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Les deux os de la jambe gauche; vue antérieure. — r, corp; du tibia; — 2, sou plateau nterne ;— 3, son plateau externe; —4, épine du tibia; — <;, tubérosité antérieure du tibia; — 6, crête du tibia; — '; extrémité inférieure du tibia, avec la malléole interne (8); — 9, corps du péroné ; — 10, son extrémité supérieure ; — II, son extrémité inférieure ou malléole externe.
extrémité super
le tibia ;VsiUXYQ^ plus grêle, est situé en dehors et un peu en arrière, c^est le péroné ((^^ lig. 32). Comme les deux os de Pavant-bras, les deux os de la jambe arrivent à des niveaux différents Tun de l'autre en bas et en haut ; en haut, le tibia monte plus haut que le péroné et c'est pourquoi il prend seul une part directe à l'articulation du genou ; en bas, c'est le péroné qui dépasse le tibia et c'est pourquoi la malléole externe descend plus bas que la malléole interne. Mais nous ne devons examiner pour le moment que les extrémités supérieures de C2S deux os.
L'extrémité supérieure du tibia est très volumineuse , transversalement élargie, et présente à sa face supérieure deux plateaux légèrement excavés, dits cavités gléno'ides, qu'on distingue en plateau externe (3, fig. 32) et plateau interne (2, hg. 33) chacun en rapport avec le condyle fémoral de même nom. L'espace qui, sous forme d'une gouttière antéro-postérieure , sépare ces deux plateaux présente à sa partie moyenne une saillie conoïde assez mousse, dite épine du tibia (4, iig. 32), qui répond à l'espace intercondylien du fémur. Quant au pourtour de ieure du tibia, tous, les détails inté-
ressants qu'il présente sont groupés sur la face antéroexterne. ce sont: tout en avant, au niveau de la jonction de l'extrémité supérieure avec le corps de l'os, une large éminence arrondie, dite tubérosité antérieure du tibia 5, fig. 02 , qui donne insertion au ligament rotulien précédemment indiqué ; 2'' en dehors et un peu en arrière, une surface arrondie, lisse et couverte de cartilage, destinée à s'articuler avec la tête du péroné 10. fig. 3i : 3'' sur le milieu d'une ligne légèrement courbe à convexité supérieure, allant de la tubérosité antérieure du tibia à la surface articulaire péronéale. une saillie osseuse plus ou moins prononcée selon les sujets et dite tubérosité du jambier antérieur, du nom du muscle auquel elle donne attache. — Si dans cette énumération on remplace la surface articulaire péronéale par la tête du péroné elle-même, on a la liste des trois principales saillies osseuses qui se révèlent à l'extérieur à ce niveau, savoir la tubérosité antérieure du tibia, la tubérosité du jambier antérieur et la tête du péroné.
L'extrémité supérieure ou tête du péroné 10, ng. 32 . irrégulièrement arrondie, est placée en dehors et un peu en arrière, sur l'extrémité supérieure du tibia, mais n'arrivant pas jusqu'au niveau de la surface des plateaux de ce dernier; elle présente en arrière une saillie pointue verticalement dirigée, dite apophyse styloïde, mais qui. entourée par le ligament latéral externe du genou qui s'v attache, ne se manifeste pas dans le modelé extérieur.
Telles sont les parties osseuses qui prennent une part directe fémur, tibia, rotule, ou indirecte péroné à l'articulation du genou. Sur un sujet debout les con-
dyles du fémur reposent par leur partie inférieure sur les plateaux du tibia, et la concordance des surfaces articulaires est rendue plus exacte par ce fait, peu important du reste au point de vue des formes, quQ le bord de chaque plateau du tibia est pourvu d'un bourrelet fibreux, dit fibro-cartilage semi-hinaîre, lequel augmente la saillie de ce bord (5, 5, fig 34) et fait que le condyle fémoral correspondant est reçu dans une véritable cavité articulaire; en même temps, chez le sujet debout, la rotule est appliquée sur la trochlée fémorale. Lorsqu'au contraire le sujet se met à genoux, ou, d'une manière plus générale, lorsqu'il fléchit la jambe (en la portant en arrièrel, la rotule, que le ligament rotulien fixe au tibia d'une manière invariable, glisse du haut en- bas sur la trochlée, arrive au contact de la partie antérieure des condyles, en même temps que ceux-ci sont en contact avec les plateaux du tibia par leur partie toute postérieure. Après cette rapide indication sur les rapports des os de l'articulation du genou, nous devons étudier avec détail l'appareil ligamenteux qui les réunit, afin de nous rendre compte des particularités du mécanisme de cette articulation.
