VALEUR MOYENNE. DES PERTES ET DES EXCÈS TROUVÉS DANS LES ANALYSES
Quand dans l'analyse d'une substance on dose l'une de ses parties constituantes par différence, c'est-à-dire qu'on trouve son poids en soustrayant de celui de la substance le poids de tous ses autres éléments, il est clair, qu'attribuant la perte trouvée tout entière à cette partie constituante qu'on dose indirectement, on trouvera toujours exactement le nombre 400 pour la substance, lorsqu'on en calculera les éléments en centièmes. Comme toutes les pertes , tous les excès de poids trouvés dans le dosage des autres parties constituantes de la substance affectent directement celle qu'on dose par différence; il est clair qu'on ne peut être sûr d'avoir dosé cette dernière avec précision , que dans le cas où le dosage direct des autres éléments a été parfaitement bien conduit. On conçoit sans peine qu'un dosage indirect sera d'autant plus exact qu'il y aura moins d'autres principes dosés directement.
Lorsqu'on a dosé directement toutes les parties constituantes d'un corps, il semble qu'en les additionnant ensemble on devrait
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retrouver le poids du corps analysé. H n'en est souvent pas ainsi , et dans le calcul dé l'analyse, on trouve ordinairement un peu plus* bu un peu moins de * 60, parce qu'ainsi que nous i'&vofls dit au § 70, chaque analyse entraîne avec elle de certaines chances d'erreur. Toutes les fois qu'un cas de cette nature se présente , il est du devoir de l'analyste de présenter tels quels les résultats obtenus.
C'est ainsi , par exemple , qu'en analysant le chromate chloropotassique , M. Pelouze a trouvé :
Potassium 21,88
Chloré 19,41
Acide chromique 58,21
et que M. Beitelius, eu analysant i'uranate potassique, trouva :
Oxydé potassique 12,8
Oxyde uranlque 86,6
De même encore , M. Plattner a trouvé, en faisant l'analyse des pyrites magnétiques , dans celle :
de Pataa , da ArfaU.
Fer &9,Î2 60,64
Soufre 40,22. ..,./. 40,48
Il est clair qu'on ne peut pas répartir , sur les parties constituantes de la substance analysée , la perte ou l'excès de poids trouvé , tant parce que les différences trouvées varient beaucoup pour chaque analyse, que parce qu'en lui donnant une fausse apparence de vérité, on ôte aux autres la possibilité de rectifier une mauvaise analyse.
On ne doit jamais craindre d'avouer que, dans une analyse , on a trouvé trop ou trop peu , tant que la différence reste entre de certaines limites que l'expérience fait bien vite connaître.
Lorsqu'on a répété la même analyse deux ou plusieurs fois , on prend la moyenne d'elles toutes, et on l'admet comme étant l'expression de la vérité. Les moyennes sont d'autant plus vraies , que les analyses dont on les tire diffèrent moins entre elles. Dans tous les cas, on fait bien de donner en détail, sinon toutes les analyses qu'on a faites, au moins celles qui ont donné les résultats les plus élevés et les plus bas.
Comme la précision de l'analyse ne dépend pas de la quantité de substance employée , du moins lorsqu'on n'en prend pas par trop peu , il faut calculer les moyennes , sans tenir compte de la quantité de substance employée, c'est-à-dire, qu'il ne faut pas. calculer le contenu en centièmes d'un corps, en additionnant, d'un côté , la quantité de substance employée , et de l'autre , celle de ses parties constituantes trouvée dans chaque analyse; il fout calculer en centièmes les résultats de chaque analyse séparément , réunir ensuite tous ces calculs , et trouver de cette manière la composition moyenne en centièmes de la substance analysée.
Supposons qu'une substance AB contienne 50 pour 400 d'À, et qu'elle ait fourni , dans deux analyses différentes :