique et citrique. L'hydrate de chaux sert, comme la potasse caustique, à mettre en liberté l'ammoniaque, et lui est préférable dans certains cas pour cela.

s* Sulfate ealeique* CaO^SOs*

Préparation, — Dans une solution concentrée de chlorure calcique, on verse de l'acide sulfurique étendu d'eau, on lave bien le précipité qui se forme, on le fait digérer quelque temps avec de l'éau, en ayant soin de remuer le mélange ; on laisse déposer et on conserve la solution limpide pour l'usage.

Usage. — Le sulfate calcique est employé à la subdivision des acides précipitables par le chlorure calcique, parce qu'à cause de son peu de solubilité, il n'est précipité que par quelques-uns des aci-

§Gi.] CHAP. n. DES RÉACflFS. 53

des de ce groupe, tels, par eiemple, ^ffi» les acides oxalique el racémique. La solalion de gypse est aussi employée comme réactif des bases pour distinguer la baryte et la strontiane, de la cbaui^ll est clair qu'elle ne peut précipiter cette dernière, tandis qu^etle agit sur les deux autres ateolnment de même que de l'acide sulfurique très-étendu, c'est-à-dire qu'elle précipite immédiatement la ba* ryle, et seulement après quelque temps la strontiane.

PrèparaHùn. — On chauffe un mélange de 1 partie chloride hydrique, avec 2 eau, et on y jette du carbonate magnésique basique (magnesia carhomca des pharmaciens) jusqu'à ce qu^il ne soit plus acide. Go fait bouillir une seconde fois la solution, on ta filtre et on la conserve pour Tusage. Dans la plupart des cas on peut remplacer le chlorure magnésique par le sulfate.

Usage. — Le chlorure magnésique est employé presque exclusivement à reconnaître l'acide phospborique dans les sels duquel il produit, à l'aide d'une addition d'ammoniaque, un précipité presque absolument insoluble de phosphate ammonico-magnésique,' dont les propriétés sont très-caractéristiques.

•• Svlfute ferrevx* PeO^SOs»

PrépairaUon, — On chauffe de l'acide sulfurique étendu avec un excès de petits morceaux de fer bien décapés jusqu'à ce qu'il ne s'en dégage plus d'hydrogène, on fiUre la solution, on. y ajoute quelques gouttes d'acide sulfurique étendu, et on la laisse refroidir. Si la solution est suffisaipmeat concentrée», il s'en sépare des cristaux ; dans le cas contraire, il faut la concentrer en l'évap^ant. On lave ces cristaux avec de Teaifr additionnée d'un peu d'acide sul*furique, on les dessèche elles conserve pour l'usage*

Usage. — Le sulfate ferreux ayant^une grande tendance à passer à rétat de sulfate ferrique en absorbant do l'oxygène, il est un de nos agents réducteurs les plus puissants. Nous l'employons essentiellement à la réduction de Tacide nitrique, dont il sépare de l'oxyde nitrique en lui enlevant trois atomes d'oxygène. Cette dé-

composiiton élaul accompagnée de la formation d^une combinaison particulière brun noirâtre foncé, qui est le produit de l'union de l'oxyde nitrique avec le sulfate ferreux non décomposé, elle signale de la façon la plus claire et la plus caractéristique la présence de l'acide nitrique. Ce sel sert encore à déceler le cyano-ferride hydrique avec lequel il forme une espèce de bleu de Prusse, ainsi que l'or qu'il précipite de ses solutions à l'état métallique.

On ne doit préparer ce réactif qu'au moment de s'en servir^ en versant dans une solution de sulfate ferreux un peu de chlorure ferrique. 11 sert à déceler le cyanide hydrique qui, dans de certaines circonstances développées au § 101, d^ 4, y fait naître un précipité de cyano-ferrate ferreux, ou bleu de Prusse.

9* Oxyde ploniblqiie* PbO*

11 sert à découvrir l'acide acétique libre, parce qu'il ne produit qu'avec lui seul une combinaison alcaline soluble. La litharge ordinaire en poudre fine est bonne pour cet essai {§ 105, a, 7).

9* Aeéiaie plomM^ae* PbO^A*

Le sel de Saturne de première qualité commerciale est suffisamment pur. Pour Tusage, on en dissout 1 partie dans 10 d'eau.

Usage, — L'oxyde plombique formant avec beaucoup d'acides des précipités insolubles, dont quelques-uns sont remarquables par leur couleur ou par des propriétés très-caractéristiques, il peut servir, en conséquence, à déceler dans les liqueurs ces acides ou leurs sels« Ainsi, par exemple, il est facile de reconnaître le chrômate plombique à sa couleur jaune, le phosphate de la même base à la réaction toute spéciale qu'il offre au chalumeau, et son malate à sa grande fusibilité.

