‹ Précis d'analyse chimique qualitative: ou, Traité des opérations chimiquesChapitre 39 sur 124 · B. LE CORPS A ANALYSER EST LIQUIDE · texte numérisé non relu

B. LE CORPS A ANALYSER EST LIQUIDE

lo — On en évapore quelque peu dans une petite cuiller de platine ou dans un petit creuset de porcelaine, pour voir si la li-

§ i08. ] CHAP. I. DE L'ANALYSE. fB5

queur tient ou non quelque chose en dissolution. Quand c^est le cas, on étudie la nature de ce résidu d'après le § 107.

2^ — - On essaye avec les papiers de tournesol.

a. — le papier bleu rougit. Cette action peut être produite par un acide libre, un sel acide, ou un sel métallique soluble dans l'eau. Pour distinguer le dernier cas d'avec les deux précédents, on verse dans un verre de montre un peu de la liqueur, à laquelle on ajoute une très-petite gouttelette d'une solution étendue de carbonate potassique, qu*on y porte sur la pointe d'une baguette de verre effilée. Si la liqueur reste claire, ou que le précipité formé se redissolve par l'agitation, on a affaire à Tun ou à Tautre des deux premiers cas ; et, en général, au troisième seulement, lorsque le trouble persiste. Il est clair que lorsque la solution contient un acide libre ou un sel acide, on ne peut plus l'envisager comme purement aqueuse; aussi dans son analyse ultérieure doit-on y chercher encore, outre les corps solublâs dans l'eau, ceux qui le sont dans les acides.

6. — Z> papier rouge passe au bleu. Ceci caractérise les alcalis libres ou carbonates, les terres alcalines libres, les sulfures alcalins, et une série de sels qui présentent toujours celte réaction. Quand la liqueur contient des alcalis libres, les corps qui s'y trouvent dissous peuvent appartenir tout aussi bien à la séné des corps insolubles dans l'eau qu'à celle de ceux qui s'y dissolvent. Nous dirons (§ 117, 1. 2) comment on s'en assure et quels sont les corps à chercher en général dans les solutions alcalines.

3o — On cherche à découvrir par le goût et l'odeur de la liqueur, et si Ton n'y parvient pas de cette manière, en la distillant, si le dissolvant est de l'eau, de Talcool, ou de Téther, etc. Dans le cas où ce n'est pas de l'eau, on évapore la solution à sec et on traite le né^u d'après le § 107.

4» — Quand la solution aqueuse est acide, on en étend quelque peu de beaucoup d'eau. Si elle devient laiteuse, elle peut contenir de l'antimoine, du bismuth ou de l'étain. Si le précipité disparaît par une addition d'acide tartrique, on peut croire à la présence de l'antimoine. S'il ne disparaît pas et qu'il se dissolve dans un peu d'acide acétique, ce doit être du bismuth. On procède ensuite avec la liqueur primitive, suivant le § 110 ou 117, suivant qu'on suppose qu'elle contient un seul corps, ou le mélange de plusieurs.

te.

i86 ANALYSE CHIMIQUE QUALITATIVE. [§ J09.

n. DISSOLUTION DES CORPS OU LEUR DIVISION A L'âIDE DES DIVERS DISSOLVANTS.

Les dissolvf^Qts employés pour élablir des dii[isio»$ purp^i les corps simples, combinés ou mélangés, sont Teau, }a chloride bydpi*que^.et, dans certains cas, racide nitrique. D'après le degré de leur solubilité dans ces liquides, on les diyi^ en trois classes :

Première classq. ~ Corps solublés dans Veau,

Seconde classe. — Corps insolubles ou peu sokMes dans Veau; sdubkSt en échange^ dans les acides cMorid^ hydrique et nitrique*

Troisième classe. — Corps insoluble ou peu sola^les dam l'eau^ et les acides cJdoride hydrique et nitrique.

Comme il y a de l'avautagé à dissoudre les alliages, en em^ ployant un procédé un peu différent, nous indiquerons pour leur analyse une méthode particulière (§ iOO, B).

Pour opérer la dissolution ou la séparation, on opère de la manière suivante ;

À. LE CORPS m'est m UN MÉTAL MI UM ALLLAGE.

