ONZIÈME
LEÇON
Soj[MAiRE. — Squelette de la jambe. — Tibia et péroné : articulations péronéo-tibiales; absence de mobilité du péroné (différences entre la jambe et Tavant-bras; entre le pied et la main, même chez les singes dits quadrumanes). — Extrémités inférieures de ces os : mortaise pèronéo-tibiale ; malléoles ou chevilles qui la limitent : parallèle de la malléole interne et de la malléole externe au point de vue de la longueur, de la situation et de la forme. — Ensemble du squelette du pied : tarse, métatarse et orteils. — Importance du squelette du tarse pour la forme du pied : composition schématique du tarse; moitié postérieure (deux os superposés : astragale en haut, calcanéum en bas); moitié^ antérieure, simple en dehors (le cubo'ide), double en dedans (le scapho'ide et les trois cunéiformes). — Articulation de la jambe avec le pied : mouvements qu'elle permet.
Les deux os de la jambe sont placés, nous Tavons vu précédemment (p. i36), parallèlement Tun à côté de Tautre, le tibia en dedans, le péroné en dehors et en arrière (voy. fig. 32, p. i36). Le corps du tibia est prismatique triangulaire, c^est-à-dire présente trois faces et trois bords [I, fig. 32) : une face interne qui n^est recouverte que par la peau, et qui se révèle directement à l'extérieur par un long méplat plus large en haut, où il regarde un peu en avant, s'inclinant directement en dedans à sa partie inférieure oi.t il se continue avec la saillie de la cheville ou malléole interne (voy. fig. 61, p. 269). La face externe est légèrement excavée pour loger les muscles antéroexternes de la jambe, dont le principal est le muscle
jambier antérieur; en bas, cette face s^incline en avant, suivant en cela la direction du muscle jambier, qui, de la région antéro-externe de la jambe, se dirige vers la base du gros orteil, c'est-à-dire sur le bord interne du pied (fig. 59, p. 265). La face postérieure du tibia est entièrement recouverte par les nombreux et forts muscles de la région postérieure de la jambe. Enfin, des trois bords du corps du tibia, Pantérieur est particulièrement saillant et désigné sous le nom de crête tibiale (6^ûg. 32, p. i36).
hQ péroné (9,fig. 32) présente un corps long et grêle, de forme prismatique et triangulaire, dans lequel il est au premier abord difficile de bien reconnaître les trois faces et les trois bords, parce que cet os paraît tordu sur luimême d'avant en arrière et de dedans en dehors; mais on arrive facilement à se rendre compte de la signification réelle des faces qui changent de direction, en tenaiïtcompte de ce fait que les muscles péroniers latéraux, qui recouvrent sa face externe, se contournent inférieurement en arrière pour arriver au pied en passant derrière la malléole en cheville externe (voy. fig. 60, p. 266), de sorte que la face externe de Pos devient inférieurement postérieure, et que les autres faces suivant alors la même torsion, Pinterne devient antérieure en bas, et la postérieure devient interne.
Ces deux os sont séparés dans toute leur longueur par un intervalle dix espace interosseux (fig. 32, p. i36), plus large en haut qu'en bas, qu'occupe une membrane fibreuse (membrane interosseuse) allant d'un os à l'autre et servant aux insertions des muscles antérieurs et des muscles postérieurs profonds de la jambe. En haut, le péroné s'articule avec la face postéro-interne de l'extrémité supérieure du tibia, et cette articulation péronéo-
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tibiale supérieure ne jouit que de mouvements de glissement à peu près insensibles. En bas, le péroné s^articule par une sorte de symphyse avec la partie correspondante du tibia ; et cette articulation péronéo-tibiale inférieure ne jouit presque d^aucune espèce de mobilité : elle a pour but de donner une certaine élasticité à la cavité ou mortaise péronéo-tibiale dans laquelle est reçu le pied. — Nous voyons donc qu^il y a, au point de vue de la mobilité, une bien grande différence entre les deux os de la jambe et les deux os de Pavant-bras; à Pavant-bras, Pun des os, le radius, est mobile sur Pautre, le cubitus, et peut tourner de manière à venir croiser ce dernier et produire ainsi les mouvements de pronation et de supination de la main. Entre le péroné et le tibia, rien de semblable; aussi le pied ne présente-t-il aucun mouvement comparable à celui qui fait passer la main de la-pronation dans la supination. Disons en passant que même chez les singes, chez les prétendus quadrumanes, il n^ a pas non plus de pronation et de supination du pied, lequel, à ce point de vue, comme du reste sous tous les autres rapports, est 'bien réellement un pied et non une main postérieure, comme tendrait à le faire supposer Pancienne dénomination de quadrumanes .
Par leur réunion, les extrémités inférieures du tibia et du péroné forment une cavité articulaire dans laquelle est reçu le pied, c''est-à-dire Pos supérieur du tarse, V astragale. Cette cavité, qui a reçu le nom de mortaise péronéo-tibiale^ ^comprend trois parois, dont deux, la supérieure et Pinterne, sont formées par le tibia, et une seulement, Pexterne, par le péroné; les deux parois latérales correspondent avec deux parties osseuses qui for-
ment les chevilles et qui, désignées en anatomie sous le nom de malléoles (de maliens, marteau), sont distinguées en malléole interne ou tibiale et malléole externe'oupéronéale (voy. fig. 32, p. i36j. Comme la cheville ou malléole interne (8) présente une forme et une situation tout à fait différentes de la forme et de la situation de Pexterne (i i), il est important d^insister ici sur la configuration des parties osseuses dont le relief sous-cutané se traduit directement par la présence de Pune et de Tautre cheville.
