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La présence de l'azote dans les substances organiques peut être constatée par les moyens suivants :
i"* Certaines substances azotées répandent Todeur de plume brûlée quand on les détruit par la calcination. Ce caractère, qui suffit lorsqu'il est bien constaté, n'appartient qu'aux matières organiques fixes très-riches en azote.
S"" On mêle la substance avec de la potasse solide ou avec de la chaux sodée, et on chauffe le tout dans un petit tube fermé par un bout. Par là, l'azote d'un grand nombre de substances organiques est transformé en ammoniaque, que l'on reconnaît à son odeur caractéristique, à son action sur un papier rouge de tournesol humecté d'eau, et aux fumées blanches qu'elle répand quand on approche du tube une baguette de verre trempée dans de l'acide chlorhydrique étendu. Cet essai permet de déceler la présence de l'azote dans les substances organiques naturelles qui en contiennent plus de 3 pour 100. Les produits artificiels obtenus par l'action de l'acide nitrique sur les matières organiques, ne donnent pas d'ammoniaque dans ces circonstances, lis (tédagrent quand on les calcine avec les alcalis hydratés; chauffés seuls, ils se décomposent brusquement, souvent même ils détonent, et laissent dégager des vapeurs rutilantes.
3*" L'essai suivant, qui convient particulièrement aux substances peu azotées, est fondé sur la transformation de l'azote en cyanure de potassium. On met la matière, avec un fragment de potassium de la grosseur d'un grain de millet, au fond d'un petit tube fermé par un bout.- Ce tube ne doit avoir que 2 à 3 centimètres de longueur, sur I à :2 millimètres de diamètre. On a soin de placer la matière
ESSAIS QUALITATIFS. 5tl
au-dessus du potassium si elle est fixe, et au-dessous si elle est volatile. Cela fait, on chauffe le tout à la flamme d'une lampe à alcool, jusqu'à ce que Texcédant de potassium soit entièrement volatilisé ou oxydé. Après le refroidissement, on sépare par un trait de lime la portion inférieure du tube; on la place dans une petite capsule de porcelaine, et Ton ajoute, avec beaucoup de précaution, quelques gouttes d*eau pour dissoudre le cyanure qui a pris naissance. Le liquide ainsi obtenu, préalablement séparé du résidu charbonneux, donne avec une solution de sulfate ferroso-ferrique un précipité vert sale. Ce précipité, étant traité par un peu d'acide chlorhydrique, devient d'un beau .bleu, si la substance essayée contenait de l'azote; dans le cas contraire, il se redissout sans produire de coloration (M. Lassaigne).
Ce procédé, qui est d'une extrême sensibilité pour certaines substances, ne réussit pas également bien avec d'autres ; les alcaloïdes oxygénés, et particulièrement la morphine et la brucine, sont dans ce dernier cas.