‹ Précis d'analyse chimique quantitativeChapitre 50 sur 308 · ARGENT · texte numérisé non relu

ARGENT

Ag « 108.

• "i DOSAGE.

106. Ce métal est presque toujours dosé à l'état de chlorure. Dans les séparations de l'argent d'avec certaines bases on le détermine aussi quelquefois à l'état de sulfure ou de cyanure. On le dose à l'état métallique dans tous les sels organiques susceptibles d'être calcinés sans détoner, ainsi que dans les autres substances qui ne contiennent, à part l'argent, aucun autre principe fixe.

i** n>— ge de rargeat h, l'élat de ehlorore. — La SO-

lotion argentique doit être assez étendue. On l'introduit dans un flacon pouvant boucher à réroeri. On Tacidifie par une petite quantité diacide nitrique et ou la chauffe en laissant pendant quelque temps le flacon plongé dans un bain d'eau à 60^ environ. On ajoute alors de Tacide chlorhydrique jusqu'à ce que la précipitation soit complète, on ferme ensuite le flacon et on l'agite fortement. Lorsque le chlorure d'argent s'est rassemblé en grumeaux et que la liqueur surnageante est tout à fait limpide, on verse avec précaution le liquide sur un très-petit filtre (1). On reprend alors le précipité par de l'eau chaude acidulée par l'acide nitrique, et on le jette en totalité sur le filtre, où il doit être lavé d'abord avec de l'eau contenant un peu d'acide nitrique, puis avec de l'eau pure. Après avoir parfaitement desséché ce précipité, on le détache aussi complètement que possible du filtre, et on le fond dans une petite capsule de platine ou de porcelaine tarée ; puis on en détermine le poids. Quant au filtre, on le coupe en petites bandes que l'on incinère une à une. Gomme une portion du chlorure d'argent adhérant au filtre est réduite à l'état métallique, on verse sur les cendres deux ou trois gouttes d'acide nitrique, puis de l'acide chlorhydrique, et on évapore à sec. On ajoute ensuite le poids du chlorure d'argent fondu.

Dans le cas où le précipité de chlorure d'argent est irès'abondant, au lieu de le recueillir sur un filtre, il vaut

(1) Le courant d^air si régulier que fournit la trompe de Jaboratoire peut ôtre avantageusement appliqué à l'agitation des liquides, surtout quand il est bon qu'elle soit continue et longtemps prolongée. Il suffit pour cela de conduire l'air au fond du vase par un tube de petit diamètre ; le précipité ne tarde pas à se séparer, et la liqueur devient alors d'une limpidité parfaite

AUGEM'. 183

mieux le laver par décanlalîon dans une capsule de porcelaine tarée. Lorsque les eaux de lavage ne sont plus troublées par le nitrate d'argent, on décante le liquide qui surnage aussi complètement que possible et on dessèche le résidu à Taide de Tétuve. Il faut ensuite le chaufTer sur la lampe à alcool jusqu'à ce qu'il commence à entrer en fusion. Après le refroidissement, on le pèse.

Les dosages de Taisent à l'état de chlorure sont toujours très-exacts.

2" DoMiCe de rargent h VéUU de snllure. — L'argent

est précipité complètement de toutes ses solutions par le sulfhydrate d'ammoniaque ou par l'hydrogène sulfuré. Le dosage de l'argent à Tétat de sulfure s'elTectue comme :elui du plomb. On fait passer un courant d'hydrogène sulfuré lavé dans la solution étendue, .très-faiblement acidulée par l'acide nitrique. Lorsque la précipitation est complète, on chauffe la liqueur, on recueille le sulfure d'argent sur un filtre taré, on le lave, on le dessèche à 100° et on le pèse. Les résultats sont très-exacts quand l'opération est conduite avec soin. La filtration doit être faite rapidement; le contact prolongé de l'air pourrait agir sur l'hydrogène sulfuré et souiller le précipité d'une certaine quantité de soufre libre.

Le sulfate d'argent ne doit pas être pesé toutes les fois que la liqueur contient des sels de fer au maximum ou d'autres substances qui décomposent l'hydrogène sulfuré. Il faut, dans ce cas, après l'avoir lavé, le traiter à chaud avec le filtre, par l'acide nitrique de concentration moyenne. Quand la décomposition est complète et que le soufre séparé est d'un jaune pur, on ajoute de l'eau et on précipite dans la solution filtrée l'argent à l'état de chlorure (106, 1"").

3^ Hoaage de l'argent it l'état de cyanure. — On mélange la solution d'argent, neutre ou acid»*, avec du cyanure de potassium, jusqu'à ce que le précipité de cyanure d'argent qui se forme d'abord se soit complètement redissous dans l'excès du réactif. On ajoute alors un léger excès d'acide nitrique et on chauffe le liquide pendant quelque temps. Ce précipité de cyanure d'argent est recueilli sur un fdtre taré, puis lavé, desséché à 100^ et pesé. Les résultats sont très-exacts.

A** Dosage de l'argent A l'élat métallique. — Ce modc

de dosage s'applique à l'analyse de tous les sels organiques qui ne détonent pas par l'action de la ciialeur; c'est le procédé auquel on a généralement recours pour déterminer l'équivalent des acides organiques.

L'opération se fait comme pour l'analyse des sels de plomb (105). Dans uiie Irès-pelile capsule de porcelaine tarée, on pèse '5 à 6 décigrammes du sel et on le cbaufle avec beaucoup de précaution sur la flamme de la lampe à alcool. Quand toute la matière organique est détruite, on calcine à une température plus élevée jusqu'à ce que les dernières parcelles de charbon soient incinérées. Après le refroidissement on pèse le résidu d'argent métallique. Les résultats sont généralement très-exacts; il arrive néanmoins que le dosage de l'argent soit un peu trop fort par suite de son mélange avec une petite quantité de charbon qui échappe . souvent à l'incinération.

107. L'argent peut également être dosé à l'état métallique dans l'analyse du chlorure d'argent; il sufGt pour cela de chaulTer ce composé dans un courant d'hydrogène sec. La réduction s'effectue commodément dans un tube à boule

PLOMB ET ARfiENT. 185

OU dans une nacelle de porcelaine. On introduit dans la boule une certaine quantité de chlorure d'argent, on le fait fondre, puis on en détermine le poids. On dispose Tappareil comme l'indique la figure 52, page 133. Aussitôt que l'appareil est entièrement rempli d'hydrogène et que le courant du gaz est lent et régulier, on fait entrer le chlorure en fusion et on continue à le chauffer^jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'acide chlorhydrique, ce que Ton reconnaît facilement en approchant de l'extrémité du tube une baguette de verre humectée avec de Tammoniaque faible. Après le refroidissement on enlève le tube à boule, on le tient incliné pour que l'hydrogène qui le remplit soit chassé par l'air, puis on le pèse.

SÉPARATIONS

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