‹ Précis d'analyse chimique quantitativeChapitre 146 sur 308 · SODIUM ET POTASSIUM · texte numérisé non relu

SODIUM ET POTASSIUM

aux eaux de lavage contient les acétates alcalins en présence de l'excès d'acétate de baryte. Il faut l'évaporer à sec, introduire le résidu dans un creuset de platine et le chauffer graduellement au rouge pour transformer les acétates en carbonates.

Après le refroidissement on épuise par l'eau la matière calcinée, on sépare par le filtre le carbonate de baryte insoluble, et on sature par l'acide chlorhydrique la solution des carbonates alcalins. À l'aide du bichlorure de platine, on effectue ensuite comme ci-dessus la séparation des deux chlorures.

2* Méikode indirecte. — On dose d'abord collectivement les deux bases sous la forme de sulfates neutres par les procédés décrits plus haut, puis on dissout ces sels dans l'eau et l'on détermine l'acide sulfurique par le chlorure de baryum. Quand les métaux alcalins sont combinés au chlore, on peut aussi peser le mélange des chlorures, dissoudre ensuite ces sels dans l'eau et doser le chlore à l'état de chlorure d'argent. Ces déterminations suffisent pour calculer les proportions relatives de soude et de potasse qui se trouvent dans la substance soumise à l'analyse. (Yoy. Cinquième partie, Calculs des analyses indirectes.)

peut être immédiatement sgouté à la solution à analyser, quand celle-ci est neutre ou ne contient que de Tacide sulfurique libre ; dans ce «is, on dose collectivement les deux chlorures. Mais Tévaporation à siccité et la calcination du résidu sont nécessaires toutes les fois que la solution contient de Tacide chlorhydrique ou un autre acide susceptible de donner un sel de baryte soluble.

Am = 18 NH3 - 17

250. Les sels ammoniacaux sont généralement fort solubles. La chaleur les volatilise ou les décompose tous.

DOSAGE

251. L'ammoniaque est souvent déterminée à l'état de chlorhydrate, NH^Cl, ou de chloroplatinate, NH*a,PtCl^ Elle peut aussi être déplacée par une base fixe et dosée par les liqueurs titrées. Toutes les combinaisons ammoniacales sont décomposées à la chaleur rouge en présence d'un excès d'oxyde de cuivre et dégagent de l'azote. Il est facile de déduire la quantité d'ammoniaque «du volume du gaz recueilli; mais ce mode de dosage, qui sera décrit plus loin, n'est usité que pour l'analyse des matières organiques.

l"" DoMige * rétat de chlorhydrate. — Ce mode de dosage convient toutes les fois que la solution ne contient que du chlorhydrate d'ammoniaque ou un sel dont l'acide soit éliminé par l'acide chlorhydrique (carbonate, sulfbydrate, etc.). Dans ce dernier cas, on commence par ajouter à la solution un léger excès d'acide chlorhydrique et on filtre s'il est nécessaire. On évapore ensuite le liquide au bainmarie et l'on chauffe le résidu à 100 degrés jusqu'à ce qu'il n'éprouve plus de perle de poids. Le résultat est exact, car, dans ces circonstances, il ne se dégage, même en présence

de l'acide chlorhydrique libre, que des traces de chlorhydrate d'ammoniaque.

i"" Boaage * l'étet de diIoroipkitlBate. — C'est SOUS la

forme de chloroplatinate que l'on dose le plus fréquemment l'ammoniaque. Cette base peut être précipitée par le bichlorure de platine de toute combinaison dont l'acide est soluble dans l'alcool (sulfate, phosphate, etc.). L'opération est exactement la même que pour le dosage du chloroplatinate de potasse. Le chloroplatinate d'ammoniaque, NH^Ci,PtCP, est une poudre jaune insoluble dans l'alcool fort; il est inaltérable à 100 degrés; par la calcination il laisse 'pour résidu du platine métallique pur à l'état de mousse. On le recueille comme le sel de potasse sur un filtre taré, on le dessèche très-complètement à 100"^, et on le pèse; (NH*CI,PlCP) X 0,0761 =NH». Comme vérification, il faut détruire le chloroplatinate d'ammoniaque par la chaleur et peser le résidu de platine métallique. À cet effet, on chauffe le précipité et le filtre dans un creuset de platine couvert. La chaleur doit d'abord être très-modérée; quand le filtre est complètement carbonisé, on 6te le couvercle et on incinère en favorisant l'accès de l'air. Le poids du platine donne celui de l'ammoniaque, Ptx 0,1717 = NH^. La détermination de l'ammoniaque est exacte quand les deux opérations conduisent au même résultat.

