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Maxillaire inférieur : vue latérale. — i, corps du maxillaire et ligne oblique externe; — 2, branche montante; — 3, sytiuphyse du menton;
PRÉCIS D'AN ATOMI E.
épais, un bord antérieur mince qui en bas se continue sur la face externe de la branche horizontale ou corps sous la forme d'une ligne légèrement saillante dite ligne oblique externe (i, fig. 42) ; enfin un bord supérieur qu'une profonde échancrure [échancriire sigmo'idey 12, fig. 42) divise en deux parties fortement saillantes. La saillie postérieure est épaisse et se termine par une tête articulaire ou condyle de la mâchoire (11, fig. 42), formant Particulationtemporo-maxillaire; la saillie antérieure est plus mince, sous forme de lame triangulaire : elle porte le nom à'' apophyse coronoïde (10, fig. 42) et donne insertion au muscle temporal. — La branche horizontale ou corps de la mâchoire s'étend de l'angle de la mâchoire à la symphyse du menton (3, fig. 42) ; elle présente une face externe sur laquelle on remarque un orifice (12, fig. 41 et 5, fig. 42) dit trou mentonnier qui est placé sur la même ligne verticale que l'échancrure susorbitaire et le trou sous-orbitaire. Son bord inférieur est parfois légèrement ondulé, son bord supérieur est alvéolaire, c'est-à-dire présente les saillies et sillons correspondant aux alvéoles des dents et à leurs interstices.
La mâchoire inférieure présente des caractères très différents selon les âges : chez l'enfant, son angle est très obtus et peu saillant ; chez l'adulte, il arrive à figurer presque un angle droit ; chez le vieillard, la forme de la mâchoire se modifie par la chute des dents, par la résorption du bord alvéolaire et, par suite, de la diminution de hauteur de la branche horizontale. Il en résulte que, pour amener le maxillaire inférieur au contact du supérieur, le vieillard fait subir à la mâchoire inférieure un fort mouvement de bascule en avant et en
haut, d'où une saillie caractéristique de la symphyse du menton qui semble se projeter en haut et en avant à la rencontre de la saillie nasale.
Les dents qui garnissent chacun des maxillaires sont au nombre de 32 chez Padulte, 8 dans chaque moitié latérale de chaque maxillaire. On distingue aux dents une partie engagée dans la cavité alvéolaire et dite racine, et une partie libre dite couronne; la forme de la couronne permet de classer les dents en quatre espèces distinctes, qui, sur chaque moitié de mâchoire, sont disposées de la manière suivante, en partant de la ligne médiane : deux incisives; une canine (c, fig. 42); deux petites molaires ( b, fig. 42 ) ; et trois grosses molaires (m, fig. 42) (total : 8). Situées à la partie la plus externe et la plus postérieure de Parcade dentaire, les molaires sont cachées par les joues, et nous dirons seulement qu'elles sont caractérisées par une couronne formée de plusieurs tubercules (quatre pour les grosses molaires, deux pour les petites). Au contraire^, les canines et les incisives deviennent bien visibles quand les lèvres s'écartent; les canines sont caractérisées par une couronne conique à extrémité très pointue, laquelle présente un grand développement chez les carnassiers, par exemple chez le chien (d'où le nom de canines). Les incisives présentent une couronne aplatie d'avant en arrière, de forme rectangulaire (carrée) avec un bord libre tranchant comme un ciseau. Leur volume relatif est soumis à une loi assez constante pour devoir être ici énoncée : les deux plus grosses incisives sont les médianes supérieures ; viennent ensuite, par ordre de décroissance,, les latérales
supérieures, puis les latérales inférieures, et enfin les deux médianes inférieures, qui sont les plus petites.
