‹ Précis d'analyse chimique qualitative: ou, Traité des opérations chimiquesChapitre 21 sur 124 · Cyano-ferrate potas8iquet€|3lV6Fe29+SK=€fdy9+SK · texte numérisé non relu

Cyano-ferrate potas8iquet€|3lV6Fe29+SK=€fdy9+SK

Préparation, — On fait passer, dans une solution de 1 partie cyanure jaune dans 15 d'eau, un courant lent de chlore jusqu'à ce que la liqueur ne précipite ni ne bleuisse une solution de chlorure ferrique, et que la couleur de la solution, vue, par iransnrission, surtout à la (lamme d'une bougie, paraisse d'un beau rouge. On concentre alors la liqueur en Tévaporant à feu nu ; puis on la dessèche au bain d'eau. On dissout le résidu dans 4 parties d'eau , filtre, évapore rapidement à moitié du volume primitif, et laisse cristalliser. Les cristaux obtenus sont dissous dans 3 parties d'eau, la solution concentrée derechef de moitié est abandonnée à ellemême. On dissout pour Tusage 1 partie des magnifiques cristaux rouges ainsi obtenus dans 10 d'eau.

Examen, — Ainsi que nous venons de le dire, la solution ne doit ni précipiter, ni se teindre en bleu par l'addition de chlorure ferrique.

Usage, — Le cyano-ferrate potassique se décompose en présence des oxysels métalliques absolument de même que le cyano-ferrite potassique. Parmi ces sels, celui dont la couleur est la plus remarquable étant le cyano-ferrate ferreux, ce réactif est en conséquence essentiellement employé à déceler Foxyde ferreux. Pour ce dernier usage, il est facile de le préparer rapidement en ajou-

tant, à froid, et en évitant que le mélange s^échauffe, de Ta* cide nitrique, goutte à goutte, à une solution de cyano-ferrite potassique, jusqu^à ce qu'elle ne précipite plus le chlorure ferrique.

Préparation. — On met dans un vase de fer, muni de son couvercle , un mélange de 46 parties cyano-ferrite potassique desséché, 17 carbonate potassique et 32 soufre, qu^on chauffe doucement jusqu'à ce qu'il entre en fusion. On le tient à cette température jusqu'à ce que la'masse qui, au commencement, se gonflait beaucoup, entre en fusion tranquille et devienne limpide ; alors on la porte pendant quelques instants au rouge faible pour détruire l'hyposulfile potassique formé. Lorsque la masse est à moitié froide et encore molle, on la sort du creuset, on la pile et on la fait bouillir à plusieurs reprises avec de l'alcool. Par le refroidissement de oelte solutipn alcoolique, il s'y forme des cristaux incolores de sulfocyanure potassique; on distille les eaux mères pour en retirer la totalité du sel. Pour l'usage habituel on dissout 1 partie de sel dans 10 d'eau.

Usage, — Le sulfocyanure potassique sert à déceler Toxyde ferrique, dont il manifeste la présence, dans une foule de cas, avec beaucoup plus de précision que tous les réactifs employés jusqu'ici dans ce but, et auxquels il doit être préféré à bien juste titre.

PréparcUion. — Sur un mélange de i partie sable et 1 partie spath fluor en poudre fine, on verse 6 parties acide sulfurique dans un ballon de verre fermé par un bouchon, au travers duquel passe l'un des bouts d'un tube à double courbure, dont on fait plonger l'autre de quelques lignes sous une couche de mercure placée au fond d'une longue éprouvette à pied. On verse dessus 4 parties d'eau, et on favorise le dégagement de gaz, qui commence déjà à froid, en chauflant le ballon au bain de sable. Au moment où elle arrive au contact de l'eau, chaque bulle de gaz forme un précipité d'hydrate d'acide siliciquc provenant de ce que, sur trois équiva-

lents de fluoride silicique produit, Tun d'eux se décompose avec trois équivalents d^eau en acide silicique qui se précipite, et en fluoride hydrique qui, en s'unissant aux deux équivalents de fluoride silicique non décomposé, forme, avec eux, du fluorhydrate silicique, 3SiFl84-3HO=3HFl+2SiFl3+Si03. C'est à cause de la consistance gélatineuse qu'aflecle l'acide silicique hydraté qu'il faut faire plonger dans le mercure le tube qui amène le gaz ; car si on le faisait arriver dans Teau, il se boucherait de suite. Il se forme dans la liqueur, surtout à la fin de l'opération, des espèces de tubes qu'il faut détruire à mesure qu'ils se forment, parce qu'ils permettent au gaz de s'échapper sans être décomposé. Quand le mélange ne dégage plus de gaz, on verse la liqueur gélatineuse sur une toile, et on en exprime la partie fluide, qu'on filtre et conserve pour l'usage.