3^ BoM^ie pAv ]€• iiqoMm titrée*. — Cette méthode s'applique à l'analyse de toutes les combinaisons ammoniacales; elle convient surtout quand l'ammoniaque à doser est en présence de matières organiques ou de toute autre substance dont la séparation est difficile. Voici en quoi elle consiste : à l'aide d'une base fixe (potasse, chaux), on chasse l'ammoniaque de Is^ substance à analyser et on la condensQ

cxaclement dans une quantité déterminée d'un acide dont le titre est connu (^5:2). Par Ih, une portion de l'acide est saturée. Il suffit alors, pour connaître la quantité d'ammoniaque absorbée, de déterminer le volume d'une solution alcaline titrée qui est nécessaire pour neutraliser le reste de l'acide.

a. Liqueur acide, — On se sert d'acide sulfurique étendu pour condenser l'ammoniaque. Pour titrer cet acide, on mélange environ IGO grammes d'acide sulfurique pur et monohydraté avec 1 litre d'eau. On ajoute ensuite à 10 centimètres cubes de ce mélange un excès de chlorure de baryum et on détermine le poids du sulfate de baryte précipité (â87, l"*). La quantité d'acide sulfurique se déduit facilement de celle du sulfate de baryte : BaO,SO' x 0,4206 = SO%HO. Pour plus de certitude, on dose encore une fois l'acide sulfurique et l'on prend la moyenne des deux déterminations. Le poids de l'acide sulfurique contenu dans 10 centimètres cubes de la liqueur étant connu, il est facile de calculer le poids de l'ammoniaque nécessaire pour le neutraliser, 49 parties d'acide sulfurique monohydraté (SOSHO) exigeant 17 parties de gaz ammoniac pour être converties en sulfate neutre. Dans la pratique, il est cependant plus commode de titrer la liqueur de manière que 10 centimètres cubes soient exactement neutralisés par 5 décigr. d'ammoniaque (NIP). Cette condition sera remplie, si l'on ajoute à la liqueur la quantité d'eau rigoureusement nécessaire pour que 10 centimètres cubes contiennent 1«%441 d'acide sulfurique nonohydraté. La liqueur acide titrée doit être conservée pour l'usage dans un flacon bien bouché.

b. Liqueur alcaline. — Les lessives très- étendues de soude et de potasse ou une solution de sucrate de chaux

Â^lMONllM. 37^

conviennent très-bien comme liqueurs alcalines. On les titre de manière que 50 centimètres cubes neutralisent exactement 10 centimètres cubes de la liqueur acide. La détermination de l'ammoniaque est alors trèsrapide et n'exige pas de calcul, puisque 5 décigr. de cette base produisent le même effet que 50 centimètres cubes de la liqueur alcaline. Il sufGt donc de connaître le nombre qui exprime en centimètres cubes le volume de la liqueur nécessaire pour achever la saturation, et de le retrancher de 50; la différence indique Tarn- t moniaque condensée dans 10 centimètres cubes de la liqueur acide. La liqueur alcaline doit être conservée dans un flacon dont le bouchon est traversé par un tube rempli d'un mélange de chaux et de sulfate de soude (fig. 65).

Fig. 65.

Pkro«édés povr éUmlner l'ammonlaiiiie et la condenser

dans l'acide atré.

!25i. Nous avons dit que pour doser l'ammoniaque par les liqueurs titrées, il fallait éliminer cette base de ses combinaisons et la condenser dans un volume déterminé d'acide titré. En général, on arrive à ce but en traitant la substance à analyser par une base fixe dans un appareil

distillatoire, en faisant arriver les vapeurs dans un récipient, convenablement refroidi, où se trouve la liqueur acide (1). Dans bien des cas, cependant, il se présente, dans la pratique, des difficultés nécessitant l'emploi de procédés spéciaux qui sont décrits ci-après.

Procédés de M. Boussingault. — !• Le procédé suivant, applicable à Tanalyse des sels ammoniacaux en général, convient particulièrement quand l'ammoniaque à doser est en présence de substances azotées très-altérables (telles que l'urée), qui émettent facilement de l'ammoniaque sous l'influence des bases Gxes.

Il consiste à rendre l'ammoniaque .libre par la chaux hydratée, ou par le bicarbonate de soude, et à l'éliminer ensuite par une ébullition dans le vide à une température aussi basse que possible.

