Gakination mm rtmgt dm prlcipitét
Ci-devant on se contentait , pour déterminer le poids des précipités qu'on voulait chauffer au rouge, de les dessécher sur le filtre même où on les avait recueillis; ensuite on enlevait le filtre aussi proprement que possible , et on calcinait le précipité qu'on en avait séparé de cette manière. On perdait donc toute la quantité du précipité qui restait adhérente au filtre. L'expérience a appris dés lors qu'on obtient des résultats beaucoup plus exacts en brûlant le filtre avec le précipité et soustrayant ensuite , du poids total , celui des cendres du filtre.
Quand on s'est fait une provision de filtres de la même grosseur, ainsi que nous l'avons conseillé plus bas , on n'a besoin de faire qu'une seule détermination du poids des cendres de plusieurs filtres pour connaître avec assez d'exactitude celui de tous ceux de la provision entière. Pour cela , on prend dix de ces filtres , qu'on chauffe dans une capsule ou dans un creuset légèrement incliné , où on les calcine jusqu'à ce que tout le charbon ait disparu jusqu'à la moindre trace. On pèse les cendres , dont le poids , divisé par dix , donne , en moyenne , le poids des cendres de chaque filtre.
Pendant la calrination même des précipités , on doit faire bien attention :
!• De ne rien perdre du tout ;
V Que les précipités qu'on chauffe au rouge ne s'altèrent point durant cette opération ;
30 Que les filtres soient parfaitement calcinés ;
4° Que les creusets ne soient pas attaqués.
Examinons maintenant les deux méthodes de calcination qui , parmi toutes celles qui sont usitées , sont les meilleures , et voyons quels sont les cas où on doit employer Tune plutôt que l'autre , en n'oubliant pas qu'il faut , avant tout , que le procédé qu'on emploie remplisse les quatre conditions énoncées ci-dessus.
Avant de calciner au rouge un précipité , il faut le dessécher
avec le plus grand soin. La manière la plus facile de le faire est de couvrir le filtre dans l'entonnoir avec du papier, et de les déposer ensemble dans un endroit chaud , tel qu'un bain de sable. Voy. fig. 27.
Première méthode.
On place sur une feuille de papier glacé le creuset destiné à recevoir le précipité. On sort de l'entonnoir le filtre avec le précipité ; tous deux doivent être bien secs; on les pose sur une feuille de papier, où on presse légèrement sur le filtre, afin de le détacher du précipité, qu'on fait tomber dans le creuset. On détache ensuite, autant que possible , toutes les parties du précipité qui adhèrent encore au filtre ; ce qu'on fait en le pressant contre une feuille de papier et en le froissant un peu , après quoi on les jette dans le creuset. Quant au filtre lui-même , on le coupe avec des ciseaux bien propres , en huit ou dix petits morceaux, qu'on laisse tomber sur du papier glacé. Alors on chauffe au rouge , à la lampe de Berzelius, le couvercle du creuset sur lequel on calcine le filtre , dont on porte tous les morceaux sur lui avec une petite pincette ; on les y laisse jusqu'à ce qu'ils n'offrent plus trace de charbon.
Lorsqu'on a affaire à des précipités qui , comme le phosphate magnésico-ammonique, ne sont pas tout à fait insolubles dans l'eau , le filtre s'imbibe de particules salines , qui rendent souvent son incinération assez difficile. On peut l'accélérer en pressant doucement, avec une spatule de platine, les petites masses charbonneuses contre les parois incandescentes du couvercle du creuset. Ces combustions-là demandent beaucoup de patience, et doivent être conduites avec le plus grand soin , car il suffit souvent d'un faible courant d'air pour enlever toutes les particules charbonnées du filtre, et emporter au loin beaucoup d'entre elles.
Quand la calcination est achevée , on recueille avec soin les cendres du filtre et celles qui ont pu tomber sur la feuille de papier glacé, au-dessus de laquelle on l'a effectuée. Ces cendres sont mises
dans le creuset, qu'on ferme avec son couvercle et qu'on expose à une douce chaleur, qu'on élève ensuite insensiblement au rouge blanc. On le tient à cette température pendant quelque temps, on le laisse refroidir sous une cloche, au-dessus d'acide sulfurique concentré , et on le pèse lorsqu'il est froid. Quand on n'a pas pesé le creuset immédiatement avant l'opération , il faut le faire lorsqu'il est vide. Toutes les fois que le précipité se détache sans peine du creuset, et qu'il est facile d'en enlever jusqu'aux dernières traces avec une barbe de plume , on peut peser le creuset vide tel quel - Mais quand on a été obligé de se servir des dissolvants pour extraire le précipité
du creuset, il faut ^-^ ^"
d'abord le laver à l'eau distillée, le chauffer au rouge, et ne le peser que lorsqu'il est froid.
Pour prendre le creuset incandescent, ainsi que pour le porter sous la cloche au-dessus de l'acide sulfurique , on fait bien de se servir de la pince en fer ou en laiton représentée fig. 28.
