‹ Précis d'analyse chimique qualitative: ou, Traité des opérations chimiquesChapitre 61 sur 124 · Brucine. Ct4Hj5Nî07=Br · texte numérisé non relu

Brucine. Ct4Hj5Nî07=Br

lo La brucine, cristallisée avec neuf équivalents d^eau, s*offreà nous sous forme de colonnes droites et transparentes, à base rhombe, ou d'aiguilles groupées en étoiles, ou enfin, de poudre blanche, composée d'écaillés cristallines. Elle est très-peu soloble dans l'eau à froid, et un peu plus à chaud. Elle se dissont facilement dans l'alcool absolu et hydraté. Elle est insoluble daDS l'éther. Sa saveur est très-amère. Chauffée, elle fond en perdant ses neuf équivalents d'eau.

2° La brucine neutralise complètement les acides. Les selsbrtfciques sont très-solubles dans l'eau, et doués d'une saveur trèsamère. Ils sont presque tous crislallisables.

3<> La potasse et le carbonate potassique produisent un précipité

§137.] GHAP. H. DES ALCALOÏDES. 285

blanc de brucine dans les solutions des sels de cet alcaloïde. Ce précipité est insoluble dans un excès du précipitant. Immédiatement après sa formation, ce précipité, vu au microscope, paraît composé de petits granules qui, plus tard, à mesure qu'ils absor benl de l'eau, s'unissent brusquement entre eux pour former des aiguilles, qui se groupent toutes autour d'un centre commun. Il est facile de suivre, même à Toeil nu, ces singuliers changements dans ce précipité.

4** L'ammoniaque produit dans les sels bruciques un précipité blanchâtre, formé d'abord de petites gouttelettes d'huile, qui se changent peu à peu en petites aiguilles* Immédiatement après sa formation, ce précipité se dissout facilement dans un excès d'am* nioniaque. Suivant que cette solution est plus ou moins concentrée, la brucine met moins ou plus de temps à s'en séparer, sous forme de petites aiguilles groupées autour d'un centre commun, et qui ne se dissolvent plus dans une nouvelle quantité ()'ammoniaque.

5o Lorsqu'on verse du bicarbonate sodique dans la solution d'un sel brueique neutre, il ne tarde pas à en précipiter cet alcaloïde sous forme d'aiguilles brillantes et satinées, groupées autour d'un centre commun. Ce précipité, qui est insoluble dans un excès du précipitant, se dissout en échange dans l'acide carbonique libre dans la liqueur ( voir ce que nous avons dit à ce sujet pour la strychnine ). Les solutions acides des sels bruciques ne sont pas précipitées. Ce n'est qu'après un temps assez long, et à mesure que l'acide carbonique se dégage, que la brucine se dépose.

6® Lorsqu'on traite par Yacide nitrique concentré, la brucine, ou une de ses combinaisons, on obtient une solution rouge vif d'abord ; puis rouge orangé passant au jaune, quand on la chauffe. En ajoutant à la solution chaude, dès qu'elle a pris cette teinte, qu'elle soit ou non concentrée, du chlorure slanneux, ou du sul* fure ammonique, sa teinte jaune clair devient du violet le plus intense.

70 L'acide sulfurique concentré dissout la brucine en se colorant en fose clair.

8^ En versant dé l'acide iodique dans la solution d'un sel brueique, il n'y produit pas à froid de changement appréciable ; mais,

286 ANALYSE CHIMIQOÈ QUALITATIVE. [ § m.

en faisant bouillir la solution; on lui fait prendre uue teinte rouge, Yiolacée, sale.

9<> Le sulfocyanure potassique produit immédiatement, dans les solutions concentrées des sels bruciques, et seulenaent après quelque temps lorsqu'elles sont étendues, un précipité en grains crislallins. On facilite leur formation en frottant avec une baguette de verre les parois du vase en contact avec la solution. Vus au microscope, ces cristaux ne paraissent pas avoir la même forme, quoiqu'ils soient tous pèle^méfte.

IQo Le Mofvre mef otm'çur produH un précipité analogue, gtri, vu au microscope, paraît composé d'une multitude de petits grains cristallins.

c. Vératrine (formule incertaine] =Ve.

i^ La vératrine est, en général^ une poudre d*an blanc tout ï fait pur, ou plus ou moins teinte de jaune ou de vert. Sa saveur est brûlante, acre et non pas amère. Cet alcaloïde est un poison violent, ^a poussière, introduite dans le nez, excite des élerooments si violents qu'ils peuvent devenir très-rdangereux. Ellfi ^ insoluble dans l'eau, peu soluble dans Pétber, et soluble dans Talcool. Lorsqu'on la cbauffe, elle fond comme de la cire, déjà h hù'C^ et elle se prend en une masse jaune et translucide en se refroidissant.

