SÉPARATION DE LA MAGNÉSIE D'AVEC LES ALCALIS
493. La détermination de la magnésie dans une substance qui contient en même temps des alcalis fixes à doser constitue un des problèmes les plus délicats de l'analyse chimique. Les voies iudiquées pour le résoudre nécessitent des manipulations longues ot difliciles, et ne conduisent pas toujours à des résultats satisfaisants. (Voy. deuxième partie, pages 395-397). ;Comme elles tendent particulièrement à é>iter l'emploi des phosphates pour précipiter la magnésie, à cause de la difficulté que présenterait ensuite Télimination de l'excédant d'acide phosphorique ajouté, olles privent le chimiste du seul moyen d'effectuer avec exactitude une séparation qui se présente si fréquemment. Le procédé suivant, dans lequel le départ de l'acide phosphorique s'effectue avec rigueur et facilité, permettra de séparer la magnésie à l'état de phosphate double ammoniacal, seule forme de précipitation de cette base qui ne laisse rien à désirer.
La marche à suivre consiste à précipiter d'abord la magnésie, (;n présence du chlorhydrate d'ammoniaque et d'ammoniaque libre, par du phosphate d'ammoniaque chimiquement pur (1). Le phosphate ammoniaco-magnésien, recueilli avec les prêcau* tiens d'usage, est transformé par la calcination en p\Tophosphate ; son poids fait connaître la quantité de magnésie qui se trouvait primitivement en présence des alcalis.
Le liquide filtré, réuni aux eaux de lavage, contient les alcalis, (les sels ammoniacaux et l'excédant de l'acide phosphorique ajouté pour précipiter la magnésie. .Après l'avoir évaporée jusqu'à sic- . cité, on soumet le résidu à une calcination ménagée, mais suffisante cependant pour l'expulsion des sels ammoniacaux. Le ré-
(1) Voyez pour la préparation de ce réactif, And, quai., 2« édit., p. 201.
sidu étant alors repris par Feau, on élimine l'acide phospliorique par l'un des deux moyens suivants :
1° A la solution, préalablement débarrassée du chlore par le nitrate d'argent, on ajoute un excès de nitrate acide de bismuth et on sépare par le filtre le précipité de phosphate de bismuth, puis on en élimine l'argent et le bismuth par l'hydrogène sulfuré ; elle ne contient plus alors que les alcalis à l'état de nitrates.
'^ On ajoute à la solution d'abord du nitrate d'argent, puis un léger excès de carbonate de la même base. Si les alcalis sont à l'état de chlorures, on n'a pas à se préoccuper du précipité que détermine l'addition du nitrate d'argent, et il est inutile de le se* parer, car il n'entrave pas l'action du carbonate ni la séparation de l'acide phosphorique ; dans ce cas, il importe seulement d'ajouter assez de nitrate d'argent pour qu'après la séparation du chlore il en reste un excès suffisant dans la liqueur. Quand le précipité de phosphate d'argent s'est bien rassemblé et que le liquide est limpide et tout à fait neutre, on filtre et on élimine du liquide fdtré l'excédant d'argent par l'acide chlorhydrique (1). Les alcalis sont alors dans une solution entièrement exempte de tout principe fixe étranger, et peuvent être déterminés sans peine par les procédés usuels.