L^articulation de la mâchoire avec le crâne, ou aj^ticulation temporo-ynaxillaire, se fait par le condyle de la mâchoire (ii, fig. 42 et 29, fig. 39) qui est reçu dans la cavité que présente le temporal en avant du conduit auditif et en arrière de la racine transverse de Tapophyse zygomatique (voy. p. 169); cette cavité glénoïde du temporal est revêtue de cartilage, ainsi que la racine transverse en question, laquelle est à certains moments en contact avec le condyle de la mâchoire. Cest qu^en effet la capsule fibreuse qui entoure Parti-culation est renforcée en dehors par un ligament latéral externe qui va obliquement, du point de jonction des deux racines de Tapophyse zygomatique, en bas et en arrière, s^attacher au col du condyle de la mâchoire. Il en résulte que lorsque la mâchoire s^abaisse, par un mouvement de rotation du condyle maxillaire sur son axe, ce ligament latéral externe est tendu, exerce une traction sur le condyle et Tattire en avant, le faisant sortir de la cavité glénoïde pour le mettre en contact avec la racine transverse de l'apophyse zygomatique. Il y a donc, lorsque la bouche est très fortement ouverte (la mâchoire inférieure très abaissée), un déplacementdu condyle de la mâchoire en avant, déplacement bien visible chez les sujets très maigres, et qui par suite devait être signalé ici, ainsi que son mécanisme particulier.
La face considérée en général présente surtout de Pintérêt quand on compare, selon les individus et selon les races, son développement avec celui du crâne. Engéné-
QUATORZIEME LEÇON. i8i
ral, plus le squelette de la face est saillant en avant, et moins le crâne ^le front est développé. C'est ce qu'avait bien saisi Camper, artiste hollandais du milieu du xvni'" siècle.
Camper a proposé d'apprécier le développement relatif du crâne et de la face par la mesure d^un angle qui
FlG. 43.
Mesure de l'angle facial (goniomètre appliqué sur un crâne). — i, plan inférieur horizontal du goniomètre; — 2, pièce mobile avec tige introduite dans le trou auditif; — 4, cercle gradué; — plan oblique articulé en bas par charnière avec le plan horizontal; — 6, crémaillère pour placer la branche (7) sur la partie saillante du front.
est comme la traduction géométrique du profil de la face et de la partie antérieure du crâne. Cet angle facial a été depuis Tobjet de nombreuses études de la part des anatomistes et des anthropologistes , qui ont modifié et perfectionné les procédés de le mesurer. Il nous suffira ici de Pindiquer tel que le prenait Camper et tel qu'il Ta étudié pour, disait-il, fournir aux artistes le moyen de donner leur caractère aux diverses physionomies des hommes et des animaux. Cet angle est déterminé par deux
PRECIS D'ANATOKIE.
plans (sur une tête dessinée de profil, par deux lignes^. Tun, qu'on peut dire horizontal, va du conduit auditif externe à Te'pine nasale, située au bord inférieur de Torifice des fosses nasales (i, fig. 48 et a b, fig. 44) ; Tautre, plus ou moins oblique de bas en haut et en arrière, est tangent en bas à la saillie des dents incisives et en haut
FlG. 44.
Angle facial d'un sujet de race caucasique (Camper). — a b et c d, lignes qui déterminent cet angle (voir le texte) ; — i, frou auditif; — 2, épine nasale; — 3, j^rtie la plus saillante du front.
à la partie la plus saillante du front (c d, fig. 44). La figure 43 donne une idée de l'appareil avec lequel on mesure aujourd'hui l'angle facial ; elle représente le goniomètre facial de Jacquart; le mode de mensuration diffère ici de celui employé par Camper en ce que le plan inférieur ou horizontal va passer en avant, non par l'épine nasale, mais par la saillie des incisives.
Les figures 44 et45 , qui sont la reproduction même de celles de Camper, montrent, d'une part, que jamais l'angle facial n^arrive à être égal à un angle droit, mais quHl
s'en rapproche dans les types les- plus beaux de la race blanche. C'est donc par une exagération, dans laquelle ils ont cherché à idéaliser le profil de la face humaine en augmentant Tampleur du front, que les anciens ont donné volontiers aux têtes de dieux et de héros un angle facial supérieur à 90 degrés (fig. 46). Ces figures montrent
Angle facial d'un nègre (Camper).
