CUIVRE
Cu -« 31,7.
DOSAGE
Mi. Le cuivre peut être précipité de ses dissolutions sous les formes d'oxyde, de sulfure et de sulfocyanure, mais on le dose presque toujours à l'état d'oxyde ou mieux sous forme de protosulfure Cu*S.
1° Précipitation directe de Voxjde de enivre. — La
potasse précipite complètement l'oxyde de cuivre d'une solution qui ne contient pas de matières organiques. Cette précipitation s'effectue comme il suit : on introduit la liqueur, qui doit être assez étendue, dans une capsule de porcelaine, on la porte presque à l'ébullition, et on ajoute peu à peu une solution étendue de potasse caustique, jusqu'à ce que la précipitation soit complète. Il faut, autant que possible, éviter un excès d'alcali. On chauffe le liquide, pendant quelques minutes encore, à une température voisine de l'ébullition. On laisse un instant le précipité se rassembler, puis on décante aussitôt la liqueur limpide sur un filtre.
Le précipité qui se trouve dans la capsule est repris deux ou trois fois par Teau bouillante, puis jeté en totalité sur le filtre, où l'on achève de le laver avec de l'eau chaude. Il ne reste plus alors qu'à dessécher l'oxyde de cuivre, à
cil VUE. -201
le calciuer au rouge et à le peser. Mais celle dernière opération exige quelques soins. Quand le précipité est sec, on le sépare aussi exactement que possible d'avec le filtre ; on incinère celui-ci, et Ton ajoute les cendres à Toxyde de cui\Te, que Ton a placé dans un creuset de platine. On chauffe le creuset au rouge intense, puis on Fabandonne au refroidissement en ie plaçant 30us une cloche au-dessus d*un bain d'acide sulfurique, et on le pèse ensuite aussi rapidement que possible. Sans ces précautions le dosage serait trop fort, car l'oxyde de cuivre obtenu par précipitation est très-hygroméirique.
Quelquefois une petite quantité d'oxyde de cuivre adhère fortement à la capsule dans laquelle on a fait la précipitalion; c'est ce qui arrive notamment quand le liquide a été chauffé trop longtemps. 11 faut, dans ce cas, après avoir bien lavé la capsule, dissoudre l'oxyde de cuivre qui y est resté adhérent dans deux ou trois gouttes d'acide nitrique, et évaporer celte solution acide dans le creuset de platine contenant le précipité non encore calciné.
Ce mode de dosage s'applique également à une liqueur ammoniacale; il faut seulement avoir soin de filtrer très-rapidement, sans laisser le liquide se refroidir; si l'on néglige cette précaution, l'ammoniaque redissout une partie de l'oxyde de cuivre précipité, et le liquide filtré se colore en bleu.
Toutes les fois qu'une solution de cuivre a été précipitée par la potasse, il faut s'assurer que le liquide filtré ne retient pas de cuivre. On l'essaye par l'hydrogène sulfuré, il doit rester incolore. S'il se colorait en brun, ce serait un indice que la précipitation n'a pas été complète.
Lorsque la substance à analyser contient des matières or-
iQi ANALYSE MlNÉRALt.
ganiques, celles-ci doivent être détruites par la calcinaiion. On chauffe dans un creuset de porcelaine une quantité pesée du corps, jusqu'à ce que la matière organique soit complètement incinérée. Le résidu est repris par Tacide nitrique faible; on filtre la solution quand cela est nécessaire, puis on précipite le cuivre par la potasse d'après le procédé décrit.
La précipitation du cuivre par la potasse ne donne jamais des résultats très-exacts, parce que le précipité retient toujours une petite quantité d'alcali qu'il est impossible d'enlever par le lavage.
La plupart des combinaisons de Toxyde de cuivre avec les acides organiques peuvent être analysées par le procédé suivant, qui dispense de la précipitation par la potasse. On calcine un poids déterminé du sel dans un creuset de porcelaine, on reprend le résidu par l'acide nitrique et l'on évapore; on recommence une ou deux fois cette opération, puis on décompose par une forte calcination le nitrate de cuivre, et l'on pèse le résidu.
2° PrécIpKailon et dosage da ealwre A l*éUU de sol-
fore. — Quand le cuivre se trouve dans une liqueur en présence d'oxydes métalliques précipitables par la potasse, on effectue la séparation en le précipitant par l'hydrogène sulfuré. La liqueur peut être alcaline, neutre ou faiblement acide; il est bon qu'elle soit étendue et ne contienne qu'une très-petite quantité d'acide nitrique libre. On la sature par un courant de gaz sulfhydrique lavé. Aussitôt que la précipitation est complète, on recueille le sulfure sur un filtre et on le lave immédiatement et sans interruption avec de l'eau bouillante pure, puis on le dessèche en le laissant enveloppé dans le filtre. Ces précautions sont indispensables