2o La vératrine sature complétemeat les acides* Parmi les sais vérairiques, les uns cristallisent, tandis que les autres se cbas' gent en une masse d'aspect gommeux, lorsqu^on les évapore à sec. Ils sont solubles dans Peau. Leur saveur est àcr^ e^hrûlante.

30 LapotassBy Vcanmtmaque et les carbonates ak^lins simj^^' duisent dans les solutions des sels vératriques un précipité blanc, floconneux, qui ne paraît pas cristallin lorsqu'on rexamine au iB^ croscope immédiatement après sa formation. Au bout de qo^^ ques minutes, ce précipité cbange d'aspect; si on le reporte alo)!^ sous le microscope , on y distingue {à et là des groupes de cci^ taux en petites colonnes. Ce précipité est insoluble dans uq excès de potasse pure ou carbonatée. L'ammoniaque en dissout à froiu quelque peu, qu'elle abandonne lorsqu'on la chauffe.

40 Les bicarbonates potassique et sodique ont sur la vératrine U même action que sur la strychnine et sur la brucine. Lorsqu'on

fail bouillir uDe soluiion de vératrine dans ces sels, cet alcaloïde s'^en sépare avec la plus grande facilité.

50 Lorsqu'on jette de la vératrine dans de Vacide nitrique con-centré, elle se prend en petites masses d'aspect résineux, qui se dissolvent lentement dans cet acide, qu'elles colorent en jaune rougeâtre clair.

60 Lorsqu'on jette de la vératrine dans de l'acide sulfuriquê concentré, elle se prend aussi en grumeaux d'aspect résineux, et qui se dissolvent très-facilement dans Tacide» avec lequel ils forment une solution jaune clair, dont la teinte devient toujours plus foncée, et passe ensuite au jaune rougeâtre, au rouge de sang foncé, au rouge cramoisi, et enfin, après un certain temps, au violet.

70 Ce n'est que dans les solutions très-concentrées des sels vératriques que le sulfocyanure potassique produit un précipité. Ce précipité est en flocons d'aspect gélatineux.

Conclusions et o&^ervotfOfw.*— Les alcaloïdes du troisième groupe sont aussi précipités par plusieurs réactifs autres que ceux que nous avons indiqués, ainsi, par exemple, par Tinfusion de noix de galle, par le cbloride platinique, et plusieurs autres encore; mais ces réactions n'ont pas grand intérêt, au point de vae analytique, puisqu'elles sont communes à toutes les bases de ce groupe. On peut séparer la strychnine d'avec la brucine et la vératrine par l'alcool absolu qui dissout ces deux dernier», sans loucher à la strychnine. Pour déceler la présence de la strychnine, il faut se servir de l'action qu'elle exeroe sur l'acide sulforique additionné de cbrômate potassique, ainsi que de Ja forme eristailine qu'elle présente lorsque après l'avoir précipitée par les alealis, ou l'observe, sQus le microscope. Enfin, on peut encore tirer des con* clusions assez assurées des précipités que font naître le sulfocyanure potassique et. le chlorure mercurique dans les solutions strycbniques»

Quoiqu'il soit aisé de reconnaître la brucine et la vératrine dans une liqueur où elles, se trouvent eesemble^t il est trèsr^Cfictle de les séparer Tune d'avec l'autre. Pour reconnaître la< brucine et la distinguer de la vératrine, on se sert de soii action sur l'acide ni'

28d ANALYSE CHIMIQUE QUALITATIVE. [§ 138.

trique et lecblorurestanneux, ou le sulfure ammoiiique, ou bieo aussi de la forme cristalline du précipité que Tamiâoniaque produit dans ses sels.

Pour distinguer la vératrine de la brucine, ainsi que de lous les alcaloïdes dont nous nous sommes occupé jusquMci, il suffit de la chauffer avec précaution ; les caractères qu'elle présente alors n^appartiennent qu'à elle seule, de même aussi que la forme qu'elle affecte lorsqu^on la précipite de ses solutions par les alcalis. Pour déceler la Tératrine dans un mélange où elle se trouve avec la brucine, on se sert de Taction qu'elle exerce sur l'acide salfariqoe concentré.

La médecine fait une telle consommaiion de salicine, dans les pays chauds, que nous pensons bien faire de parler de ce corps, à la suite des alcaloïdes, quoiqu'il ne fasse pas partie des bases o^ ganiques, mais des substances neutres.

Salicine. CteHisOi^.

{** Ce corps existe sous forme d'aiguilles et d'écaillés blanches et brillantes comme de la soie, ou bien sous forme de poudre blanche, d'aspect velouté. Sa saveur est très*amère. Elle est soloble dans l'eau et dans l'alcool. Elle est insoluble dans i'étber.

2<> Tous les réactifs qui précipitent la salicine en changent plus ou moins les propriétés et Taltèrent.

