C. ANALYSE DES SUBSTANCES ORGANIQUES SULFURÉES
Si on voulait doser le carbone d'une combinaison organique sulfurée, par le procédé d'analyse ordinaire, c'est-à-dire en la brûlant avec l'oxyde cuivrique , ou bien avec le chromate plombique , on obtiendrait pour l'acide carbonique des nombres de beaucoup trop forts , parce que le soufre produit en s'oxydant de l'acide sulfureux, dont le poids s'ajoute à celui de l'acide carbonique , parce que ces deux acides se condensent dans le tube à boules plein de potasse. Pour parer à cette grave chance d'erreur, on met entre le tube à chlorure ealcique et relui à potasse un tube
long de 40 à 42 centimètres, et rempli de suroxyde plombique parfaitement sec. Le suroxyde plombique absorbe l'acide sulfureux , en passant à l'état de sulfate plombique , ainsi que l'exprime réquation PbOj+SO^PbOjSO,, en sorte que l'acide carbonique arrive tout à fait pur dans le tube à potasse.
La présence du soufre dans les substances organiques azotées n'exerce aucune influence sur les méthodes de dosage de l'azote indiquées aux §§ 4 48 et 449.
C'est toujours sous forme de sulfate barytique qu'on dose le soufre des substances organiques, après les avoir oxydées par voie sèche ou par voie humide ; la première est la plus sûre. 4 . On mêle bien la substance pesée avec un mélange sec fait avec deux parties de carbonate barytique et une partie de nitrate potassique. On introduit le tout dans un tube à combustions étroit et court, et on met par-dessus le mélange une petite colonne des deux sels en question , bien purs ; après quoi on chauffe le tube d'avant en arrière , jusqu'à ce qu'il soit rouge. Quand le tube à combustions est froid , on en détache avec soin toutes les cendres , et l'introduit tout entier dans une longue éprouvette à pied , après quoi on remplit le tube de chloride hydrique étendu d'eau ; on ferme l'éprouvette avec un verre de montre , et on abandonne le tout au repos. Le nitrate potassique se dissout ainsi que le carbonate barytique non décomposé; le sulfate barytique seul ne se dissout point; on le jette sur un filtre, et on le dose suivant la méthode décrite au § 400. Quand on veut doser le soufre qui se trouve dans des composés volatils, il faut les peser dans une ou deux ampoules de verre , et faire passer leur vapeur sur un mélange incandescent de carbonate barytique et de nitrate potassique ,§444.
2. On chauffe la substance à oxyder avec de l'acide nitrique rouge fumant , ou bien avec un mélange d'acide nitrique et de chlorate potassique , et on chauffe, si cela est nécessaire, à la fin de l'opération , jusqu'à ce que toute la substance soit oxydée. Pour pouvoir oxyder de cette manière des sub-
stances volatiles , il faut les introduire dans de petites ampoules de verre avec lesquelles on les pèse, § 444. On brise le col de ces ampoules, qu'on laisse tomber avec leur panse , dans un ballon à long col rempli d'acide nitrique rouge et fumant. L'oxydation se fait alors lentement dans le col étroit de l'ampoule, et on peut l'effectuer presque sans aucune perte, si on a soin d'incliner et de refroidir le col du ballon. On traite, d'après le § 400, l'acide sulfurique qui s'est formé
par l'action de l'acide nitrique sur le soufre» Quand les substances organiques sulfurées contiennent de
l'oxygène, an dose ce dernier par perte.