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On parvient à donner au* substances qui se trouvent dans une solution , une forme qui permette de les peser en évaporant cette solution ou en précipitant les corps qui s'y trouvent dissous. On ne peut se servir de Yévaporation que dans le cas où la solution contient le corps sous la forme où on veut le doser, ou qu'on peut la lui faire revêtir en versant dans la solution qu'on évapore un réactif convenable. Il faut encore que ce corps se trouve seul dans la solution ou seulement avec des substances qui s'en séparent par l'évaporation ou par le chauffage au rouge. C'est ainsi , par exemple , qu'il serait facile de doser le sulfate sodique qui se trouve dans une liqueur, en l'évaporant à sec ; tandis qu'il vaudrait mieux déterminer la quantité de carbonate potassique qui se trouve dans une autre, en y ajoutant pendant l'évaporation du chlorure ammonique qui le transformerait en chlorure potassique.
On peut, eu échange, se servir de la précipitation toutes les fois qu'à l'aide d'un réactif quelconque on peut rendre un corps insoluble dans la liqueur où il se trouve.
a. L' évapora tion.
Les conditions essentielles de l'évaporation, en pharmacie et .dans les arts, sont l'économie de combustible et de temps. En analyse, ces deux conditions sont subordonnées à deux autres que voici : éviter de perdre de la matière et empêcher que des impuretés ne tombent dans les vases dont on se sert.
Quand une solution est en pleine ébullition, il s'en perd toujours quelques traces qui sont entraînées par la vapeur d'eau qui se dégage avec violence ; c'est pour éviter ce grave inconvénient qu'on évapore les solutions aqueuses au bain d'eau. Les solutions alcooliques et éthérées doivent aussi être évaporées au bain d'eau , mais à une température moins élevée. Quand on possède un appareil de Beindorf, ou tout autre analogue, on y place le vase évaporatoire dans une ouverture appropriée à sa grandeur ; quand on n'en a pas, il faut se contenter de l'appareil représenté fig. 44.
Fig. 44. jC'est un hémisphère
de cuivre battu dont les bords rentrants supportent les vases évaporatoires. On le remplit à moitié d'eau, qu'on porte à l' ébullition sur une lampe à l'alcool ou à l'huile. Pour pouvoir placer sur lui des vases de différentes grandeurs , on a une collection de plaques arrondies du même diamètre que le vase fig. 4 4, qui s'appliquent exactement sur lui et qui sont percées au milieu d'un trou plus ou moins grand. Ce bain d'eau a , de a en 6 , 40 à 47 centimètres de diamètre.
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Les masses de liquide trop considérables pour pouvoir être évaporées au bain d'eau peuvent l'être facilement et sans danger au bain de sable , sur un poêle , ou même à feu nu , pourvu qu'on se garde bien de les laisser entrer en ébullition. Toutes les fois qu'on a affaire à une solution limpide qui ne laisse pas déposer de précipité et qu'elle est conduite avec prudence , l'évaporation à feu nu doit être préférée , à cause de son excessive propreté et de la grande rapidité avec laquelle elle s'effectue. On emploie , dans ce but , la flamme d'une lampe à alcool ou à huile, qu'on règle de manière à ce que la température du liquide placé au-dessus d'elle ne dépasse pas 70° à 90» G.
L'évaporation à feu nu ne doit se faire qu'autant que la solution est étendue. Pour évaporer à sec , on se sert toujours du bain d'eau , ou de tout autre d'une température aussi peu élevée que la sienne.
Si l'on évaporait directement sur la lampe une liqueur dans laquelle se trouve un précipité , il serait presque impossible d'y parvenir sans en perdre beaucoup , parce que la chaleur retenue au fond de la capsule par le précipité, ne pouvant se répartir uniformément dans toute la masse du fluide qui l'entoure, produirait des soubresauts assez violents pour le projeter au dehors. On peut diminuer un peu ce grave inconvénient en évaporant les solutions de cette nature dans des creusets couchés obliquement sur leur côté. (Voy. fig. 45.)
On chauffe le creuset couché de cette manière, seulement sur les bords, ainsi que l'indique la figure.
Il y a certains sels dont les solutions ont la propriété de grimper le long des parois des vases dans lesquels on les évapore, et même de passer par-dessus leurs bords,
Fig. 45.
ce qui occasionne bien rite des pertes considérables. En évaporant la solution de sels de cette espèce dans des creusets inclinés dans lesquels on la chauffe de haut en bas, cet inconvénient n'est pas à craindre, parce que les parois du vase sont assez chaudes pour que la solution qui tend à s'y élever s'évapore sur-le-champ en laissant pour résidu le sel qu'elle tenait en dissolution. On évite aussi cette chance de perle lorsqu'on évapore dans de grandes capsules, en enduisant leurs bords , le haut de leur paroi interne , avec une légère couche de graisse qu'on y dépose avec le doigt.