•• Aeéiate plomMqiie, basique (vimUgre de iplomb)*

SPbO^A.

Préparation, — On verse dans une bouteille 30 parties d'eau sur 7 parties delilharge en poudre fine el 6 parties d'acétate piom* bique. Après avoir bouché la fiole, on abandonne le mélange dans un endroit chaud, en ayant soin de la secouer souvent, jusqu'à ce que le précipité qui se trouve à sa partie inférieure soit devenu parfaitement blanc. On décante la liqueur claire, qu'on conserve dans des flacons bien bouchés. Quand la solution contientducuivre^ ce qu^on reconnaît à ce qu'elle bleuit quand on y verse de l'ammoniaque, on ne peut pas s'en servir; pour pouvoir en tirer parti, il faut la faire digérer avec du plomb métallique jusqu'à ce que tout le cuivre s'en soit séparé.

Usage, — L'acétate plombique basique précipite, comme Tacétale neutre, tous les acides qui forment avec l'oxyde plombique des composés insolubles, et plus complètement que lui tous ceux d'entre eux qui se dissolvent dans l'acide acétique. En analyse, on s'en sert spécialement pour découvrir le sulfide hydrique dont il est le réactif le plus sensible. 11 sert encore à neutraliser les acides libres toutes les fois qu'on ne veut pas introduire des alcalis dans la liqueur, par exemple comme lorsqu'on veut rendre précipitable par l'eau une solution très-acide de nitrate bismuthique.

Préparation. — On porte dans de l'acide azotique pur de 1,2 p. s. du bismuth en poudre grossière, tant qu'il s'y dissout encore, en favorisant sa dissolution à Taide d'une douce chaleur. La solution, ainsi préparée, est étendue d'à peu près volume égal d'eau chaude, à laquelle on a ajouté un peu d'acide nitrique; on filtre, on étend la liqueur filtrée avec 10 ou 20 parties d'eau, et on verse dans cette solution laiteuse de l'ammoniaque en excès bien sensible; on chauffe^ on lave le précipité, d'abord par décantation, puis sur un filtre, et enfin on le dessèche entre des doubles de papier Joseph à une douce chaleur.

Usage. — - Bouilli avec les solutions alcalines des sulfures méialli-

58 ANALYSE CHfMlQUE QUALITATIVE. [§67.

ques, l'oxyde bismuthique se décompose avec eux de manière à former des oxydes de leurs bases el du sulfure bismulhique. Il vaut mieux se servir, dans ce but, de cet oxyde,^que de l'oxyde cuivrique qu'on emploie aussi pour cela, parce qu'en en mettant une nouvelle quantité dans la solution à décomposer, on reconnaît aussitôt à sa couleur si la réaction est déjà terminée ou non. 11 a de plus, sur l'oxyde cuivrique, l'avantage de ne pas se dissoudre comme lui dans les solutions alcalines lorsqu'il s'y trouve des substances organiques, et de ne pas réduire alors les corps oxydés facilement réductibles. Nous remployons spécialement aussi pour transformer les sulfides arsénieux etarséniqueen leurs acides correspondants; ce qui est impossible «avec l'oxyde cuivrique, qui transforme aussitôt l'acide arsénieux en acide arsénique, en passant lui-même à l'état d'oxyde cuivreux. '

f f • Sulfate cuivrique* CuO^SOj*

Préparation. — On purifie le vitriol bleu du commerce en le faisant cristalliser à plusieurs reprises.

Usage. — Nous remployons en analyse pour précipiter Tiodide hydrique sous forme d'iodure cuivreux. Il faut, pour y parvenir, mêler la solution de 1 partie sulfate cuivrique avec 2 V2 l^rtics sulfate ferreux, sans quoi la moitié de l'iode se précipite libre. L'oxyde ferreux passe à l'état d'oxyde ferrique, en ramenant Toxyde cuivrique à l'état d'oxyde cuivreux. Le sulfate cuivrique sert aussi de réactif très-sensible, mais pas très-caractéristique, pour les acides arsénieux et arsénique : pour cela, on fait bien de préparer d'abord du sulfate cuivrico-amraonique, en versant dé Tammoniaque dans une solution de sulfate cuivrique, jusqu'à ce que le précipité qu'elle y forme d'abord se soit redissous. Cependant, préparé d'une autre manière, c'est-à-dire additionné de potasse, le sulfate cuivrique fournil un excellent moyen pour distinguer l'acide arsénieux d'avec l'acide arsénique, parce qu'en présence du premier, il laisse déposer de l'oxyde cuivreux rouge. Comparez § 95, d. Ce sel peut servir encore à déceler le cyanofcrride hydrique.

