‹ Précis d'analyse chimique quantitativeChapitre 270 sur 349 · I. ANALYSE QUALITATIVE · texte numérisé non relu

I. ANALYSE QUALITATIVE

L'étude qualitative des eaux minérales ne porte habituellement que sur ceux de leurs principes qui sont le plus abondants ; 11 est plus commode de ne rechercher les autres qui n'y existent qu'en petite quantité , qu'en en faisant l'analyse quantitative.

a. Il est rare qu'on soit obligé d'avoir recours â une analyse

g 468,] spécialités. 457

spéciale , pour s'assurer de la présence de l'acide carbonique et du sulfîde hydrique, dont le goût et l'odorat font déjà connaître la présence avec assez de certitude. Lorsqu'on a conservé pendant longtemps des eaux minérales en bouteille, elles présentent quelquefois une odeur de sulfide hydrique, qu'elles n'avalent point à l'état frais; cela vient dé ce que tes sulfates qui s'y trouvaient entêté réduits et transformés en sulfures par l'action du bouchon humide. Les sulfures décomposés à leur tour, par l'acide carbonique de l'eau , ont produit le sulfide hydrique. Pour s'assurer de La présence des deux aeides, qui nous occupent, dans l'eau fraîche , on l'essaye de la manière suivante :

a. On verse dans l'eau minérale un peu d'eau de chaux. Si le précipité qu'elle y produit disparaît à mesure qu'on verse sur lui davantage de l'eau en question , on y décèle ainsi la présence de l'acide carbonique libre.

p. On remplit presque en entier d'eau minérale un tube d'essais, dans lequel on verse Un peu d'acétate plohibiqueavec lequel on le secoue ; on pose ensuite le tube sur une feuille de papier blanc , et on regarde de haut en bas dans l'intérieur du tube. Si on y aperçoit un précipité noir ou une couleur brunâtre , c'est une preuve que l'eau contient du sulfide hydrique.

6. On évapore dans un ballon dé verre, ou mieux, dans une capsule de platine/ environ 120 grammes d'eau, jusqu'à ee qu'elle soit réduite de moitié. En général, l'eau se troublé pendant cette évaporation, parce que l'acide carbonique laisse déposer toutes les matières qu'il avait dissoutes. On filtre cette eau , et on lave avec de l'eau distillée ce qui reste sur le filtre.

Voici quelles sont les principales substances à chercher dans le précipité et dans la liqueur filtrée :

Dans le précipité :

Carbonate oalcique,

Carbonate magnésique,

Oxyde ferrique.

Dans la liqueur filtrée :

Oxydes sadique, potassique, calcique et magnésique.

Acide sulfurique, Chlore, brome et iode.

c. Etude du précipité obtenu en 6. — On le traite par le chloride hydrique; s'il s'y dissout avec effervescence, c'est qu'il contient de Y acide carbonique. On verse dans une partie de la solution du cyanoferrite potassique, et dans le reste, de l'ammoniaque. Si le premier produit un précipité bleu, et le second un précipité rouge brunâtre, cela vient de la présence du fer. Quand le précipité formé par l'ammoniaque n'est pas rouge brun , mais jaune pâle , il doit faire admettre l'existence de l'acide phosphorique ou de l'alumine, ou de tous les deux; aussi devra-t-on les chercher lorsqu'on fera l'analyse quantitative.

On veise dans la liqueur additionnée d'ammoniaque , après Tavoir filtrée , si elle était trouble , de l'oxalate ammonique , pour y déceler la chaux, et dans la liqueur d'où on vient de précipiter la chaux , du phosphate sodique , pour y découvrir la magnésie.

d. Etude de la liqueur filtrée obtenue en b.

«. On examine ses réactions. Quand elle est fortement alcaline , on doit y admettre la présence d'un carbonate alcalin , ou bien du sulfure d'un métal alcalin. Dans ce dernier cas, la liqueur noircit la solution de plomb. L'eau peut offrir une faible réaction alcaline, lors même qu'elle ne contient ni carbonate, ni sulfure alcalin , dans le cas où il s'y trouve du chlorure magnésique , qui se décompose partiellement lorsqu'on le fait bouillir avec de l'eau, de manière â produire du chloride hydrique, qui se dégage et du chlorure magnésique basique , qui reste partiellement en dissolution. Pour apprendre avec certitude si la solution renferme ou non des carbonates alcalins, on évapore presque à sec une partie de la liqueur filtrée ; puis on y verse un acide , et on observe s'il en dégage avec effervescence de Y acide carbonique.

p. Après avoir acidulé avec du chloride hydrique une portion de la liqueur, on y verse du chlorure barytiqué, pour découvrir Y acide sulfurique.

y. Après avoir acidifié une autre portion avec de l'acide nitrique, on y verse du nitrate argentique, pour déceler \e chlore.

