L'argent d'avec le mercure
On peut opérer la séparation de ces deux métaux en se basant sur l'insolubilité du chlorure argen tique et sur la solubilité du chlorure mercurique , ou sur l'insolubilité du cyanure argentique et sur la solubilité du cyanure mercurique, ou enfin sur la fixité de l'argent et du chlorure argentique, tandis que le mercure et le chlorure mercurique sont tous les deux volatils. Pour pouvoir appliquer à l'analyse du mélauge les deux premières méthodes de séparation, il faut que le mercure s'y trouve à l'état d'oxyde mercurique , et non pas sous celui d'oxyde mercureux ; toutes les fois qu'il s'y trouve sous cette forme , il faut le changer en oxyde mercurique en le chauffant avec de l'acide nitrique. La première des méthodes indiquées est en général la meilleure; les deux autres ne trouvent une application avantageuse que dans certains cas tout spéciaux.
a. Séparation par le chloride hydrique.
On étend d'eau la solution dans laquelle on verse de l'acide nitrique , puis du chloride hydrique , jusqu'à ce qu'il n'y produise plus de précipité , et on évite d'en verser un trop grand excès. Tout l'argent se précipite , tandis que tout le mercure reste en dissolution ; on filtre pour les séparer, et on continue l'analyse d'après les §§86 et 89.
p. Séparation par le cyanure potassique.
Quand la solution est acide , il faut d'abord y verser de la po-
tasse en quantité presque suffisante pour la neutraliser ; ee n'est qu'alors qu'on peut y verser du cyanure potassique en quantité assez forte pour redissoudre le précipité qu'il avait formé d'abord. Cette dissolution contient du cyanargentate potassique et du cyanomercurate de la même base ; on y verse de l'acide nitrique en excès , qui décompose les deux sels doubles en transformant tout le cyanure potassique en nitrate. On dose d'après le § 86 le cyanure argentique , qui se précipite , tandis que tout le cyanure mercurique reste dans la dissolution , d'où on le précipite par le sulfide hydrique, § 89.
y. Séparation par calcination.
Examinons maintenant quelle est la meilleure manière de séparer par la chaleur le mercure d'avec l'argent , et de doser de cette manière ces deux métaux.
On précipite la solution parle sulfide hydrique , et on réunit les sulfures produits, sur un filtre pesé , où on les dessèche à 100°, après quoi on les pèse. On prend une partie de ce précipité , qu'on met dans la boule d' du tube à boule médiane, fig. U, où on
Fig. IL
fait passer sur lui un courant lent de chlore gazeux , dans lequel on le chauffe en élevant peu à peu la chaleur jusqu'au rouge faible. Il passe d'abord du chlorure de soufre, qui se décompose au moment où il tombe dans l'eau de la fiole e , § 4 4 4 , il , 4 , c ; puis le chlorure mercurique formé se volatilise , et se rend dans la fiole e, et dans la partie postérieure du tube à!, qu'on coupe , lave et dont on jette les eaux de lavage dans celle du flacon e, où on verse aussi l'eau contenue dans le flacon g. On chauffe cette solution jusqu'à ce qu'elle n'exhale plus d'odeur de chlore ; on filtre pour séparer les flocons de soufre d'avec la liqueur filtrée, dans laquelle on dose le mercure d'après le § 89. Pour déterminer le poids du chlorure argen tique, on pèse le tube dans lequel il est fondu ; puis on le réduit avec du zinc , § 86 , et on l'extrait ainsi du tube, qu'on pèse à son tour, après l'avoir bien lavé et desséché. 2. L'argent d'avec le plomb.
a. Séparation par le chlorîde hydrique.
On étend du chlorîde hydrique avec de l'eau jusqu'à ce qu'il cesse de précipiter les sels plombiques , et on en verse dans la solution des deux métaux , préalablement acidifiée avec de l'acide nitrique , une quantité suffisante pour en précipiter tout l'argent. On laisse déposer, on filtre , § 86 , et on précipite le plomb dans la liqueur filtrée , d'après le § 87. Les résultats sont exacts ; mais la filtration est difficile , à cause de la grande masse de liquide qu'il faut y soumettre.
p. Séparation par U cyanure potassique»
On étend d*eau la solution où l'on verse du carbonate sodique, en léger excès, puis du cyanure potassique, après quoi on chauffe. Le carbonate plombique reste insoluble, tandis que l'argent se dissout sous forme de cyanargentate potassique. On filtre , on précipite la liqueur filtrée en y versant de l'acide nitrique , et on traite le précipité de cyanure d'après le § 86. Comme le carbonate plombique précipité retient de l'alcali , on le dissout dans de l'acide nitrique étendu d'eau , et on le dose dans cette liqueur, d'après l'une des méthodes indiquées au § 87.
Les résultats sont exacts, quoiqu'on ait habituellement , pour le plomb , des nombres un peu au-dessous de la réalité , parce que le carbonate plombique n'est pas absolument insoluble , § 57.
Dans la pratique de ce procédé d'analyse il faut faire grande attention d'étendre suffisamment la solution des deux métaux , et de n'y pas verser un trop grand excès de carbonate sodique, qui pourrait dissoudre une quantité sensible de carbonate plombique. Toutes les fois que le cyanure potassique renferme du sulfure , même en fort petite quantité, il faut le rejeter, pour ce genre d'analyse.