ARGENT ET CUIVRE
Pour précipiter exactement d'une soIution^ 108 parties ou i équivalent d'argent à Tétat de chlorure (AgCl), il faut 58,5 parties ou 1 équivalent de chlorure de sodium pur (NaCl); la liqueur limpide, séparée du précipité, ne contient plus alors ni argent ni chlorure alcalin. On déduit de ces données que la précipitation de 1 gramme d'argent pur exige0«',5417 de chlorure de sodium.
Les liqueurs titrées dont on fait usage dans la pratique sont les suivantes :
!• Liqueur salée normale. — Elle contient par 100<^« 0", 5417 de chlorure de sodium, c'est-à-dire la quantité précisément nécessaire pour précipiter exactement 1 gramme d'argent. On la prépare en dissolvant dans l'eau distillée 5",417 de sel marin pur et ajoutant à la solution la quantité d'eau nécessaire pour qu'elle occupe exactement le vo* lame d'un titre à la température de 15*^ centigrades.
2* Liqueur salée décime. — Elle renferme la même quantité de chlorure de sodium (0'%541 7) que la liqueur normale sous un volume décuple. On l'obtient en ajoutant à uiï décilitre de liqueur normale la quantité d'eau nécessaire pour ramener au volume d'un litre. Chaque centimètre cube de cette nouvelle solution contient la quantité de chlorure de sodium nécessaire pour précipiter rigoureusement un milligramme d'argent.
3» Liqueur décime d^argent. — Cette liqueur contient exactement un milligramme d'nrgent par centimètre cube. On la prépare en dissolvant 1 gramme d'argent pur dans un excès d'acide nitrique (8 à 10 grammes) et en ajoutant ensuite la quantité d'eau nécessaire pour que la solution occupe un litre.
On^oit que la? deux liqueurs décimes sont préparées de
ttô ANALYSE MINÉRALE.
façon à se saturer réciproquement quand on les mélange par volumes égaux; la solution limpide, séparée du précipité d'argent, ne contient plus alors que le nitrate de soude provenant de la double décomposition entre le nitrate d'argent et le chlorure de sodium.
On mesure ces liqueurs à l'aide de pipettes exactement jaugées pour lesquelles on a tenu compte de la petite quantité de liquide qui mouille le verre. Il faut une pipette de 10(K« pour la liqueur normale, et une de !<» pour chacune des liqueurs décimes. Dans les analyses ordinaires on peut aussi faire usage de burettes divisées en dixièmes de centimètre cube (16-18, p. 27 et suiv.), mais cette manière de procéder ne serait ni assez expéditive, ni sufTisammenl exacte pour l'essai des monnaies.
Le titre de la liqueur normale exige nécessairement une correction toutes les fois qu'on opère à une température différente de 15^ centigrades. Cette liqueur sera évidemment trop faible, si la température est plus élevée, et trop forte dans le cas contraire. Il serait facile, au moyen d'une table, de connaître le poids d'argent précipité par 100^ de liqueur normale pour une température donnée; mais, comme d'autres causes peuvent influer sur le titre des liqueurs, on préfère, avant chaque série d'essais, déterminer ce poids par une expérience directe. Dans ce but, on mesure exactement, avec la pipette, un décilitre de la liqueur normale qu'on laisse écouler dans la solution provenant de 1 gramn^e d'argent chimiquement pur dans un léger excès d'acide nitrique, et on agite avec force jusqu'à ce que le précipité se soit bien rassemblé et que la liqueur soit tout à fait claire. On ajoute alors 1***^ de la liqueur salée décime; s'il se produit un trouble, c'est une preuve que la liqueur
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normale est au-dessous du titre et que par conséquent tout I
l'argent n'a pas été précipité. Dans ce cas on agite pour éclaircir la solution et Ton continue à faire des additions successives de liqueur décime par l^ à la fois, jusqu'à ce que la liqueur reste tout à fait limpide. Il faut alors retrancher le dernier centimètre cube, ainsi que la moitié de ' Tavanl-dernier qui n'a dû produire qu'un effet partiel. On connaît ainsi le volume de liqueur décime réellement utilisé, et par suite la quantité d'argent qui n'a pas été précipitée par la liqueur normale.
Pour une liqueur qui est au-dessus du titre normal, on détermine, en opérant de la même manière, le nombre de centimètres cubes de liqueur décime d'argent qui sont précipités par l'excédant de chlorure de sodium que contient alors la solution. Toutes les fois qu'une liqueur s'écarte notablement du titre normal, il faut l'y ramener par une addition convenable d'eau ou de chlorure de sodium.
161. Essai des alliages de cuivre et d'argent. — La première condition à remplir dans* les essais exécutés par ce procédé est d'opérer sur une quantité de substance contenant approximativement un gramme d'argent. Quand on n a aucune donnée sur la teneur en argent d'une matière, on la détermine par coupellation ou avec la liqueur salée normale mesurée à l'aide d'une burette. La composition des alliages monétaires est toujours connue d'une manière sufGsamment approchée; ils sont à 900/1000 avec une tolérance de 3 millièmes en plus ou en moins, c'està-dire que leur titre peut varier de 897/1000 à 903/1000. Quant aux objets d'orfèvrerie, il y en a en France à deux
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litres, savoir : à 956 et 800 millièmes, avec 5 millièmes de tolérance.
Supposons qu'il s'agisse de faire l'essai d'une pièce de monnaie. On admet que l'alliage est à la limite inférieure, c'est-à-dire à 897 millièmes, et on pèse exactement 1»',1 15, quantité qui, d'après cette hypothèse, contient i gramme d'argent fin, car on a :
On met l'alliage pesé dans un flacon à l'émeri d'une capacité d'un quart de litre environ, on ajoute 8 à 10 grammes d*acidc nitrique pur de 1,29 de densité, et on chaufle au bain-marie pour favoriser la dissolution. Lorsque tout l'argent a disparu, on expulse les vapeurs nitreuses au moyen d'un soufflet, puis on verse dans le flacon 100<^^ de liqueur salée normale mesurée avec la pipette, et on agite avec force. Quand la solution est parfaitement claire, on y ajoute 1^<^ de liqueur salée décime, qui représente 1 milligramme d'argent; s'il y a trouble, on agite de nouveau, puis on ajoute encore i^^ de liqueur décime, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de nébulosités.
On retranche alors du nombre total de centimètres cubes employés le dernier qui n'a pas produit de trouble et la moitié du précédent, qui n'a dû être utilisé qu'en partie; le reste exprime la quantité d'argent qu'il faut ajouter à 1 gramme pour avoir la quantité totale d'argent contenue dans 1*%115 d'alliage, et l'on calcule ensuite le titre réel par une proportion. Supposons que l'on ait ajouté en tout G^'c de liqueur décime; si l'on en retranche 1*^,5, il reste 4<^c^5^ qui représentent 0»%0045 d'argent; dans ce cas, la