‹ Précis d'analyse chimique quantitativeChapitre 164 sur 349 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Nous avons examiné dans le quatrième chapitre les méthodes à l'aide desquelles on analyse les composés qui ne sont formés que par un acide et par une base. Ce chapitre est comme l'introduction de celui-ci qui traite de la séparation ou plutôt des moyens de déterminer le poids de chacune des parties constituantes d'un composé formé de plusieurs bases et de plusieurs acides.

On peut atteindre au but que nous venons d'indiquer : a, par V analyse directe; 6, par l'analyse indirecte. Dans l'analyse directe on isole réellement les bases et les acides les uns d'avec les autres ; c'est ainsi , par exemple, que nous séparons la potasse d'avec la soude à l'aide du chlorure platinique ; le cuivre, du bismuth, par le cyanure potassique ; l'arsenic, du fer, par le sulfide hydrique ; l'iode d'avec le chlore, par le nitrate palladeux ; l'acide sulfurique d'avec

l'acide phosphorique, par la baryte; le charbon d'avec le salpêtre, par l'eau, etc., etc. Dans tous ces exemples on voit qu'il faut opérer de manière à ce qu'un des deux corps à isoler se dissolve précisément dans les circonstances où l'autre reste insoluble, ou bien l'inverse. C'est ce mode d'analyse qui est le plus usité et qui mérite de l'être.

L'analyse est indirecte, au contraire, lorsqu'on n'effectue pas une véritable séparation des parties constituantes du corps qu'on analyse , et qu'on a recours à la production de combinaisons à l'aide desquelles il devient possible de déterminer par le calcul le poids relatif des parties constituantes d'un corps. C'est ainsi, par exemple , qu'on peut doser la potasse avec la soude dans les composés de ces alcalis , en les transformant en sulfates qu'on pèse et dont on dose l'acide sulfurique, § \ \ 5. C'est ainsi encore qu'on analyse un mélange d'oxydes ferreux et ferrique, en pesant la quantité d'or réduite par le premier de ces oxydes lorsqu'on les verse dans une solution de chlorure aurique , etc.

On peut employer l'analyse indirecte dans la plupart des cas qui s'offrent à nous; mais elle n'est réellement utile que dans ceux pour lesquels nous ne possédons pas de véritables méthodes de séparation. Comme on peut prévoir tous les cas spéciaux pour lesquels il faut préférer l'analyse indirecte à l'analyse directe, nous ne traiterons dans ce qui suit que de ceux de ces cas qui reviennent le plus souvent. On trouvera dans la seconde sous-division de ce chapitre, intitulée : Calcul des analyses, tout ce qui est relatif au calcul des analyses indirectes en général. Au reste, ou trouvera à la suite de chaque analyse des éclaircissements spéciaux, toutes les fois qu'ils seront nécessaires pour faciliter la conception de la pratique de l'opération.

Nous avons toujours cherché à atteindre deux buts différents dans ce chapitre : le premier était de fournir au praticien un guide infaillible, et le second de lui donner en même temps une. idée générale et bien nette du procédé analytique qu'il devait suivre et des travaux qui s'y rattachent. C'est ensuite de cette tendance que nous avons conservé notre ancienne division en

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groupes aussi tranchés que possible , et que nous parlerons en suivant un ordre aussi systématique que possible : d'abord de la séparation de tous les corps appartenant ft un même groupe, d'avec ceux des groupes précédents ; puis de la séparation de quelques corps seulement d'avec tous ceux, ou quelques-uns seulement de ceux des groupes précédents, et enfin de la séparation de tous les corps composant chacun de ces groupes, les uns d'avec les autres.

Il est clair que les méthodes d'analyse employées à là séparation de tous les corps d'un même groupe d'avec ceux d'un autre groupe, sont aussi applicables à la séparation d'un seul des corps appartenant ft un groupe d'avec un ou plusieurs des corps d'un autre groupe. Lorsque nous décrivons des méthodes spéciales de dosage, il ne fout pas croire pour cela qu'on doive toujours les préférer à celles qui sont plus générales. La sagacité de l'opérateur doit décider laquelle de ces diverses méthodes il vaut le mieux employer dans les circonstances où il se trouve placé.

Les méthodes générales d'analyse, que nous avons indiquées pour la séparation de tous les corps d'un même groupe d'avec ceux d'un autre groupe, ont été choisies par nous, comme étant les mieux appropriées au but auquel nous les destinions. Nous sommes cependant bien loin de prétendre qu'on n'en puisse pas dévier dans certains caâ ; nous croyons même qu'on J>eut en trouver d'autres qui, dans de certaines circonstances, seront tout aussi bonnes et même préférables. Nous avons dû nous eh remettre encore ici à l'habileté du praticien.

En général, nous avons admis pour les bases et pour les acides, qu'on les avait libres ou à l'état de sel soluble dans l'eau, foutes les fois qu'on a dû dévier de cette convention , on en a averti d'une façon spéciale.

Dans la masse des méthodes usitées pour les séparations générales ou spéciales , nous n'avons choisi que celles dont l'expérience >a prouvé l'exactitude. Toutes les fois que deux méthodes atteignaient également bien le but qu'on leur proposait, nous les avons rapportées toutes les deux , ou bien seulement la plus simple.

§ IIS.] CTI4P, T. SÉPÀBATJQN DES CORPS. 375

Nous avons omis à dessein toutes les méthodes de cjosaga qui ont été trouvées fasses par d'autres, pu par nous-mftne.

Toutes les fpis que cela nous a.été possible , nou§ avons indiqué les cas pour lesquels \\ yaut mieux employer l'une des méthodes indiquées que les autres.

Dans toutes les occasions où il est possible d'appliquer avec succès )es méthodes o> séparation indiquées dans |e quatrième chapitre , nous nous abstiendrons de les traiter d'une façon spéciale.

Nous ftvons placé à |pt suitje de plusieurs articles, et toutes les fois que noqs l'avcrns jugé bon, (es procéda les plus faciles 4'an^lyse des diverse^ substances qui en fpnt partie , et qu'on rencontre spuvent dans les arts ou dans la vie domestique ; comme , par exemple , la potasse, la sonde, le surpxyde mangiinique, l'hypophlfirite çstlqque, efct Nous ÊYQU8 pr#éré placer ces métjiofjej (J'analyse à jft suite des procédés chimiquement exacts d'fuijïlyie des différentes substances en question, ?fin de ne pas ôter su tout, son unifé ; ce qui nurait infai}|iblem(ent eu lieu si nous 3YJPU3 ptac$ touf ces procédés pratiques d'analyse flans un chapitre spécial.

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