StroBttane et Baryte
1^ On mélange la solution neutre ou faiblement acide des deux bases avec un excès d'acide fluosilicique, on ajoute un volume d'alcool à peu près égal à celui du liquide et on laisse déposer pendant douze heures. Le précipité cristallin de lluosilicate de baryte ne se forme qu'à la longue. Il doit être recueilli sur un filtre pesé, et lavé avec un mélange de volumes égaux d'eau et d'alcool; on suspend les lavages aussitôt que la liqueur filtrée n'a plus la moindre réaction acide. On dessèche ensuite complètement le précipité à 100* et on le pèse. Dans la liqueur filtrée réunie aux eaux de lavage on dose la stronliane à l'état de sulfate (213, 1*). Ce mode de séparation donne des résultats satisfaisants. (Ber*
ZELIUS.)
2* Le chromale de baryte, étant insoluble dans l'eau, peut être séparé d'avec celui de strontiane, qui se dissout dans une suffisante quantité de liquide. On ajoute à lasol'ution, qui doit être tout à fait neutre et étendue avec beaucoup d'eau, un excès de chromate neutre de potasse pur et surtout entièrement exempt de sulfate de potasse. On détermine le poids du chromale de baryte précipité après l'avoir lavé, desséché et calciné. Dans la liqueur filtrée la strontiane peut être précipitée par le carbonate d'ammoniaque. Ce procédé indique un peu plus de baryte que la quantité réelle contenue dans la liqueur. (M. Smitii.)
S** On peut déterminer par une méthode indirecte les proportions relatives de strontiane et de baryte qui existent
dans un mélange ; elle consiste t peser les deux bases d'abord sous la forme de chlorures anhydres ou de carbonates, puis sous celle de sulfates. (Voy. Cinquième partie, Calcul des analyses indirectes.)
i*' Lorsque la strontiane et la baryte sont en présence à l'état de sulfates, on effectue leur séparation rigoureuse à Taide du procédé suivant :
On traite le mélange, à plusieurs reprises, et à la température ordinaire, par une solution de carbonate de potasse ou de carbonate d'ammoniaque. Après une digestion suffisamment prolongée, tout le sulfate de strontiane est converti en carbonate, tandis que le sulfate de baryte n'a éprouvé aucune altération. On épuise alors la matière par Teau, de manière à éliminer complètement l'excédant de carbonate alcalin, et on la traite ensuite par l'acide chlorhydrique, qui dissout le carbonate de strontiane et laisse le sulfate de baryte pour résidu. Il est à remarquer que', dans cette réaction, le carbonate de soude ne doit pas être substitué aux carbonates de potasse oud'ammoniaque. (M. H. Rose. )
Ca = 20
215. La plupart des sels de chaux insolubles dans Teau se dissolvent dans l'acide chlorhydrique. Le fluorure de calcium doit être traité d'abord par l'acide sulfurique pour être transformé en sulfate ; ce dernier sel est ensuite décomposé par la fusion avec du carbonate de soude.
DOSAGE
216. On dose la chaux «ous les formes de carbonate, CaO,COSou de sulfate, CaO,SO'; suivant les circonstancesj on la précipite à l'état d'oxalate, de carbonate ou de sulfate. Le sulfate de chaux est très-sensiblement soluble dans Teau (i), mais il est précipité d'une manière complète dans un liquide très-riche en alcool. Ce mode de dosage peut être employé quand la solution ne contient pas «d'autres sels insolubles dans l'alcool. La chaux est précipitée complètement dans une solution neutre par le carbonate et par Foxalale d'ammoniaque. C'est la précipitation sous forme d'oxalate qui permet de doser la chaux avec le plus d'exactitude. Ces deux derniers réactifs ne peuvent cependant pas être employés pour précipiter la chaux unie à l'acide phosphorique ou à d'autres acides avec lesquels elle forme des combinaisons solubles dans les liqueurs acides, mais insolubles dans l'eau. Dans ce cas, il faut modifier le procédé ou avoir recours à la précipitation par l'acide sulfurique.
Quand la chaux doit être dosée dans une solution qui ne contient aucune autre substance fixe, on peut, comme pour le dosage de la baryte et de la strontiane, évaporer à siccité
(1) La solubilité du sulfate de chaux varie avec la température. C'est à -\- 35o qu'elle est le plus considérable; à cette température, une partie de sulfate de chaux se dissout dans 393 parties d'eau. II faut 488 parlies d'eau à 0^ et 460 à 100» pour dissoudre une partie de plâtre.
(M. POGGIALE.)
Certains sels, le chlorure de sodium par exemple, augmentent considérablement la solubilité du sulfate de chaux; une partie de plaire se dissout dans 122 parties d'eau saturée de sel marin. La solubilité est également augmentée par les acides nitrique ou chlorhydrique.
(M. Anthon.)
le liquide mélangé avec un excès d'acide sulfurique et calciner le résidu. Pour analyser les sels de chaux à acides organiques, on les transforme en carbonate de chaux par la calcination. On opère comme pour la baryte et pour la strontiane (211, 3"*). Quand l'incinération du charbon est complète, on humecte le résidu avec une solution concentrée de carbonate d'ammoniaque, on évapore à sec et on calcine très-modérément de manière à ne pas décomposer le carbonate de chaux. On réitère ces opérations jusqu'à ce que le poids du.résidu soit constant.
l^PréeifpltetioB par l'acide milfariqae. — La solution
est*mélangée avec un excès d'acide sulfurique étendu, puis avec le double de son volume d'alcool. Après douze heures de repos, le précipité est recueilli sur un filtre, lavé trèscomplètement avec de l'alcool, puis desséché et calciné. Les résultats sont très-exacts quand on opère dans ces conditions.