Nous dirons que les malléoles diffèrent quant à leur niveau relativement à un plan horizontal, quant à leur situation relativement à un plan transversal, et enfin quant à leur/br772e. — Quant à leurs rapports avec un plan horizontal, on constate au premier coup d'œil que la malléole externe ou péronéale (ii) descend plus bas que Pinterne (8), ce qui se trouve d^accordavec ce fait précédemment énoncé (p. i36) que si Textrémité supérieure du péroné ne monte pas en haut jusqu^au niveau delà surface des plateaux du tibia, en revanche, cet os descend en bas plus bas que l'extrémité inférieure du tibia. — 20 Quant aux rapports des deux malléoles avec un plan transversal, si Ton se rappelle que le péroné est situé en dehors et en arrière du tibia, et que les mêmes rapports se mafntiennent encore pour les extrémités inférieures des deux os, on comprendra facilement que la malléole externe doit être sur un plan postérieur à là malléole interne, c'est-à-dire que la première paraît déjetée en arrière et la seconde en avant. Une ligne transversale qui traverserait la malléole interne en son centre irait, de Tautre côté de la mortaise péronéo-tibiale, passer par le bord antérieur de la malléole externe; et
inversement, une ligne transversale passant parle centre de la malléole externe irait ressortir en dedans en passant par le bord postérieur de la malléole interne. — 3° Quant aux différences de formes, elles résultent directement de la configuration des parties osseuses ; la portion malléolaire du tibia, ou malléole interne, est carrée, présentant un bord inférieur horizontal, et deux bords verticaux, Tun antérieur, Tautre postérieur ; au contraire, la portion malléolaire ou extrémité inférieure du péroné est triangulaire, ou pour mieux dire configurée en fer de lame, en téte de serpent; c^est-à-dire que, séparée du corps de Fos par un léger rétrécissement, elle se termine en bas par une extrémité pointue, formée par la convergence de deux bords obliques, Tun antérieur, Pautre postérieur.
Avant d^étudier Tarticulation de la jambe avec le pied, ou articulation tiino-tar sienne^ nous devons jeter un rapide coup d'œil sur Pensemble du squelette du pied, afin de pouvoir comprendre la signification et les rapports de celui de ses os (astragale] qui est reçu dans la mortaise péronéo-tibiale.
De même que la main se compose de trois segments qui sont, en allant de sa base vers son extrémité libre, le carpe, le métacarpe et les doigts, de même le pied se compose de segments homologues des précédents et qui sont, en allant d^arrière en avant, le tarse, le métatarse et les orteils ; mais, tandis que dans la main, dont la fonction a surtout pour but la préhension, les doigts sont longs et le carpe très court, dans le pied quia pour fonction de servir de base de sustentation, les doigts (orteils) sont relativement atrophiés, tandis que le tarse,
homologue du carpe, présente un développement considérable : il forme en effet la moitié de la longueur du pied. Aussi pour comprendre la forme du pied et son mécanisme, faut-il étudier surtout et avant tout les os qui composent le tarse.
De même que le carpe de la main était formé de deux rangées d'os, de même le tarse est composé de deux groupes d'os ou de deux moitiés : une moitié postérieiire et une moitié antérieure, — La moitié postérieure comprend seulement deux os, qui sont superposés, c'est-à-dire que Tun est placé en bas, reposant sur le sol par une partie plus ou moins considérable de sa face inférieure ; c'est le calcanéum (3, lig. 36; i à 6, tig. 38) qui se prolonge en arrière pour former la saillie du talon; tandis que l'autre est placé en haut, c'està-dire au-dessus du précédent; c'est V astragale (1,2, hg. 36; 7, 8, hg. 38), qui s'articule seul avec la Jambe, avec la mortaise péronéo-tibiale. — La moitié antérieure est dédoublée en deux parties latérales : une externe simple, c'est-à-dire composée d'un seul os, le cuboïde (8, lig. 36; i3, fig. 38); et une partie interne plus complexe, formée d'un seul os postérieur, le scaphoïde (4, hg. 36), et de trois petits os antérieurs les trois cunéiformes (5, 6, 7, hg. 36).
Après cette rapide indication sur le schéma du tarse, et avant d'entrer dans les détails de la conhguration de ses parties et de son ensemble, nous devons, ayant vu la place particulière qu'occupe V astragale, étudier son articulation avec les os de la jambe, avec la mortaise péronéo-tibiale. Nous connaissons cette mortaise; quant à la partie de l'astragale qui est reçue dans sa cavité, elle
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est formée par les trois quarts postérieurs (r, tig. 36) delà partie supérieure de Tastragale, séparés du quart antérieur par un rétrécissement qui porte le nom de col (2, lig. 36). Cette partie articulaire a la forme d\uie poulie à gorge médiane antéro-postérieure à peine sensible, mais à lèvres se prolongeant sur les côtés de Pos et se mettant en rapport avec les faces correspondantes des m alléoles externe et interne. Une pareille configuration des surfaces articulaires nous permet de conclure à priori que Varticiilationtibio-astragalienne no, doit présenter que des mouvements dans le plan antéro-postérieur, c'est-à-dire des mouvements en avant (flexion du pied) et des mouvements en arrière (extension). En effet, Tastragale est reçu dans la mortaise comme dans un étau, et une pareille disposition ne peut permettre aucun mouvement de latéralité, laissant libres seulement les oscillations en avant et en arrière, c'est-à-dire dans le plan correspondant à l'ouverture de Tétau (à l'ouverture limitée par les deux malléoles). Il est vrai que chacun peut constater sur son pied des mouvements de latéralité , et notamment des mouvements par lesquels on élève le bord interne du pied
Ensemble du squelette du pied (droit), vu par La région dorsale. — i, astragale (avec sa tête et son col, 2); — ], calcanéum ; — 4. scaplioïde; — 5, premier cunéiforme; 6, second cunéiforme ; — 7, troisième cunéiforme ; ■ — 8, cuboïde ; — 9, le métatarse; • — 10, ir, les deux phalanges du gros orteil; — 12, 13, 14, premières, secondes et troisièmes phalanges des autres orteils.