{0 ^ Oq pulvérise la substance à étudier et on en prend dem à trois grammes qu'on ùiit bouillir dans un tube à essais, sur la lampe à alcool avec dix ou douze fois leur volume d'eau distillée.

a, — Tout se dissout. Dans ce cas, et en tenant compte de la réaction indiquée aux essais préliminaires (§ 108, 2o), ondevra ranger le corps dans la première classe. On traite la solution d'après le§iiOou 117, suivant qu'on a à en exUraire une ou plu* sieurs bases ou acides.

6. — Après une ébullition prolongée^ il reste une partie insoluble. On laissé déposer et on filtre en laissant, autant que possible, dans le tube, toute la partie insoluble. On évapore quelques gouttes de la solution filtrée et claire sur une feuille de platine bien propre. Si elle ne laisse pas de résidu, c'est que la substance est insoluble dans l'eau; on opère alors suivant le § 109, 2. S'il y a un résidu, c'est la preuve que la substance est soluble dans l'eau, au moins en partie. On fait bouillit» encore une fois avec de Teau, on filtre ef6n ajoute celle nouvelle solution la première. D'après les cir-

§ 109.] ' CHAP. l. DE L'ANALYSE. 187

coDSlanees, on traile celle liqueur suivant le § 110 ou' H 7. On lave avec de Teau le résiffu insoluble qu'on traite d'après le § 109, 2.

20 .» On ajoute au résidubooilli dansl'eau, du chloride hydrique étendu. S'il ne s'y dissout pas, on fait bouillir; coniinue*t-il à y rester insoluble, au moins en partie» on décante et on fait bouillir le résidu avec du chloride hydrique concentré.

Il peut se passer alors plusieurs phénomènes auxquels il faut apporter la plus grande attention, savoir : «. Unç effervescence déoelant Taclde carbonique ou le sulfide bydrique {voyez § 111, 3). p. Un dégagement de chlore qui Indique la présence des peroxydes^ de l'acide chrômique, etc. 7. Un dégagement de cyanide hydrique reconnaissable à son odeur, indiquant la présence des cyanures métalliques insolubles. Comme il est plus fa* cile de décomposer ces derniers en suivant une voie un peu différente, vogez pour eux le § 131.

0. — « TinU se dissout dans le chloride hydrique^ ou bieny il ne se sépare que du soufre, fadle à recùnnaitre à sa combustibiUtéj ou de Vadde siHeique gélatineux. On procède, suivant les circonstances, d'après le § 113 ou 1 18. Le corps fait partie de la seconde classe. Lorsqu'on sait que Tacide siiicique existe dans la substance, ou qu*ony suppose sa présence § 107. 1. 4. b, on évapore à sec la solution, et on traite le résidu, à une douce chaleur, par le chloride hydrique, puis, par Teau, et on filtre. Le résidu insoluble formé d'acide siiicique doit-être étudié suivant le § 100, b, et la solution, comme on l'a dit plus haut.

b, ^^ Il y a un résidu. On laisse momentanément de côté le tube dans lequel se trouve l'essai bouilli avec le chloride hydrique, et on essaye de dissoudre un autre échantillon du corps à analyser^ en le faisant bouillir avec de Tacide nitrique auquel on ajoute ensuite de l'eau.

a. — // se dissout en entier, ou il ne reste d'insoluble que du soufre ou de Tacide siiicique gélatineux, qui s'en séparent. Le corps appartient aussi à la seconde classe. On conserve cette solution pour la recherche subséquente des bases, et on procède^ suivant les circonstances, d'après le § 113- ou 117. lll. Quand la substance contient de Tacide siiicique, il faut auparavant Tévaporer suivant, 2<^, a, ci-dessus.

488 ANALYSE CHIMIQUE QUALITATIVE. [§i()9.

p. — Après rébtdlition^ avec V acide nitrique, on a encore un résidu. Il se présente alors les deux cas suivants :

aa, — On a des raisons pour croire que la substance ne contient qu'une base et qu'un acide. On ajoute au corps de Teau régale, avec laquelle on le chauffe.

. oft. -* // se dissout. On iraile la solution comme au § 113.

pp. ^^ Il ne se dissout pas. On procède suivant le § 116, 66. — : bb, — On a des rais(0S pour la croire formée par la combinaison ou lemélangede plusieurs corps. Pour la détermination des bases, on se sert de la solution, dans le chloride hydrique, qu'on a mise de côté, au § 109, 2> 6. On la chauffe avec le résidu insoluble, quMl faut traiter suivant le § 109, 3 ; on les porte ensemble à l'ébullition et on filtre tout bouillant dans un tube contenant un peu d'eap. Ensuite on fait bouillir de nouveau le résidu avec de Teau, on filtre et on ajoute cette nouvelle liqueur, toute bouillante, à la précédente. Quand la substance contient de l'acide silicique, il faut d'abord évaporer à siccité sa solution, et en reprendre le résidu avec du chloride hydrique, puis, avec de Teau.