19* ]litr«l« ■leraurevx. Hg^^^M^s*

Préparation. ^ On chauffe doucemenl dans un pelit balion 9 parties d'acide nitrique de p. s. 1,23 avec 10 parties de mercure, jusqu^à ce qu'il ne s'en dégage plus de vapeurs nitreuses rouges. On fait ensuite bouillir pendant longtemps la liqueur avec le mercure non dissous, en remplaçant Teau qui s'évapore jusqu'à ce que tout le mercure conlenu dans un petit essai de la solution soit précipité sous forme de chlorure mercureux parle sel de cuisine, assez complètement pour que le chlorure slanneux ne produise plus le moindre précipité dans la liqueur surnageante. On secoue jusqu'à froid la solution avec le mercure métallique, on broie les cristaux ainsi obtenus, on les dissout dans 20 parties d'eau froide à laquelle on a ajouté quelque peu d'acide nitrique, cl on conserve la solution, après l'avoir filtrée, si cela est nécessaire, dans des flacons an fond desquels on place du mercure coulant.

Usage. — Le nitrate mercureux offre à peu près les mêmes réactions que le sel d'argent qui lui correspond. Il précipite beaucoup d'acides, surtout ceux qui sont hydrogénés, et sert encore à reconnaître plusieurs substances facilement oxydables, telles que l'acide formique, qui, en s'oxydanl aux dépens de l'oxygène de l'oxyde mercureux, met en liberté du mercure métallique, ce qui le caractérise d'une manière très-nette.

f S« ^xjde merenrlque^ llgO*

Après avoir légèrement humecté avec de l'alcool l'oxyde mercurique du commerce, afin de l'empêcher de se perdre en pout^ sicre, on le broie en poudre aussi fine que possible, et on le conserve pour l'usage. L'oxyde mercurique ne se dissolvant dans les solutions alcalines que lorsqu'elles contiennent du cyanide hydrique, il offre un moyen sûr de reconnaître sa présence {voy. §101, rf);

14* Chlorure mereiiriiiiie* Hg^Cl*

Celui du commerce esl assez pur ; pour l'usage, on en dissout 1 partie dans i6 d'eau.

Usage, — Ce sel produit, avec plusieurs acides, tels queTiodide hydrique, par exemple, des précipités doués de couleurs caractéristiques; néanmoins c'est un de nos réactifs les moins utiles pour la découverte des acides. Agissant de plus comme oxydant, il nous décèle encore la présence des corps facilement oxydables, tels, par exemple, que le chlorure stanneux, en formant aussitôt un précipité de chlorure mercureux.

Préparation. — On chauffe dans un ballon de petits morceaux de charbon avec six à huit fois leur poids d'acide sulfurique du commerce, et on conduit le gaz qui s'en dégage, après l'avoir lavé en lui Taisant traverser l'eau d'un flacon de lavage, dans de Teau froide, jusqu'à ce qu'elle n'en absorbe plus. La solution doit être conservée dans des vases fermés avec soin.

Usage, — L'acide sulfureux, à cause de sa grande tendance à passer à l'état d'acide sulfurique en absorbant de l'oxygène, esl un de nos corps réducteurs les plus énergiques ; il précipite aussi bien que le chlorure stanneux le mercure métallique de ses solutions salines, et l'oxyde chrômique de l'acide chrômique. Nous employons l'acide sulfureux essentiellement à transformer l'acide arsénique en acide arsénieux, afm de pouvoir en précipiter plus facilement et plus complètement tout l'arsenic par le sulfide hy~ drique (§ 9o, e). Chaque fois qu'on veut se servir de ce réactif, il faut s'assurer qu'il est encore bon et susceptible d'être employé; ce qu'on reconnaît facilement à son odeur.

f •• Sainte sodiiiae* IVaO^âMIg*

On dégage de l'acide sulfureux, par le procédé indiqué au § 7i» on lui fait traverser l'eau d'un flacon de Nvage, après quoi on le

§ 73.] CHAP. H. DES RÉACTIFS. 6t

reçoit dans une solution de carbonate sodique, jusqu'à ce qu'elle cesse de Tabsorber.

Usage. — Le sulfite sodique peut être employé, dans la plupart des cas, au lieu deTacide sulfureux en dissolution, sur lequel il a l'avantage d'être plus concentré, et de se conserver plus facilement. 11 est spécialement employé à transformer les sels ferriques en sels ferreux, comme cela a lieu, par exemple, lorsqu'il s'agit de déceler Tacide phosphorique dans les minerais de fer ou les terres arables.

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