en abaissant le bord externe et inversement ; mais sur une articulation disséquée , on constate que ces derniers mouvements ne se passent pas entre Tastragale et la jambe, mais bien entre l'astragale et le reste du pied, ainsi que nous le verrons bientôt, et que Tarticulation tibio-astragalienne ne permet que des mouvements de flexion et d'extension. De ces deux mouvements, celui d'extension est assez étendu, c'est-à-dire qu'il peut aller jusqu'à mettre l'axe du pied sur le prolongement de celui de la jambe et est arrêté dans cette situation par la rencontre du bord postérieur de la mortaise avec les saillies qui sont sur le bord postérieur de l'astragale; mais le mouvement de flexion, par lequel la tàce dorsale du pied se rapproche de la face antérieure de la jambe, est très limité, car il est impossible d'amener le pied à faire avec la jambe un angle moindre de 45 degrés, ouvert en haut et en avant. La forme de la poulie astragalienne nous rend compte de ce fait, car cette poulie est plus large dans sa partie antérieure que dans sa partie postérieure (voy. en i, fig. 36), c'est-à-dire qu'elle a la forme d'un coin à base antérieure ; or, à mesure que la flexion se produit, c'est cette base, cette partie large du coin qui se place dans la mortaise, et bientôt l'astragale se trouve dans la même condition qu'an coin dont la base est trop large pour pouvoir pénétrer dans une cavité donnée ; alors le mouvement est arrêté, et l'articulation tibio-astragalienne est rigoureusement immobilisée. On ne pourrait porter la flexion plus loin qu'en faisant éclater la mortaise péronéo-tibiale, comme on fait éclater le bois dans lequel on force, avec violence, la pénétration d'un coin trop volumineux.
Sommaire. — Squelette du pied. — Union des os du tarse: astragale et calcanéum (cavité anfractueuse du tarse); ensemble des articulations sous-astragaliennes ; rôle spécial de l'astragale dans la mécanique du pied. — Les autres articulations du tarse ne présentent que de légers mouvements de glissement. — Métatarse et métatarsiens : importance du cinquième métatarsien au point de vue des formes. — Orteils et leurs phalanges. — Ensemble du squelette du pied ou formes du pied. — Voûte plantaire. — Proportions du pied : le pied comme commune mesure du membre inférieur et de la taille.
Nous allons examiner rapidement les os du tarse en tenant surtout compte des détails qui ont trait à leurs articulations. — La face inférieure de Vastragale présente deux facettes articulaires séparées par une gouttière transversale oblique; ces deux facettes sont en rapport avec deux facettes analogues disposées sur la face supérieure du calcanéum, mais placées tout à fait à la partie interne de cette face supérieure, parce que l'astragale n'est pas directement superposé au calcanéum, mais chevauche un peu sur lui en dedans, de sorte qu'il le dépasse de ce côté, tandis quïl est dépassé par lui du côté externe (voy. fig. 36, p. i53). Les deux facettes du calcanéum sont également séparées par une gouttière transversale oblique ; il en résulte que lorsque l'astragale
est en place, la gouttière astragalienne et la gouttière calcanéenne, se regardant par leur concavité, forment par leur superposition une sorte de cavité, qu'on voit largement ouverte en dehors sur le squelette du pied (en 9, iig. 38) et qui est dite cavité anfractueuse du tarse. Cest dans cette cavité que sont disposés les principaux faisceaux ligamenteux qui rattachent Tastragale au calcanéum ; il en résulte que ces ligaments, placés entre les deux articulations astragalo-calcanéennes, dont Pune est en avant et Tautre en arrière, forment une sorte de pivot autour duquel se passent les mouvements qui ont lieu entre Tastragale et le calcanéum; et comme, ainsi que nous allons le voir, le reste du tarse et de Pensemble du pied fait corps avec le calcanéum, c'est autour de ces ligaments astragalo-calcanéens comme centre que se passent les mouvements par lesquels, en dehors de la mobilité empruntée à Farticulation du genou lui-même, la pointe du pied est portée en dedans ou en dehors, de même que ceux par lesquels le bord interne ou le bord externe du pied sont élevés l'un par rapport à Pautre.
