‹ Précis d'analyse chimique quantitativeChapitre 17 sur 308 · DE COMBINAISON DES CORPS · texte numérisé non relu

DE COMBINAISON DES CORPS

4:2. L'eau entre dans la composition de beaucoup de corps. Lorsque les essais préliminaires ont démontré que la substance proposée est hydratée, il fa\it doser rigoureusement l'eau qu'elle contient, et, en général, c'est par celte détermination que l'on commence l'analyse. Elle s'cffeclue, suivant les cas, par la perle de poids qu'éprouve la subslance quand on la chauffe, ou directement, en recueillant et pesant l'eau éliminée.

43. BoMige de i*«m par perte. — C'est le mode de dosage le plus fréquemment employé. On suil la même marche que s'il s'agissait de dessécher la subslance à Faille des procédés dérrils plus haut (35 k 41). Il faut se guider à

DÉTERMINATION DE L'EAU. 6a

cet égard d'après la nalure du corps et la racilité plus ou moins grande avec laquelle il se déshyilrale. On a recours à la chaleur rouge (il), quand la substance ne contient pas d'autre principe qui puisse être éliminé par la calcinalion. Dans le cas contraire, on chaulTela substance à 100 degrés, ou même à une température plus élevée au moyen de l'étuve à huile (37). Beaucoup de sels réclament ce dernier genre de traitement, leur eau de cristallisation se dégageant par

Fif. H.

Tractions à des températures différentes qu'il peut être utile

■t de Vmmn. -^ On A recours à cette mi'--

thode quand la substance à analyser contient d'autres principes volatils qui se dégagent en même temps que Teau. 11 faut dans ce cas chaufler la substance de manière que Toau dégagée puisse être condensée d'une manière complète. L'appareil représenté ci-dessus (fig. 22) permet de réaliser cette condition. A l'aide du gazomètre A on dégage de l'air, que Ton dessèche complètement en le faisant passer d'abord dans un flacon B contenant de l'acide sulfurique concentré, puis dans une éprouvette C remplie de fragments de chlorure de calcium. On introduit la substance à analyser dans la boule du tube D, préalablement desséché ol pesé; l'augmentation de poids fait connaître la quantité de matière employée. On met Tune des extrémités du tube D en communication avec l'éprouvette C, et l'autre, au moyen d'une ligature en caoutchouc, avec un tube en U dont les deux branches sont remplies de fragments de pierre ponce imprégnée d'acide sulfurique récemment bouilli. Ce tube D doit être taré avec soin avant l'expérience. Toutes les pièces de l'appareil étant reliées entre elles au moyen de bons bouchons, on ouvre le robinet du gazomètre de manière à produire un courant d'air assez lent pour que sa dessiccation puisse être complète. On chaufl^e alors la boule du tube D. La plus grande partie de l'eau dégagée se condense dans le petit tube fermé par un bout, qui se trouve en F, dans l'intérieur du tube en U; le reste est absorbé par la ponce sulfurique. Quand toute Teau a été expulsée, on cesse de chauffer et l'on fait encore passer pendant quelques instants de l'air sur la subslancc. Après le refroidissement, on démonte l'appareil, et on pèse le tube E; l'augmentation du poids de ce tube représente l'eau contenue dans la substance.

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15. Voici un autre procédé qui donne également de bons résultats; il consiste à entraîner Teau dégagée de la substance au moyen d*un courant d'acide carbonique produit par la calcination du carbonate de plomb. Dans ce but on mélange intimement, dans un mortier, une quantité pesée de la substance proposée avec du carbonate de plomb parfaitement sec (1). On introduit ce mélange dans un tube en verre vert Terme par un bout, et contenant déjà, de c en d (fig. !23), du car*

Fig. 23.

bonate de plomb pur. Pour entraîner les dernières traces de ce mélange, on passe dans le mortier, à plusieurs reprises, du carbonate de plomb que Ton met ensuite dans le tube de e en /". Après cela, on adapte à ce tube, au moyen d'un bon bouchon desséché à, Tétuve, le tube jr, à chlorure de calcium, préalablement pesé avec soin. Pour calciner le mélange, on place le tube sur la grille a6; on chauiïe d'abord la partie antérieure du tube, puis la partie ei où se trouve la matière, et à la fin seulement rexlrémitécrf. On doit veiller à ce que la partie antérieure du tube soit toujours assez chaude pour qu'il ne s'y condense pas d'eau.

Il est à remarquer que ces procédés de dosage ne peuvent être employés lorsqu'il se dégage avec Teau une substance susceptible d'être retenue par l'acide sulfurique ou par le chlorure de calcium. On peut quelquefois, en présence de Taramoniaque, par exemple, fixer l'eau dans un tube rem^

M) On chauffe le carbonate de plomb jusqu'à ce qu'il commence à se «Ii^composcr, et on le conserve pour l'usage dans des flacons bien bouchés.

7i INSTUUMENTS, APPAREILS ET OPÉRATIONS.

pli de fragnienls de potasse fondue, mais ordinairement on la détermine, dans ces cas, par différence.