également la décroissance de Tangle facial à mesure qu'on passe de la race blanche aux races jaune et noire. « L'angle que fait la ligne faciale ou caractéristique du visage, dit Camper, varie de 70 à 80 degrés dans l'espèce humaine. Tout ce qui s'élève au-dessus se ressent des règles de l'art de l'imitation de l'antiquel; tout ce qui s'abaisse au-dessous tombe dans la ressemblance des singes. Si je fais tomber la ligne faciale en avant, j'ai une tète antique; si je la fais pencher en arrière, j'ai une tète de nègre: si je la fais encore plus incliner, il en résulte une tète de singe; en s'inclinant davantage encore, j'ai
celle du chien, puis enfin celle de la bécasse 1. » Les chiffres qui justifient ces appréciations sont en effet les suivants: Tangle facial de. Camper est de 80 degrés en moyenne dans la race caucasique, de /S degrés dans la race jaune ou mongole, de 60 à 70 degrés dans la
race nègre, de 3i degrés chez les grands singes (gorille), enfin de 2 5 degrés sur la tête d^un chien de'Terre-Neuve.
Au fur et à mesure que nous avons étudié les divers segments des membres , nous avons vu que certains d^entre eux avaient été choisis, selon divers systèmes, pour servir de commune mesure de ces membres et du corps entier. Nous avons eu ainsi à parler de canons ayant pour unité la main (contenue environ 10 fois dans
I. Pierre Camper. Dissertations sur les différences réelles que présentent les traits du visage che^ les hommes de différents pays et de différents âges. {Œuvres posthumes. Paris, 1786.)
la hauteur du corps), le pied (contenu un peu plus de 6 fois dans la taille totale), le doigt médius (contenu 19 fois), etc., etc. Il était vraisemblable que la tête, c'està-dire la distance verticale de son sommet à la base du menton, devait avoir été prise aussi comme commune mesure, et c^est ce qui a eu lieu en effet dès longtemps, puisque déjà Vitruve, parlant des proportions du corps humain, énonce ce fait que la hauteur de la tête serait la huitième partie de tout le corps. Léonard de Vinci, Durer, J. Cousin ont suivi la règle de Fauteur latin , et le canon qui fait de la tête le huitième de la taille totale (Camper.) est depuis longtemps devenu
classique dans toutes les écoles. Le choix de la tête comme unité paraît assez justifié par ce double fait que, d'une
.part, dans toute représentation du corps humain, la tête est toujours visible et forme une partie bien détachée du
•reste du corps, et que, en admettant qu'elle fasse la huitième partie de la taille, ce chiffre est particulièrement commode, n^étant pas très élevé et, de plus , pair, c'està-dire divisible par 2 (et par 4) ; à cet égard, il offre, par exemple, des avantages incomparables sur celui de 19 qui représenterait la proportion du doigt médius à la taille.
Gerdy, qui a adopté le canon de huit têtes, les distribue ainsi dans la hauteur du corps: la première division comprenant la tête elle-même , la seconde s'étend du menton au niveau des mamelons, la troisième des mamelons à l'ombilic, la quatrième de l'ombilic aux organes
de la génération, la cinquième de ces organes au milieu de la cuisse, la sixième de la cuisse au-dessous du genou, la septième de dessous le genou au milieu de la jambe, et enfin la huitième du milieu de la jambe à la plante du pied.
Avant d^examiner la valeur de ce canon classique, rappelons que la tête elle-même a été divisée en quatre parties, égales chacune à une longueur de nez: la première partie va du sommet de la tête jusqu^à la naissance des cheveux; la seconde delà naissance des cheveux jusqu'à la racine du nez ; la troisième de la racine jusqu'à la base du nez; la quatrième de la base du nez au menton.