En effet, les deux articulations par lesquelles la moitié postérieure du tarse est réunie à la moitié antérieure (voy. fig. 36, p. i53), c'est-à-dire l'articulation calcanéo-ciiboïdienne en dehors, et P articulation astragalo-scaphoïdienne en dedans, sont disposées selon des types tout à fait différents pour Pune et pour Pautre, et tels que tout le reste du pied se trouve faire corps avec le calcanéum et se mouvoir facilement avec celui-ci sur l'astragale. L'articulation de l'extrémité antérieure du calcanéum avec la face postérieure du cuboïde présente un emboîtement réciproque peu prononcé, mais entouré
de ligaments épais et solides, surtout à la partie inférieure (ligament calcanéo-cubo'idien inféi^ieiir ou grand ligament de la plante) , de sorte qu^il ne peut y avoir entre le calcanéum et le cuboïde que des glissements insensibles, tels que ces deux os forment en réalité, au point de vue mécanique, une seule pièce, mais une pièce élastique. — Au contraire, Particulation asti^agaloscaphoïdienne est formée par l'extrémité antérieure de Tastragale, c^est-à-dire par la partie qui, située en avant du col (voy. p. 1 53), a reçu le nom de tête (9, fig. 3y] et mérite en effet ce nom par sa forme saillante et arrondie en avant. Cette tête astragalienne se continue en bas, par sa surface cartilagineuse, avec la surface antérieure d^articulation calcanéenne antérieure de Pastragale. Il en résulte que Pastragale forme une pièce intermédiaire entre la jambe et le reste du squelette du pied, c'est-à-dire que par Pensemble des articulations astragalo-calcanéennes et astragalo-scaphoidiennes, formant un tout articulaire qu'on peut par abréviation désigner sous le nom d^aî~ticidation sous-astragalienne, le pied possède des mouvements de latéralité par lesquels sa pointe se porte en dedans ou en dehors, ou bien son bord externe s'élève, le bord interne s'abaissant, et inversement. Au contraire, les mouvements de flexion et d'extension se passent uniquement dans V articulation siisastragalienne , c'està-dire dans l'articulation, précédemment étudiée, de l'astragale avec la mortaise péronéo-tibiale.
•Les os de la moitié antérieure du tarse, c'est-à-dire le cuboïde en dehors, le scaphoïde avec les trois cunéiformes en dedans, s'articulent entre eux par des facettes planes, mais présentant, vers leurs portions inférieures
ii^8 PRECIS D'AN AT OMIE.
OU plantaires, des rugosités destinées à des ligaments interosseux. G^est assez dire que dans toutes ces articulations il ne se passe que de légers mouvements de glissement ayant pour but de donner non une véritable mobilité à ces os, mais seulement une certaine élasticité à l'ensemble qu'ils forment, c'est-à-dire à la voûte plantaire. Quant aux particularités à signaler pour chacun de ces os, nous indiquerons : pour le scaphoïde, sa forme aplatie d'avant en arrière et allongée de dedans en dehors ; pour \q ciiboïde, une gouttière oblique (14, fig. 38) qu'il présente à sa face inférieure ou plantaire et qui est destinée au tendon du muscle long péronier latéi'al (voy. ci-après). Enfin des trois cîm^'//brme^, qu'on distingue, en les comptant de dedans en dehors, sous les noms de premier, second et troisième cunéiforme (voy. tig. 36, p. i53), le second (6) est le plus petit de tous, c'est-à-dire qu'il n'arrive pas en avant aussi loin que le premier (5) et le troisième (7, lig. 36) entre lesquels il est placé, de sorte qu'à son niveau la ligne tarso-métatarsienne forme une encoche, une mortaise rentrant dans le tarse et dans laquelle est reçue l'extrémité postérieure du second métatarsien.
En avant du tarse se trouve le métatarse correspondant au métacarpe, et les orteils correspondant aux doigts de la main. Nous n'avons que peu de mots à dire sur ces portions de squelette qui rappellent les parties homologues de la main.
Les métatarsiens, au nombre de cinq, sont des os longs, composés d'un corps prismatique et de deux extrémités, l'une postérieure ou tarsienne, configurée exactement comme les os cunéiformes, c'est-à-dire que leur ensemble rappelle la disposition des pierres d'une
voûte, Tautre antérieure ou digitale formée par une téte qui s''articule avec la base des premières phalanges. Ces os sont disposés parallèlement côte à côte, et celui du gros orteil n'est pas écarté de ses congénères, comme le métacarpien du pouce ; c'est qu'en effet le gros orteil ne jouit pas d'une mobilité comparable à celle du pouce de la main. Entin, comme détails particuliers, il faut signaler : pour le premier métacarpien (19, fig. 37), son volume considérable; pour le second (20, fig. 38), sa longueur extrême, car il dépasse en arrière ses voisins -(en entrant dans la mortaise qui correspond au second cunéiforme) et il les dépasse également en avant, ce qui fait que le second orteil est plus long que tous les autres. Pour le cinquième enfin, il faut remarquer la forme de son extrémité tarsienne qui se prolonge, en arrière, en une apophyse (19, fig. 38) qui constitue la partie externe la plus saillante du pied ; cette apophyse du cinquième métatarsien donne insertion au muscle court péronier latéral.
Les phalanges des orteils (fig. 3/ et 38) rappellent, par leur nombre et leurs dispositions, les os homologues de la main ; elles sont seulement beaucoup plus courtes, surtout celles du petit orteil, dont les deux- dernières sont réduites à de petits noyaux osseux ; aussi ce cinquième doigt du pied est-il toujours beaucoup plus court que tous les autres. Les dénorpinations de ces phalanges sont les mêmes que pour la main (phalanges, phalangines, phalangettes, etc. ; voy. p. 89).
L'ensemble du squelette du pied forme une véritable voûte, qui présente deux courbures ou concavités, l'une antéro-postérieure, l'autre transversale. Laplante du pied forme donc un creux qui va de l'extrémité postérieure du
calcanéum àPextrémité antérieure des métatarsiens ; mais ce creux plantaire est beaucoup plus élevé en dedans (fig. 37), tandis qu'il est surbaissé en dehors (fig. 38). Il faut donc, pour bien se rendre compte de la forme générale du pied, considérer que son dos regarde en haut et en
Fig. 37.