L'appareil dont on fait usage se compose d'un ballon A (fig. 66) d'un litre de capacité, maintenu par un support B, dans l'eau d'une petite chaudière fixée sur un fourneau. Ce ballon est fermé par un bouchon que traversent deux tubes. L*un droit D pénètre jusqu'à quelques milUmètres du fond ; à Textrémité supérieure de ce tube, est ajusté un robinet R. L'autre tube D', courbé deux fois à angle droit aboutit à l'acide titré contenu dans l'éprouvctte E, d'où part un tube muni d'un robinet R', qui, selon qu'il est ouvert ou fermé, établit ou intercepte la communication de l'appareil avec un ballon H dans lequel on peut faire le vide, à l'aide d'une pompe P ou d'une machine pneumatique. Les orifices du ballon et l'éprouvctte sont liés aux

(i) Au lieu diacide sulfurique titré, on peut mettre de l'acide chlorliydrique dans le condenseur; on dose alors l'ammoniaque par les procédés ordinaires à l'élat de chlorhydrate oq de chloroplattnatc«

lobes qui les traversenl par des manchons en caoutchouc renrorcés, soit par des lièges, soit par des lames de plomb, pour empêcher les affaissements qu'occasionnerail la pression extérieure lorsque l'appareil serait vide d'air.

Figr. 66.

Voici comment on opère lorsqu'il s'agil, par exemple, de retirer l'ammoniaque du chlorhydrate au moyen de la chaui.

L'éprouvette £ conlieul 10 centimètres cubes d'acide litre; elle plonge dans un vase de verae f, servant de réfri-

gérant, dans lequel on a soin d'entretenir de Tcau à une assez basse température (12 à 15 degrés au plus). La chaux hydratée étant introduite dans le ballon, on monte l'appareil, en laissant ouvert le robinet R du tube droit D. Le robinet R' est fermé ; le vide est fait dans le ballon H. On place sur le robinet R un petit entonnoir, dont le col effilé traverse le tronc de la douille, afin de porter la solution de sel ammoniac dans le tube de verre D (1). À l'instant où l'on verse cette solution et mieux encore un peu avant, on ouvre en partie le robinet R' en communication avec le ballon vide H, de manière à déterminer une forte aspiration dans le tube D. La solution pénètre dans le ballon avec une grande vitesse ; quand elle est introduite, on lave le vase qui la contenait^ et l'on ajoute les eaux de lavage. On retire l'entonnoir pour fermer le robinet R, et l'on ouvre entièrement l'autre robinet R', puis on fait de nouveau le vide.

Si le bain-marie est à 35 ou 40 degrés, le liquide entre très-promptement en ébullition; on ferme alors en R, et si réprouvette qui contient l'acide est plongée dans l'eau froide, l'ébuUition se soutient, et le liquide vient se condenser en E. La distillation est rapide, et bientôt il ne reste plus dans le ballon qu'un résidu sec (â). L'opération est terminée; il ne reste plus qu'à faire passer dans l'acide les dernières traces des vapeurs ammoniacales répandues dans l'appareil. On y parvient en faisant rentrer l'air très-lentement par le robinet R; ensuite on établit graduellement la

(i) Si Ton a affaire à des combinaisons ammoniacales insolubles, telles que le phosphate ammoniaco-magnésien, il faut les dissoudre dans de Teau acidulée.

(2) Il est en général nécessaire do pousser Tévaporalion jusqu'à siccité complète.

communication avec le ballon vide H et Ton donne quelques coups de piston avec la pompe pour compléter le balayage. Il ne s'agit plus que de procéder à la détermination du tilre de l'acide alors contenu dans Véprouvette £.

Exemples (1). I. 0sr,5 de chlorhydrate d'ammoniaque, dissous dans M grammes d*eau, ont été traités par 5 grammes d*hydrale de chaux.

Le bain-marie était à 40 degrés; en une heure il n'y avait plus de

liquide dans le ballon.

,,.,.,. .. J avant.. 33*, l de sucrate de chaux.

L acicie titre saturait. { , n ^

I après.. 8 ,5

DlFFÉREifCE 24««,6 éq' à 08',1597 d'ammoniaque.

Le sel ammoniac employé en contient 08'',1601 ; sa décomposition a donc été complète.

H. 08'.5 de chlorhydrate dissous dans 50 grammes d'eau ont été traités par 3 grammes de bicarbonate de soude, la température du bain étant de 45 degrés.