Il est tout aussi impossible d'évaporer sans perte une liqueur du sein de laquelle il se dégage du gaz, qu'une liqueur en pleine ébullition. Toutes les fois qu'on a affaire à un mélange de cette nature , il faut , avant de l'évaporer, le chauffer dans une fiole inclinée jusqu'à ce qu'on en ait chassé tout le gaz.
Lorsqu'on peut évaporer les liquides dans un appartement où personne n'entre et où il n'existe aucune cause capable de faire tomber de la poussière dans les vases évaporatoires , on a une tâche bien facile, puisqu'on est sûr d'avoir des liqueurs bien pures, sans être obligé de couvrir tous les vases dans lesquels elles se trouvent. Par contre , quand on doit travailler avec plusieurs autres personnes dans un laboratoire où se trouvent, de plus, des feux de charbon , on ne peut se garantir avec assez de soin de la poussière et couvrir les vases évaporatoires avec trop de précautions.
Pour empêcher les saletés d'arriver dans les vases évaporatoires, on en couvre l'ouverture avec un papier buvard qu'on replie autour de ses bords, ou bien on le place simplement sur elle , et on l'y retient avec une baguette de verre droite ou courbée en triangle , ce qui vaut mieux, parce qu'elle ne peut pas tomber comme la première.
Pour couvrir les capsules, il vaut cepen- Fig. 46. dant mieux s'y prendre de la manière sui-
vante : on fait faire par un tonnelier deux cercles concentriques plats, en bois de sapin ( voy. fig. 46), dont l'un entre à frot»
S 22.] CHÀP. I. DES OPÉRATIONS. 51
tement doux dans l'autre. On étend sur le plus petit une feuille de papier buvard , sur laquelle on place le grand cercle, qui ia tient ainsi solidement ùxèe. Le couvercle qu'on obtient de cette manière est parfait , puisqu'il empêche la poussière de tomber dans les vases, sans entraver i'évaporaUon et Bans que le papier puisse tomber dans le liquide qu'on évapore.
Quelquefois il arrive qu'il faut chauffer au-dessus de 400° G un résidu obtenu en évaporant au bain d'eau une solution quelconque. On emploie alors le bain de sable ou le bain d'air ( fig. U) , quoiqu'on s'en servant de cette manière il se gâte assez rapidement. Il faut, pendant cette évaporation, remuer sans cesse la masse saline avec une baguette de verre, pour qu'elle assoit pas projetée au dehors. Le mieux, dans ces cas-là, est de se servir d'un fourneau que nous avons -vu fonctionner chez M. le docteur Plantamôur, de Genève , et qui sert â la fois de bain de sable et d'appareil à dessécher de haut en bas les substances de cette nature; nous le reproduisons fig. M.
Fig. 47.
a , porte du fourneau ; 6 , porte du cendrier ; c , bain de sable mobile au moyen des deux poignées d\ e , cheminée ; f, espace dans lequel on place les substances à dessécher sur des planches qu'on appuie sur les tasseaux de fer g; h est l'ouverture par laquelle s'échappent les vapeurs. Les évaporations se font ordinairement dans des capsules de platine , d'argent , de porcelaine , ou de verre ; quelquefois aussi, dans des vases à précipités, dans des cornues ou dans des ballons , et même dans des creusets , comme nous l'avons dit plus haut. Certaines solutions doivent être évaporées hors du contact de l'air ; il faut alors les introduire dans des cornues tabulées, à travers la tubulure desquelles on fait passer un tube servant à amener jusque tout près de la surface du liquide un courant d'acide carbonique , ou d'hydrogène , suivant les circonstances.
Il est clair que les mêmes vases évaporatoires ne pouvant pas être employés pour toutes espèces de liquides, il faut les modifier souvent ; il nous est impossible d'entrer dans des détails sur ce sujet , qui doit d'ailleurs être abandonné au bon sens de l'analyste. Quant à la nature des vases évaporatoires, il faut avant tout qu'ils ne puissent pas être attaqués par les substances qu'on y traite. Il faudra donc, avant d'employer des vases de verre, ou de porcelaine à la concentration de liqueurs acides, essayer d'abord s'ils ne sont point attaqués par elles. C'est ce qu'on fait en y chauffant longtemps de l'acide chloride hydrique ou nitrique, qu'on évapore ensuite à siccité , dans une capsule de platine, pour s'assurer qu'ils ne laissent aucune trace de résidu ; dans le cas contraire, c'est une preuve que les vases de porcelaine ou de verre ont été attaqués.