Pied droit; bord interne. — i, 2, 3, 4, calcanéum ; — 5, 6, 7, astragale ; — 8, articulation astragalo-calcanéenne postérieure; — 9, tête et col de l'astragale; — 10, 11, scaphoïde; — 12, articulation astragalo-scaphoïdienne ; — 13, 14, premier cunéiforme; — I), articulation du premier cunéiforme avec le scaphoïde; — 16, articulation du premier cunéiforme avec le métatarsien du gros orteil; ■ — ■ 17, second cunéiforme ; — 18, son articulation scaphoïdienne ; — 19, premier métatarsien; — 20, second métatarsien;— 21, articulation du second métatarsien avec les cunéiformes; — 23, 24, phalanges du gros orteil; — 25, 25, phalanges des autres orteils.
dehors, que sa plante regarde en bas et en dedans, que son bord externe est mince et arrive presque au contact du sol, que son bord interne est épais, très élevé,- c'est-à-dire très loin d'arriver au contact du sol. Un pied osseux bien articulé, posé sur un plan horizontal, n'est en contact avec ce plan que par l'extrémité postérieure du calcanéum (talon) et parles têtes des métacarpiens (avec les orteils). Quand le pied est revêtu de ses parties molles, ces points de contact sont à peine changés, c'est-à-dire qu'outre le talon et l'extrémité antérieure, on voit de plus le bord externe, surtout dans la partie qui correspond au cinquième métatarsien, arriver à toucher le sol, mais
faiblement, à moins que le sujet ne porte un lourd fardeau qui, pesant sur la voûte plantaire, met en jeu son élasticité et arrive à Paplatir légèrement. Nous verrons plus loin qu^il est des muscles (surtout le long péronier latéral) qui ont pour effet d'agir comme la corde
Pied droit; bord externe. — i à 6, calcanéum ; — 7, poulie astragalienne ; — 8, facette latérale de l'astragale en rapport avec la malléole externe ; — 9, cavité anfractueuse du tarse; — 10, articulation astragalo-calcanéenne postérieure; — 11, tête et col de l'astragale; — 12, scaphoïde ; — 13, cnboïde; — 14, origine de la gouttière delà face inférieure du cuDoïde (pour le tendon du muscle long péronier latéral); — 16, troisième cunéiforme; — 17, second cunéiforme; — 18, cinquième métatarsien avec son apophyse postérieure (19); — 20, 21, 22, 23, quatrième, troisième, second et premier métatarsien; — 24 à 25, phalanges des orteils.
qui tend en arc, c'est-à-dire de maintenir la voussure plantaire.
Comme nous Pavons fait pour la main et le membre ^ supérieur, nous devons nous demander si Tétude du pied peut fournir quelques données relatives aux proportions du coîys. Ici, moins encore que pour la main, il n'est pas possible d'arriver à faire du pied une commune mesure pour la longueur du corps en général et pour celle du membre inférieur en particulier. Il faut s'en tenir à quelques indications qui ne sont exactes que pour la moyenne des sujets. Ainsi il est facile de constater sur un squelette que la distance qui va de
Pextrémité supérieure de la tête du fémur au bord inférieur du condyle interne du fémur est égale à deux pieds; mais cette notion n'a rien de pratique; elle ne peut être utilisée sur le vivant, où il est difficile de reconnaître le niveau de la partie supérieure de la tête du fémur. Si, au lieu de la tête de ces os, on prend le bord supérieur du grand trochanter, partie bien sensible à travers la peau, on trouve alors que presque jamais il n^ a deux pieds dans la longueur qui va de ce bord supérieur du grand trochanter au bord inférieur du condyle externe ; c'est qu'en effet le grand trochanter est sur un niveau notablement inférieur à celui de la tête du fémur.
La jambe, même en y comprenant l'épaisseur du pied, ne renferme pas .un nombre entier de fois la longueur du pied; on constate en effet que du bord inférieur du condyle interne du fémur au niveau du sol (ou de la plante), il n'y a pas tout à fait deux longueurs de pied; mais, fait intéressant, on constate, en général, que cette longueur de la jambe, plus l'épaisseur du pied, est égale à la distance qui sépare le bord supérieur du grand trochanter du bord inférieur du condyle externe, c'està-dire que le milieu du membre inférieur (en partant du grand trochanter) correspond précisément à l'interligne du genou.
Quand on reporte la longueur du pied sur la jambe, en partant de bas en haut, on trouve une proportion assez régulière et d'un intérêt pratique, à savoir que du sol à la partie moyenne de la rotule on mesure généralement deux longueurs de pied.
Comme commune mesure de la hauteur du corps, le
pied ne donne pas non plus un canon exprimé par un nombre rond; en effet, d*'après les nombreuses recherches de Léger sur cette question, la longueur du pied est, en général, comprise 6 fois et i/3 dans la hauteur de la taille. Toutefois ce chiffre présente un fait intéressant quand on exprime cette proportion en prenant pour unité le tiers du pied: 6 pieds et i/3 formant 19 tiers de pied, on voit que la hauteur du corps comprendrait 19 tiers de pied. Or ce chiffre 19 est précisément le même qui, dans le canon égyptien, d'après Charles Blanc, exprime la proportion du doigt médius à la taille.
