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que Tarcade pubienne, limitée en haut par la symphyse et de chaque côté par les branches descendantes des pubis, est très large et en même temps très basse chez la femme où elle rappelle la forme d'un plein cintre surbaissé, tandis que chez Phomme (comparez la fig. 24 et la fig. 27, en 3, 6, 6), cette même arcade est étroite et élevée, c'est-à-dire triangulaire et rappelant la forme d'une ogive; c'est pour la même raison que les tubérosités de l'ischion étant plus écartées chez la femme que chez l'homme, les trous obturateurs ou sous-pubiens sont larges et triangulaires chez la femme, tandis qu'ils sont étroits et ovalaires sur le bassin d'homme.
Sommaire, — Du fémur : son extrémité supérieure : col, tête et trochanters. — Articulation de la hanche, ou articulation coxofémorale ; mouvements qu'elle permet; limites de ces mouvements (capsule articulaire et ligament de Bertin); limites rigoureuses de l'extension (ligament de Bertin); limites étroites de l'adduction (ligament rond); influence de la pression atmosphérique (expérience des frères Weber). — Dimensions transversales des hanches et des épaules chez l'homme et chez' la femme; diverses formules (ovoïde des anciens; ovoïde et ejlipsc de Salvage); formule réelle; diamètres bi-huméraux et bi-trochantériens; diamètres bi-acromiaux et bi-iliaques. — Du modelé extérieur de la région des hanches et du grand trochanter en particulier; les saillies osseuses se traduisent en général sur le modelé extérieur par des méplats ou des parties déprimées.
Le fémur (fig. 28 et 3 1), ou os de la cuisse, est un os long, le plus volumineux de tout le squelette, et composé, comme tous les os longs, d^un corps et de deux extrémités (fig. 28) ; nous étudierons d^abord son extrémité supérieure, afin de nous rendre compte de son articulation avec Pos iliaque.
L'extrémité supérieure du fémur se compose d\me tête^ supportée par un col, et de tubérosités placées à la jonction de ce col avec le corps de Pos. — La tête du fémur (5, fig. 3i) est régulièrement arrondie et représente les trois quarts d\me sphère ; sa surface sphé-
rique, tournée en dedans, est lisse et recouverte de cartilages , excepté au niveau d'une fossette (6, fig. 3 ijqu'elle présente un peu au-dessous de son centre et qui donne attache à un ligament intra-articulaire (ligament 7^ond, voy. ci-après). — Le col du fémur. (7, fig. 3i) part de la base de la tête et se dirige en bas et en dehors, sous la forme d\ui segment de cylindre un peu aplati d'avant en arrière, pour venir se souder à l'extrémité supérieure du corps du fémur sous lui angle obtus ouvert en bas et en dedans (fig. 28). Cet angle, que fait l'axe du col avec l'axe du corps, est variable selon les sujets, dans des circonstances bien déterminées ; chez l'homme adulte; il est d'environ i35 degrés; chez la femme, il est moins ouvert, c'est-à-dire qu'il se rapproche davantage de l'angle droit (90 degrés), ce qui contribLie à augmenter les dimensions transversales de la région des hanches chez la femme; enfin, dans l'un comme dans l'autre sexe, cet angle se rapproche graduellement de l'angle droit avec les progrès de l'âge, ce qui contribue à l'abaissement de la taille chez le vieillard. — A la jonction du col du fémur avec le corps de l'os, se trouvent développées deux tubérosités, l'une située en
Sm
Fig. 28.
Le fémur vu sur une coupe verticale : i, i , 2, 2 , le corps de l'os avec le canal mé(^llaire dont il est creusé; — 3, le grand trochanter, d'où se détache le col, se terminant par la tête ; — 4, extrémité inférieure de ros.
haut et en dehors et dite grand 't7~ochanter (3, fig. 28 et 8, fig. 3ij, Fautre située en bas et en dedans, dans Pangle rentrant du col et du corps et diie. petit trochanter (10, fig. 3i'. Le grand trochanter est volumineux, de figure quadrilatère, dépassant le niveau du bord supérieur du col, et présentant sur sa face externe, sa face interne et ses bords de nombreuses empreintes ou nous verrons se faire les insertions des muscles de la région fessière; le petit trochanter, au contraire, est peu volumineux, de forme mamelonnée ou conoïde, et donne attache seulement au muscle psoas-iliaque.