L'appareil ligamenteux du genou se compose essentiellement d'une c'est-à-dire d'un manchon fibreux qui, comme nous l'avons déjà dit pour les articulations précédemment étudiées, s'attache par ses extrémités aux bords des surfaces articulaires. Sur le fémur, cette insertion se fait sur les limites de la trochlée et des surfaces cartilagineuses des condyles; sur le tibia, elle se fait sur le bord des plateaux; enfin elle se fait de même sur les bords de la rotule. Mais si ces insertions sont faciles à
comprendre, nous devons insister sur la disposition de cette capsule, c'est-à-dire sur sa longueur, sa laxité, considérées à la région antérieure, à la région postérieure, et sur les parties latérales, atin de nous rendre compte de la manière dont elle laisse certains mouvements très faciles et très étendus, tandis qu'elle limite les autres ou même les rend à peu près impossibles.
En avant [a, a, fig. 33), la capsule est très lâche, très étendue, c'est-à-dire que la partie qui va de la limite antérieure de latrochlée au bord supérieur de la rotule forme comme une vaste p o c h e , u n c u 1 - d e - s a c q u i r e m o n t e en haut sous le tencion du niuscle triceps (5, fig. 33) et est désigné sous le nom de cul-de-sac soustricipital. Cette disposition nous rend compte de la facilité et de rétendue du mouvement de flexion; en effet, dans la flexion, le tibia se portant en
arrière, et entraînant avec lui la rotule du haut en bas, ainsi qu'il a été dit précédemment, la partie susrotulienne de la capsule serait tendue et briderait le mouvement si cette partie était courte et serrée ; mais la capsule est en ce point si étendue et si lâche, qu'aucune exagération de la flexion de la jambe ne peut lui faire subir la moindre
Fi.. 33.
Schéma des parties articulaires du genou (coupe aniéro-posté rieure); — i, fémur; — 2, tibia; — 3, péroné; — 4, rotule; — 5, tendon du triceps ; — 6, tendon ou ligament lotulien,; — 7, l'un des ligaments croisés intra-articulaires; — 8, 8, l'un des muscles jumeaux ; — a, a, partie antérieui e, et h, partie po térieure de la capsule articulaire; — C, peloton adipeux sous-rotulien.
i^o . PRÉCIS D'AN A TOMIE.
tension ; aussi la flexion de Particulation du genou peut-elle aller jusqu'à la rencontre des parties molles de la région postérieure de la jambe (mollet) avec les parties molles de la face postérieure de la cuisse.
En arrière, lacapsule est courte et épaisse, formant sur chaque condyle une sorte décapsule fibreuse [b, fig. 33), sur laquelle s'attachent les muscles jumeaux (muscles du mollet). Lorsque la jambe est fléchie sur la cuisse, cette partie postérieure du manchon articulaire ou capsule fibreuse des condyles est relâchée; mais, à mesure que la jambe passe de la flexion dans Pextension, la capsule fibreuse des condyles se tend, et lorsque Textension est arrivée à mettre la jambe sur le prolongement de la cuisse, cette tension de la capsule a atteint un degré qui met obstacle à toute exagération de ce mouvement, c'est-à-dire fixe la jambe sur la cuisse dans la position indiquée. Il est, de plus, une autre disposition importante qui agit, et avec plus de force, dans le même sens, c'est-à-dire qui arrête l'extension : ce sont les parties latérales, internes et externes de la capsule, parties qui sont renforcées chacune par un ligament distinct (ligaments latéraux).
Le ligament latéral interne a la forme d'une bandelette aplatie; aussi paraît-il confondu plus ou moins avec la partie correspondante de la capsule. Le ligament latéral externe, au contraire, a la forme d'un cordon arrondi très fort, bien distinct de la capsule, d'autant plus que l'insertion de son extrémité supérieure se fait non sur le tibia, mais sur la tête du péroné (à Vapopliyse stjrloïde, voy. ci-dessus, p. 137), à côté de l'insertion du tendon du muscle biceps (voy. 21,21, fig. 60, p. 266). Mais ce que ces ligaments présentent de plus remarquable,
c'est que leurs extrémités supérieures, attachées aux faces latérales des condyles, s'insèrent non vers le centre de courbure de ces condyles, mais en un point très excentrique, situé en arrière du centre (en tz, fig. Sq et 35). Il en résulte que pendant la flexion ces ligaments sont relâchés; mais qu'à mesure que se produit l'extension, c'est-
FlG. 34.