Quant au pied considéré en lui-même, nous dirons seulement que la ligne tarso-métatarsienne offre, sur le squelette, une manière assez simple de diviser le pied; cette ligne est oblique d'avant en arrière et de dedans en dehors, c'est-à-dire que son extrémité interne, à la base du premier métatarsien, divise le pied en une moitié antérieure et une moitié postérieure, tandis que son extrémité externe, à la base (apophyse) du cinquième métatarsien, divise le pied en un tiers postérieur et deux tiers antérieurs.
Sommaire. — Squelette de la tête : division en crâne et face. — Étude de la voûte ou calotte du crâne. — Os occipital; son écaille. — Os pariétal (bosse pariétale et ligne courbe temporale). — Os frontal (bosses frontales, arcades sourcilières, arcades et apophiyses orbitaires). — Os temporaux : apophyse mastoïde du temporal; son écaille; son apophyse zygomatique. — Suture des os de la voûte du crâne; leur engrenage à aspect caractéristique; suture sagittale; suture lambdoïde; sutures sphénoïdales. — Forme générale du crâne : têtes longues, têtes carrées. — Indices céphaliques : dolichocéphales, brachycéphales, mésaticéphales.
Le squelette de la tête forme deux parties intimement unies Tune à l'autre : une partie supérieure et postérieure, constituée par des os plats de forme assez simple, et dite botte crânienne ou crâne, renfermant Fencéphale (cerveau et cervelet), c'est-à-dire les organes de Pintelligence et de la volonté; une partie antérieure et inférieure, constituée par des os nombreux à configuration très complexe, et dite squelette de la face, circonscrivant des cavités multiples qui logent les principaux organes des sens et les appareils de la mastication.
Du crâne. — La boîte crânienne a la forme d'un ovoïde à grand diamètre antéro-postérieur, et les parois qui la forment peuvent être distinguées en une base, que nous
n^avons pas à étudier ici, et une calotte (parois latérales et supérieure) que nous devons examiner. Les os qui entrent dans la constitution de cette calotte ou voûte du crâne sont: en arrière, V occipital ; en avant, \q frontal; en haut, les à^ny. pariétaux ; sur des côtés, les temporaux.
Crâne ; face latérale. — i, os frontal ; — 2, pariétal ; — 3, occipital ; — 4, temporal , — 5, grande aile du sphénoïde (voy. p. 170); — é, suture coronale — 7, suture lambdoïde; — 8, 9, suture pariéto-temporale ; — 10, suture sphéiio-pariétale ; — 11, suture sphéno-temporale ; — 12, suture sphéno-frontale ; — 13, ligne courbe Ifmitant la fosse temporale; — 14, 15, 16, os malaire; — 18, os maxillaire supérieur, avec le trou sous-orbitaire (igj; — 20, 21, 22, os propre du nez ; — 23, gouttière lacrymale; — 24, bosse nasale; — 25, maxillaire inférieur; — 26, trou mentonnier; — 27, angle de la mâchoire.
U' occipital (3, fig. 39) forme la partie toute postérieure de la base et de la voûte du crâne ; on lui distingue donc deux portions : 1° une partie inférieure, horizontale, percée d^un large trou [trou occipital] par lequel la boîte crânienne communique avec le canal vertébral. En avant de ce trou est V apophyse basilaire de l'occipital; de
chaque côté sont les condyles par lesquels la tête s^articule avec la colonne vertébrale, c^est-à-dire avec les masses latérales de la vertèbre atlas (voy. p. 3i). 2«Une partie postérieure (3, fig. 29), dite écaille de Foccipital, de forme triangulaire avec sommet dirigé en haut. Les bords de cette écaille sont creusés de nombreuses et irrégulières denticulations qui s'engrènent avec les denticulations semblables du bord postérieur des pariétaux (7, fig. 39) ; la face externe ou postérieure de cette écaille est parcourue vers sa partie moyenne par une crête semicirculaire donnant insertion aux muscles superficiels de la nuque (voy. trapèze et sterno-mastoïdien), et dont le milieu forme une saillie dite protubérance occipitale externe ou inion.
Les pariétaux (2 et i3, fig. 39) sont placés en avant de Pécaille de Toccipital, un de chaque côté de la ligne médiane; de forme quadrilatère, chaque pariétal présente quatre bords denticulés, dont le supérieur s'articule par engrenage avec le pariétal du côté opposé, le postérieur avec Poccipital (en 7, fig. 39), Tantérieur avec le frontal (en 6), Pinférieur, qui est concave (8, fig. 39), avec le temporal. Le pariétal ne-présente de remarquable à sa face externe que: i^'à son centre^unQssi'ûïie dite bosse pariétale, plus accentuée chez les jeunes sujets que chezPadulte, et représentant le lieu où commence chez le fœtus l'ossification de cet os; 2° au-dessous de cette saillie, une ligne courbe légèrement rugueuse (i3, fig. 39) qui limite la fosse temporale, c'est-à-dire les insertions du muscle temporal, d'où son nom de ligne courbe temporale,
Le frontal (en 6 fig. 39)^ comme l'occipital, présente à la fois une partie qui appartient à la base du crâne et
à la face (9, 9, fig. 40), car elle forme la voûte de Porbite (voy. ci-après) , et une partie dite écaille qui forme la paroi antérieure et supérieure de la boîte crânienne. Cette écaille a un bord supérieur arrondi (11, fig. 40) qui s'ar-
Os frontal ; faca antérieure. — i, i, bosses frontales ; — 2, 2, arcades sourcilières ;
— 3, bosse nasale; — 4, 4, arcades orbitaires ; — 5, 5, apophyses orbitaires internes;
— 6, 6, apophyses orbitaires externes; — 7, 7, échancrure nasale; — 8, épine nasale;
— 9, 9, fosses ou voûtes orbitaires; — 11, bord supérieur; — 12, parties latérales de ce bord.