L^articulation du fémur avec le bassin, dite articulation iléo-fémorale ou coxo-fémorale, est formée par la tête du fémur reçue dans la cavité cotyloïde qui Temboîte étroitement ; en effet, le rebord de cette cavité est surmonté d^un bourrelet fibreux [bourrelet cotyloïdien] qui en régularise le contour en passant d^une extrémité de la grande échancrure cotyloïde à Fautre extrémité (voy. ci-dessus, p. io3!, de manière à former comme un pont sur cette échancrure. En présence de semblables surfaces articulaires, c^est-à-dire d'une tête sphérique reçue dans une cavité également sphérique, on doit s^attendre à trouver dans cette articulation tous les mouvements possibles ; c'est ce qui a lieu en effet : la tête du fémur peut glisser en tous sens dans la cavité qui la reçoit, et ces glissements, selon la direction dans laquelle ils se font, se traduisent du côté de la cuisse soit par un mouvement d' abduction île membre inférieur se portant en dehors, s^éloignant du plan médian), soit par un mouvement à'' adduction (rapprochement vers le plan médian), soit par un mouvement de flexion (en avant, la face an-
N EU VIEM E LEÇON. 117
térieure de la cuisse se rapprochant de la face antérieure de Tabdomen), soit enfin par un mouvement dVx^^n^fo/z (mouvement inverse de la flexion, c^est-à-dire en arrière). Mais ces mouvements sont très diversement influencés par la disposition des parties ligamenteuses, de telle sorte que les uns sont très peu étendus, tandis que les autres n'ont presque pas de limite.
En effet, V appareil ligamenteux de Particulation coxofémorale se compose d^une longue capsule, ou manchon fibreux, qui part du pourtour de la cavité cotyloïde, contient tout le col du fémur dans son intérieur et va se terminer, par son autre extrémité, au niveau de la base du col; mais ici la disposition de cette capsule est très différente en arrière et en avant.
1° En arrière, la capsule ne s'insère pas au col du fémur ; elle présente un bord libre qui forme un demianneau à la face postérieure du col ; par suite, cette partie postérieure de la capsule, s'attachant à Pos iliaque, (bords de la cavité cotyloïde) et, d'autre part, ne prenant pas d'insertion au fémur, ne pourra jamais être tendue. C'est le mouvement en avant, ou de flexion, qui pourrait tendre cette partie postérieure de la capsule, si elle s'insérait par chacun de ses bouts à l'un des os ; mais ce mouvement peut aller aussi loin que possible sans qu'il y ait à songer à une tension de la partie postérieure de la capsule articulaire. C'est pourquoi on peut dire que la flexion de la cuisse n'a pas de limite, et en effet on peut la porter jusqu'à amener la face antérieure de la cuisse en contact avec la face antérieure de l'abdomen.
2° En avant, la capsule s'insère parfaitement à la base du col du fémur, sur une ligne rugueuse qui va du grand
ii8 PRÉCIS D'AN ATOM IF.
au petit trochanter; aussi devra-t-elle être tendue lorsque la cuisse se porte en arrière, va dans Textension, et à un certain degré d'exténsion le mouvement doit-il être arrêté. Cest ce qui a lieu en effet; mais, avant de préciser la position à laquelle correspond cet arrêt, nous devons faire remarquer encore que cette partie antérieure de la capsule est très -forte, très épaisse, composée de faisceau! ligamenteux descendant directement du bourrelet cotyloïdien vers Pespace intertrochantérin , et à Pensemble desquels on a donné le nom de ligament de Bertin. Grâce à la force de ce ligament, le mouvement d^extension sera à un moment donné limité et arrêté, d'une manière très énergique, invincible. Or si Pon fait Pexpérience sur soi-même, c'est-à-dire si, après avoir fléchi la cuisse sur Pabdomen, on Pétend graduellement, on constate que le mouvement est arrêté au moment même où Paxe de la cuisse se trouve sur le prolongement de Paxe du corps, c'est-à-dire, si le sujet est debout, au moment où la cuisse est dans la direction verticale. Si Pon répète cette expérience sur un sujet disséqué, sur une articulation préparée, on voit que le ligament de Bertin, relâché, est plissé tant que le fémur est en flexion sur le bassin, se tend à mesure qu'on porte cet os dans l'extension, et que cette tension, arrivée à son maximum dans la position où le fémur se trouve dans le plan prolongé du tronc, met alors un obstacle invincible à ce que l'extension ^oit portée plus loin.