46. Cette opération se présente à chaque instant dans Tanalyse par voie humide, où Ton n'opère que sur des substances dissoutes. Les généralités relatives à ce sujet que Ton trouvera dans le premier volume de cet ouvrage {AnaL (jnaL, 64, p. 67) suffiront pour guider ropéiateur dans le choix et l'emploi des divers dissolvants. Nous n'indiquerons ici que les précautions particulières nécessitées par les déterminations quantitatives.

Suivant les cas, les dissolutions s'effectuent dans des vases à précipités, dans des capsules, ou dans des fioles et des matras. En général, on doit éviter l'emploi des vases ouverts toutes les fois que la substance exige pour se dissoudre le concours de la chaleur. Les capsules et les vases à précipités doivent être munis d'un bec, afin qu'on puisse facilement décanter les liquides sans s'exposer h en perdre. Quant aux ballons, il faut les choisir d'une épaisseur convenable: trop épais, ils seraient sujets à se rompre lorsqu'on es exposerait au feu ; trop minces, ils seraient fragiles et pourraient céder sous le poids du liquide. Les ballons et les fioles à fond plat, dont le col a été coupé au-dessus de l'anneau et usé sur la meule, sont d'un usage très-commode.

Il n'est pas toujours nécessaire d'avoir immédiatement recours à un agent qui dissolve la substance en totalité.

Fréquemment^ au contraire, on peut simplifier Tanalyse en épuisant successivement Faction des divers dissolvants. Par là on effectue souvent des séparations très-nettes. Rien ne serait plus simple, par exemple, que d'analyser, avec le seul secours des dissolvants, un mélange contenant du nitrate de potasse, du carbonate de chaux et du sulfate de baryte : il suffirait de le traiter d'abord par l'eau pour dissoudre le nitrate de potasse, puis par l'acide chlorhydrique dilué, qui dissoudrait le carbonate de chaux et laisserait le sulfate de baryte pour résidu. "

C'est à un traitement de ce genre qu'on soumet les cendres; on les épuise par l'eau, et l'on analyse ensuite séparément la portion dissoute et le résidu insoluble.

il y a bien des précautions à prendre lorsqu'on fait une dissolution en vue d'une détermination quantitative. Comme la matière sur laquelle on opère est pesée, il importe d'abord de n'en rien perdre en l'introduisant dans le vase où elle doit être dissoute. Si l'on se sert d'une fiole ou d'un matras, il faut employer un petit enlontioir, dalis lequel on passe ensuite de l'eau distillée pour entraîner les dernière portions de matière qui y adhèrent.

Quand on dissout un corps à froid, il est souvent néces saire d'agiter le liquide ; on se sert dans ce but de baguettes de verre plein (agitateurs), dont les extrémités ont été arrondies à la lampe d'émailleur. Mais, en général, il faut avoir recours àJa chaleur pour favoriser l'action du dissolvant. Dans ce but, on chauffe le vase à feu nu, au bain de sable ou au bain-marie. Ce dernier moyen est à préférer toutes les fois que la matière Indissoute peut se réunir en [K>udre fine au fond du vase, et occasionner par là des soubresauts violents, même avant que le liquide entre en ébul-

74 INSTRUMENTS, A1»PAHEIL8 ET OPÉKATIONS.

lition. Le bain-marie à employer dans ce but est une simple chaudière en cuivre contenant de Teau que Ton maintient en ébullition, et que Ton remplace à mesure qu'elle s'évapore. Â l'aide de supports, on fixe les fioles et les matras qu'on veut chauffer, en ayant soin que ces vases ne touchent pas le Tond du bain. Cependant les bains de sable sont d'un usage si commode qu'on les emploie très-souvent; d'ailleurs, avec un peu d'attention, il est facile de maintenir le sable à une température convenable et de chauffer avec beaucoup de régularité.

*Le chauffage direct, sans l'intermédiaire de l'eau ou du sable, a presque toujours des inconvénients; quelquefois on y a recours,* pour gagner du temps, lorsque les bains ne sont pas chauffés à l'avance. Dans ce cas, il faut, pour éviter la rupture des vases en verre, les essuyer à l'extérieur s'ils sont humides, et ne les exposer que graduellement à la chaleur delà lampe ou du fourneau.

Dans toutes les recherches analytiques on doit éviter de faire bouillir les liquides, car l'ébullition, quelque modérée qu'elle soit, produit inévitablement des projections qui occasionnent des pertes. Lorsque les dissolutions s'effectuent avec effervescence à la faveur d'un acide, il ne faut ajouter l'acide que peu à peu et chauffer avec beaucoup de précaution. Dans des cas semblables, l'opération doit être faite dans des fioles et des ballons d'une assez grande capacité, afin que le courant de gaz ne soit pas trop rapide; il est en outre nécessaire d'incliner ces vases sous un angle d'environ 45 degrés, afin que les gouttes, au lieu de sortir par le col, aillent frapper contre les parois où elles seront retenues.

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