ANTIMOINE
l"" Déierminaiion totale du soufre. — On introduit dans un ballon un poids déterminé de sulfure, et on le traite, avec précaution, par de Tîicide nitrique fumant, qu'il ne faut introduire que par petites portions à la ibis, l'action étant très^vive. On ajoute ensuite de Tacide chlorhydrique cor.^ centré et on laisse digérer jusqu'à ce que tout le soufre et tout l'antimoine se soient dissous. On mélange alors la liqueur avec de l'acide tarlrique en quantité suffisante pour que l'addition d'une grande quantité d'eau ne détermine aucun trouble. Cependant une certaine quantité de soufre peut échapper à l'action oxydante de l'acide nitrique et communiquer à la solution un trouble laiteux. Il faut, dans ce cas, recueillir ce soufre sur un filtre taré, le laver et en déterminer le poids après l'avoir desséché à 100 degrés. Pour déterminer le soufre qui se trouve à l'état d'acide sulfurique dans la liqueur étendue, on ajoute à celle-ci un léger excès de chlorure de baryum et l'on détermine le poidn du sulfate de baryte ainsi précipité. Ce poids sert à calculer la quantité de soufre contenue dans la portion du précipité soumise à l'analyse, et par suite dans la totalité du sulfure d'antimoine recueilli. *
2* Déierminaiion directe de Vantimoine. — Lorsqu'on chauiïe du sulfure d'antimoine dans un courant d'hydrogène, tout le soufre est éliminé et le métal reste pour ré« sîdu. Pour analyser, d'après ce procédé, le sulfure d'antimoine mélangé de soufre, on en place une quantité déterminée dans un tube à boule que l'on adapte à un appareil à hydrogène (fig. 52, p 133). Quand l'appareil est rempli de gaz, on chauffe la boule avec une lampe â alcool, très-modérément d'abord , et l'on élève peu à peu la température jusqu'à fondre l'antimoine métallique.
15!i ANALYSE MINÉRALK.
li"* Au lieu (le chsiuffer le sulfure dans un courant d'hydrogène, on peut le chauffer dans un courant de gaz carbo* nique ; dans ce cas, on n'élimine que le soufre libre avec lequel il est mélangé. L'opération est terminée lorsqu'il ne se dégage plus de soufre et que le sulfure orangé est devenu noir.
9!2. DoMM(e dé l'antlmoliic h l'état 4'antlmoDlate
d'oxyde. — La plupart des analyses nécessitent la séparation de Tantimoine sous la forme de sulfure. Mais, au lieu de peser directement le précipité obtenu, qui peut contenir des quantités très-variables de soufre, il vaut mieux le transformer en antimoniate d'oxyde, Sb^O% dont la composition est parfaitement constante. Cet oxyde, étant d ailleurs fixe et inaltérable au feu, convient tout particulièrement pour le dosage de l'antimoine. La quantité du métal s'obtient en multipliant le poids trouvé de l'oxyde par 0,79!2^.
Avant de convertir le sulfure d'antimoine en antimoniate d'oxyde, il est nécessaire de lui enlever le soufre libre au moyen du sulfure de carbone. Dans ce but, on dessèche complètement le filtre et son contenu, sans le sortir de l'entonnoir, et l'on y verse ensuite 10 à 12 grammes de sulfure de carbone qu'on a soin de faire repasser huit à dix fois sur le précipité. Le sulfure d'antimoine, étant alors suffisamment dépouillé de soufre libre, on l'oxyde par l'action de l'acide nitrique, ou par la calcination avec de Toxyde de mercure.
a. Oxydation par Vacide nitrique. — On met le sulfure dans un creuset de porcelaine taré, et, après l'avoir humecté uniformément. avec quelques gouttes d'acide nitrique ordinaire (d'une densité de i,42), on y ajoute huit à dix fois son
ANTIMOINK. ir>3
poids (racide nitrique fumant. On couvre ensuite le creuset^ et Ton évapore peu à peu i*acide à la chaleur du bainmarie; parla, le soufre se sépare en poudre très-fine et s'oxyde rapidement d'une manière complète.
Le résidu blanc, qui se trouve alors dans le creuset, est un mélange d'acide antimonique et d'acide sulfurique, qu'on transforme, aisément et sans perle, en antimoniate d'oxyde pur, par la calcination.
Il ne faut pas cherchera oxyder le sulfure d'antimoine an moyen de l'acide nitrique ordinaire d'une densité de i , 42 ; cette oxydation serait très-incomplète et occasionnerait une perte (1). Mais il est utile d*humecter le précipité avec cet acide pour empêcher qu'il ne s'enflamme au contact de l'aride nitrique fumant.
b Oxydation par Voxyde de mercure, — Il se produit une vive déflagration quand on calcine du sulfure d'antimoine avec de l'oxyde de mercure en quantité strictement nécessaire pour l'oxyder complètement. La réarction s'efl'ectue au contraire avec calme si l'oxvde de mercure se trouve en très-grand excès dans le mélange. D'après cela, on peut facilement transformer le sulfure d'antimoine en oxyde, en le chauflant, dans un creuset de porcelaine, avec 30 ou 40 fois son poids d'oxyde de mercure pur. On place le creuset,
({) L'acifie nilri(|iic ordinaire, d'une densité de 1,42 (NO^j-^HO), bouillaDt à \ti de^n'^s, a Tinconvénient de déterminer la Hision du Mufre. Dans rcl état, le soufre est trcs-rebel'.e à rartion de Tacide nitrique; une partie échappe toujours à l'oxydation et ré^i^it, pendant la calcination, nnr Toxyde d'antimoine. D'un autre c<Mé, Tacide de cette coDcenlnition ne transforme jamais tout l'oxyde d'antimoine on acide antimoniqne, et il »e volatilise alors une quantité notable de sulfate d'antimoine. ()n évite toutes ces causes d'erreurs par l'emploi de l'acide fumant, qui bout à 80 degrés et dont l'action oxydante ost bitm plus éner^qtiê.
ira ANALYSE MINfiRALK.
sans )e couvrir, sur une lampe à double courant d'air, et on le chauffe avec ménagement jusqu'au moment où Toxydation se manifeste par l'apparilion subite d*un nuage gris de vapeurs niercurielles. Quand ces vapeurs ont cessé de se dé' gager, on élève la température, en ayant soin toutefois que les gaz réducteurs ne puissent pas pénétrer dans le creuset. Enfin, pour chasser les .dernières traces d'oxyde de mercure, qui sont retenues avec beaucoup de force, on donne un bon coup do feu en portant dans la flamme le vent du soufflet d'une lampe d'émailleur (51). Après le refroidissement on pèse le creuset, puis on le calcine de nouveau, et Ton recommence cette opération jusqu'à ce que le poids en reste constant. L'oxyde d'antimoine ainsi obtenu est à l'état d'une poudre blanche, très-tendre, qui n'adhère nullement aux parois du creuset.
L'oxyde de mercure dont on fait usage est l'oxyde jaune que [\m obtient en précipitant, par la potasse, une solution de bichlorui"^ ou de nitrate de bioxyde de mercure. Ce produit, même quand il a été lavé avec le plus grand soin, retient toujours quelques millièmes de matières fixes qu'il faut déterminer une fois pour toutes et défalquer du poids trouvé d'oxyde d'antimoine (M. Binsen).
SKPARATION.