Cependant l'homme debout peut porter la cuisse en arrière ; mais, il faut y faire bien attention, si par exemple c'est la cuisse droite qui est portée en arrière, ce n'est pas dans Particulation coxo-fémorale droite que se passe
le mouvement, mais bien dans l'articulation coxo-fémorale gauche, où le tronc est porté en flexion sur le fémur gauche. On peut donc dire que lorsque la cuisse est arrivée, par Textension, à être sur le même plan que le tronc, cuisse et tronc forment une seule et même pièce, un tout dont les deux parties sont immobiles Tune sur Tautre au point de vue de toute exagération du mouvement d'extension obtenu, et qui ne peut aller plus loin ; et que, par suite, du moment qu'une cuisse est portée en arrière de la verticale , le tronc doit être porté d'une quantité égale en avant de la verticale, le tout représenté par exemple par la cuisse droite et le tronc se mouvant alors comme une seule pièce sur l'articulation coxo-fémorale gauche.
C'est encore le ligament de Bertin, c'est-à-dire les fibres antéro-inférieures de la capsule articulaire qui mettent obstacle à V abduction, à l'écartement de la cuisse en dehors ; dans la station verticale, le ligament de Bertin, étant tendu, rend l'abduction difficile et très bornée; mais dès que la cuisse est légèrement fléchie sur le bassin, le ligament étant relâché, l'abduction (l'écartement des cuisses) devient relativement facile.
Le mouvement âi adduction, ou de rapprochement des cuisses, présente ce fait très particulier qu'il est presque impossible dans la station verticale; mais il devient très facile dès que l'articulation est légèrement en flexion. Si l'on expérimente sur une articulation dont le ligament de Bertin est coupé, on constate que dans la position d'extension le mouvement d'adduction est tout aussi difficile que si ce ligament était intact. Il faut donc chercher ailleurs que dans la partie antérieure de
I20 PRÉCIS D'ANATOMI E.
la capsule la disposition qui limite et arrête Padduction de la cuisse; nous en trouvons Pexplication dans l'existence dMn ligament intra-articulaire, c'est-à-dire placé dans rintérieur même de Tarticulation. Ce ligament, dit ligament rond, s'attache, d'une part, à la fossette rugueuse que présente la tête du fémur un peu au-dessous de son centre (6, lig. 3i) et va, d'autre part, s'attacher, en se bifurquant, aux deux extrémités de la grande échancrure cotyloïde. Or nous avons vu précédemment que sur le bassin d'un homme placé debout cette grande échancrure regarde directement en bas (p. io3); le ligament rond, dans la station verticale, est donc lui-même vertical, et il est alors tendu, car il semble suspendre le bassin à la tête du fémur (d'où le nom de ligament siispenseur que lui ont donné quelques anatomistes). Or, dans la station verticale, le fémur étant vertical, tout mouvement d'adduction de la cuisse se produirait par un glissement de la tête du fémur de bas en haut, dans la cavité cotyloïde; mais ce glissement ne peut avoir lieu, la tête fémorale étant retenue dans ce sens par le ligament rond ou suspenseur alors tendu. Si, par contre, on fléchit légèrement le fémur, le ligament rond se trouve relâché; il permet le glissement de la tête dans la cavité, glissement qui du reste doit se faire d'avant en arrière pour produire l'adduction, et cette adduction peut en effet s'accomplir alors avec facilité et avec force. L'expérience qui constate ces faits, 'sans en donner l'explication anatomique (saisissable seulement sur des pièces préparées), est très facile à faire sur soi-même et donne lieu à un résultat frappant ; en effet, en se tenant rigoureusement debout, aussi raide et aussi ren-
NEUVIEME LEÇON. i-si
versé en arrière que possible, on constatera qu^il est à peu près impossible de rapprocher les deux genoux, de faire disparaître par adduction des cuisses le faible intervalle qui sépare leurs extrémités inférieures et que souvent Padduction est tellement nulle et impossible dans cette position, qu'on serait incapable d'écraser par un mouvement de rapprochement des deux genoux un corps fragile, par exemple un œuf interposé entre eux. Mais dès qu'on fléchit un peu les cuisses sur le bassin, ou plus simplement le tronc sur les cuisses, l'adduction devient extrêmement facile et cette fois c'est avec une grande force qu'on peut amener les faces internes des genoux à s'entrechoquer. - .
