La soude d'avec la pqta»ee
De toutes les méthodes usitées pour la séparation réelle de ces deux alcalis , une seule donne de? résultats exacts ; c'est celle du chlorure platinique. Elle est fondée sur ce que le chloro-platinate potassique est insoluble dans l'alcool qui dissout le chloro-platinate sodique. Outre ce procédé d'analyse directe , il y en a encore un d'analyse indirecte, qui donne aussi de fort bons résultats.
a. Analyse directe avec le chlorure platinique.
Pour que cette méthode réussisse , il est absolument indispen-
sable que les deux alcalis se trouvent à l'état de chlorures. En général , il suffit , pour leur faire prendre cette forme, d'évaporer la solution de leurs composés avec «du chloride hydrique en excès ; mais cela ne suffit point quand le composé contient de l'acide phosphorique , sulfurique , ou borique. On trouve aux §§ 4 00 , 401 et 402 des méthodes à l'aide desquelles on peut séparer ces alcalis d'avec les acides en question et les transformer en chlorures.
On pèse ensemble les chlorures potassique et sodique , §§ 74 et 72 ; puis on les dissout dans fort peu d'eau , et on ajoute à cette liqueur un excès d'une solution de chlorure plati nique. On évapore au bain d'eau , presque à sec, le mélange , sur le résidu duquel on verse de l'alcool de 76° à 80° pour cent. Après quelques heures de contact on jette sur un filtre le chloro-platinate insoluble , § 74 . Quand le liquide qui s'écoule du filtre est très-coloré en jaune foncé , on peut être bien assuré qu'on a employé une quantité suffisante de chlorure platinique. En général, on dose la soude en soustrayant du poids total des chlorures potassique et sodique réunis , celui de la potasse extraite directement , du chloro-platinate dosé. Lorsqu'on veut connaître directement le poids de la soude, on doit traiter la liqueur filtrée d'après le § 448.
b. Analyse indirecte.
On transforme le mélange des deux alcalis en sulfates neutres, §§ 74 et 72 ; on les pèse sous cette forme ; on détermine la quantité d'acide sulfurique qu'ils renferment, § 400 ; puis, à l'aide de ces données , on calcule combien le mélange contient de chacune des deux bases. Voir au calcul des analyses.
2. L'oxyde ammonique d'avec les oxydes potassique et sodique.
Pour séparer l'ammoniaque d'avec les alcalis fixes, on a plusieurs méthodes spéciales aux différents cas, que nous allons examiner.
a, Les sels des alcalis qu'on veut séparer contiennent un acide volatil, qui est le même pour tous, et abandonnent toute leur eau à 400°C, sans perdre de l'ammoniaque. Ex. les chlorures.
On pèse le mélange dans un creuset de platine , qu'on chauffe d'abord doucement; puis , et pendant plus longtemps, au rouge faible ; on laisse refroidir et on pèse. La différence du poids est égale à la quantité de sel ammonique qui existait dans le mélange.
Si l'ammoniaque se trouve dans le mélange à l'état de sulfate , il faut chauffer très-doucement pour éviter les pertes qu'on peut éprouver par la décrépitation du sulfate ammonique. Comme dans ce même cas , une partie de l'acide sulfurique du sel ammonique reste unie aux sulfates des alcalis fixes, il faut, avant de les peser, les calciner au rouge dans une atmosphère de carbonate ammonique , pour les ramener à l'état de sulfates neutres, §§ 74 et 72.
La méthode si simple que nous venons d'exposer est applicable aussi aux cas dans lesquels l'ammoniaque est combinée à un autre acide que les alcalis fixes. On peut parfaitement, dans ce cas-là , séparer le chlorure ou le carbonate ammonique d'avec les sulfates des alcalis fixes.
b. Les sels qu'on veut séparer ne remplissent pas Vune ou Vautre
des conditions énumérées en a.
Quand on ne peut pas modifier la nature du mélange de manière à pouvoir lui appliquer la méthode a , il faut y doser l'ammoniaque et les alcalis fixes dans différentes portions du mélange à examiner. La portion destinée au dosage des oxydes potassique et sodique devra être calcinée jusqu'à ce que toute l'ammoniaque ait été chassée ; puis on traite le résidu d'après le § 445, 4 . On dose l'ammoniaque suivant le § 73 , 2 , p , dans une autre portion.
278 A!f AiTSB CHIMIQUE QUANTITATIVE. [ § 116.
c. Qn a des substances qui ne contiennent que de Vammoniaque e4
de la soude.
On peut opérer la séparation de ces alcalis comme celle de la soude d'avec la potasse, § 445 , 4 , a.
DEUXIÈME GftOCPI.
Oxydes barytiqueA slrontique, càlciqueet magnétique. 1. Séparation des oxydes du second groupe d'avec ceux du premier
11 est impossible 4e séparer toutes les terras alcalines d'avec les alcalis, 4 l'aide <fun W* précipitant ; il en fout deux. Sous le nom d'alcalis , npuç comprenons i« la potasse et la soude. Quanc] le mélange contient de l'ammoniaque, il feut d'abord l'en déplaeer en le calcinant de la manière indiquée au § 4 45.
a. Qn fait séparer taules \es terre* opalines daveo Us soude et la potasse. s
On, verse a>ns |a solution du chlorure ammonique, puis un excès de carbonate ammonique additionné d'ammoniaque caustique ; on chauffe doucement, et on filtre , §§ 74 , 75 et 76.
Le précipité contient la baryte , la strantiane et la chaux, sous forme de carbonates. On évapore à sec la liqueur filtrée , ainsi que les eaux de lavage , et on calcine au rouge leur résidu pour en éloigner les sels ammoniacaux. On reprend par l'eau le résidu de la calcination. Il reste presque toujours alors un peu de magnésie qui ne se dissout pas ; on ne filtre pas, et on verse dans cette solution un excès d'eau de baryte. On fait bouillir et on filtre encore tout chaud.
Le précipité qui se forme alors est de l'hydrate magnétique, qu'on dose d'après le $ 77, 4 , 6. La liqueur contient la potasse, la soude et l'excès de baryte employée. On précipite cette dernière par un mélange de carbonate ammonique et d'ammoniaque caustique, on filtre , évapore , et transforme les alcalis en chlo-
rares quand cela est nécessaire , en évaporant une seconde fois à sec la liqueur avec du chloride hydrique ; après quoi on les pèse sous cette forme , §§ 71 et 7£.
L'expérience décrite nb 64 a prouvé que ce mode de séparation de la magnésie d'avec les alcalis fournit des résultats fort exacts.
6. On a quelques-unes des terres alcalines à séparer d'avec les oxydes potassique et sodique.