Occupons-nous à présent de la pesée des résidus obtenus par l'évaporation d'un liquide. Nous ne comprenons parmi eux que les substances solubles dans l'eau , nous réservant de parler de celles qu'on sépare par filtration de la solution ,» quand nous en serons venus à la précipitation. On pèse ces résidus dans les vases où on a achevé de les évaporer à sec. Ces vases sont presque toujours de petites capsules de platine ou d'argent , de 5 à \ 0 cent.
de diamètre , qu'on préfère à celles de porcelaine , parce qu'elles sont plus légères.
Il arrive très-souvent [que la quantité de liquide à évaporer est assez grande pour qu'il devienne presque impossible , ou du moins beaucoup trop long y'
de l'évaporer tout entière dans une si petite capsule. Dans ce cas, on le concentre d'abord dans une capsule plus grande , et on ne lait qu'achever cette évaporation dans la petite capsule qui servira à la pesée. Afin de ne pas perdre de liquide par le transvasement, on graisse légèrement le bec de la grande capsule, qu'on appuie ensuite contre une baguette de verre , pour faire passer son contenu , sans perte , dans la petite capsule. Voy. fig. 48.
Enfin on lave soigneusement Ja capsule avec la fiole à jet jusqu'à ce que l'eau qui s'en écoule ne laisse plus de résidu , lorsqu'on l'évaporé sur une lame de platine. On réunit ces eaux de lavage à la solution qu'on évapore.
Quand la liqueur à évaporer se trouve tout entière dans la petite capsule , et qu'on l'y a desséchée aussi loin qu'on peut le faire au bain d'eau , il faut ensuite en porter le résidu au rouge , si cela est nécessaire , et s'il peut supporter cette température sans se décomposer. Dans ce but , on chauffe d'abord la masse saline dans l'étuve de la page 54 . Voy. fig. 47 dans la cavitéf ; puis, on la porte au rouge sur la lampe à alcool. Lorsqu'on n'a pas* ce fourneau il faut alors fermer la capsule avec un couvercle fait d'une feuille mince de platine, ou bien avec une feuille de verre aussi mince que possible, pour empêcher les projections de substance. On chauffe ensuite la capsule sur une lampe ; d'abord très-doucement , pour chasser toute l'eau contenue dans le sel. Ce n'est qu'alors qu'on l'expose à un coup de feu assez violent pour la porter au rouge. Il est clair qu'avant de chauffer aussi fortement la capsule il faut enlever la plaque de verre avec laquelle on la ferme lorsqu'on n'a pas de couvercle en platine. Quand la capsule est froide , on la
5ft ANALYSE CBIMIQUC QUANTITATIVE. [ § 23.
pèse avec «on contenu. Toutes les fois que la matière qui s'y trouve attire l'humidité de l'air, on doit la laisser refroidir sous une cloche dont l'air est desséché par de l'acide sulfarique , ainsi que l'indique la fig. 3.
Pour ne rien perdre des substances qui , comme le chlorure sodkjue, décrépitent lorsqu'on les chauffe fortement, parce qu'elles contiennent de l'eau interposée entre leurs molécules , il faut , après les avoir desséchées au bain d'eau , les soumettre pendant quelques heures à une chaleur un peu supérieure à 400*, dans un bain d'air ou de sable , avant de les exposer à l'action directe de la flamme de la lampe.
Quand le résidu qui se trouve dans la capsule ne supporte pas la chaleur rouge , sans se décomposer, comme c'est le cas pour les substances organiques , et les sels ammoniacaux , on le dessèche dans la capsule même , à la température la plus élevée qu'il supporte sans se décomposer. Dans beaucoup de cas , comme par exemple pouf le chlorure ammonique , la chaleur du bain d'eau suffit déjà ; dans d'autres il faut avoir recours à celle des bains d'air ou d'huile ; voy. § \ i. Quel que soit le mode de dessiccation qu'on adopte , il fout toujours continuer cette opération jusqu'à ce que les deux dernières pesées de la substance faites au moins à demi-heure de distance l'une de l'autre, s'accordent parfaitement entre elles. Il est presque indispensable de couvrir pendant la pesée la capsule dans laquelle se trouve la matière qu'on veut doser.
§23. b. La précipitation.