L'articulation coxo-fémorale, si remarquable par les divers détails de mécanique animale que nous venons d'exposer, l'est encore parce fait que c'est sur elle qu'on fait le plus commodément la démonstration d'une loi qui s'applique du reste à toutes les articulations, mais dont nous devions réserver l'exposé pour le moment où nous serions arrivés à l'articulation de la hanche; nous voulons parler de la loi relative à Vinfliience de la pression atmosphérique sur le maintien au contact des surfaces articulaires. Jusqu'à présent, en étudiant les articulations, nous avons parlé de la forme des surfaces osseuses et, de leur configuration, nous avons pu dé- . duire quelle devait être la nature des mouvements permis par l'articulation considérée; nous avons ensuite -parlé des ligaments qui entourent l'articulation et, de leurs dispositions, nous avons pu déduire les limites plus ou moins étroites imposées à ces mouvements. Mais jamais nous n'avons parlé des conditions qui font
que la surface articulaire d^n os glisse sur la surface articulaire sans jamais s^en écarter, c'est-à-dire des conditions qui maintiennent les surfaces dans un contact intime et permanent. On aurait peut-être pu croire que ce rôle est dévolu aux ligaments; mais ce serait là une erreur : c'est la pression atmosphérique qui maintient ce contact ; ceci demande une explication par un exemple pris en dehors de la mécanique animale et une démonstration par une expérience faite sur Tarticulation coxo-fémorale.
Les exemples montrant comment la pression atmosphérique peut maintenir deux corps étroitement collés Pun à Tautre sont pour ainsi dire innombrables : les ventouses, par exemple celles qu'on applique contre une glace, y adhèrent fortement ensuite parce que entre elles et la glace est un air raréfié, et que, par suite, la pression atmosphérique agit à leur surface pour les comprimer et les faire adhérer. Il est un jouet qu'on voit souvent entre les mains des jeunes garçons et qui nous offre un exemple, plus simple encore. Il consiste en un disque de cuir fort et souple, ayant une ficelle fixée en son centre, sur l'une des faces. Quand on applique exactement l'autre face du disque sur une pierre, sur un pavé par exemple, de manière à comprimer le disque et à bien chasser tout l'air qui est entre lui et la surface de la pierre, si alors on tire brusquement sur la ficelle, on soulève le pavé et on le déplace, parce que la pression atmosphérique a suflfi pour faire adhérer le disque de cuir et le pavé entre lesquels il n'y a pas d'air.
Or la tête du fémur est reçue dans la cavité cotyloïdedans des conditions absolument identiques à celles
que nous venons d'indiquer. D'une part, la tête du fe'mur est exactement appliquée contre le fond de la cavité cotyloïde, et ce contact est rigoureusement parfait, les irrégularités que présente le fond de la cavité sur le squelette étant comblées par des coussinets adipeux. D'autre part, le bourrelet cotyloidien embrasse étroitement la base de la tête du fémur et représente ici les bords de la ventouse dont il a été question dans une des comparaisons précédentes. Or, comme le vide existe entre les deux surfaces articulaires, et que Pair ne peut pénétrer entre elles, elles adhèrent très fortement Tune à l'autre, tout en pouvant glisser l'une sur l'autre (la tête rouler dans la cavité) ; mais, si par un moyen quelconque on donne à l'air extérieur accès dans l'espace articulaire, entre les surfaces articulaires, aussitôt l'adhérence cesse, la pression atmosphérique se faisant sentir alors aussi bien en dedans qu'en dehors de l'articulation. L'expérience classique, propre à mettre ces faits en évidence, a été instituée par les frères Weber et peut se reproduire de la manière suivante : sur un .sujet suspendu par la région des épaules, on dissèque les parties molles (peau et muscles) qui entourent l'articulation de la hanche et on enlève ces parties de manière à mettre à nu la capsule articulaire; si alors on coupe circulairement cette capsule dans toute son épaisseur, on constate que le membre inférieur correspondant ne se détache pas du troiic, et cependant il n'y a plus aucun ligament qui rattache le fémur au bassin (car on ne peut invoquer la présence du ligament intra-articulaire ou ligament rond, qui suspend le bassin au fémur et qui laisse facilement ce dernier sortir de la cavité cotyloïde) ; c'est donc la
pression atmosphérique qui maintient le contact des deux surfaces articulaires. Et, en effet, si, pénétrant par Pintérieur du bassin, on perfore le fond de la cavité cotyloide, on entend un léger sifflement se produire, Tair pénètre dans la cavité, se répand entre les deux surfaces et aussitôt le membre inférieur correspondant se détache et tombe, la tête du fémur n^étant plus maintenue par rien. Mais ce n^est pas tout; on peut, sur ce même sujet, sur cette même articulation, renouveler Pexpérience et la rendre encore plus démonstrative. Si, en effet, on prend le membre détaché, et si, après avoir bouché avec un peu de cire le trou fait à Parrière-fond de la cavité cotyloide, on replace la tête de fémur dans cette cavité, en lui faisant exécuter quelques mouvements de glissement afin de rendre parfait le contact des surfaces articulaires et de chasser Pair interposé entre elles, on constate que dès lors la tête du fémur demeure adhérente dans la cavité, et que le membre inférieur est de nouveau suspendu par elle au bassin; mais qu^on enlève, en arrivant par. Pintérieur du bassin, le bouchon de cire et qu'on permette ainsi à Pair de se précipiter de nouveau entre les surfaces articulaires, aussitôt on verra le membre inférieur se détacher du bassin, la tête du fémur sortant de la cavité cotyloide. L'expérience peut être ainsi reproduite un nombre pour ainsi dire infini de fois.
