LIBRAIRE DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE PLACE DB L'ÉCOLE-DB- MÉDECINE
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PUÉCIS
l L'analyse chimique quanlilalive, considérée au point de vue le plus général, a pour objet de déterminer les proporlions relatives de tous les principes constituants qui font partie d'une substance donnée. Dans bien des cas cependant et notamment dans l'analyse d'un grand nombre de produits industriels, son but, beaucoup plus reslremt, se borne à la détermination quantitative d'un ou de deux
corps. , , ,
Avant d'entreprendre sur une substance proposée. des
déterminations quantitatives, il est indispensable d'avoir des données très-précises sur sa nature cbimique. Il faut savoir en effet, quels sont les élémenU qui font partie du romp^sé et la forme sous laquelle ils s'y trouvent, car les procédés de séparation et de dosage varient pour un même corps suivant la manière dont il est engagé dans la combinaison 11 ne faut donc soumettre une substance à l'analyse nuantitative qu'après en avoir fait l'analyse qualitative très complète; c'est là une règle fondamentale qu'il importe de
ne pas négliger.
Les méthodes de l'analyse quantitative ne diffèrent pas
î ANALYSE QUANTITATIVE.
essenliellement de celles dont on fait usage dans les recherches qualitatives. Elles consistent toujours à mettre la substance à analyser en contact avec des réactifs^ destinés à provoquer des réactions^ c'est-à-dire de nouvelles combinaisons ou décompositions chimiques qui s'opèrent dans les corps mis en présence. Cependant, le but de ces réactions est tout autre, et doit satisfaire, pour chacune de ces deux branches de l'analyse, à des conditions spéciales et parfaitement tranchées. Dans les recherches qualitatives, où il s'agit de signaler, à l'aide d'un réactif, la présence ou Tabsence d'un corps, il faut des réactions nettes, sensibles et fidèles, telles que changements d'état, de forme ou de couleur. Il n'en est pas de même dans les déterminations quantitatives; ici, les réactions ont pour objet d'engager le corps qu'il s'agit de doser dans une combinaison stable, parfaitement définie, facile à isoler et dont la composition soit connue avec précision. Il est digne de remarque que les corps se dosent presque toujours sous la forme sous laquelle ils se rencontrent dans la nature ; cela tient à ce que celte forme est précisément la plus stable et se prête le mieux aux manipulations. Ainsi, l'or et le platine se dosent toujours à l'état métallique, le fer ou l'étain à l'état de sesquioxyde de fer ou d'acide stannique, le soufre à l'état de soufre ou de sulfate de baryte, etc.
Il résulte de ce qui précède qu'un réactif peut être excellent pour reconnaître un corps, sans pour cela pouvoir servir à le séparer et à le doser. Le ferrocyanure de potassium, par exemple, qui accuse d'une manière si nette les plus petites traces de fer ou de cuivre, ne saurait être employé pour la détermination quantitative de ces métaux, car les ferrocyanures doubles, qui se précipitent dans ces
AfîALYSE QUANtïTATIVE. 3
circonstances, ne sont pas suffisamment stables et ne possèdent pas toujours une composition constante. Il en est de même de Tiodure de potassium, qui caractérise nettement certains métaux (plomb, mercure), qui ne peuvent cepen* dant pas être dosés sous la forme. d'iodures.
Au reste, on conçoit parfaitement que beaucoup de réactifs peuvent remplir cette double condition et satisfaire également bien aux exigences de l'analyse qualitative et quantitative. C'est ce qui a lieu précisément pour les réaC" tifs généraux dont il a été question dans le premier volume de cet ouvrage, et qui servent à séparer qualitativement et quantitativement certains groupes de corps. Le chlorure de baryum, l'acide chlorhydrique, etc., sont encore dans le même cas; ce sont, en effet, les réactifs par excellence de l'acide sulfurique ou de l'argent, qu'il s'agisse de reconnaître la présence de ces corps ou d'en déterminer la quantité.