Deuxième méthode.
On introduit le précipité dans le creuset , en opérant , comme on l'a vu à la première méthode, sur une feuille de papier glacé, afin de ne point perdre de substance. Ensuite on ploie le filtre et on le place dans le creuset , au-dessus du précipité. On place le couvercle sur le creuset , qu'on chauffe d'abord doucement et fortement ensuite, jusqu'à ce que le papier soit parfaitement carbonisé ; alors on enlève le couvercle et on chauffe au rouge le creuset jusqu'à ce que le charbon soit tout à faut brûlé. Pour que cette combustion se fasse sans peine , il faut coucher légèrement le creuset et favoriser l'accès de- l'air dans son intérieur, en rejetant un peu en arrière le couvercle et en introduisant entre lui et le bord du
creuset une lame de platine, ou bien en couchant le couvercle b du creuset a au-devant de son orifice, comme l'indiqué la fig. 29.
Au reste, les manipulations que nécessite cette méthode sont les mêmes que celles de la première.
Il existe encore une troisième méthode de calcination employée toutes les fois qu'on ne peut pas calciner la totalité du précipité parce qu'on veut en utiliser le reste à des recherches ultérieures. Cette méthode consiste à recueillir le précipité sur un filtre d'un poids connu séché à 100°, à les dessécher ensemble à cette même température et à les peser. Alors on fait tomber une certaine quantité du précipité dans un creuset pesé d'avance ; puis on calcine et en repesant on trouve par différence la perte éprouvée par cette fraction du précipité , qu'on reporte , par le calcul , sur toute sa masse. En opérant, comme nous allons le dire, on peut se dispenser de cette méthode, qui exige de nombreuses pesées, toutes les fois que la calcination ne communique pas au précipité des propriétés qui empêchent de l'utiliser comme on le désire. Il suffit pour cela de détacher le précipité du filtre, qu'on brûle seul sur le couvercle du creuset ; en sorte qu'on a ainsi le précipité parfaitement pur, puisqu'il ne peut pas être souillé par les cendres du filtre.
Revenons un instant aux conditions indiquées § 30 pour la direction des calcinations.
La première exige qu'on ne soumette pas directement à la calcination des précipités humides , surtout ceux qui deviennent trèsporeux et excessivement légers quand ils sont secs; dans le cas contraire , la vapeur d'eau pourrait , en s'en dégageant , entraîner une quantité sensible de ces substances-là ; c'est ce qui arrive facilement avec l'acide silicique. On doit compter, parmi les matières appartenant à cette classe, celles qui, comme les oxydes aluminique et ferrique , se transforment en morceaux très-durs lorsqu'on les dessèche, parce qu'au moment où on les calcina l'eau enfermée dans leur intérieur les fait éclater avec bruit , et les projette au loin*
La deuxième condition empêche de calciner fortement tous le* précipités qui peuvent perdre, à cette température, quelqu'une
S 32.) CHAP. J. DES OPÉH ATIOKS.
Kg. 89.
de leurs parties constituantes, telles que de i'acide carbonique, comme cela arrive avec le carbonate calcique. Bile exige qu'on donne un coup de feu aussi violent que continu toutes les fois qu'on a affaire à des précipités dont on veut détruire une des parties <•« n*li tuant es , comme, paresemple, avec le phosphate m afnésiru-ammonique , ou à d'autres qu'og veut faire passer à un
degré d'oxydation connu , comme , par exemple , le chromate mercureux , les divers oxydes du manganèse , etc. Enfin , elle nous apprend à ne nous servir que de la première méthode de calcination toutes les fois qu'on opère sur des précipités capables de se réduire en présence du charbon , comme c'est le cas de toutes les combinaisons du plomb , du cuivre, du zinc, ainsi que du sulfate bary tique.
Relativement à la troisième condition, nous avons déjà dit comment on peut accélérer, en général , la combustion des filtres. Nous ajouterons ici qu'on peut humecter le filtre avec de l'acide nitrique pour faciliter sa combustion dans les cas où elle est trèsdifficile. Cette addition d'acide ne peut naturellement se faire que lorsqu'elle n'altère en aucune façon le précipité. Pour brûler avec de l'acide nitrique , on humecte d'abord la masse charbonneuse avec cet acide ; puis on dessèche et on calcine fortement , en réitérant ce manège jusqu'à destruction complète du charbon. On peut aussi employer le nitrate ammonique pour faciliter la combustion des filtres ; dans ce but , on verse le sel dissous dans l'eau sur le précipité lavé , avant de le dessécher. Gomme ce sel se dessèche alors en même temps que le papier qui s'en est imbibé, il facilite beaucoup sa combustion.
Tous les cas où, en suite de la quatrième condition, on doit éviter de se servir de creusets de platine , ont été examinés avec soin dans l'analyse qualitative.