ACIDE PHOSPHORIQUE
292. La détermination de l'acide phosphorique présente souvent de grandes difficultés; on est obligé d'avoir recours à des procédés très-différents, suivant la nature des substances en présence desquelles il se trouve. Voici les formes de dosage ou de précipitation les plus usitées :
i** Phosphate de plomb. — On évapore l*acidc phosphorique sur de l'oxyde de plomb en excès. L'augmentation de poids donne la quantité d'acide phosphorique.
i" Phosphate de fer basique. — On ajoute une solution de fer et Ton précipite par l'ammoniaque ou par le carbonate de baryte; le peroxyde de fer entraine l'acide phosphorique.
> Pyrophosphatfi de magnésie (PO"»,2MgO). — On précipite l'acide phosphorique sous la forme de phosphate ammoniaco-magnésicn et on calcine le précipité.
i^ Phosphate d'étain. — On transforme, par l'acide nitrique et en pré' sence du phosphate, une quantité déterminée d'étain en acide stannique. L'excès de poids de l'acide stannique indique la quantité d'acide phosphorique.
^^ Phosphate d'argent, PO^,3AgO, et pyrophosphate, P05,2AgO. — On précipite la solution du phosphate tribasique ou du pyrophosphale neutre par le nitrate d'argent. Ce procédé convient surtout pour séparer l'acide phosphorique d'avec les alcalis.
293. La plupart des procédés de dosage énumérés cidessus s'appliquent seulement à Tacide phosphorique ordinaire ou tribasique, P0%3H0. Quand la substance à analyser contient de Tacide pyrophosphorique ou métaphosphorique, il est nécessaire de. transformer préalablement ces acides en^acide phosphorique ordinaire (1). Celte transformation peut être effectuée de deux manières :
1^ On fond de la substance, dans un creuset de platine, avec 4 à 5 parties de carbonate double de soude et de potasse, et Ton maintient pendant longtemps la matière en parfaite fusion. Ce procédé convient pour les combinaisons alcalines, et en général pour les substances qui sont complètement désagrégées par la fusion avec les carbonates alcalins; il ne s'applique pas aux métaphosphates ou pyrophosphates de baryte, de strontiane, et surtout de chaux.
â"* On fait digérer h chaud la substance, pendant quelques heures, avec un acide fort en assez grande quantité. On se sert, suivant les circonstances, des acides chlorhydrique, nitrique, ou sulfurique; il est nécessaire que Tacide employé forme des sels solubles avec les bases qui se trouvent dans la combinaison. C'est avec Tacide sulfurique que la transformation est le plus rapide; quand on fait usage de cet acide, il ne faut chauffer que bien audessous de la température à laquelle il commence à émettre des vapeurs, pour ne pas perdre une partie de l'acide phosphorique.
Lorsque la transformation a été effectuée par l'inter-
(1) Voy., Anal. quai. (Ii3), p. 148 el suiv., ce qui est relatif à Tacide phosphori(]ue ordinaire et aux acides pyrophosphorique et métaphosphoriquc.
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médiaire de l'acide chlorhydrique ou de Tacide nitrique, il ne faut pas, si Ton évapore Texcès d*acide, chauffer le résidu au-dessus de 100^. Une faible calcination suffirait, en effet, pour convertir de nouveau Tacide phosphorique en acide pyrophosphorique. Ainsi, par exemple, si Ton évapore à siccité une solution de phosphate de soude ordinaire en présence d'un excès d'acide chlorhydrique, le résidu, desséché à lôO"", est un mélange de chlorure de sodium et de pyrophosphate acide de soude, PO%NaO,HO (M. Fresenius).
DOSAGE
294. Voici la description des principaux procédés à l'aide desquels on détermine l'acide phosphorique :
1^ l>»«agc^ h Véimt de phosphate de plomb. — Ce
mode de dosage peut être employé toutes les fois que l'acide phosphorique qui se trouve dans une solution, n'est en présence d'aucune substance fixe par elle-même, ou susceptible de le devenir en se combinant à l'oxyde de plomb (acides sulfurique, chlorhydrique). Dans ce cas, on évapore la solution dans une petite capsule, exactement pesée-, contenant un excès d'oxyde de plomb; on opère d'ailleurs comme pour le dosage de l'acide arsénique (95,1^).
Ce procédé a l'avantage d'être très-exact et de s'appliquer également bien aux trois modifications de l'acide phosphorique (acides phosphorique tribasique, pyrophosphorique, métaphosphorique) .