Cette opération est beaucoup plus usitée en analyse quantitative que Tévaporation j parce qu'elle permet nofr-seulement de donner aux corps dissous une forme sous laquelle ils peuvent être pesés ; mais aussi quelle donne en même temps le moyen de les séparer les uns d'avec les autres.
foutes les déterminations quantitatives faites à l'aide d'une précipitation sont basées sur la séparation d'un précipité d'avec la
liqueur dans laquelle il est insoluble. Toutes circonstances égaies d'ailleurs , les résultats de l'analyse seront d'autant plus exacts que la substance précipitée sera plus insoluble. Quand on a deux précipités également peu solubles dans un fluide , il est clair que celui qui donnera les résultats les plus exacte sera celui qui se trouvera en présence de la plus petite quantité de liquide.
De ces deux principes on peut conclure d'abord : que toutes les fois que cela sera possible , il foudra doser les corps après les avoir précipités sous la forme qui les rend le plus insolubles possible ; c'est pour cette raison qu'on dose la baryte habituellement à l'état de sulfate , et non point de carbonate.
Ensuite on comprend que toutes les fois qu'on a à traiter des précipitée qui ne sont pas tout à fait insolubles dans la liqueur où ils se trouvent, il faut, avant de les en séparer, la concentrer autant que possible ; c'est pour cette raison qu'on concentre très* fortement les solutions de strontiane avant d'en précipiter cette terre par l'acide sulfurique.
Enfin on conçoit que lorsqu'on a à traiter des précipités un peu solubles dans la solution où ils se trouvent, et qui y deviennent insolubles quand on lui fait subir un certain changement , on doit opérer ce changement-là , afin de rendre le précipité aussi inso* lubie que possible. Voilà pourquoi on verse de l'alcool dans l'eau dont on veut précipiter en totalité le chloro-platinate ammonique , le chlorure plomhique , le sulfate calcique et tant d'autres sels- C'est encore pour cette raison qu'on verse un excès d'ammonk* que dans la solution où l'on vent doser le phosphate magnésico* ammonique.
La plupart des précipitations se font dans des vases à précipités. Quand on veut précipiter une substance à chaud , ou que le précipité formé doit être chauffé avec la liqueur où il se trouve , oa se sert de ballons ou de capsules.
Suivant la nature des précipités -obtenus ^ on les sépare de la liqueur qui les surnage par décantation ou par filtration.
a. Précipitation suivie de décantation.
Toutes les' fois qu'un précipité se forme avec une grande rapidité , qu'il se sépare assez nettement de la solution pour la laisser tout à fait limpide et que son lavage n'entraîne pas une trop grande perte de temps, comme cela arrive, par exemple, avec le chlorure argentique , le mercure métallique et autres , on isole le précipité et on le lave par décantation.
Pour rendre ce mode de séparation aussi rapide que sûr, il faut observer certaines précautions à l'aide desquelles on peut être assuré de ne rien perdre du précipité formé. En général , on peut poser en fait que la précipitation est complète toutes les fois qu'on chauffe la liqueur avec le précipité qui prend alors une densité assez grande pour pouvoir en être séparé sans peine. Il arrive quelquefois cependant , comme avec le chlorure argentique , qu'il ne suffît pas de chauffer seulement la liqueur ; mais qu'il faut encore la secouer avec force , ou y verser un réactif quelconque ; ainsi , par exemple , du chloride hydrique lorsqu'on veut doser du mercure. Nous parlerons en détail , au chapitre IV, des règles à suivre pour ces différentes précipitations ; ainsi que des vases les plus propres à effectuer chacune d'elles.
Quand on a lavé le précipité avec assez d'eau pour que les dernières eaux de lavage ne contiennent plus trace de matière dissoute , on met le précipité dans un creuset ou dans une petite capsule , on décante autant que possible le reste de la liqueur qui le surnage et on le dessèche , ou on le chauffe au rouge , suivant sa nature.
Comme dans le lavage par décantation on emploie beaucoup plus d'eau que lorsqu'on lave les précipités sur des filtres , cette méthode ne donne de bons résultats que lorsque les précipités sont tout à fait insolubles dans l'eau. C'est pour la même raison qu'on ne se sert pas de cette méthode lorsqu'on a à doser plusieurs corps dans la liqueur qui surnage en précipité.
§ 25.] GHAP. I. DES OPÉRATIONS. 57
p. Précipitation suivie de filt ration.