On a évaporé jusqu'à ce que la matière du ballon fût devenue pâteuse.

,, .. ... i avant.. 33^,2 de sucrate de bhaux.

L'acide saturait { , on

( après . . 8 ,0

Différence 25^,2 éq^ à 0sr,16t d'ammoniaque.

2*" Les eaux de pluie, de rivières, de sources, contiennent des traces d'ammoniaque (2), qu'il importe de pouvoir doser avec exactitude. L'expérience démontre, que si Von distille de l'eau renfermant une très-faible proportion d'ammoniaque, l'alcali se retrouve en totalité dans les premiers produits de la distillation. C'est sur ce fait que repose le procédé suivant.

L'appareil distillatoire dont on se sert consiste en un

(1) L'acide titré qui se rapporte à ces exemples est de l'acide dont 10 centimètres cubes saturent 08^,2125 d'ammoniaque.

(2) Ces eaux contiennent rarement plus de nvfvf^ d'ammoniaque.

378 ANALYSE MINËHALE.

balion A de 2 litres de capacité (fig. 67), placé snr UD Tourneau. Le ballon est muni d'un bouchon traversé par deux tubes : l'un b est droit et pénétre presque jusqu'au

fond du ballon ; c'est par ce tube qu'on introduit l'eau à distiller, et qu'on la relire après la distillation. L'autre (ube c recourbé conduit la vapeur dans le rérrigéranl d.

Pour qu'il n*y ait pas de liquide entraîné pendant l'ébullition, il Tant que le diamètre intérieur du tube c soit au moins' de 1 centimètre. Les bouchons adaptés au ballon et au] serpentin doivent être solidement assujettis au moyen d'anneaux de caoutchouc recouverts d'un ruban de fil.

L'eau est introduite dans le ballon moyen d'un petit entonnoir qu'on place à l'orifice du tube h. Lorsque les 8 ou 9/10 de l'eau qui doit être distillée ont pénétré dans le ballon, on verse quelques centimètres cubes d'une solution contenant une quantité connue d'hydrate de potasse préalablement fondu, puis on ajoute le reste de l'eau qui entraîne la solution alcaline, et Ton ferme l'ouverture du tube h avec un petit bouchon. On procède alors à la distOlation, en maintenant le liquide en ébullition modérée, mais soutenue. Quand la vapeur commence à se condenser, il faut avoir soin de renouveler sans cesse l'eau du réfrigérant. Le liquide distillé est reçu dans des fioles jaugées; on ne peut être certain d'avoir toute l'ammoniaque qu'autant qu'on a recueilli les 2/5 du liquide soumis à la distillation (i).

La distillation terminée, on enlève le feu, et, sans attendre que le résidu soit refroidi, on le retire du ballon. A cet effet on adapte, au moyen d'un caoutchouc, un tube B (fig. G8) recourbé à angle droit, à l'extrémité inférieure A du serpentin ; on fixe de même un tube recourbé A à l'orifice débouché du tube fr, de manière à former un siphon,

(i) Généralement, on opère sur un litre d'eau. «Gette quantité est •nffUante, car, à Taide des liqueurs titrées, on peut répondre de 2 ou 3 centièmes de milligramme dans le dosage de l'ammoniaque. Dans co cas, on recueille, par la distillation, un premier, puis un second produit, chacun de 200 centimètres cubes.

puis on souffle dans le serpentin pour amorcer ce siphon. Quand le liquide s'est écoulé, on enlève les tubes, et Ton charge de nouveau l'appareil; le travail est en quelque sorte continu.

L'ammoniaque, une fois isolée de ses combinaisons et

concentrée dans les premiers produits de la distillation, est dosée par le^ liqueurs titrées. Ce dosage nécessite des précautions spéciales, à cause des quantités très -faibles d'ammoniaque (5 milligr. au plus) qui se trouvent dans le liquide distillé. Les liqueurs titrées doivent être très-étendues; il faut que 10 centimètres cubes d'acide sulfurique soient saturés par 1 centigramme d'ammoniaque environ. La liqueur alcaline sera titrée de manière que 25 centimètres cubes neutrali* sent 10 centimètres cubes de liqueur acide (1).

Il sera facile alors, si l'on fait usage d'une burette avec robinet à pression (18, fig. 9 et 10), de répondre de 1/10 de cent, cube de liqueur alcaline et par suite de Of^^OOO^ d'ammoniaque. Gomme l'infusion de tournesol est alcaline, il est bon de la diviser en deux volumes égaux, de rougir l'un des volumes par un acide et de le réunir ensuite à l'autre. Si Ton réitère plusieurs fois celte

Fig. 68.