ticule par des denticulations avec les pariétaux (en 6, fig. 39); en partant de ce bord et en descendant vers la face, on trouve des parties importantes au point de vue des formes et qui sont successivement : les bosses frontales (i, I, fig. 40), plus accentuées chez les jeunes sujets et chez les femmes que chez les hommes adultes; les bosses
OU arcades soiircilières (2, 2, fig. 401, qui sont dirigées obliquement en haut et en dehors; ces bosses sont, au contraire, plus prononcées chez Padulte et doivent leur relief à ce que Tépaisseur du frontal se creuse à leur niveau des cavités dites sinus frontaux qui sont d^autant plus développées que le sujet est plus avancé en âge; enfin les arcades orbitaires (4, 4, fig. 40] qui forment le bord supérieur de Torbite. Courbe, avec concavité inférieure, chacune de ces arcades orbitaires forme en dehors une apophyse orbitaire externe (6, 6, fig. 40), articulée avec Tos malaire ou de la pommette (en i5, fig. 3g), et en dedans une apophyse orbitaire interne (5, 5, fig. 40) qui circonscrit,' avec son homologue du côté opposé, une partie médiane dite échancrure nasale (7, fig. 40) dans laquelle sont reçus les os propres du nez (22, fig. 39) et Papophyse montante du maxillaire (voy. Face). De plus, chaque arcade présente vers sa partie interne une petite échancrure dite échancrure siisorbitaire (en 3, fig. 41).
Les temporaux, un de chaque côté du crâne (11, 4 et 3i, fig. 39), sont des os de configuration très complexe, mais dont nous ne devons étudier ici qu^une portion. En effet, chaque temporale se compose d'une partie appartenant à la base , et d'une partie appartenant à la paroi latérale du crâne; la partie appartenant à la base forme une masse pyramidale de substance osseuse très dure, dite pyramide ou rocher ou ospétreux, qui contient les organes délicats de Toreille interne; la partie appartenant à la paroi latérale du crâne (4, fig. 39] forme un disque osseux irrégulier reposant sur la base de la pyramide ou rocher; aussi trouve-t-on vers sa partie
moyenne un orifice, le conduit auditif (3 fig. 39), qui conduit dans le rocher. En prenant pour point de repaire cet orifice du conduit auditif, on trouve à la face externe du temporal : 1° en arrière du conduit auditif, la partie mastoïdienne du temporal (33, fig. 39) qui se prolonge en bas en un cône en forme de mamelon (u-aaro;, mamelon) dit apophyse înastoide. 2° En haut du conduit auditif, V écaille du temporal (^^ fig. 89), portion large et à bords arrondis s'articulant avec le bord inférieur du pariétal {8, fig. 39). — 3° En avant, une apophyse (20, fig. 41) qui se détache nettement pour se diriger horizontalement vers la face et rejoindre Pos malaire (16, fig. 39). Cette apophyse, joignant le crâne à la face, est dite apophyse ^ygomatique (^uyo?, joug, qui joint) et forme, avec la partie correspondante de Pos malaire, Varcade ^ygomatique. L'apophyse zygomatique se détache du temporal par deux racines (fig. 39), Pune longitudinale antéropostérieure passant au-dessus de Porifice du conduit auditif externe, Pautre transverse, située à la base du crâne et limitant, en avant du conduit auditif, une cavité où est reçu le condyle de la mâchoire inférieure. — Enfin, au-dessous du conduit auditif, le temporal présente une apophyse styloïde (32, fig. 39), longue, grêle, à sommet très aigu, qui donne insertion à quelques petits muscles du cou (voy. muscles sushyoïdiens).
L'ensemble des os que nous venons de passer en revue s'articule par des bords denticulés et on donne le nom de sutures à ces lignes d'union. Comme le crâne doit être étudié par l'artiste non seulement au point de vue des formes extérieu"?s, mais encore comme objet qui figure souvent à titr^ d'accessoire dans une composition, et
comme la représentation de ces sutures contribue à donner au crâne sa physiognomie exacte, nous ne saurions nous dispenser ici de les indiquer avec soin. II faut, à cet etfet, considérer le crâne par en haut et par la face latérale.
Examiné par en haut, le crâne présente une suture médiane, antéro-postérieure, interpariétale, dite suture sagittale. En arrière, au niveau de Tangle supérieur de récaille de Toccipital en 7, hg. 39), cette suture médiane se bifurque pour se continuer avec les deux sutures occipito-pariétales, et on donne à cet ensemble le nom de suture lambdrj'ide, parce qu'il rappelle la forme d'un lambda grec iplus exactement d'un V renversé : ^,1. En avant, la suture interpariétale lou sagittale] est arrêtée par les deux sutures pariéto-frontales len 6, hg. 39) dont Tensemble forme une ligne transversale à laquelle on a donné le nom de suture coronale.
