CAS PARTICULIERS
428. Le procédé général, tel qu'il a été décrit, conduit à des résultats d'une précision remarquable pour toutes les matières qui ne sont formées que de carbone et d'hydrogène, ou de ces deux éléments unis à Toxygène. Il n'en est plus de même, si la substance à analyser contient de l'azote, du chlore, du soufre ou un métal alcalin. Quand les essais qualitatifs ont démontré la présence de ces corps, il est nécessaire d'observer des précautions particulières, pour prévenir les erreurs qui affecteraient la détermination du carbone ou de l'hydrogène.
Dans la combustion des substances azotées, la majeure partie de l'azote devient libre, mais une certaine quantité se transforme toujours en bioxyde d'azote. Ce dernier gaz, en se mêlant à l'air, devient absorbable par la potasse et rend fautive la détermination du carbone. On prévient cette cause d'erreur en faisant passer les produits de la combustion sur une colonne de cuivre métallique chauffée au rouge qui désoxyde complètement le bioxyde d'azote. Le tube à combustion doit avoir 75 à 80 centimètres de longueur; on y introduit la substance et l'oxyde comme à l'ordinaire, mais on réserve un espace d'environ 20 centimètres qu'on remplit avec du cuivre réduit par l'hydrogène (416). On procède ensuite à la combustion, en ayant soin de la conduire aussi lentement que possible.
Les substances sulfurées exigent également des précautions particulières, car le soufre se transforme en acide sulfureux qui serait absorbé par la solution de potasse.
Pour retenir complètement ce gaz, il faut placer, entre le condenseur de Teau el l'appareil à boules, un tube rempli d'oxyde puce de plomb, ou d*oxyde rouge de manganèse (Mn^O^) récemment calciné.
La présence du chlore dans les matières organiques tend surtout à rendre inexacte la détermination de Thydrogène, par suite de la volatilité du chlorure de cuivre, dont une partie est facilement entraînée par les produits de la combustion. L'erreur peut même porter sur le carbone, car, lorsqu'on fait passer de l'oxygène pour terminer la combustion, ce gaz décompose le chlorure de cuivre, et le chlore devenu libre va se condenser dans l'appareil à potasse. Dans ce cas, on substitue avec avantage le chromate de plomb à l'oxyde de cuivre pour brûler la substance (415). Il est même utile d'ajouter de la litharge au mélange comburant ; le chlorure de plomb résiste alors très-bien à la volatilisation. Toutefois, comme les erreurs qu'occasionne le chlorure de cuivre sont toujours très-faibles, on peut généralement effectuer la combustion avec l'oxyde de cuivre. Il faut seulement faire passer les produits sur une colonne de cuivre métallique chauffée au rouge naissant, en opérant comme il a été dit pour l'analyse des substances azotées. Le chlore libre se combine avec le cuivre, et le chlorure de cuivre déjà formé se dépose aussi dans, cette partie du tube dont la température ne doit jamais être trop élevée. De cette manière on obtient des résultats exacts, surtout si Ton a soin de ne pas faire arriver plus d'oxygène que n'en exige la combustion complète de la substance (M. St^edeler).
Les alcalis et les terres alcalines^ restant à l'état de carbonates dans le tube à combustion, occasionnent une perte sur le carbone. On prévient cette cause d'erreur en ajoutant
du phosphate de cuivre, ou de Toxyde d'antimoine, au mélange de la substance avec de l'oxyde de cuivre. On peut également brûler les matières de celle nature avec du chromate de plomb.