2° Dosage ii t*é(«t de phosphate de 1er basique. —
a. On opère exactement comme pour le dosage de l'acido
arsénique sous la forme d*arséniate de fer baâque (95,3**). Si la solution ne contient que des alcalis, en fait de bases, on précipite le fer ajouté par l'ammoniaque; dans le cas contraire, on le précipite par le carbonate de baryte. L'ammoniaque ne doit pas être ajoutée en trop îi^rand excès, car elle enlève facilement au précipité une partie de l'acide phosphorique.
b. On verse dans la liqueur un volume déterminé d'une solution de perchlorure de fer d'un titre connu, on neutralise la majeure partie de l'acide libre par la potasse, on ajoute de l'acétate de soude en excès', et l'on fait bouillir le mélange. Parla, il se forme un précipité coloré en rouge brun, quand le perchlorure de fer a été ajouté en quantité suffisante. Ce précipité est un mélange de sous -phosphate et de sous-acétate de fer, et contient la totalité du fer et de l'acide phosphorique qui se trouvent dans la solution. Il faut maintenir le liquide en ébullition pendant quelque temps, filtrer sans le laisser refroidir, et laver le précipité à l'tau bouillante. Après complète dessiccation, on incinère le filtre à part et on calcine le précipité dans un creuset deplatine, en favorisant l'accès de l'air. On humecte ensuite le résidvt pesé avec de l'acide nitrique concentré, on évapore à sec à une douce chaleur, puis on calcine de nouveau. Si l'on constate une augmentation de poids, on réitère ce traitement jusqu'à ce qu'elle cesse d'avoir lieu. La différence entre le poids du résidu et le poids du peroxyde de fer ajouté, donne la quantité d'acide phosphorique (M. Fresenius).
3^ Domige ik l'état de pyrophosphate de ma^néale. —
A la liqueur contenant l'acide phosphorique à précipiter, on ajoute un mélange de sulfate de magnésie, de chlorhydrate d'ammoniaque et d'ammoniaque caustique, jusqu'à ce qu'il
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cesse de la précipiter (1). On laisse déposer pendant douze heures an moins, dans un endroit chaud, puis on filtre et on lave le précipité avec de Tammoniaque étendu de trois à quatre fois son volume d'eau. Le lavage est terminé quand le chlorure de baryum ne détermine pas le plus léger trouble dans le liquide filtré préalablement additionné d'acide chlorhydrîque.Âprèscomplètedessiccation, on transforme par la calcination le phosphate anomoniaco-roagnésien en pyrophosphate de magnésie ; on opère comme il a été dit au dosage de la magnésie (230, 2'').
Le pyrophosphate de ma'gnésie, multiplié par 0,641, donne le poids de Tacide phosphorique.
Ce procédé ne s'applique qu'au dosage de l'acide phosphorique tribasique; il fournit d'ailleurs des résultats trèsexacts (M. Fresenius).
4"* B^Mige par Véimim néiaUl^ne. — Le procédé suivant s'applique au dosage de l'acide phosphorique dans toute substance que l'acide nitrique dissout sans laisser de résidu. On traite une quantité déterminée d'étain, en présence de la substance à analyser, par un excès d'acide nitrique bouillant. L'étain doit être pur; si l'on fait usage de celui du commerce, il faut, par une expérience directe, déterminer la quantité d'acide stannique qu'il fournit. Quand l'étain est entièrement transformé en acide stannique, on lave la matière, puis on la dessèche et on la calcine. Il faut avoir soin de favoriser Taccès de l'air pendant la calcination
(I; Ce mélange doit être tout à fait limpide, mais il faut éviter un trop grand excès de chlorhydrate d*ammoniaquc ; il est bon de le préparer à l'avance. Dans le cas où le liquide n'exhalerait pas, après la précipitation, une forte odeur ammoniacale, il faudrait ajouter une quantité d'ammoniaque plus considérable.
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et d'éviter toute réduction de Tacide slannique. Le résidu étant hygroscopique doit être pesé immédiatement après le refroidissement. L'étain, en se transformant en acide stannique, a fixé tout l'acide phosphorique qui se trouvait dans la combinaison; il suffit, pour' connaître la quantité de cet acide, de retrancher du poids total du résidu le poids connu de l'acide stannique (M. Reynoso).
SÉPARATION
a. Si'paralion d*avee les bases.
295. — Acide phosphorique et mélanx du premier et du deuxième groupe.
On dissout la substance dans l'acide chlorhydrique ou dans l'acide nitrique (plomb, argent, mercure au minimum), et l'on précipite la solution par l'hydrogène sulfuré. Le précipité, recueilli sur un filtre, est soumis au traitement décrit pour la séparation des métaux du premier et du deuxième groupe. Dans le liquide filtré, on précipite lacide phosphorique sous la forme de phosphate ammoniaco-magnésien. S'il n'y a que de l'acide nitrique en présence de l'acide phosphorique, on peut évaporer la solution sur une quantité pesée d'oxyde de plomb.
S'agit-il de séparer l'acide phosphorique d'avec le plofnb ou Vargeiit, il est plus simple de dissoudre la substance, dans l'acide nitrique, et de précipiter le plomb par l'acide sulfurique, ou l'argent par l'acide chlorhydrique.
296. Acide phoflphorique et ^Iciiel, Cobali, Fer» Zinc, ou Manganèse.
1° On fond la substance avec du carbonate double de soude