OLCL. — La liqueur filtrée devierU laiteuse^ ce qui décèle Vanti-moine ou le bismuth, ou bien elle dépose des cristaux déliés, indiquant la présence du plomb. On la chauffe en y ajoutant, s'il le fai|t, un peu de chloride hydrique, jusqu'à ce qu'elle redeyienne limpide, et on la traite suivant le § 118.

pp. — EUe reste limpide. On en évapore quelques gouttes, pour s'assurer que le chloride hydrique a dissous quelque chose. Lorsqu'il y a un résidu, on traite la liqueur filtrée suivant le § 118.

3<> — Si le chloride hydrique concentré et bouillant a laissé un résidu, on le lave avec de l'eau, et on le traite suivant le § 130.

B. LE CORPS EST m MÉTAL OU UN AUU6E.

C'est Tacide nitrique qui nous fournit le moyen le plus facile de les grouper.

Métaux inattaqttahles par l'acide nitrique : or et platine.

Métaux que Vadde nitrique oxyde, mais dont les oxydes ne se dissolvent pas dans cet adde pris en excès : étain et antimoine.

§ 109.] CRAP. h DE L^ANALYSE. «89

Métaux que V acide nitrique oxyde^ et dont les oxydes se dissolvent, dans cet acide, en formant des nitrates : tous les autres*

On yerse, sur un échantillon du corps à essayer, de l'acide nitrique, de i, 25 p. s., et on chauffe.

{• — Jly a dissolution complète^ ou elle se fait à l'aide d'une ad" dition d^eau. Absence du platine, de Tor, dé rantimoine et de l'étain. On en étend un petit essai aTcc beacRoup d^eau. a. '^La Uqueur reste limpide. On y yerse un peu de chloride hydrique. S'il y produit un précipité qui ne se redissolve pas lorsqu'on chauffe la liqueur dans laquelle il se trouTC, qui se dissolve, en échange, dans Tammoniaque, après qu'on l'a lavé, c'est de l'argent. On Iraile la solution primitive suivant le § il8.

6. — EUe devient laiteuse. Indice de la présence du biemuth. On filtre et on essaye la liqueur filtrée suivant a , pour y chercher Vargent. On traite la solution primitive suivant le § liS.

2o — Il y a un résidu insoluble.

a. — Métallique, On filtre, et après avoir essayé si la liqueur tient quelque chose en dissolution, on continue à opérer suivant le § 109, B. 1. On débarrasse, par le lavage, ce résidu métallique de tous les sels qui pourraient y adhérer encore , on le dissout dans Teau régale, puis on ajoute, à un essai de la solution, du chlorure potassique, et à Tautre, du sulfate ferreux. Un précipité jaune annonce, dans le premier cas, le platine , et un noir dans le second, ror.

b. — Blanc et pulvérulent. Présence de rantimoine ou de Vétain. On filtre, et si la liqueur tient quelque chose en dissolution, on la traite suivant le § 109 , B. lo. On lave soigneusement le résidu, qu*on chauffe avec une solution saturée de bitartrate potassique , ou avec une solution d*acide tartrique.

«. — Dissolution complète indiquant la présence de Voxyde ontimonique seul. On s'en assure par la solution de sulfide hydrique.

p. «— Si, après rébuUition, avec une nouvelle portion de crème de tartre ou d'acide 4artrique , il y a encore un résidu blanc, il ne peut être dû qu*à de Vétain. On filtre et on ajoute à la solution du sulfide hydrique ; s'il y détermine un précipité orange, il est dû à ^ la présence de l'oxyde antimonique. Dans tous les cas, il fout s^as*

i9# ANALYSE CHIMIQUE QUALITATIVE. [§ HO.

surer de la présence de l'oxyde slannique, en mêlant le résidu avec du cyanure potassique et de la soude , puis en le réduisant au chalumeau. Comparez § 95, c. 7.

m. RECHERCHA SPÉCIALE.'

Combinaisons dans lesquelles il n*y a à déterminer qu'un acide et une base, ou un métal et un métalloïde.

A. €eKP8 80LU1ILE& DAN8 L'EAU.

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