Toutes les fois, et c'est presque toujours le cas, qu'on ne peut pas séparer un précipité par décantation , on l'isole par la filtration.
aa. appareils de filtrage. — La filtration, dans presque toutes les analyses quantitatives , se fait avec du papier. On se sert toujours de filtres coniques et lisses; jamais de filtres plissés. Il faut attacher une grande importance à la nature du papier qu'on emploie ; pour être parfait , il doit posséder trois qualités assez rares à trouver réunies! Il faut que ce papier soit assez fin pour retenir les précipités, même les plus ténus; qu'il laisse écouler facilement les fluides ; et enfin qu'il contienne le moins possible de substances inorganiques, et surtout pas de celles qui se dissolvent dans des liqueurs acides ou alcalines.
Il est assez difficile de se procurer du papier à filtrer exempt de défauts. Le meilleur est celui de Suède ; malheureusement celui qu'on vend en Europe , sous ce nom , ne ressemble en général point du tout à celui des papeteries suédoises ; il filtre beaucoup plus lentement que lui ; brûlé, il laisse 0,3 pour 400 de cendres; c'est-à-dire beaucoup plus que le papier suédois; et comme, de plus, il abandonne aux acides des traces sensibles de chaux, de magnésie et de fer , il n'a guère d'avantages sur le papier Joseph. C'est ce qui force à préparer soi-même le papier à filtrer destiné aux analyses exactes. Pour cela , on le fait macérer d'abord dans du chloride hydrique étendu d'eau ; on enlève ensuite l'acide en le lavant à grande eau; enfin , on le dessèche et on le conserve pour l'usage.
On fait bien de préparer à l'avance une provision de filtres de diverses grandeurs. Pour les avoir de même dimension , on les fait en posant un morceau bien rond de carton ou de tôle sur une feuille de papier qu'on découpe autour de lui. On parvient plus vite au but avec le coupe-filtres de Mohr , fig. 49. C'est un cadre
Fig. 49.
en tôle muni de deux rebords a 6, b c. Il faut en avoir de plusieurs grandeurs. On plie en quatre , à angle droit , la feuilleté papier avec » laquelle on veut faire c les filtres; puis on l'in-
troduit entre les bords de l'instrument. Gela fait, on glisse sur le filtre la feuille de tôle £, exactement de la même largeur que la feuille A , mais un peu plus courte qu'elle , et on enlève avec des ciseaux le papier qui dépasse Tare de cercle a c. Les filtres qu'on fait ainsi sont tout à fait de la même grandeur et parfaitement ronds. Les meilleurs entonnoirs sont ceux de verre. Tous ceux dont on se sert pour les analyses quantitatives doivent avoir leurs parois inclinées sous1 un angle de 60° et n'être pas sinueuses du tout , mais bien droites.
Fig. 20.
der de le verser par-dessus les bords.
Les filtres ne doivent jamais dépasser les bords des entonnoirs; ils doivent, au contraire, être de 2 à 4 millimètres plus courts qu'eux. On les ouvre et les applique avec soin sur les bords des entonnoirs de manière à ce qu'ils y adhèrent partout. Cela fait, on humecte le filtre bien uniformément et on laisse écouler le fluide par la pointe de l'entonnoir ; il faut se gar-
Lorsqu'on veut s'en servir, on met les entonnoirs sur des supports disposés de manière à les tenir tout à fait immobiles. Le meil* leur support à filtrer est, sans contredit, celui qui est représenté fig.30. •
Il est mit en bois dur; les trous dans lesquels on place les en* tonnoirs sont légèrement creusés en cône de haut en bas afin qu'ils y soient plus solides. Cet appareil est très-commode; il est si léger qu'on peut le transporter partout sans peine. On place sur le bras b une fiole de lavage ou un second entonnoir. Nous n'a* vons jamais pu trouver bien commodes les supports en colonne disposés de manière à pouvoir porter une multitude d'entonnoirs à la fois.
6b. Règles à obtenir pendant tes fUtrations. — Les précautions A prendre dans* ces cas»lA sont fort variées. Tous les précipité^ qui sont caséeux, gélatineux, floconneux ou cristallins, peuvent être filtrés, lorsque des considérations d'une autre nature ne s'y opposent pas , immédiatement après leur formation , sans qu'on coure risque de voir la liqueur sortir trouble du filtre.
Il en est tout autrement des précipités en poudre excessivement ténue , auxquels il est souvent indispensable , et en général toujours bon , de laisser le temps de se déposer. On filtre d'abord la liqueur qui surnage , et ce n'est qu'en dernier lieu qu'on jette le précipité sur le filtre. Quand rien ne s'y oppose , on fait bien de filtrer, avant qu'elles se refroidissent , les liqueurs qu'on a précipitées à chaud , parce qu'elles passent beaucoup plus facilement que celles qui sont froides.