Genou : état des ligaments latéraux (a /») dans la flexion; — i, fémur;
— 2, cond3-le fémoral ; — 3, tibia; — 4, péroné;
— ), 5, coupe du disque ou fibro-cartilage semilunaire (p. 138).
EiG. 3>.
Genou ; ligament latéral tcnda dans l'extension de la jambe sur la cuisse (la distance a b est plus grande ici que dans la figure précédente).
— Pour les lettres, voir la figure précédente.
à-dire à mesure que le tibia se porte vers des points de plus en plus antérieurs de la surface courbe des condyles fémoraux, ces ligaments se trouvent graduellement tendus, leurs deux points d'insertion étant successivement séparés par des distances de plus en plus grandes, vu l'insertion excentrique (en arrière) de leur extrémité supérieure. Lorsque la jambe est arrivée à la position d'extension dans laquelle elle se trouve sur le même plan que le fémur, la tensior^ des ligaments latéraux est telle
qu'elle arrête le mouvement et immobilise complètement la jambe sur la cuisse. C'est ce que fait comprendre la comparaison des figures 84 et 35. Nous voyons donc en résumé que, vu les dispositions des parties antérieure, postérieure etlatérales de Tappareil ligamenteux du genou, cette articulation jouit d'un mouvement de flexion illimité et d'un mouvement d'extension très limité, puisqu'il ne peut aller au delà de la position dans laquelle la jambe est directement sur le prolongement de la cuisse.
Ces mêmes dispositions nous rendront compte du degré auquel sont possibles les mouvements de latéralité dans le genou. Cette articulation étant formée de deux condyles,il est bien évident qu'il ne saurait s'y produire des mouvements de flexion latérale, car il faudrait pour cela c[ue l'un des condyles vint à se détacher du plateau tibial correspondant. Il ne peut être question ici que de légers mouvements de glissement entre un plateau tibial et un condyle fémoral, mouvement se traduisant par une rotation dont l'autre condyle forme le centre. Ces légers mouvements de rotation, qui contribuent à Taction par laquelle nous dirigeons la pointe du pied en dehors ou en dedans, sont impossibles dans l'extension complète ; et il est en effet facile de comprendre que lorsque, dans l'extension, le tibia est immobilisé sur le fémur par la tension et des ligaments latéraux et de la partie postérieure de la capsule, tout glissement unilatéral est impossible, car il aurait pour effet de tendre dans ce côté de l'articulation des parties qui sont déjà arrivées à leur maximum de tension. Mais, dès que la flexion se produit et surtout lorsqu'elle est arrivée à l'angle droit, comme chez un sujet assis, de légers mouvements de rota-
tionde la jambe deviennent possibles ; ils sont peu étendus, il est vrai, surtout en dedans, c'est-à-dire qu'on peut plus facilement faire que le genou prenne part au mouvement qui dirige la pointe du pied en dehors qu'à celui qui la dirige en dedans. Cette différence entre la rotation en dedans et la rotation en dehors est due à ce que dans l'intérieur même de l'articulation se trouvent deux ligaments dits ligaments croisés, dont nous dirons seulement qu'ils partent de l'épine du tibia, entre les deux plateaux (voy. ci-dessus, p. 1 36) et se dirigent en haut (7, fig. 33) en se croisant pour aller s'attacher, dans l'espace intercondylien, à la face correspondante de chacun des condyies. Or le croisement de ces deux ligaments est tel qu'il est augmenté par la rotation du tibia en dedans, c'est-à-dire que ce mouvement tend à enrouler et tordre les deux ligaments l'un sur l'autre, par suite les raccourcit et par ce fait même fixe le tibia sur le fémur et empêche la rotation en dedans d'aller plus loin. Au contraire, la rotation en dehors détord ces deux ligaments, les décroise, tend à les rendre parallèles et, par suite, plus lâches; de sorte que ce mouvement pourrait être très étendu, si les ligaments latéraux, d'autre part, ne mettaient obstacle à un trop grand déplacement entre un condyle fémoral et le plateau latéral correspondant.