3* Lorsqu'on verse de l'acide sulfurique concentré sur de la salicine, elle se coutracte, se colore en rouge de sang très-foncé, et prend Taspect d'une résine, mais elle ne se dissout pas ; aussi l'acide sulfurique lui-même reste-t-il incolore.

4» Lorsqu'on verse dans une sohition aqueuse de salicine du chloride hydrique^ ou de Vacide sulfurique étendu d'eau, et qu'on fait bouillir quelques instants, la liqueur se trouble tout à coup, et elle laisse déposer un précipité en petits grains cristallins, qui est de la salirétine.

HAfiGHS SYSTÉMATIQUE POUR LA DÉCOUVERTE DES ALCALOÏDES LES PLUS USITÉS ET DE LA SAUCINE.

Nous avons admis, dans le plan d^analyse que nous allons tracer, qu'on opère sur la solution aqueuse concentrée des sels d'une ou de plusieurs des bases comprises dans ce travail. Cette solution doit être parfaitement exempte de toutes les substances étrangères qui pourraient entraver ou modifier l'action des réactifs que nous allons mettre en usage.

Après avoir indiqué de quelle manière se fait l'analyse dans ces conditions-là, nous dirons ensuite de quelle manière il faut s*y prendre pour éviter les erreurs que peut causer la présence de matières estractives ou colorées dans la même liqueur que les alcaloïdes.

L RBGBERCHB DBS ALGALOIdBS DANS DNS UQUBUR OU IL h't

BN A QjfWH SEUL.

io — On verse goutte à goutte dans la liqueur une solution étendue de potasse caustique, jusqu'à ce qu'elle devienne très-faiblement alcaline.

a. — Il n'y a pas de précipité. Absence certaine de tous les alcaloïdes. Présence de la salidne. On s'en assure en essayant la solution primitive par l'acide sulfurique concentré, et par le chloride hydrique. {Voyez § 138, 3 et 4.)

6. — Jl se forme un précipité. On continue à ajouter goutte à goutte de la potasse, jusqu'à ce que la liqueur devienne fortement alcaline.

a. — le précipité disparaît. Morphine. On s'en assure en versant, dans une autre portion de la liqueur, de l'acide iodique (§ 135, 8) , et en traitant la solution primitive par Tacide nitrique (§135, 6.)

p. — Le précipité ne disparaît pas. Présence d'un alcaloïde des second ou troisième groupes. On passe à 2.

2» ^ Dans une autre portion de la liqueur primitive < n verse ,

290 ANALYSE CHIIliQUE QUALITATIVE. [ § 140.

deux ou trois gouttes dechloride hydrique, puis une solution saturée de bicarbonate sodique, jusqu'à ce que la réaction acide ait disparu. On frotte ensuite fortement, avec une baguette de verre, les parois du yase submergées par le liquide, et on laisse reposer pendant une demi heure.

a. :^ Ji n\ a pas de précipité. Absence de la narcotiné, de U quinine et de la cinchonine. On passe à 3.

5. — It y a un précipité. Narcotiné, quinine ou cfnc'honine. | On verse dans un peu de la solution primitive de Tammoniaque eo eicès, pbis une forte quantité d'éther avec laquelle on la secoue.

a. — Le précipité qui se forme se redissout dans VétHer. Naroo' Une ou quinihe. On place te iube à essais dans de Teau. chaude, pour en dégager Téther, et on a soin que l'ammoniaque reste, eo grand excès, dans la solution. S^il se forme un précipité, il est dû a de Isinùrôoline, de la présence de laquelle on s'assure çi} suivant le procédé indiqué au § 136, a, 5. Quand il ne se forme pas i de précipité^, on a affaire à de la quinine. On s'asi^ure de sa présence en évaporant presqju'à §^c la solution ammoniacale, après l'avoir acidifiée avec une ou deux gouttes d'acide acétique ; on y verse ensuite un excès de cacbonate potassique, et on examine ao microscope (§ 136, 6, 3), le précipité <]ju'il y fait naître.

p. — Le précipité formé ne se redissout pas dans Vétfier. Cinr chonine. On s'en assure à l'aide de Codeur que dé^gage le précipité quand on le chauffe (§ 136, c, 3).

30 — On verse, dans un verre de montre, de l'acide sulfiifiqjie concentré dans lequel on met un peu de la substance solide primitive, oii de celle qu'on a obtenue en évaporant sa solution.

a,. — • On obtient une solution incolore^ qui, lorsqu'on la chauffe, prend nne faible teinte vert-olive.^ Spryçhnine. On s'en assure au moyen du chrômate potassique ( § 1 37, a, 8 ).

6. — On obtient une solution rose qu'une additiqn d\aoide mtrique tçiint en rouge vif. Brùcin^, On s'en assure par l'acide nitrique et le cl|lorure ^lànneux (§ 137, 6, 6).

c. — On obtient une solution jaune, qui passe insensiblement au jaune rougeàtre, au rouge de sang, puis enfin au rouge cramoisi. Vératrine.

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