Examen» — Le fluorhydrate silicique étendu de 2 parties d'eau ne doit pas précipiter les sels de strontiane.

Usage, — Cet acide se décompose en présence des oxydes en eau et fluosilicates métaUiques. Comme les Uns sont solubles et les autres insolubles, ''on peut employer ce réactif à séparer les premiers d'avec les seconds. En analyse, nous ne nous en servons que pour reconnaître la baryte.

!•• Oxalate ammoiiique JVH.O^O*

Préparation, — On verse de Tammoniaque dans une solution aqueuse d'acide oxalique jusqu'à ce que la solution devienne faiblement alcaline, puis on la fait cristalliser. Pour l'usage, on dissout 1 partie de sel bien lavé dans 24 d'eau.

Examen, — Quiand il laisse un résidu fixe sur la feuille de platine où on le calcine, il faut le faire recrislalliser.

Usage, — L'acide oxalique produit avec beaucoup de bases, des sels insolubles dans l'eau ; de là vient que l'oxalale ammonique ibrme, dans la solution de plusieurs métaux, et surtout des sels calciques, barytiques et strontiques, des précipités plus ou moins insolubles. En analyse, on emploie l'oxalale ammonique à reconnaître et à isoler la chaux.

Celui du commerce est suffisamment pur. 11 vaut mieux le conserver en poudre qu'en solution, parce que la dernière ne tarde pas à se décomposer.

Usage. — Quand on verse de Tacide larlrique dans les solutions de fer, manganèse, chrome, alumine, cobalt et de plusieurs autres métaui, ils n'en sont plus précipi tables par les alcalis, parce qu'ils ont passé à l'état de tartrales doubles indécomposables par les alcalis. On conçoit qu'à raison de cette propriété on puisse employer l'acide tartrique à la séparation des métaux dont il empêche la précipitation d'avec ceux dout il ne l'empêche point. Cet acide, formant avec la potasse, et pas avec la soude, un sel acide peu solubie, sert à distinguer entre eux ces deux alcalis.

It* Baryte eaasti^ve. BaO*

Préparation. — On fait bouillir du sulfure barytique (§ 33), avec 20 parties d'eau dans laquelle on jette un excès de battiturcs de cuivre pulvérisées. On continue à faire bouillir le mélange jusqu'à ce qu'une goutte, jetée dans un sel de plomb, ne le noircisse plus. On filtre tout chaud, on ajoute à la solution assez d'eau pour qu'il ne puisse y avoir qu'une petite quantité de l'hydrate barytique qui cristallise, et on conserve dans des flacons bouchés avec soin. Lorsqu'elle relient du cuivre, on y ajoule avec précaution quelque peu de sulfide hydrique, et on filtre de nouveau pour en séparer le sulfure cuivrique. Un autre procédé consiste à calciner le nitrate barytique au rouge vif, dans un creuset de porcelaine bien couvert, placé lui-même dans un creuset de Hesse, couvert aussi, afin d'éviter les pertes de substance. La masse blanche et poreuse restant dans le creuset est de l'oxyde barytique tout à fait pur, ce qui doit le faire préférer à la préparation précédente.

Usage. — La baryte caustique étant, comme la potasse, une base puissante, elle déplace et précipite, de leurs combinaisons salines, les oxydes métalliques et les terres insolubles dans l'eau. En analyse, nous ne nous en servons que pour précipiter la magnésie ; nous pouvons nous servir aussi, dans ce but, d'une solution de sulfure

baryllque, à raison de la baryle caustique qu'elle contient toujours, lorsque la température à laquelle on a préparé le sulfure bary tique n'a pas été extraordinai rement élevée. L'eau de baryte peut être employée, comme les sels dont nous avons parlé plus haut, à précipiter les acides qui forment, avec cette terre, des combinaisons insolubles; nous ne nous en servons guère cependant de cette manière-là que pour manifester Tacide carbonique.

tS. CariioiiAte baryti^ne*

Préparation. — Voir plus haut § 34. Lorsqu'on veut se servir de ce sel, qui doit auparavant avoir été parfaitement lavé et desséché, on le broie avec de l'eau, et on conserve dans un flacon bouché le mélange laiteux qu^on obtient ainsi. 11 faut secouer fortement la fiole avant d'employer ce sel.

Usage,— Comme le carbonate bary tique précipite complètement de ses dissolutions, même froides, l'oxyde ferrique, sans décomposer celles des oxydes ferreux, manganeux, zincique, nickeleux et cobalteux, il fournil un excellent moyen de séparer ces derniers oxydes d'avec le premier.