(1) Quand une solution aussi étendue s'échappe goutte à goutte de la burette, il est difficile de la mélanger par l'agitation a\ec le liquide à analyser. On obvie à cet inconvénient en la saturant avec du sulfate neutre de potasse qui augmente sa densité. (M. Hodzeau.)

opération , on obtient une teinture bleue d'une trèsgrande sensibilité et très-peu alcaline. Dans tous les cas, il est nécessaire d'employer toujours la même quantité de teinture pour le même volume d'acide.

Il est à remarquer que le verre des vases abandonne une certaine quantité d'alcali. Aussi doit-on mettre préalablement en contact avec de l'acide sulfurique assez fort, les flacons, les pipettes, destinés à conserver ou à mesurer l'acide titré, ainsi que les serpentins et les fioles où se rend le produit de la distillation.

3** Procédé de M. Schlœsing. — Ce procédé de dosage, simple et très-exact, consiste à placer la solution ammoniacale à analyser sous une cloche, en présence d'acide sulfurique. Après un intervalle de temps suffisant, l'acide aura absorbé toute l'ammoniaque, et s'il est titré, il suffira, pour connaître la quantité de cette base, de neutraliser l'excès d'acide avec une solution titrée de sucrate de chauk.

Quand l'ammoniaque est combinée à un acide, on la déplace par un alcali fi^e, la chaux ou la potasse.

La figure ci-contre représente la disposition de l'appareil. La solution ammoniacale est contenue dans un vase A à fond plat, à bords peu élevés, ayant 10 à 12 centi- , mètres de diamètre. Les - ^

cristallisoirs en verre ~ - :^-2:ii?ïffiK^?^r^fe^^^ remplissent très-bien i^ig. 69.

ces conditions. Le vase A repose sur du mercure contenu dans le creux d'une assiette. Un tube t en verre plein, façonné à la lampe en forme de trépied de 3 centimètres

d8i ANALYSE MINÉRALE.

de haut, est posé au milieu du vase A, e( supporte un vase B qui reAferme l'acide sulfurique. Ce dernier vase est une petite capsule à fond plat, à bords peu élevés, et de 6 à 7 centimètres de diamètre. En guise de cloche, on peut faire usage d'un simple vase de verre P, de 42 centimètres de diamètre sur 10 de haut; une brique, posée sur son fond, l'oblige à plonger dans le mercure et à poser sur l'assiette.

On place dans le vase A un poids connu de la substance à analyser, que Ton dissout ensuite dans l'eau. Après avoir disposé la soucoupe, munie d'acide, sur son trépied, on place la cloche sur le tout, en la tenant soulevée d'un côté, afin de pouvoir introduire entre son bord et celui du vase A l'extrémité d'une pipette pleine de lait de chaux. Le jet de la pipette suflil pour mélanger cet alcali avec le sel ammoniacal dissous. Dès que la chaux est versée, on plonge les bords de la cloche dans le mercure, et l'on pose la brique sur sa paroi supérieure. La potasse caustique peut êlre substituée à la chaux pour déplacer l'ammoniaque. Au lieu de la verser en dissolution, on en pose un morceau sur un très-petit trépied en verre étiré à la lampe, placé au milieu de la solution du sel ammoniacal. De cette manière, riiumidité ne tarde pas à la liquéfier; mais, comme elle ne se répand sur le sel ammoniacal que lorsque toute issue est fermée, une déperdition d'ammoniaque est rendue impossible.

Lorsque la quantité d'ammoniaque est comprise entre 100 milligrammes et 1 gramme, et qu'elle est dissoute dans un volume d'eau n'excédant pas "25 à 35 centimètres cubes, la majeure partie de l'ammoniaque est absorbée dans les premières heures ; après vingt-quatre heures, tout est ab-

sorbe, sauf quelques milligrammes dont l'absorption intégrale exige vingt-quatre heures de plus.

Ainsi, quand on opère dans les conditions indiquées cidessus, le temps nécessaire pour un dosage d'ammoniaque est de quarante-liuit heures environ. Dans tous les cas, on s'assure que l'absorption de l'ammoniaque par l'acide est terminée, en introduisant dans la cloche du papier de tournesol rougi et humide. On neutralise ensuite la liqueur acide par le sucrate de chaux. Si l'on dépassait le point de neutralité, il faudrait ramener la liqueur au degré convenable de coloration, k l'aide d'une solution décime d'acide sulfurique.

i' Voici une autre disposition de l'appareil, qui donne h ce procédé toute la commodité dont il est susceptible.

