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SUITE AU QUATRIÈME GROUPE

Essai des manganèses.

Les manganèses naturels sont formés de suroxyde manganique , d'oxydes inférieurs du manganèse, d'oxyde ferrique, d'argile, de sulfate barytique , etc. Comme il n'y a dans ce minéral que le suroxyde manganique qui soit utile , il importait beaucoup aux industriels d'avoir une manière commode pour connaître la quantité de ce principe que chacun d'eux contient. Nous ne rapporterons ici qu'une seule des nombreuses méthodes proposées pour l'essai des manganèses; elle est applicable à tous les cas, et aussi simple que ses résultats sont sûrs. Voici le principe sur lequel cette méthode se base :

a. Quand on mêle de l'acide oxalique , ou un oxalate, avec du suroxyde manganique et un excès d'acide sulfurique , il se forme du sulfate manganeux, et il se dégage de l'acide carbonique, parce que l'un des deux équivalents d'oxygène contenus dans le suroxyde se porte sur l'acide oxalique , qu'il transforme en acide carbonique, ainsi que l'explique cette équation :

MnO, + SOfe + C08 = MnO,S03 4- 2CO*

On obtient donc 2 équivalents d'acide carbonique pour chaque équivalent de suroxyde manganique.

6. Quand on opère cette oxydation dans un appareil pesé d'où il ne puisse se dégager que l'acide carbonique , et d'où on puisse le chasser tout entier, la perte de poids éprouvée par cet appareil après la réaction correspondant juste à la quantité d'acide carbonique produit , elle donne les moyens de calculer la quantité de suroxyde manganique qui se trouve dans le manganèse essayé.

c. Pour s'éviter ta peine de faite ce calcul , il n'y a qu'à prendre un poids de manganèse tel quo, s'il n'était formé que de suroxyde manganique pur, il dégageât ju6 te 100 parties d'acide carbonique. De celte manière les unités d'acide carbonique qui se dégage correspondent précisément aux unités de suroxyde manganique existant dans le manganèse. On trouve cette quantité de manganèse en établissant la proportion suivante :

Lors donc qu'on prend gr. 0,98989 de manganèse pour faire 'essai, chaque centigramme d'acide carbonique qui se dégage correspond à un centième du suroxyde manganique contenu dans le minéral; mais ce mode de calcul n'est pas applicable, parce quo la quantité d'acide carbonique qu'on aurait à peser serait si petite, qu'elle exposerait à bien des erreurs. Il vaut mieux prendre pour le manganèse un multiple du nombre indiqué, et diviser ensuite le nombre des centigrammes d'acide carbonique produit, par le mémo nombre qui a servi à multiplier cer\g. 43. \a[ ^u manganèse. Le multiple le

nlus'commode est 3 : donc 2,96967, auquel on peut substituer sans inconvénient le nombre plus court de 2,97.

Après l'explication que nous venons de donner, il est facile de comprendre comment on doit faire l'analyse. On se sert dans ce but du polit appareil fig. 43, que nous avons déjà appris à connaître dans le g 105. Il faut que le ballon A contienne u peu près 75 grammes et le ballon B, 60 grammes d'eau.

On remplit ce dernier à moitiéd'a-

cide sulfurique concentré, et on ferme le tube a en mettant sur son orifice un petit tampon de cire molle.

On réduit en poudre , aussi fine que possible , dans un mortier d'agate, 2,97 parties de manganèse, qu'on introduit dans le ballon À avec 2 J parties ou plus d'oxalate potassique neutre obtenu en saturant le sel d'oseille ordinaire avec du carbonate potassique , puis en évaporant et en faisant cristalliser. On peut substituer à l'oxalate potassique 2 parties d'oxalate sodique neutre; quel que soit celui des sels qu'on emploie , il faut verser sur le mélange assez d'eau pour que le ballon soit.rempli presque jusqu'au tiers. On ferme alors l'appareil, qu'on pèse. En aspirant par le tube d un peu d'air avec un bouchon percé , on fait passer quelques gouttes d'acide sulfurique dans le ballon A. Aussitôt commence la production de l'acide carbonique, qui se dégage avec la plus grande régularité. Quand le dégagement de gaz est lent, le contenu de la fiole A se colore en rouge vif. Cette teinte n'est pas due , comme on pourrait le croire , à une' production d'acide hypermanganique , mais bien à celle d'un sel manganique qui se forme alors , parce que le suroxyde manganique ne cède pas de prime abord la moitié de son oxygène à l'acide oxalique , mais seulement un quart, ainsi que l'exprime cette équation :

2MnÛ2 + 3S03 + CA = MnA,3S03 + 2CO>

Dès que le dégagement du gaz se ralentit, on fait arriver dans la fiole A une nouvelle quantité d'acide sulfurique , et on continue ainsi de suite jusqu'à ce que tout le manganèse soit décomposé ; ce qui se fait en dix minutes au plus quand ce minéral a été réduit en poudre excessivement fine. On reconnaît que la décomposition est complète : d'une part , à ce qu'il ne se dégage plus d'acide carbonique, lors même qu'il y a un grand excès d'acide sulfurique ; et de l'autre , à ce que le minéral s'est totalement dissous. Il est bon d'observer que lorsque le manganèse a été pilé dans un mortier de fer il retient quelques particules de fonte qui ne se dissolvent pas dans l'acide sulfurique , et restent au fond du vase sous forme de poussière noire. Il faut alors faire arriver en A une quantité

d'acide sulfurique assez forte pour que le liquide qui s'y trouve s'échauffe de manière à laisser dégager tout l'acide carbonique qu'il tenait encore en dissolution. On soulève le tampon de cire b ; puis, en aspirant au bout du tube, on fait traverser l'appareil par un courant d'air lent jusqu'à ce qu'il n'y reste plus d'acide carbonique; on laisse refroidir l'appareil, qu'on pèse ensuite; la perte qu'il a éprouvée représente le poids de l'acide carbonique dégagé. En divisant par 3 le nombre de centigrammes obtenu pour l'acide carbonique , on obtient en centièmes la quantité de suroxyde contenu dans le manganèse essayé.

Il y a certains manganèses qui contiennent des carbonates ter-* reux ; il faut modifier pour eux le procédé d'analyse de la manière suivante : on met , comme précédemment , 2,97 gr. de manganèse dans le ballon À , on verse sur lui de l'acide sulfurique trèsétendu en quantité suffisante pour remplir le tiers du ballon, et on remue le tout. Dès que le dégagement de gaz a cessé, on chauffe doucement le ballon pour en chasser tout l'acide carbonique. Cela fait , on remplit avec environ 3 grammes d'acide oxalique du commerce réduit en poudre , un petit tube , § H 2, 1, 6, qu'on suspend par un fil au-dessus de la liqueur contenue en À. On pèse l'appareil tout entier, puis on laisse tomber le petit tube dans le ballon d'où se dégage aussitôt l'acide carbonique produit par la décomposition du suroxyde manganique. Enfin , on aspire l'acide sulfurique, de B en A, et on achève l'opération comme précédemment.

Les dosages faits de cette manière sont d'une remarquable exactitude.

Les personnes qui désirent savoir de quelle manière on essaye les manganèses pour apprendre combien ils peuvent produire de chlore, trouveront tous les détails possibles là-dessus dans le petit ouvrage cité à la page 269.

§126.] CHAP. Y. SÉPARATION OEg CORPS* SU

Oxydes argenïique, mercureux, mercurique, plombique, bismu-

thique, cuivrique et cadmique.

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