11 sert aussi à séparer tout aussi facilement le nickel d'avec le cobalt, parce que dans une solution acide et saturée de chlore, de ces deux métaux, il précipite tout le cobalt sous forme d'oxyde coballique, et laisse tout le nickel en dissolution.

14* Chlorure slanneiix* SnCI*

Préparation» — On fond de l'élain qu'on verse tout liquide dans un mortier, où oti le pulvérise en l'y broyant sans cesse jusqu'à parfait tefroidissement. On le fait bouillir pendant longtemps dans un ballon avec du chloridc hydrique concentré, en ayant grand soin qu'il s'y trouve toujours de Tétain en excès. La solution, après avoir été étendue de quatre fois autant d'eau, reçoit une petite addition de chloride hydrique, puis on la filtre. On conserve celte solution dans des flacons bouchés soigneusement, au fond (fesquelson met quelques petits morceaux d'étain métallique; En omettant l'une ou l'autre de ces précautions^ le réactif ne larde

pas à se gâter totalement eo passante rétatde chloride stannique.

Examen, — Le chlorure stanneux doit produire à Tinstant, dans les solutions de chlorure mercurique, un précipité blanc de chlorure mercureux. U doit être précipité en brun foncé par lesulfîde hydrique, et n'être ni précipité ni troublé par Tacide sulfurique.

Usage. — L'énorme tendance que possède le chlorure stanneux à absorber Toxygène, pour se transformer en oxyde stannique ou plutôt en chloride stannique, puisque ce composé se forme à l'aide du chloride hydrique libre dans la liqueur, au moment où Tacide stannique prend naissance, en fait un de nos plus puissants moyens de réduction. En analyse, nous remployons pour découvrir le mercure et Tor ; il faut le mélanger avec un peu d'acide nitrique, mais sans chauffer, lorsqu'on le destine à la recherche du dernier de ces métaux.

tS« Chloride anrl^iie* AuCls*

Préparation» — On verse un excès d'acide chloro-nitriquasur de l'or en feuilles minces qui peuvent, sans inconvénient, contenir aussi de l'argent et du cuivre, et on chauffe doucement jusqu'à ce que plus rien ne se dissolve. Dans le cas où l'or contient du cuivre, ce qu'on reconnaît à la couleur brun rougeâtre du précipité produit par le cyanure ferroso-polassique dans quelques gouttes de la liqueur étendue d'eau, on y verse un excès de sulfate ferreux. Tout l'or se précipite alors à l'état métallique sous forme de poudre brun noirâtre extrêmement ténue, qu'on lave avec soin dans un petit ballon, et qu'on redissout ensuite dans l'eau régale. On évapore à sec au bain-marie, et on dissout le résidu dans 30 parties d'eau. Lorsque l'or est allié à de l'argent, ce dernier s*en sépare lors du traitement par l'eau régale, sous forme de chlorure argentique insoluble qui, ne nuisant en rien à l'opération, permet de l'achever absolument de même que lorsque la liqueur ne contient que de l'or pur.

Usage, — Le chloride aurique, possédant une grande tendance à abandonner son chlore, transforme par là facilement les chlorures en chlorides, lesoxydnles en oxydes, chlorures, etc. Cesphénomènes d'oxydation sont ordinairement accompagnés et signalés par une précipitation d'or métallique, sous forme de poudre brun

52 ANALYSE CHrMFQUE QUALITATIVE. [§ 54.

noir. En analyse, nous ne remployons qu'à découvrir Foxyde slanneux, dans les solutions duquel il produit, ainsi que nous le dirons plus loin,un précipité ou une coloration pourpre. (V. § 93, b, 6.)

te* Chloride platinlque* PtCia*

Préparation, — On purifie des lames ou fils minces de platine en les faisant bouillir avec de l'acide nitrique, puis on les met dans un ballon h col étroit, et on verse sur eux du chloride hydrique concentré additionné d'un peu d'acide nitrique. On abandonne le ballon pendant longtemps à une douce chaleur sur le bain de sable, en ayant soin d'y verser de temps en temps un peu d'acide nitrique jusqu'à ce que tout le platine soit dissous. On évapore à sec au bain-marie la solution, ^n y ajoutant du chloride hydrique, et on dissout le résidu dans 10 parties d'eau.

Usage.— Le chloride platinique formant, avec les chlorures ammonique et potassique, des sels doubles insolubles, tandis qu'il ne précipite pas le chlorure sodique, il nous sert à déceler les deux premières de ces bases. C'est le réactif le plus sensible de la potasse.

Page 1