‹ Précis d'analyse chimique quantitativeChapitre 51 sur 308 · Plomb cl Argent · texte numérisé non relu

Plomb cl Argent

l"* La solution nitrique des deux métaux est étendue do beaucoup d'eau, mêlée avec un excès d'acétate de soude et chauiïée presque jusqu'à l'ébullilion. On précipite alors l'argent à l'état de chlorure par l'acide chlorhydrique faible, et on le dose sous celte forme (lOG, 1°). L'acide chlorhydrique ne doit être ajouté qu'en quantité suffisante pour que la précipitation soit complète. La séparation s'effectue bien de cette manière, car le chlorure de plomb se dissout assez facilement à la faveur de l'acétate de soude. La liqueur fdtrée réunie aux eaux de lavage est, après le refroidissement, traitée par l'hydrogène • sulfuré pour précipiter le plomb à l'état de sulfure.

(I) Voyez, plus loin, la sôparalion de cos doux nnUanx par la fonpellalion.

:2° On précipite les deux mélaux par un léger excès de carbonate de soude, et l'on fait digérer le précipité obtenu avec du cyanure de potassium. L'argent seul est dissous à rétat de cyanure double d'argent et de potassium ; le plomb reste sous la forme de carbonate insoluble. Comme ce résidu de carbonate de plomb retient toujours une certaine quantité d'alcali dont il est impossible de le débarrasser par les lavages, il faut le dissoudre dans l'acide nitrique et précipiter le plomb par Thydrogène sulfuré ou par l'acide sbifurique. Quant à l'argent, on le précipite à l'état de cyanure en ajoutant à la solution filtrée un excès d'acide nitrique.

3° La séparation du plomb d'avec l'argent peut également s'effectuer de la manière suivante :

A la solution étendue et débarrassée de l'acide libre qu'elle peut contenir, soit par l'évaporation, soit par la neutralisation avec un alcali, on ajoute rapidement un assez grand excès d'hyposulfite de soude. Le précipité blanc qui se forme d'abord se redissout aussitôt, et l'on obtient ainsi une solution incolore et d'une limpidité parfaite. Si l'on versait peu à peu riiyposulfile de soude, le précipité deviendrait gris par suite de la formation d'un peu de sulfure d'argent, et la liqueur resterait trouble. Mais cet inconvénient n'est pas à redouter, si l'on a soin de verser l'hyposulflte de soude tout à la fois dans la liqueur suffisamment étendue et bien agitée.

Pour séparer les deux métaux, on ajoute à la solution d'abord de l'oxalale neutre de potasse, puis du carbonate de soude ; tout le plomb se précipite ainsi à l'état d'oxalale que l'on doit recueillir et traiter comme il a été dit plus haut (100, !«>).

L'argent se trouve en totalité dans la liqueur filtrée; on le

précipite par l'hydrogène sulfuré, et on le dose sous forme de sulfure (106, 2°) (G. Chancel).

Hg =100.

DOSAGE

109. Le mercure peut être dosé àTétat métallique ou sous la forme de protochlorure, de bisulfure ou de bioxyde. Dans quelques cas on le volatilise et on détermine la perte de poids qu'éprouve la matière.

ilO. Bosac® dn mereare 4 l'état métalltiiae. — Ce dosage peut se faire par voie humide à l'aide de corps réducteurs, ou par voie sèche.

1"* Voie humide. — Le protochlorure d'étain est l'agent de réduction généralement employé pour précipiter le mercure à l'état métallique. On peut également faire usage, d'acide phosphoreux ou simplement de la liqueur acide que Ton obtient par la combustion lente du phosphore dans l'air humide.

11 est indifférent que le mercure soit au maximum ou au minimum, à l'étal d'oxyde ou de chlorure. La présence des acides chlorhydrique et sulfurique étendus est sans inconvénient. Mais, quand la liqueur contient de l'acide nitrique, il faut commencer par chasser en totalité cet acide par plusieurs évaporations avec addition d'acide chlorhydrique. Dans ce dernier cas, il est cependant préférable d'effectuer le dosage du mercure à l'état de sulfure.