On peut souvent empêcher les précipités très-déliés de passer au travers des filtres avec la liqueur où ils se trouvent , en changeant la nature de cette dernière. Ainsi , par exemple , le sulfate barytique qui traverse souvent les filtres, lorsqu'on l'y lave avec de l'eau, ne le fait plus, ou beaucoup moins, lorsqu'on le lave avec une solution de chlorure ammonique.
Lorsqu'on filtre une liqueur, on ne doit jamais la verser directe-
ment sur le filtre , mais bien l'y faire glisser le long d'une baguette de verre qu'on appuie sur l'orifice du vase où elle se trouve , et après avoir eu soin de l'enduire d'une légère couche de graisse , afin de ne rien perdre. Il faut diriger le jet de liquide contre les parois du filtre et jamais au milieu , pour éviter la projection du liquide qui s'y trouve.
Suivant ce qu'on veut en faire, on reçoit le fluide qui s'écoule dans des ballons, des vases à précipités ou des capsules. Il faut faire bien attention que la liqueur qu'on filtre arrive dans ces vases en glissant le long de leurs parois et ne tombe pas au milieu, ce qui pourrait occasionner des pertes. Ce qu'on peut faire de mieux est d'appuyer le bec de l'entonnoir contre le bord supérieur interne du vase, ainsi que cela est indiqué fig. 20.
Lorsqu'on travaille dans des appartements où on ne fait pas de poussière , on peut ne pas couvrir l'entonnoir et le vase qui reçoit la ligueur qui en tombe ; mais cela est indispensable toutes les fois qu'on opère dans d'autres conditions. Ce qu'il y a de plus commode pour cela , ce sont des disques de verre mince dans lesquels on perce des ouvertures appropriées à la forme des vases qu'ils sont destinés à couvrir ; ainsi , par exemple , ceux qu'on place sur les vases à précipités ont sur les bords une petite entaille par laquelle passe le bec de l'entonnoir.
Lorsqu'on a mis sur un filtre une liqueur avec le précipité qu'on y a formé et qu'on a lavé, même à plusieurs reprises, le vase où ils se trouvaient, il arrive presque toujours qu'il reste quelques parcelles du précipité attachées à ses parois. En général, il est facile de les enlever lorsqu'elles se trouvent dans un vase à précipités ou dans une capsule, en les en détachant avec la barbe d'une plume coupée assez court pour lui donner une certaine raideur. Mais quand ces restes du précipité sont attachés aux parois d'un ballon , comme cela arrive par exemple avec l'oxyde cuivrique qu'on est obligé de précipiter à l'ébullition , on ne peut les obtenir de cette manière. Il ne reste qu'à redissoudre ces traces de substance et à les précipiter de nouveau pour les réunir au reste de la substance. Il ne faut donc jamais précipiter dans des vases clos des
matières qui, comme le sulfate barytique, n'ont pas de dissolvant, parce qu'on en perd alors toujours quelque peu.
ce. Le lavage. —■ Après avoir recueilli le précipité sur un filtre , il faut s'occuper à le laver de manière a ce qu'il soit aussi pur que possible. Les lavages s'exécutent avec les fioles à jet , fig. 2* et 22 , qui sont bien connues.
Fig. 24. Fig. 22.
Lorsqu'on s'en sert, il faut se garder d'en chasser l'eau avec trop de violence afin de ne pas faire sortir du filtre quelque peu de la substance qui s'y trouve. On fait souvent bien de n'employer la fiole à jet, fig. 21 , que pour les lavages qui doivent Être faits lentement et goutte à goutte. Quelle que soit la manière dont on s'en serve , il faut toujours diriger l'eau qui sort des fioles sur les bords des filtres , de manière à faire tomber le précipite1 dans leur pointe.
Quand on a affaire à des solutions aqueuses, le mieux est, en général, de laver les précipités avec del'eau chaude, ce qui facilite beaucoup cette opération. On emploie pour cela la fiole à jet, fig. 22, ou la fiole a gouttes, fig. 23, dont on comprend sans peine l'usage.
Le tube a étiré, en pointe à Bon extrémité supérieure, a une ouverture très-étroite. Afin de pouvoir tenir cette fiole sans se brûler, on y a attaché avec un fil de fer la poignée 6.
Pour laver les précipités gélatineux, tels que l'hydrate d'alumine, ce qui est très-difficile et excessivement long, on se sert de fioles à lavage continu, tellesqu'onrlegvoitjng. 24 et 26.
Kg. U.
Fig\%6.