Nous avons cru devoir insister ici, une fois pour toutes, sur ce rôle important de la pression atmosphérique dans la mécanique des articulations ; des expériences analogues, mais plus délicates à exécuter sur les autres articulations, montrent que partout cette pression
joue ce même rôle relativement au maintien en contact des surfaces articulaires. Pour en revenir à Tétude de la région de la hanche, ou plutôt du grand trochanter en particulier, il nous reste à examiner quelles sont les dimensions transversales de cette région, et quelles sont les fojnnes qui, dans le modelé extérieur, résultent directement de la présence du grand trochanter.
La dimension transversale qui va d^un grand, trochanter à Pautre doit être comparée à celle qui va d^une tête huméraleà Pautre, c^est-à-dire qu^il nous faut comparer le diamètre des hanches au diamètre des épaules.
Ce qui frappe le plus, sous ce rapport, au premier coup d^œil sur une série de squelettes ou de sujets complets, c^est la forte saillie que forment les hanches chez la femme. Pour exprimer cette disposition, diverses formules ont été proposées; elles consistent à considérer le tronc comme une figure plus ou moins régulièrement ovale, dont une extrémité correspond aux épaules, Pautre aux hanches, et à se demander quelle est, selon les sexes, Pextrémité dont le diamètre Pemporte sur Pautre. Les anciens n^hésitaient pas à exprimer cette formule de la manière suivante : chez Phomme et chez la femme, le tronc représente un ovoïde, c^est-à-dire un ovale comparable à celui que figure un œuf, ayant un gros bout et un petit bout; mais chez Phomme cet ovoïde est à gros bout supérieur, tandis qu'il est à gros bout inférieur chez la femme. Cela revient à dire que chez la femme le diamètre des hanches Pemporte sur celui des épaules, tandis que chez Phomme c'est le diamètre des épaules qui Pemporte sur celui des hanches. Cette formule, pour ce qui est de la femme, est évidem-
ment exagérée, ainsi que nous allons le voir dans un instant par la comparaison des chiffres réels ; elle parut, en effet, exagérée à Salvage et à Malgaigne, qui, dans leurs ouvrages d'anatomie, proposèrent de la remplacer par la formule suivante : tandis que le tronc de Phomme forme un ovoïde à grosse extrémité supérieure, le tronc de la femme forme une ellipse, c^est-à-dire un ovoïde dont les deux bouts sont de même dimension : ce qui revient à dire que chez Phomme le diamètre des épaules remporte sur celui des hanches et que chez la femme le diamètre des hanches ne l'emporte pas sur celui des épaules, mais arrive seulement à Pégaler.