La précipitation du mercure s'effectue comme il suit. On

introduit la liqueur dans un ballon, on la mélange avec un excès d'une solution de protochlorure d'étain rendue limpide par de Tacide chlorhydrique libre; on la porte pendant quelques instants à l'ébullition, puis on Tabandonne au refroidissement. Par un repos prolongé, le mercure très-divisé finit ordinairement par se réunir en globule et la liqueur devient tout à fait claire. On décante alors le liquide avec précaution et on lave le mercure d*abord avec un mélange d'eau et d'acide chlorhydrique, puis avec de l'eau pure. Le mercure est alors versé* dans un creuset de porcelaine taré, on absorbe la majeure partie de l'eau avec du papier buvard, et on termine la dessiccation en exposant le creuset sous une cloche en présence d'acide sulfurique concentré, jusqu'à ce que son poids soit constant.

Il peut arriver que le mercure précipité refuse de se rassembler; dans ce cas, il faut, après avoir décanté le liquide, le chauffer avec de l'acide chlorhydrique étendu. Une courte ébullition suffit en général pour réunir le métal en globule. L'emploi de l'acide phosphoreux comme agent de réduction ne donne pas lieu à cet inconvénient; ce réactif doit, sous ce rapport, être préféré au protochlorure d'étain.

Ce procédé fournit ordinairement des résultats un peu trop faibles, car il est difficile de ne pas perdre une petite quantité de mercure.

2^ Voie sèche. — Toutes les combinaisons du mercure sont décomposées quand on les chauffe en présence de la chaux ou d'un alcali, et le métal mis en liberté se volatilise. Cette réaction fournit un moyen commode de doser le mercure, il faut seulement avoir soin de le condenser très-complètement.

L'opération s'exécute dans un tube de verre vert, tel que

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ceoi dont on se sert pour les analyses orgaiiii|ue3. Ce tube doit être d'une longueur tle 50 centimètres environ et avoir uDdiamèlre intérieur li'un centimètre; l'une de ses exlrémités est fermée à la lampe. La matière à analyser est intimement mélangée, dans un mortier de verre ou de porcelaine, avec un grand excès de chaux soiiée en poudre. On commence par introduire au fond du tube, de aen6(lig.r>4).

une colonne de it à 15 centimètres d'hydrate de chaux liesséché, et on verse par-dessus, de b en c, le mélange do la substance mercurielle avec la chaux sodée. Pour recueillir les dernières traces de ce mélange, on broie dans le morlier une nouvelle quantité do chaux sodée et on l'intro- <luit ensuite dans le tube de c en d. Un achève de remplir le tube de d en e avec de la chaux sodée pure, et l'on met en ^un tampon d'asbeste qui s'oppose h la projection d'un peu lie poudre alcaline dans le llacou condenseur. Le tube est alors erQlé à une petite distance du lampon d'asbeste, et n;courbé comme l'indique la ligure; on l'entoure dans toute sa longueur d'une bande de cuivre recuit, puis on le Trappe à plusieurs reprises snr une table, de manière à former une espèce de canal qui permette aux parties volatiles de se dégager librement, et on le place ensuite sur la grille à comhustions ni^aniqucs.

Le ballon A, conlenant de l'eau, est destiné à condenser le mercure distillé ; pour éviter toute perle, on fait plonger à demi dans Teau l'ouverture de la pointe effilée. Ces dis* positions prises, on chauffe graduellement le tube de e vers a; récran étant placé en dy on entoure la partie ed de charbons incandescents, puis on avance progressivement l'écran de d en b et on chauffe au rouge toute retendue du tube. Quand on ne voit plus se condenser du mercure dans le ballon et qu'on juge que la décomposition est terminée, ou chauffe la partie ah du tube pour dégager l'eau de l'hydrate de chaux et expulser les vapeurs mercurielles qui remplissent l'appareil. Tandis que le tube est encore incandescent, on le coupe en /", et on projette dans la partie détachée un' filet d'eau qui entraine dans le ballon les dernières traces de mercure. Par l'agitation, le métal distillé se réunit en un seul globule; on le pèse, avec les précautions qui ont été indiquées ci-dessus (110, 1°), dans un creuset de porcelaine taré. Ce mode de dosage convient très-bien pour l'essai de tous les minerais de mercure.

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