‹ Précis d'analyse chimique quantitativeChapitre 16 sur 349 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'analyse chimique se divise , ainsi que nous l'avons dit dans la première partie de cet ouvrage , en analyse qualitative et en analyse quantitative. La première a pour but de déterminer la nature, et la seconde , la quantité des parties constituantes du corps dont on veut connaître la nature. L'analyse qualitative nous amène à résoudre le problème de la constitution d'un corps, en nous apprenant à donner des formes connues à ses éléments. Pour nous fournir des conclusions exactes , il faut que l'analyse quantitative nous procure le moyen de donner aux parties constituantes connues du corps à analyser, une forme qui nous permette de le poser facilement et avec précision. Il faut, de plus, choisir toujours , dans ce but, les composés dont les éléments sont le mieux connus. Ces formes, ou combinaisons des corps aptes à être dosés, sont : des produits directs du corps analysé , ou les produits des traitements qu'on lui a fait subir. Dans le premier cas, le poids de la substance trouvée exprime directement la quantité qui s'en trouvait dans le corps à analyser. Dans le second cas , le composé trouvé n'exprime pas directement la quantité de substance existant dans le corps analysé ; on ne peut y parvenir qu'à l'aide du calcul. Expliquons-nous : si nous voulions déterminer la quantité de mercure qui se trouve dans le chlorure mercurique, nous pourrions le faire en précipitant par le chlorure stanneux le mercure métallique contenu dans la solution de chlorure mercurique, ou bien en précipitant cette même solution par le sulfide hydrique, et en pesant le sulfure mercurique produit. Comme 400 parties de chlorure mercurique sont formées de 74,08 de mercure, et 25,92 de chlore , on doit obtenir, en précipitant avec soin, par le chlorure stanneux , 4 00 parties de chlorure mercurique, 74,08 de mercure métallique ; tandis qu'en précipitant cette même quantité de chlorure mercurique par le sulfide hydrique , on aura 85,838 de sulfure mercurique. Dans le premier cas on arrive donc diractement à doser les 74,08 de mercure métallique contenu dans

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le chlorure , tandis que dans le second il faut y arriver avec le sulfure obtenu , en établissant la proportion suivante : comme 400 parties de sulfure mercurique représentent 86,29 de mercure, combien 85,838 en contiennent-elles ? soit : 400 : 86,29 :: 86,838 : x = 74,08.

Répétons ici , que les deux conditions essentielles à la réussite des analyses sont : de donner aux corps sur lesquels on opère une forme sous laquelle il soit facile de les peser, et de les faire passer dans des combinaisons dont nous connaissions avec précision la composition.

Âpres avoir défini de cette manière l'analyse quantitative et le but qu'elle se propose; ainsi que les moyens à l'aide desquels elle y arrive, jetons un coup d'œil sur les qualités nécessaires à l'analyste lui-même, pour faire porter à ses travaux des fruits abondants. Il y en a trois principales : 4° des connaissances suffisantes; 2° une adresse suffisante ; 3° enfin et surtout, l'exactitude la plus scrupuleuse.

Quant aux connaissances, tes pins essentielles sont celles de la chimie qualitative et quantitative, qu'il faut avoir étudiées avec soin. Il est nécessaire de connaître assez bien l'arithmétique pour pouvoir faire tous les calculs relatifs à l'analyse. Il suffit d'avoir feit ces faciles études préliminaires, pour pouvoir se rendre compte de toutes les méthodes d'analyse, ainsi que pour pouvoir calculer, à l'aide des équivalents , la composition des corps les plus compliqués.

Si les connaissances sont de la plus grande utilité pour l'analyse cfuantitative , l'adresse de l'opérateur est presque aussi indispensable à sa réussite. I! faut que la main acquière par la pratique une dextérité qu'on chercherait vainement à lui procurer autrement.

Une fois qu'on a toutes les connaissances et la dextérité nécessaires à la conduite des analyses , il ne manque plus à Fanalyste qu'une grande exactitude et une conscience si scrupuleuse , qu'il aime mieux recommencer vingt fois le même travail, pour être sûr de son fait, que de le faire une seule , sans avoir la conviction intime de la vérité des résultats auxquels il est arrivé. Tl suffit de s'être un peu occupé d'analyse quantitative , pour savoir qu'il arrive quelquefois d'obtenir des résultats de la vérité desquels on n'est pas très-sûr, ou même qu'on sait positivement n'être pas trèsexacts. Tantôt on a perdu un peu de substance en en répandant , ou bien par suite d'une décrépitation , ou d'un autre accident de

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cette nature ; d'autres fois on croit s'être trompé dans les pesées ; enfin, il peut arriver qn'après avoir fait deux analyses de la même substance, elles ne concordent pas entre elles : dans ces différents cas il faut avoir assez de conscience et de persévérance pour recommencer l'analyse. Dès qu'on craint la peine et qu'on ne sacrifie pas tout à l'amour de la vérité , on est aussi incapable de faire une bonne analyse que si on est ignorant ou maladroit. Tant qu'on n'est pas assez sûr de soi pour obtenir la conviction la plus absolue de la vérité de ses travaux, il faut analyser pour acquérir cette certitude ~ mais on doit bien se garder de rendre publics, ou d'appliquer les résultats auxquels on parvient , car il serait bien possible qu'alors , au lieu de faire avancer la science , on lui fît faire un pas rétrograde.

L'analyse quantitative s'applique à tous les corps en général ; nous ne traiterons, dans notre ouvrage , que de ceux qu'on rencontre le plus fréquemment en pharmacie et dans les arts. Pour subdiviser l'analyse quantitative, on peut dire , abstraction faite de la nature de la matière , qu'elle sert à reconnaître les parties constituantes des mélanges ou des combinaisons chimiques. Quoique au premier, coup d'oeil celte division paraisse bien mal fondée, il est, toutefois, indispensable de la conserver si on veut se faire une idée claire et nette de la valeur de l'analyse quantitative. Il est d'autant plus nécessaire de l'adopter que , dans ces deux cas , le but de l'analyse n'est pas le même , puisqu'on ne peut pas employer pour tous les deux les mêmes moyens de contrôle. L'analyse des combinaisons chimiques bien définies, se fait suivant toutes les règles de la science , puisqu'elle est faite d'habitude pour contribuer à son avancement , tandis que l'analyse des mélanges ne s'applique guère qu'aux substances usitées dans l'industrie, la médecine ou l'économie domestique. Quand on analyse, par exemple , tous les sels formés par un acide , les chiffres obtenus peuvent amener à la solution d'une foule de questions intéressantes sur la constitution de cet acide, son équivalent, sa capacité de saturation, etc. ; en d'autres termes , on peut répondre à une foule de questions du plus haut intérêt pour la théorie. Le but est tout autre lorsqu'on analyse de la poudre à canon , des alliages métalliques , des médicaments composés, ou autres substances de cette nature ; dans ce cas-ci , les résultats auxquels on parvient n'ont souvent aucun intérêt pour la chimie théorique , et ne peuvent être utiles qu'aux arts ou à d'autres branches de la science. Pour contrôler les résultats de

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