Or cette dernière formule elle-même exagère lé^ proportions réelles du diamètre des hanches chez la femme; la formule exacte est la suivante : chez Phomme comme chez la femme le tronc représente un ovoïde à grosse extrémités upérieure ; mais, tandis que chez Phomme la différence entre cette large extrémité supérieure et la petite extrémité inférieure est très considérable, chez la femme cette différence est beaucoup moindre. Nous allons voir en effet par les chiffres que chez la femme le diamètre des hanches, tout en restant toujours inférieur à celui des épaules, arrive à n'en différer que peu. Chez Phomme, la distance qui s'étend de la limite externe d'une tête humérale à la partie correspondante du côté opposé (diamètre bi-huméral] est en moyenne de 39 centimètres; et la mesure prise d'un grand trochanter à l'autre (diamètre bi-trochantérien] est de 3i centimètres, c'est-à-dire qu'il y a entre ces deux diamètres une différence d'environ i/5. Chez la femme, le diamètre bi-huméral étant en moyenne de
N EUVIEME LEÇON. 127
35 centimètres, le diamètre bi-trochantérien est de 32; c^est-à-dire qu'il y a alors entre ces deux diamètres une différence de 1/12 seulement. Ces chiffres peuvent encore servir à démontrer que le diamètre des épaules est plus grand chez Phomme que chez la femme (39 à 35); et qu'inversement le diamètre des hanches est plus gralid chez la femme que chez Phomme (32 à 3i) ; que, par suite, si un homme et une femme de taille moyenne sont supposés projeter directement leur ombre sur une même partie d'un écran, Pombre des épaules de Phomme couvrira largement Pombre des épaules de la femme, et qu'inversement l'ombre des hanches de la femme couvrira Pombre des hanches de Phomme, mais ne dépassera cette dernière que d'une faible quantité.
Par diamètre des hanches nous avons, dans les considérations précédentes, entendu le diamètre bi-trochantérien. Il est cependant une manière de considérer les choses qui justifie jusqu'à un certain point les formules adoptées par les auteurs précédemment cités ; c'est celle qui consiste à comparer, sur le squelette, chez l'un et l'autre sexe, le diamètre du bassin (les fémurs étant enlevés) au diamètre des épaules (les humérus étant enlevés) : alors les épaules sont représentées par le diamètî^e bi-acromial, et" les hanches par le diamètre bi-iliaque (d'une crête iliaque à l'autre). Dans ces circonstances, les mensurations exactes montrent que chez Phomme le diamètre bi-acromial est de 32 centimètres et le bi-iliaque de 28 ; c'est-à-dire qu'ici, comme précédemment, le tronc dépouillé de ses membres représente encore un ovoïde à grosse extrémité supérieure; mais on constate que, chez la femme, le diamètre bi-acromial
étant de 29 centimètres, le diamètre bi-iliaque atteint 3o centimètres, c'est-à-dire qu'ici le tronc, dépouillé de ses membres, représente une ellipse, ou un ovoïde à grosse extrémité inférieure, l'extrémité supérieure différant très peu en largeur de l'extrémité inférieure. Mais c'es't là un mode de mensuration qui tient trop peu de compte de la réalité complète, car l'artiste n'a pas à considérer le tronc autrement que complet, c'est-à-dire pourvu des membres supérieurs et inférieurs, et il doit tenir compte de la part que prennent aux diamètres des deux extrémités du tronc la présence des racines de ces membres tête de l'humérus et grand trochanter . Nous avons tenu cependant à rapporter ici ce procédé de mensuration, parce qu'il met bien en évidence la prépondérance du diamètre du bassin chez la femme, comparativement à ce qu'on constate chez l'homme, ainsi que, du reste, nous l'avons vu précédemment ci-dessus, p. III .
Si l'on dispose en tableau les chiffres précédemment indiqués pour les diamètres bi-huméral. bi-trochantérien. bi-acromial et bi-iliaque chez l'homme et chez la femme, ou si, mieux encore, on traduit ces chiffres par des lignes proportionnelles destinées à donner, sur une silhouette de femme et sur une silhouette d'homme, la valeur des diamètres de la région des épaules et des diamètres de la région du bassin et des hanches, et si on fait passer des lignes verticales par les extrémités des diamètres biiliaques et bi-trochantériens, on obtiendra deux figures qui résument d'une manière graphique toutes les indications précédentes fig. 29 et 3o . On y constatera, en effet, que chez l'homme hg. 20' les lignes verticales
(x etj^] passant, aussi bien par Textrémité du diamètre bi-trochante'rien (V/, d] que du diamètre bi-iliaque (c, c), viennent en haut tomber toutes deux en dedans aussi bien de l^extrémité du diamètre bi-huméral [b^ b]- que du
FiG. 29.
Schéma des rapports des diamètres des hanches avec les diamètres des épaules chez Thomme. (Voir le texte.)
FiG. 30.
Schéma des rapports des diamètres des hanches et des diamètres des épaules chez la femme. (Voir le texte.)
diamètre bi-acromial (^r, a) ; au contraire, chez la femme, (fig. 3o) on verra que ces mêmes lignes verticales viennent toutes deux tomber en dedans de l'extrémité du diamètre bi-huméral, mais en dehors du diamètre biacromial.