S. A une autre portion on ajoute du chlorure ammonique , puis de l'oxalate ammonique , qui y indique la chaux , s'il y produit un précipité. On filtre.

«. Dans une partie de la liqueur filtrée obtenue en a, on verse de l'ammoniaque , puis du phosphate sodique , pour découvrir la magnésie.

ç. On évapore à sec le reste de la liqueur filtrée obtenue en S , puis on en chauffe au rouge le résidu > pour en chasser tous les sels ammoniacaux. On dissout ce résidu dans l'eau , et on précipite la magnésie et l'acide sulfurique avec de l'eau de baryte ; on filtre , et on éloigne l'excès de baryte par le carbonate ammonique ; on filtre de nouveau , évapore à sec et calcine au rouge le résidu dans lequel on cherche à déceler la soude à l'aide de la flamme de l'alcool , «t la potasse par le chloride platinique.

y]. Pour être sûr de la présence du brome et de l'iode dans une eau minérale, il fout, dans la plupart des cas, en évaporer une très-grande masse. On utilise la solution concentrée produite par cette évaporation , pour y rechercher Y iode à l'aide de l'empois d'amidon et d'une très-légère addition d'eau de chlore. Pour y découvrir le brome, il faut la secouer avec de l'eau de chlore et de l'éther, qui dissout le brome en se colorant en jaune. On évapore à sec cette solution éthérée avec de la potasse caustique, et on calcine le résidu. On introduit ce résidu dans une petite cornue avec un peu d'acide sulfurique et de suroxyde manganique pilé ; on adapte un récipient soigneusement refroidi au col de la cornue, qu'on chauffe doucement , et on recueille le produit de la distillation dans un tube d'essais contenant un peu d'empois d'amidon. Après avoir disposé de cette manière ce tube , on le ferme à la lampe, et on le retourne, ainsi qu'on l'a indiqué dans l'analyse qualitative.

La marche à suivre pour l'analyse quantitative des eaux minérales diffère , suivant qu'elles contiennent ou non des carbonates

alcalin». Gomme l'analyse des eaux qui contiennent de» alcalis est bien plus facile que celle des eaux qui n'en renferment pas, nous nous occuperons d'abord de l'analyse de ces dernières, dans laquelle se trouve comprise , tout entière , l'analyse des eaux alcalines. Nous supposerons qu'il se trouve dans l'eau toutes les substances qu'on peut y rencontrer habituellement.

Ensuite nous verrons de quelle manière on doit changer la marche analytique proposée, lorsqu'on doit l'appliquer à de* eaux alcalines ou sulfureuses.

Ordinairement on fait précéder l'analyse par la détermination du poids spécifique de l'eau.

Détermination du poids spécifique de Veau.

On fait prendre la même température à deux bouteille* r Tune d'eau distillée, et l'autre de l'eau minérale.

On prend une petite fiole de verre bouchée à l'émert , et d'une capacité d'à peu près 4 00 gr.

Ou la pèse d'abord vide , puis pleine d'eau distillée, et enfin d'eau minérale. Eu divisant le poids de l'eau minérale par celui de l'eau distillée, le quotient obtenu exprime le poids spécifique de l'eau minérale.

On peut doser directement, par la pesée, la quantité d'eau minérale employée pour les divers essais, eu bien oh la mesure en se servant , pour cela , du flacon avec lequel on a déterminé le poids spécifique de l'eau. Toutes les fois qu'on le peut , il vaut mieux peser l'eau < que la mesurer.

Outre l'eau minérale qu'eu emploie telle quelle, il faut, pour pouvoir doser les parties fixes de l'eau minérale, avoir aussi la dissolution produite par l'évaporation des Se k. d'eau, ainsi que le précipité qui s'y est formé. Quand on n'a pas pu préparer soi-même à la source cette liqueur, il faut se mettre immédiatement à évaporer, dans une capsule d'argent ou de porcelaine, et sur un feu doux , l'eau qui se trouve dans la dame-jeanne.

§169,] SPÉCIALITÉS. 4§t

Page 1