Il est encore dans l'articulation du genou quelques particularités anatomiques que nous allons examiner en étudiant cette région au point de vue du modelé extérieur de cette région. La face postérieure du genou est recouverte par de nombreux muscles et tendons , qui forment ce qu'on appelle le creux poplité ; par suite, l'étude de cette face postérieure sera faite lors de la des-
i^^ PRECIS D'A NATO MIE.
cription des muscles de la jambe et.de la cuisse; mais, par contre, sur les faces latérales externe et interne, et sur la face antérieure du genou, tous les détails du modelé extérieur sont dus uniquement aux parties osseuses et ligamenteuses, dont il a été déjà question ou qu'il nous reste encore à indiquer.
La face antérieure du genou- doit être examinée dans deux attitudes différentes, dans Textension ou la flexion faible, et dans la flexion forcée. 1° Dans la flexion forcée, on voit surtout le modelé de la trochlée fémorale (ci-dessus, p. i35); 2° dans Pextension on trouve sur la face antérieure du genou, successivement de bas en haut, un méplat triangulaire susrotulien correspondant au tendon du muscle triceps crural ; au-dessous est le relief de la rotule, traduisant nettement sous la peau son modelé triangulaire à base supérieure et à sommet inférieur. Les deux angles supérieurs de la rotule sont souvent spécialement distincts sous forme de deux petites saillies arrondies ; au-dessous de la rotule , le tendon rotulien forme une saillie médiane longitudinale , descendant jusqu'à la tubérosité antérieure du tibia, qui se traduit par un fort renflement. Mais, de plus, on aperçoit souvent de chaque côté de la partie supérieure du ligament rotulien, immédiatement au-dessous de la rotule, une légère saillie facilement dépressible, qui correspond à des parties dont nous n'avons pas encore donné la description ; nous voulons parler de la portion de la capsule située au-dessous du ligament rotulien, c'est-à-dire s'étendant du sommet inférieur de la rotule au bord antérieur du plateau du tibia. Cette partie de la capsule (C, flg. 33) est épaisse et formée presque
DIXIEME LEÇON. i<,5
uniquement par un gros peloton de tissu adipeux, peloton qui se prolonge jusque dans Tintérieur de Tarticulation (où il forme \q ligament adipeux des auteurs), et qui fait en dehors de Tarticulation, c'est-à-dire en avant du genou, une saillie divisée en deux parties latérales par le ligament rotulien (6, lig. 33) qui le bride et le comprime en sa partie moyenne. Lorsque le muscle triceps tire fortement sur la rotule et sur le ligament rotulien, celui-ci comprime au plus haut degré qq peloton adipeux, le force à faire pour ainsi dire hernie de chaque côté, et alors la saillie bilatérale en question est plus nettement dessinée.
Pour la face latérale externe du genou, trois saillies osseuses peuvent servir de points de repère; ce sont: en avant, la tubérosité antérieui^e du tibia (vue alors de profil); en arrière, la tête du péroné ; entre les deux, la tubérosité du jambier antérieur. A chacune de ces saillies osseuses aboutissent des tendons venus de la cuisse, et qui dessinent sur la face externe du genou trois fortes nervures verticales ; ce sont : en avant, le tendon rotulien [VU ici de prohli ; en arrière, le tendon du muscle biceps crural allant s''attacher à la tête du péroné; et au milieu, la partie inférieure de Paponévrose fascia lata (voy. ci-après), aponévrose qui se rétrécit et s^épaissit à son extrémité inférieure, et forme un véritable tendon allant s^attacher à la tubérosité du jambier antérieur.
Autant les faces antérieure et externe du genou sont compliquées, autant est simple le modelé de la face interne. Ici la face interne du condyle interne du fémur et celle de la tubérosité correspondante du tibia forment par leur ensemble une large saillie hémisphérique parfaitement régulière, car il ne s^y dessine aucun ligament ni
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aucun tendon, le ligament latéral interne du genou formant une bandelette aplatie (voy. p. 140), qui ne donne aucun relief, et les tendons de la région contournant la tubérosité interne du tibia en arrière et en bas pour aller s^attacher à la partie supérieure de sa face externe, sous la forme d\ine large et mince expansion tendineuse dite patte d'oie (voy. p. 258 et fig. 61).