Elles sont construites toutes les deux sur le même principe; seulement , dans la flg. Si , le tube qui sert à l'écoulement de l'eau est soudé avec celui qui donne passage à l'air qui remplace, dans la ûole, l'eau qui en sort; tandis que dans la flg. 25 ces deux tubes sont séparés l'un de l'au- F\g. 26. tre Lafi0|e,fig. 2i,estunpeu plus
difficile à monter que celle de la flg. 25. Le tube d'écoulement de l'eau de ces deux fioles doit être disposé de cette manière qu'on puisse les retourner sans que ce liquide en sorte. Il f—- - put, pour en faire sortir l'eau', tou-
j -"- cher avec le doigt ou un petit mor-
ceau de papier, l'eau qui se trouve à l'ouverture c du tube, représenté fig. 26 , l'eau s'en écoule alors continuellement en un petit filet que de l'air vient remplacer en montant au travers du tube a 6. Cet écoulement doit cesser dès qu'on retire l'objet avec lequel on touchait l'ouverture c.
Pour savoir monter ces fioles, ainsi que pour pouvoir s'en servir,* il est bon de connaître les principes sur lesquels est fondée leur construction. L'eau de l'appareil ne s'écoule pas de c, parce que la colonne de ce fluide qui se trouve entre les lignes ëf et g h n'est pas tout à fait assez haute pour pouvoir vaincre la force capillaire qui retient l'eau dans le tube a 6. Si l'écoulement commence aussitôt qu'on met en rapport avec l'eau contenue dans le bec c un corps qui se laisse mouiller par elle , c'est parce que la pression de la colonne d'eau f h , s'ajoutant à la force d'adhésion de l'eau pour le corps qu'elle mouille , elle devient assez forte pour vaincre l'attraction capillaire des parois du tube a b pour l'eau qui en sort , et permet ainsi à l'air d'entrer dans la fiole. Dès qu'on plonge sous un liquide la pointe c , l'écoulement de l'eau s'arrête parce qu'on diminue la hauteur de la colonne f h dont la pression est nécessaire pour qu'il puisse avoir lieu. Lorsqu'on abaisse le tube d c assez pour que la pointe c arrive au-dessous de la ligne g h, l'eau s'en écoule d'une manière continue, parce qu'ayant allongé de cette manière la colonne f h , elle devient assez forte pour vaincre , par elle seule , l'adhésion de l'eau aux parois du tube a b. Repousse-t-on , au contraire, en haut, le tube c d, on ne peut plus en faire sortir une seule goutte d'eau , même en mettant en e un corps qui se laisse mouiller par elle ; c'est qu'alors la hauteur de la colonne f h étant diminuée , elle n'est plus capable de vaincre l'attraction exercée sur l'eau , par les parois du tube a b.
On voit donc qu'en construisant un tube de lavage continu , tel que celui de la fig. $4 , il n'est pas très-facile de souder le tube d'écoulement juste à la distance voulue du tube à air ; tandis qu'en se servant de deux tubes séparés rien n'est plus facile , puisqu'il suffit d'élever ou d'abaisser c d jusqu'à ce qu'on ait
obtenu l'effet désiré. Quand on monte l'appareil fig. 25 , il faut faire attention que l'ouverture a , du tube a b , se trouve un peu plus élevée que 6 , afin d'éviter la sortie de l'eau ; d doit aussi être un peu plus haut que 6 , sans quoi l'eau s'en écoule continuellement dès que son niveau s'est abaissé au-dessous de b.
Pour se servir des fioles de lavage, on les fixe dans l'ouverture du bras supérieur des supports à filtres , au-dessus des entonnoirs dans lesquels on fait plonger leur tube , de manière à ce que c se trouve un peu au-dessous de la surface de l'eau dans le filtre. Quand les fioles de lavage sont convenablement disposées, l'eau qu'elles fournissent suffit juste pour remplacer celle qui s'écoule de l'entonnoir.
On ne peut pas laver les précipités qu'on veut soumettre à des pesées exactes , en plongeant au-dessous de la surface de l'eau , dans le filtre , tout simplement l'ouverture d'une fiole ordinaire à col étroit, parce qu'il y a toujours quelques parcelles du précipité qui remontent dans la fiole où elles sont entraînées par les bulles d'air qui s'y élèvent pour remplacer l'eau qui en sort.
Quel que soit le mode de lavage qu'on adopte , il faut faire attention qu'il ne se forme pas , dans le précipité , des canaux au travers desquels s'écoule le liquide qu'on verse sur lui, ce qui l'empêche de traverser tout le précipité, et par conséquent, de le laver. Lorsqu'il se forme de ces canaux , il faut les détruire en remuant avec précaution le précipité avec une petite spatule de verre ou de platine.