Après cette étude sur les proportions des hanches, nous devons dire un mot de la part que le grand trochanter prend au modelé des formes extérieures. En voyant sur un squelette le grand trochanter se détacher
jjo PRECIS D'AN AT OMIE.
si nettement et faire en dehors une saillie si considérable, on pourrait s'attendre à trouver dans le modelé extérieur une saillie reproduisant la forme du grand trochanter. Il n'en est cependant rien. Les muscles qui viennent du bassin et vont s'attacher au trochanter sont nombreux, superposés, épais, et le corps charnu des plus superficiels est assez fort pour faire une saillie qui dépasse légèrement celle du trochanter; au niveau de celui-ci leur corps charnu est remplacé par un tendon plus ou moins aplati, de telle sorte qu'en définitive la face externe du trochanter se trouve traduite sur le modelé extérieur par une dépression bornée en avant parla saillie du muscle tenseur du fascia lata, en haut et en arrière par celles du moyen et du grand fessier ; en bas, le méplat concave correspondant au grand trochanter se continue directement avec le vaste méplat qui règne sur la face externe de la "cuisse et qui correspond à l'aponévrose fascia lata (voy. ci-après).
C'est là, du reste, un cas qui a beaucoup d'analogues : les saillies osseuses se traduisent souvent à l'extérieur par un modelé plus ou moins creux; et la cause en est toujours dans la même disposition que précédemment, à savoir que les saillies osseuses donnent insertion à des muscles dont le corps charnu s'arrête à peu de distance de la saillie osseuse et forme ainsi, par son épaisseur, un certain relief autour de la saillie; d'une manière plus générale encore on peut dire que, à quelques exceptions près (par exemple les malléoles ou chevilles), toutes les fois qu'une surface osseuse n'est recouverte que par la peau, les muscles qui environnent cette surface s'élèvent au-dessus de son niveau et, par suite, font
NEUVIEME LEÇON. iji
qu'elle se traduit extérieurement par un creux d'autant plus prononcé que le sujet est plus musclé. C'est ainsi que la partie médiane du sternum se traduit extérieurement par une gouttière limitée de chaque côté par le relief des muscles grands pectoraux ; que la face interne du tibia forme une longue et large gouttière lorsque les muscles antérieurs et postérieurs de la jambe sont très développés, etc.
Sommaire. — Squelette de la cuisse et du genou. — Corps du fémur; sa courbure; sa direction oblique; ligne âpre. — Extrémité inférieure du fémur : condyles; espace intercondylien ; trochlée antérieure. ■ — Rotule; ligament rotulien. — Partie inférieure des os de la jambe. — Tib^a; ses plateaux; sa tubérosité antérieure.—Tête du Péroné. — Articulation du genou : rapports des os dans la flexion et dans l'extension. — Appareil ligamenteux : Capsule; sa laxité et son étendue en avant, d'où facilité et étendue du mouvement de tlexion; sa force et sa brièveté en arrière, d'où limite du mouvement d'extension. — Ligaments latéraux du genou; leur mécanisme spécial déduit de leur insertion supérieure excentrique. — Mouvements de latéralité du genou; ligaments croisés. — Modelé de la région du genou : méplat susrotulien ; saillies rotuliennes; tendon rotulien et pelotons adipeux qui le débordent. — Saillies osseuses de la face externe et tendons y aboutissant. — Simplicité du modelé de la face interne du genou.
Après avoir étudié Pextrémité supérieure du fémur au point de vue de Tarticulation, des proportions et des formes de la région des hanches, nous devons continuer l'étude de cet os en examinant son corps et son extrémité inférieure, cette dernière partie nous amenant à y articulation du genou.
Le corps du fémur n'est pas droit, mais bien légèrement courbe avec convexité tournée en avant; sur le sujet complet cette convexité se reconnaît encore dans la forme de la face antérieure de la cuisse très nettement
DIXIF.MF. LEÇON. lîj
convexe de haut en bas bombée en avant . les muscles qui recouvrent le temur en avant étant disposés de manière à exage'rer encore cet aspect puisque leurs corps charnus sont surtout accumules au niveau de la partie movenne de la réi^ion antérieur de la cuisse. — D'autre part, le temur, sur un sujet debout, n'est pas dirigé verticalement, mais bien obliquement de haut en bas et de dehors en dedans ^tig. 3 I .de telle sorte que les extrémités supérieures des deux fémurs sont relativement très éloignées Tune de Tautre. tandis que leurs extrémités inférieures se rapprochent beaucoup au niveau des genoux. Chez la temme, cette obliquité est plus prononcée que chei l'homme, ce qui tient à ce que les extrémités supérieures des deux témurs sont. chez elle, plus écartées, ainsi qu'il résulte des considérations dans lesquelles nous sommes précédemment entrés relativement au diamètre des hanches ^diamètre bi-irochantérienl chez la temme.
