‹ Précis d'anatomie à l'usage des artistes [electronic resource]Chapitre 14 sur 17 · A. MUSCLES DE LA PARTIE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

A. MUSCLES DE LA PARTIE SUPÉRIEURE

DE LA FACE (fRONT, SOURCIL, PAUPIERES, RACINE DU nez).

10 Muscle frontal (muscle de V attention). — Ce muscle (i, fig. 62, p. 273) s'étend, comme une lamelle charnue de forme quadrilatère, sur chaque moitié laté-

3o(î PRÉCIS D'ANATOMIE.

raie du front. Son bord inférieur s'attache à la peau du sourcil ; de là ses fibres montent verticalement et parallèlement les unes aux autres vers la région de la racine des cheveux, et se côntinuent, à ce niveau, avec les fibres tendineuses de Paponévrose épicrânienne. Cette aponévrose, qui double le cuir chevelu en lui adhé-

, rant , se prolonge jusque dans la région occipitale où elle se termine par une nouvelle couche charnue, le muscle occipital, qui s'attache à la ligne courbe occipitale supérieure (2, fig. 62).

Pour comprendre le mécanisme du muscle frontal , il faut bien se rendre compte qu'il va chercher son inser-

Contraction des muscles /row/aîfx (expression de tioU fixC Dar l'intCr- Yattention et de Yétonnement). ^

médiaire de l'aponévrose épicrânienne et du muscle occipital; jusque sur la partie toute postérieure du crâne; son insertion mobile est celle qui se fait à la face profonde de la peau du sourcil. Le frontal , en se contractant, tire donc cette peau du sourcil de bas en haut, par suite élève le sourcil et fait apparaître des plis transversaux sur la peau du front.

Fig. 66.

En examinant (fig. 66) une face sur laquelle ce muscle est contracté, on reconnaît qu^elle exprime Vattention; si la contraction du muscle est très forte, cette expression d^attention va jusqu^à celle de Vétonnement. En entrant dans le détail des modifications que présente alors la face, on constate que le sourcil est élevé et que sa convexité supérieure est très accentuée ; que Toeil est largement ouvert, bien éclairé, brillant; que le front est sillonné sur chacune de ses moitiés latérales par des plis courbes concentriques à la courbure du sourcil, plis qui se rejoignent plus ou moins d^m côté à Fautre en dessinant des courbures médianes à concavité supérieure. — Sur un enfant ou une jeune femme, dont la peau très souple et élastique se prête peu à la formation de plis, la peau du front peut rester presque lisse lors de la contraction du muscle frontal, et alors Télévation du sourcil, l'exagération de sa courbure, Tétat des yeux, bien ouverts et brillants, suffisent pour donner Pexpression de Pattention.

La figure 67 est le schéma de Vattention, caractérisée ici uniquement par la forme du sourcil et les plis frontaux.

2° Muscles orbiciilaires des paupières (6, fig. 62). — Le muscle orbiculaire des paupières est un muscle très étendu, qui entoure circulairement l'orifice palpébral; il se compose de plusieurs portions, qui peuvent

Fig. 67,

Schéma de raction des frontaux (attention) .

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3o8 PRÉCIS D'ANATOMIE.

agir plus ou moins isolément et qui n^ont pas toutes une égale importance dans Texpression de la face.

a. Une partie de cet orbiculaire, dite partie palpébrale [orbiciilaire palpébrale), est contenue dans Tépaisseur même des paupières, et produit, par sa contraction, Pocclusion des paupières. Si cette contraction est modérée, elle produit seulement un certain rapprochement des paupières, c^est-à-dire ramène Touverture des yeux à la forme d\me fente linéaire. Cet état de la fente palpébrale ne constitue pas par lui-même une expression proprement dite, mais peut être complémentaire de diverses expressions; ainsi, associée à une légère contraction du muscle triangulaire des lèvres, qui est le muscle du dégoût et du mécontentement (voy. ci-après, p. 322), elle donne au visage Texpression du dédain et du mépris.

b. Une seconde partie de Forbiculaire est disposée circulairement en dehors des paupières, c^est-à-dire correspond exactement au contour de Porifice orbitaire du squelette (voy. fig. 41, p. 174 et fig. 62, p. 277); cette portion, qu^on peut nommer orbiculaire orbitaire, se divise elle-même en deux parties : un orbiculaire orbitaire inférieur, dont la contraction rejette un peu en haut la paupière inférieure, creuse un sillon à sa jonction avec la joue, et, sans être expressive par elle-même, complète Pexpression du rire en lui donnant un caractère de franchise et de vérité; et un orbiculaire orbitaire supérieur, qui mérite cette fois une étude détaillée, car il produit en propre une expression caractéristique, celle de la réflexion, de la méditation, du recueillement.

