‹ Précis d'analyse chimique quantitativeChapitre 3 sur 308 · Iburclie ê» l'aualjrse 4«ai»H«atlve. — Les doubles · texte numérisé non relu

Iburclie ê» l'aualjrse 4«ai»H«atlve. — Les doubles

décompositions que l'on provoque pour séparer et doser les corps sont produites, comme dans les recherches qualitatives, par voie humide ou par voie sèche. Dans le premier cas, les réactifs sont employés en dissolution dans l'eau et mis sous cette forme en contact avec la substance à analyser également dissoute; dans le second, la substance et le réactif sont mis en présence à l'état solide avec le concours d'une forte chaleur. Ces deux méthodes, que l^on corn-bine souvent, sont la base de l'analyse minérale quanti"" lative.

Malgré la perfection de la plupart des procédés de séparation et de dosage, l'analyse d'une substance dont la cdmpo-

sition est complexe est toujours longue et difficile. Cela lient à ce qu'il n'est pas possible de doser simultanément plusieurs des parties constituantes d'un corps proposé, et que chacune d'elles doit être déterminée isolément et l'une après l'autre.

Les opérations à effectuer pour chacun de ces dosages se succèdent ordinairement dans le même ordre; ainsi on commence par peser exactement la substance à analyser préalablement réduite en poudre ; on la dissout ensuite dans un liquide approprié, puis on précipite, à l'aide d'un réactif convenable, le corps qu'il s'agit de doser. Après avoir recueilli ce précipité sur un filtre et l'avoir débarrassé, par le lavage, de toute trace de substances étrangères, on le des* sèche d'une manière très-complète, souvent même on fait suivre la dessiccation d'une calcination au rouge, enfin on le pèse. Le poids ainsi obtenu sert à trouver, par le calcul, la quantité cherchée du corps à doser. Cependant, il arrive fréquemment que le précipité obtenu ne puisse pas être pesé directement; certaines séparations exigent que le corps à déterminer soit d'abord précipité sous une forme qui n'est pas propre au dosage. Dans ce cas, on redissout ce précipité, après l'avoir lavé ; puis on précipite de nouveau le corps à doser sous la forme convenable. La description de toutes ces opérations, considérées dans ce qu'elles présentent de général, fait le sujet de la première partie de ce volume. -

La quantité de matière sur laquelle il convient d'opérer dépend de la nature de la substance à analyser et de la sensibilité de la balance dont on dispose. Il ne faut pas perdre de vue que l'analyse s'exécute bien plus rapidement sur de petites quantités, et qu'on arrive souvent à

plus de précision qu'avec de plus grandes. Autrefois on employait 5 grammes, mais Texpérience a démontré que celte quantité est presque toujours trop forte. Un ou deux grammes suffisent ordinairement, et quand on a affaire à des minéraux qui contiennent du fer ou de Talumine, on ne doit pas dépasser un gramme ; sans cela les précipités auxquels ces corps donnent lieu seraient si volumineux, que le lavage en deviendrait très-difficile et exigerait beaucoup de temps. Dans le cas où , certains principes constituants sont en très-petite quantité dans la substance proposée, il y a toujours avantagea en déterminer les proportions par une analyse spéciale faite sur une portion plus considérable de matière.

On voit, d'après ce ^ qui précède, que dans l'analyse quantitative les corps ne se dosent presque jamais sous la forme sous laquelle ils se trouvent en combinaison. Il faut, en général, les engager dans des combinaisons définies qui se prêtent facilement à toutes les opérations qui viennent d'être citées. Du reste, cetle nécessité a l'avantage de rendre l'analyse plus rigoureuse ; on conçoit, en effet, que si l'on dose un corps en nature, le soufre d'un sulfure, par exemple, les pertes que l'on commet affectent intégralement le corps cherché ; tandis que, si on l'engage dans une combinaison déterminée, telle que le sulfate de baryte, la perte sera répartie sur beaucoup d'éléments étrangers et n*affectera que très-peu le corps à doser.

3. Beaucoup de corps peuvent être dosés par des méthodes dites voluméiriqueSy qui reposent sur l'emploi de liqueurs titrées. Ces liqueurs ne sont autre chose que les réactifs ordinaires dissous dans l'eau, mais ces solutions

ont une composition, un titre exactement déterminé à l'a* vance; les quantités qu'on en emploie sont mesurées à l'aide de tubes gradues (burettes). Dans l'analyse ordinaire, on met le corps à doser en présence d'un excès de réactif; le précipité que l'on obtient est recueilli sur un filtre, puis lavé, desséché, calciné et pesé. Dans une détermination volumétrique, au contraire, on n'emploie que la quantité de réactif rigoureusement nécessaire pour produire une réaction donnée, et la quantité cherchée du corps à doser se déduit alors immédiatement du volume du réactif que l'on a consommé.

Les dosages par les liqueurs titrées présentent le double avantage d'être très^rigoureux et très-expéditifs, car on supprime les nombreuses pesées, les filtrations, les lavages, et la plupart des autres opérations qui rendent les analyses ordinaires si longues et si difficiles.

Dans cette méthode, la fin des opérations est accusée par des phénomènes très-apparents, tels que, formation ou cessation d'un précipité, apparition ou changement de couleur. Ainsi, ces sortes d'analyses sont fondées : 1^ sur la saturation des bases par les acides, ou sur celle des acides par les bases (alcalimétrie, acidimétrie) : la fin de l'opération est accusée par le changement de couleur de la teinture de tournesol; 2^ sur des phénomènes de réduction et d'oxydation (dosage du fer, etc.) : la liqueur, d'abord incolore, prend subitement une couleur rouge par le caméléon, ou une couleur bleue par l'iodure d'amidon; 3° enfin, sur des précipitations : ici, la fin de la réaction s'annonce par l'apparition d'un précipité (dosage des cyanures), ou bien par une cessation de précipitation (dosage de l'argent, des chlorures).

4. Notre but n'est pas de considérer l'analyse quantitative dans toute sa généralité ni d'exposer des méthodes de séparation et de dosage qui conviennent indistinctement à tous les corps connus. De même que dans le volume consacré à l'analyse qualitative, nous ne prendrons ici en considération que les corps usuels qui se recommandent sous le rapport de leurs applications pharmaceutiques ou industrielles. Ce volume est divisé en cinq parties, savoir :

Première partie. — Description des principaux appareils et des opérations générales de l'analyse quantitative.

Deuxième partie. — Analyse minérale proprement dite : exposition des méthodes de séparation et de dosage des métaux ou bases et des acides ou des métalloïdes.

Troisième partie. — Analyse élémentaire des substances organiques, détermination de leur équivalent, de leur densité de vapeur, etc.

Quatrième partie. — Exposition des méthodes spéciales pour l'analyse des eaux minérales, des cendres, des terres arables, etc.

Cinquième partie. — Exposition du calcul des analyses; notice sur le calcul des moyennes; tables analytiques.

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