Or si Ton soumet au contrôle de Pexpérience le système du canon de huit têtes, on constate qu'il n'est exact que pour les sujets de grande taille, pour ceux qui atteignent I'", 85 et plus; au-dessous de 80, les sujets ne mesurent plus que 7 fois et demie ou même seulement 7 fois la hauteur de leur tête. C'est qu'en effet la hauteur de la tête est une quantité qui varie très peu selon les sujets; elle est en moyenne, comme valeur absolue, de 22 à 23 centimètres, et les oscillations que peut présenter cette valeur ne descendent pas au-dessous de 21 centimètres, de même qu'elles ne montent pas au-dessus de 23. Un sujet qui a huit têtes a une grande taille (23 X 8 = I'", 84) égale ou supérieure à i"', 84; un sujet qui n'a que sept têtes a une petite taille (22 X 7 = 1,54) égale et le plus souvent déjà supérieure à i'", 54.
Cette différence dans le nombre de têtes que mesure le corps selon la taille absolue des sujets nous paraît plus intéressante à noter que la théorie étroite qui consisterait à vouloir assigner rigoureusement huit têtes à
toute figure humaine; ce système absolu est en contradiction avec ce que permet de constater Pobservation. Du reste, ce serait une erreur de croire que les anciens statuaires se soient rendus esclaves d\\n pareil s^^stème de proportions, puisque nous trouvons dans leurs œuvres précisément les mêmes variations que dans la nature même. Le Gladiateur , il est vrai, mesure huit têtes; mais aussi, au premier coup d^œil jeté sur ce chef-d'œuvre, nous avonsPimpressiond^tn sujet detailleélevée, d\m homme grand et élancé; V Apollon ne mesure que 7 têtes 2/3, le Laocoon de même, et VAntinoiis que 7 têtes 1/2.
Ces variations individuelles tiennent presque uniquement à une longueur plus ou moins grande des membres inférieurs; que le sujet soit grand ou petit, le torse (avec la tête et le cou) varie relativement peu ; mais ce sont les cuisses et les jambes qui présentent le plus de différences de longueur. Aussi en présence de la diversité qu'on rencontre à ce sujet, voit-on que Gerdy luimême a mis bien peu de précision dans l'indication des points de repère où commencent et finissent les longueurs de tête qui se partagent le membre inférieur: le milieu de la cuisse, la partie inférieure du genou; ce sont là des points assez mal définis, surtout quand on ne précise pas où est Textrémité supérieure de la cuisse. Mais le vague et la contradiction même deviennent bien plus évidents , lorsqu'on veut rechercher où doit se trouver, selon les divers auteurs, Tintersection entre la quatrième et la cinquième tête, c'est-à-dire le milieu du corps; sans parler de cette singulière inconséquence de Vitruve qui place le milieu du corps au niveau du nombril, signalons seulement ce fait que, pour le passage de
la quatrième tête à la cinquième, les uns parlent du pubis, les autres vaguement des parties génitales. C'est que précisément ce centre de la taille tombe plus ou moins bas selon que le sujet est de stature plus ou moins élevée , c'est-à-dire que les membres inférieurs sont moins longs.
Le professeur Sappey a constaté que chez les sujets de petite taille la partie médiane de la taille (le centre susindiqué) correspond à la symphyse du pubis; pour lestailles moyennes et élevées, il tombe environ à 1 3 millimètres au-dessous du pubis, c'est-à-dire à la racine de la verge. Mais il peut être situé à un niveau encore inférieur, et en effet les artistes de l'antiquité l'ont souvent placé plus bas. C'est qu'en effet, dit Sappey, plus la stature s'élève, plus le centre du corps tend à s'abaisser audessous de la symphyse et la haute stature convient aux images des héros et des dieux.
Nous dirons donc en résumé: i» que la tête, comparée à la taille, est d'autant plus petite que celle-ci est plus haute; 2" que pour faire qu'une figure humaine produise, quelles que soient ses dimensions absolues, l'impression d'un sujet de petit taille, il faudra lui donner environ 7 têtes et demie et faire que le centre du corps tombe sur la symphyse pubienne; tandis que, pour qu'une figure produise l'impression d'un sujet de haute stature, il faudra lui donner 8 têtes, en plaçant le centre du corps plus ou moins bas au-dessous de la symphyse pubienne