Cet orbiculaire orbitaire supérieur (muscle de la réflexion] est sous-jacent à la peau du sourcil, et ses fibres décrivent comme celui-ci un arc à concavité inférieure, dont chaque extrémité adhère à la partie correspondante (bord interne et bord externe) de l'ouverture orbitaire. Le mécanisme de ce muscle est donc facile à prévoir, car, comme tout muscle courbe, plus ou moins hxé à ses extrémités, il doit, en se contractant, redresser sa courbure. Il modifie, par suite, dans le même sens le sourcil dont la peau lui adhère, c'està-dire qu'il efface la courbure du sourcil, le rend rectiligne transversalement, l'abaisse et, par suite, tend la peau du front en y faisant disparaître toute ride.

En examinant (fig. 68) une face sur laquelle ce muscle est contracté, on reconnaît qu'elle exprime la réflexion. Sur la figure 68, vu le grand développement du sourcil, celui-ci est très abaissé, ses poils descendent sur les yeux, et l'expression est un peu celle delà réflexion pénible, de la contention d'esprit douloureusement préoccupé; mais on voit en tout cas que cette expression est obtenue essentiellement par l'abaissement et la direction rectiligne du sourcil, qui voile l'œil et qui efface toute ride sur le front. Cette modification des traits est précisément l'inverse de celle produite par le muscle frontal, comme le montre du reste la comparaison des figures 66 et 68. Et, en effet, les deux états de l'esprit correspondant à l'expression donnée par chacun de ces muscles sont précisément inverses l'un de l'autre. On ne peut être à la fois attentif à un objet extérieur et se recueillir dans la réflexion; d'ordinaire, la succession de ces états de l'esprit et de la physionomie est la sui-

PRÉCIS D'AN ATOMIE.

L^expression du pyramidal est trop délicate, c^est-à-dire due à une modification trop locale et trop légère des traits, pour que nous ayons pu réussir à en produire un schéma, comme nous Tavons fait pour les muscles précédents.

4° Muscle sourcilier (ou muscle de la douleur). —

Ce muscle court est profondément caché sous la peau de la région de la tête du sourcil. Son insertion fixe se fait à Tos frontal, au-dessus de Tarcade sourcilière (voy. p. i68) ;.

de là ses fibres se dirigent en dehors et un peu en bas pour venir s'attacher à la face profonde de la peau du sourcil, au niveau de la jonction de sa tête (voy.

p. 3o4)avec sa queue.

Son mécanisme consiste donc à tirer le sourcil en dedans et un peu en haut, et, comme il s'attache à la jonction de la tête et de la queue du sourcil, à briser celui-ci en ce point, c'est-à-dire vers sa partie interne. Le sourcil est alors pour ainsi dire brusquement raccroché en haut et en dedans, comme un rideau qu'un lien relève et rattache à un point fixe. Il doit, par suite,

Muscle du sourcilier (douleur).

se produire sur la peau du front des plis concentriques à cette brisure du sourcil, c'est-à-dire situés sur la partie médiane du front.

La figure 70 représente, d'après une photographie de Duchenne, Tétat de la physionomie par Teffet de la contraction du muscle sourciller. Cette physionomie a une expression caractéristique de souffrance, et, avec une plus grande accentuation de Taction du muscle , rendrait au plus haut degré l'expression de la douleur physique ou morale.

On voit que les seules parties modifiées dans cette physionomie (comparez avec la fig. 66, p. 3o6) sont la tête du sourcil et la région intersourcilière du front, c'est-à-dire que la douleur est rendue par le schéma de la douhnr. soulèvement de la tête du sourcil et sa brisure brusque au niveau de la jonction de la tête avec la queue ; par la présence de plis courts immédiatement superposés à cette brisure et de plis plus étendus occupant la région moyenne du front.

La figure 7 1 est le schéma de la douleur, rendue par les seules modifications delà région de la tête du sourcil (comparer, pour faire contraste, avec la fig. 78, ci-après).

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