La forme du corps du fémur est celle d un prisme triangulaire présentant trois taces, unf*. antérieure, une postéro-externe . une postero-inierne , et trois bords, deux latéraux et un postérieur. Les deux bora ^ latéraux sont très arrondis, non tranchants: le bord postérieur, au contraire, est très saillant sous forme d'une ligne rugueuse dite ligne dpre [ i , tig. 3 1 , laquelle donne insertion à un très grand nombre de muscles. Cette Jigne âpre se divise en haut en deux bifurcations légèrement divergentes, dont l'externe 2, 2, fig. 3r va vers le grand irochanter et l'interne 3) vers le petit trochanter. En bas, la ligne âpre se bifurque de même, l'une de ses branches allant vers la tuberosiie interne, l'autre vers la tuberosite externe du fémur 4, 4. fig. 3i .
L extrémité inférieure du fémur se renfle fortement et se dilate aussi bien dans le sens transversal que dans le sens antéro-postérieur. Quand on examine cette extre'mité par sa face postérieure (fig. 3i),on voit qu^elle est formée par deux grosses masses fortement saillantes en arrière, qu^on nomme condjrles du fémur et qu^on distingue en condjde interne (12) et condjrle externe (i i). La surface inférieure et postérieure de ces condyles est lisse et recouverte d^une couche de cartilage articulaire ; entre eux est une profonde excavation dite espace intercondjrlien (i3, fig. 3i) qui les sépare. Quand au contraire on examine Fextrémité inférieure du fémur par sa face antérieure, on constate qu^ici les condyles viennent se rejoindre, se fusionner Pun avec Pautre et que leur surface lisse se continue en avant en une surface articulaire configurée en poulie et dite trochlée fémorale. Cette trochlée présente une gorge médiane, et deux lèvres, dont Texterne, faisant suite au condyle externe, est plus saillante et remonte plus haut que la lèvre
Fémur gauche, vue f-ostérieure. — II, I, ligne âpre ; — 2, 2, sa bifurcation supérieure externe ; — 3, sabifurcation supérieure interne; — -1, 4, ses bifurcations inférieures ; — 5 , tête du fémur ; — 6, dépression de la tête donnant insertion au ligament rond (voy. p. 120); — 7, col du fémur; — 8, grand trcchanter; — 9, face interne du grand trocbanter; — 10, petit trocbanter; — 11, condyle externe; — 12, condyle interne ; — 13, écbancrure intercondylienne ; — 14, 15, tubérosités surmontant chacun des condyles.
DIXIEME LEÇON. ijS
interne faisant suite au condyle du même côté. Ces détails sont très importants, car, comme nous le verrons, sur le genou fortement fléchi, les lèvres de la poulie fémorale se dessinent nettement à travers la peau et laissent constater leurs différences en saillie et en hauteur.
Pour former Tarticulation du genou, Pextrémité inférieure du fémur est en rapport directement avec la rotule et avec Pextrémité supérieure du tibia ; elle est indirectement en rapport avec Pextrémité supérieure du péroné. Nous devons donc étudier de suite la rotule et les extrémités supérieures des deux os de la jambe.
La rotule, qu"'on a comparée à un disque, d''où son nom [rotula, petite roue), est en réalité de forme triangulaire, présentant une face antérieure unie et légèrement convexe, une face postérieure moulée sur la trochlée fémorale, c^est-à-dire formée d\nie saillie médiane correspondant à la gorge de la poulie et de deux dépressions latérales correspondant chacune à Pune des lèvres de la poulie. La circonférence de la rotule est formée par deux bords latéraux obliques, une base tournée en haut, donnant attache au tendon du triceps, et un sommet tourné en bas, donnant attache à un fort ligament qui va, d'autre part, s'insérer à la tubérosité antérieure du tibia et qu'on nomme ligament rotulien. En réalité, ce ligament fait suite au tendon du triceps, la rotule devant être considérée comme un os sésamoïde, c'està-dire comme un noyau osseux développé dans Pépaisseur d'un tendon (dans l'épaisseur du tendon du triceps crural).
La jambe ^ comme l'avant-bras, est formée de deux os ; Pun,plus volumineux, est situé en dedans (i , fig. 32), c'est