Au fond d'un cristallisoir L (fig. 70), on mastique un cylindre de boise, sur lequel adhère, au raojcn d'un peu de cire ramollie, une capsule h fond plat b,contenant10centimëtres cubes d'a> cidesulfurique titré.

Au-dessus ss trouve

une autre capsule a, '^'K- '*'■

contenant la substance ammoniacale à analyser. Quand cette substance est carbonatée, on la mouille préalable-

38i ANALYSE MINÉRALE.

ment avec un acide pour chasser tout Tacide carbonique. On met une couche de mercure au fond du cristallisoir, et sur ce mercure une cloche à douille G, fermée par un bouchon de liège que traverse une pipette ABC, remplie de potasse concentrée, et fermée par un robinet À, et un tube ED que termine encore un robinet D. On soulève le mercure dans Tintérieur de la cloche, en aspirant au moyen de la bouche par l'ouverture en D, puis on ferme D, et Ton ouvre A. Par là, la potasse s'écoule, tombe dans la capsule a, et détermine l'expulsion de Tammoniaque, qui, au bout de quarante-huit heures, est totalement absorbée par l'acide sulfurique libre. Quand un papier de tournesol rouge trèssensible, placé dans l'intérieur de la cloche, redevient rouge après avoir bleui, pn peut être certain que toute l'ammoniaque a été absorbée. Il ne reste plus qu'à, rechercher, par le sucrate de chaux, la quantité d'alcali qu'a fixée l'acide sulfurique titré. (M. Deville.)

SÉPARATION

!253. ABim«iilafl|ae et Potasse.

1° Lorsque ces deux bases sont combinées à l'acide clilorhydrique, on les précipite par le bichlorure de platine, on recueille le mélange des chloroplatinates sur un filtre taré, et on le pèse, après dessiccation complète à 110 degrés. Il faut ensuite calciner avec précaution le précipité dans un creuset de platine, et décomposer complètement les deux chloroplatinates (246, 4% et 251, 2**). Après le refroidissement, on épuise la matière calcinée par l'eau, on dessèche le résidu de platine métallique et on le pèse; dans la solution décantée, on dose le chlorure de potassium (246, 3"").

Le poids du chlorure de potassium donne celui du chloroplatinale de potasse : KCI x 3,282 = KC1,PtCI«.

Le chloroplatinate d'ammoniaque s'obtient par différence. Pour contrôler ce résultat, on calcule, d'après le chlorure de potassium trouvé, le poids du platine provenant du chloroplatinate de potasse : KCI X 1,329 = Pt; retranchant ce poids de la quantité totale de platine, on aura le platine laissé par le chloroplatinate d'ammoniaque.

2'' On évapore la solution à siccité au bain-marie, et on pèse les deux chlorures, après dessiccation complète à 100 degrés. On calcine modérément ce mélange dans un creuset de platine couvert jusqu'à ce que tout le chlorhydrate d'ammoniaque soit éliminé, et on pèse le résidu de chlorure de potassium (246, 3*"). La perte de poids indique la quantité de chlorhydrate d'ammoniaque. Ce procédé convient également quand les deux bases sont combinées avec l'acide sulftirique; il faut chaiiffer avec précaution et trèsmodérément au commencement pour éviter les décrépitations, puis calciner au rouge en présence du carbonate d'ammoniaque. L'addition de ce sel est nécessaire pour éliminer lacide sulfurique laissé par le sulfate d'ammoniaque. Un mélange de sulfate de potasse et de chlorhydrate d'ammoniaque ne peut pas être analysé de cette manière, car, pendant la calcination, ces deux sels réagissent mutuellement. (M. H. Rose.)

3"* Quand les procédés décrits ci-dessus ne se prêtent pas à l'analyse d'une substance contenant ces deux bases, on dose, dans une portion de la matière, l'ammoniaque par les liqueurs titrées, après l'avoir éliminée par un alcali flxe, et condensée dans un acide (251, 3% et 252). Sur une autre portion, on détermine la potasse à l'élat de sulfate ou de

ase ANALYSE MINÉRALE.

chlorure, après avoir chassé la combinaison ammoniacale par la chaleur (246, 1 • et 3').

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