2® PréeiplMiiioB par le earbaoate d'amaioalaqac. —
On opère comme pour la précipitation de la baryte par le carbonate d'ammoniaque. Le précipité doit être calciné avec précaution et à une chaleur modérée. Les résultats sont exacts. Toutefois il importe que la solution ne contienne pas une quantité considérable de sels ammoniacaux, car ils dissolvent le carbonate de chaux d'une manière sensible.
3^ Préelpltatloa par Toxalate d'amuoniaiiiie. — Ce
mode de dosage s'applique à tous les composés de chaux solubles dans l'eau, ainsi qu'aux sels insolubles dont l'acide est éliminé par l'acide chlorhydrique. Quand la chaux est combinée à l'acide phosphorique ou à un autre acide fixe avec lequel elle forme une combinaison insoluble dans l'eau,
elle peut encore être précipitée sous la forme d*oxalate en modifiant le procédé comme il sera dit plus bas (317).
On sursature la solution chaude par Fammoniaque, qui ne doit y produire aucun trouble, on ajoute un excès d'oxalate d'ammoniaque, puis on ferme le vase à précipités avec une plaque de verre et on abandonne le mélange au repos dans un endroit chaud jusqu'à ce que le précipité soit complètement rassemblé, ce qui exige au moins douze heures. Pour filtrer la liqueur et recueillir Toxalate de chaux, on opère comme avec le précipité de sulfate de baryte (311, 1**). Les précautions indiquées sont ici les mêmes et ne doivent pas être négligées, car Toxalate de chaux passe très-facilement à travers les pores du papier et rend les liqueurs filtrées laiteuses. Il arrive quelquefois qu'une petite portion du précipité adhère avec force aux parois du vase, sans qu'il soit possible de l'enlever mécaniquement. Il faut dans ce cas dissoudre ces traces d'oxalate de chaux dans quelques gouttes d'acide chlorhydrique très-étendu, verser le liquide dans un petit verre et précipiter de nouveau par l'ammoniaque. On joint ensuite cette petite quantité d'oxalate de chaux au précipité contenu dans le filtre.
Le lavage se fait à l'eau chaude et doit être continué jusqu'à ce que la liqueur filtrée ne soit plus troublée par Tad* dition d'une solution de chlorure de calcium. Quand il est terminé, on dessèche le précipité sans le retirer de l'entonnoir, on le détache ensuite aussi complètement que possible du filtre, que l'on incinère séparément, et on le met dans un creuset de platine où on le convertit en carbonate de chaux par la calcination (1). Il ne faut chauffer que très-
(I) L'oxalalc de chaux peut à la rigueur être pesé directcmcnl après dossicration complète "à 100*». Sa composition est alors, CaO,C*09-f Aq.
faiblement au début et augmenter graduellement la chaleur, de manière cependant à ne faire rougir que le fond du creuset. On maintient cette température pendant un quart d'heure environ. La transformation de Toxalate de chaux en carbonate est accompagnée d'un dégagement d'oxyde de carbone qui brûle avec une flamme bleue. Quand la calcination est terminée, on laisse 'refroidir le creuset et on le pèse. Le poids du carbonate de chaux trouvé sert à calculer celui de la chaux.
Après la pesée il faut toujours examiner si le carbonate de chaux n'a pas été en partie décomposé par une chaleur trop vive. Quand la calcination a été faite avec les précautions indiquées ci-dessus, cette décomposition n'est ordinairement pas à craindre. Le résidu doit être blanc ou à peine grisâtre et n'exercer aucune action sur les papiers réactifs quand il est humecté avec un peu d'eau. S'il possède une réaction alcaline, c'est un indice que le carbonate de chaux a été partiellement transformé en chaux vive. Il faut, dans ce cas, humecter uniformément le résidu avec quelques gouttes d'une solution concentrée de carbonate d'ammoniaque pur, évaporer à sec au bain-marie ou à l'étuve et calciner très-modérément jusqu'à ce que le poids du creuset ne varie plus.
Lorsque le précipité n'est pas assez abondant pour être aisément enlevé du filtre, il est préférable de le convertir en sulfate en opérant comme il suit. On met le précipité avec le filtre dans un creuset de platine, on incinère et on calcine fortement. On dissout ensuite le résidu dans une petite quantité d'acide chlorhydrique très-étendu, on ajoute
Mais il est toujours préférable de le' transformer en carbonate de chaux ou pQ sulfate.
un léger excès d*acide sulfurique faible, on évapore à sec d'abord à Tétuve, puis sur la lampe, et on calcine modérément; après le refroidissement on pèse. (M. Fresenius.)
217. Pour précipiter la chaux à l'état d'oxalate en présence de certains acides, tels que l'acide phosphorique, avec lesquels elle forme des composés insolubles dans Teau, on opère de la manière suivante : on dissout la combinaison dans l'acide chlorhydrique, on ajoute de l'ammoniaque peu à peu, jusqu'à ce qu'un précipité apparaisse, et on redissout celui-ci par l'addition d'une goutte d'acide chlorhydrique. Dans cet état la solution est mélangée d'abord avec un excès d'oxalate d'ammoniaque, puis avec de l'acétate de soude, et abandonnée au repos pour queleprécipité se dépose. On recueille ce précipité et on le transforme en carbonate, comme il a été dit plus haut. En opérant ainsi, la solution ne contient plus d'acide chlorhydrique libre, car l'addition de l'oxalate d'ammoniaque et de l'acétate de soude a pour effet de remplacer cet acide par une quantité équivalente d'acide acétique ou d'acide oxalique. L'oxalate de chaux est presque complètement insoluble dans ces deux derniers acides, qui ne se trouvent d'ailleurs dans la solution qu'en très-faible quantité. (H. Fresenius.)'
SÉPARATIONS