On arrête les lavages quand on a séparé du précipité toutes les parties solubles qui le souillaient. Dès qu'on comprend toute l'importance qu'il y a à laver complètement un précipité, on évite de commettre les fautes graves qui entachent si souvent les premières analyses des jeunes chimistes. En général , pour être sûr qu'un précipité a été assez lavé , il suffit de recevoir une des dernières gouttes d'eau de lavage , tombant du filtre*, sur une lame de platine ou on l'évaporé à sec; le lavage n'est complet que lorsqu'il n'y reste pas trace de matière solide. Quand on a à laver des précipités qui ne sont pas tout à fait insolubles dans l'eau , tels
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que le sulfate strontique , il faut avoir recours à d'autres caractères que nous exposerons plus loin , pour savoir quand les lavages sont complets. On ne doit jamais arrêter les lavages sur une simple approximation ; il faut être sûr que la substance qu'on lave est pure si on veut pouvoir répondre de l'exactitude de l'analyse.
dd. Traitement des précipités. — Avant de pouvoir peser les précipités obtenus , il faut encore leur faire revêtir une forme bien connue. C'est ce qu'on fait ordinairement en les desséchant ou en les chauffant au rouge, La dessiccation est assez longue et difficile; comme de plus, les résultats qu'elle donne sont facilement entachés d'erreurs , on ne l'emploie que lorsqu'on a à peser des précipités qu'on ne peut chauffer sans les décomposer totalement, ou en partie, de manière à ne jamais donner des résultats sur l'exactitude desquels on puisse compter; voilà pourquoi on dose le sulfure mercurique , le sulfure plombique et d'autres sulfures métalliques, après les avoir simplement desséchés; il en est de même encore du cyanure mercurique, du chloro-platinate potassique et de tant d'autres. Lorsqu'on peut dessécher ou chauffer au rouge un précipité , tel que du sulfate barytique ou plombique, on doit toujours préférer le dernier parce qu'il est le plus sûr.
au. Dessiccation des précipités.
Lorsqu'après avoir recueilli un précipité sur le filtre on l'a lavé et desséché , il y en a toujours quelques parcelles qui adhèrent au papier avec tant de force , qu'il est impossible de lgs en détacher sans en perdre quelque peu. Il est donc clair que la dessiccation entraine avec elle la dessiccation et le pesage simultané du précipité et du filtre sur lequel on le recueille; En conséquence , il faut dessécher et peser seul , à l'avance , le filtre sur lequel on recueillera plus tard le précipité. On doit le dessécher à la même température que celle où on desséchera le précipité. Il faut, de
plus , que le papier du filtre ne contienne pas de substances capables d'être dissoutes par la solution qu'on versera sur lui.
Suivant la température à laquelle on les soumettra plus tard, on dessèche les filtres au bain d'eau , d'air ou d'huile. Pour peser les filtres lorsqu'ils sont secs, on les place dans des vases qu'on peut fermer, tels, par exemple , qu'un creuset de platine. Quand le filtre semble tout à fait sec, on le place dans le creuset préalablement chauffé, et on le laisse refroidir sous une cloche au-dessus d'un vase plein d'acide sulfurique ; alors on le pèse et on le reporte , avec fé Creuset , dans l'étuve , où on le laisse d'une demi-heure à une heure; puis, on le laisse refroidir cette fois comme la première. Si le poids du filtre ne change pas , c'est la preuve qu'il est sec. On note alors avec soin le poids du filtre et celui du creuset.
Lorsqu'on a suffisamment lavé le précipité et qu'on en a laissé égoutter, autant que possible, toute l'eau de lavage, on enlève avec soin , de l'entonnoir, le filtre avec le précipité qui s'y trouve , et on les dépose sur du papier buvard , où on les laisse se dessécher, peu à peu , à l'abri de la poussière , dans un endroit assez chaud. Enfin , on les met dans le creuset , qu'on a préalablement pesé , et on les dessèche , à la même température que le filtre , dans un bain d'eau , d'air ou d'huile , jusqu'à ce que leur poids ne change plus. En soustrayant de cette dernière pesée le poids du creuset et du filtre seuls , on obtient celui du précipité. Quand le précipité remplit presque totalement lé filtre , qu'il retient beaucoup
d'eau , ou que le papier est assez mince pour faire 9* * craindre que le filtre ne se rompît si on l'enlevait, oh le laisse se dessécher dans l'entonnoir même. Pour cela, on le ferme avec un papier buvard, avec lequel on enveloppe soigneusement l'ouverture de l'entonnoir, fig. 27, qu'on place dans un vase à précipités brisé ou tout autre support de cette nature, qu'on dépose sur un fourneau on dans un bain de sable;
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