En examinant le crâne par une de ses faces latérales, on voit que les sutures forment ici un dessin plus complexe, parce que, entre les os précédemment décrits, vient se placer, au niveau de la fosse temporale [en 3, 10, 11, 12, lig. 39], une nouvelle plaque osseuse, qui prend part à la constitution de la paroi latérale du crâne. Cette lame quadrilatère appartient au sphénoïde, os très compliqué de la base du crâne, dans laquelle il s'enchâsse comme un coin (^7/1;, coin' , s'étendant latéralement, sous forme d'aile; c'est la grande aile du sphénoïde qui vient ainsi s'interposer à la surface latérale du crâne, au-devant de Técaille du temporal et au-dessous de celle du frontal. On voit alors qu'en suivant de haut en bas \^ suture coronale 16, lig. 39:, cette suture se bifurque inférieurement en une suture antérieure dite sphéno-
frontale (12) et une suture postérieure (10) dite sphénopariétale. Cette dernière, très courte, se divise également, à son extrémité postérieure, en une suture inférieure, verticale, dite sphéno-temporale (11) et une suture supérieure, courbe, dite temporo-paj^iétale (8), qui circonscrit récaille du temporal et va, tout en arrière, au niveau de la portion mastoïdienne de cet os, rejoindre Textrémité inférieure de la suture lambdo'ide ou occipito-pariétale.
Nous avons dit que la forme générale du crâne est celle d'un ovoïde à grosse extrémité postérieure.; mais il est d'observation vulgaire que cet ovoïde peut présenter, selon les sujets, des proportions très différentes; par exemple, certains crânes montrent une grande prédominance du diamètre antéro-postérieur sur le diamètre transverse, et on dit alors vulgairement que la tête est longue ; on dit, au contraire, que la tête est carrée, lorsqu'il semble que le diamètre transyerse arrive presque à égaler Pantéro-postérieur. Les anthropologistes se sont appliqués à mesurer exactement ce rapport entre le diamètre transverse et le diamètre antéro-postérieur du crâne, et ils le désignent sous le nom d'indice céphalique. Comme nous Pavons dit précédemment à propos des proportions du bras et de Pavant-bras (voy. indice brachial, p. 97), on désigne par ce nom d'indice le chiffre qui marque le rapport d'une longueur plus petite à une longueur plus grande, celle-ci étant considérée comme égale à 100, c'est-à-dire les chiffres obtenus parla mensuration directe étant ramenés à une proportion centésimale. On trouve ainsi que sur certains crânes le diamètre transverse est relativement très court, puisqu'il est représenté par jS, Pantéro-postérieur Pétant par 100.
On dit que Pindice céphalique de ces crânes est de 75, et on donne à ces crânes le nom de dolichocéphales ( ^cXtxo'ç, allongé; xscpaXTÏ, tête). D^autres présentent un diamètre transverse qui se rapproche de Tantéro-postérieur puisqu'il est représenté par 83 ou 84, Pantéropostérieur Tétant par 100. Cet indice céphalique de 83 est celui des têtes dites brachycéphales (ppax"^?? court). Entre ces deux types sont les têtes de forme moyenne ou intermédiaire, dites mésaticéphales et dont Tindice céphalique est de 77 à 80. — On avait exagéré, au point de vue des races, Timportance des types dolichocéphale et brachycéphale, un anatomiste suédois, Retzius, ayant avancé que les races autochtones de FEurope seraient brachycéphales, tandis que les races venues ultérieurement seraient dolichocéphales; mais le fait récemment démontré que les Basques sont dolichocéphales, et qu'on trouve des dolichocéphales parmi les crânes fossiles les plus anciens d'Europe, a enlevé toute valeur à cette théorie. On peut seulement dire, au point de vue de l'indice céphalique considéré dans les races diverses, que les types dolichocéphales les plus accentués se rencontrent chez les Australiens, les Hottentots, les Cafres, les Nègres et les Nubiens; les types brachicéphales les plus caractérisés, chez les Indo-Chinois, les Lapons, les Auvergnats; qu'enfin les Normands et en général les crânes parisiens (du xn^ au xix'' siècle) présentent surtout le type mésaticéphale.
Sommaire. — Squelette de la face. — Cavités orbitaires : leur pourtour; leur fond. — Fosses nasales (orifice antérieur). — Saillie de la pommette (os malaire et ses branches en étoile). — Maxillaire supérieur. — Maxillaire inférieur: corps, branche verticale (échancrure sigmoïde, apophyse coronoïde et condyle); mâchoire inférieure selon les âges. — Des dents : leurs parties; leurs espèces (incisives, canines, molaires); leur nombre; dimensions relatives des dents incisives. — Articulation de la mâchoire. — De la face et du crâne en général, au point de vue des formes. — Angle facial de Camper : sa mesure; sa valeur réelle selon les races; son exagération dans les têtes antiques. — De la tête comme commune mesure : canon de huit têtes; variations selon la taille des sujets; point où correspond le milieu du corps.
De la face. — Au lieu de décrire séparément les os qui composent le squelette de la face, nous les grouperons autour des cavités qu'ils circonscrivent et des saillies qu'ils forment; c'est ainsi que nous étudierons successivement la cavité de V orbite, l'orifice des fosses nasales, la saillie de la pommette et enfin la région de la bouche, à propos de laquelle nous aurons à décrire les dents, la mâchoire inférieure et son articulation avec la base du crâne.
Orbites. — Les orbites sont deux cavités situées symétriquement, une de chaque côté, à la partie supérieure
de la face, au-dessous du front. —-Chacune de ces cavités a la forme d^une pyramide à quatre faces, dont le sommet s'enfonce d'arrière en avant vers la cavité crânienne, dont
la base, tournée en avant, forme Touverture orbitaire. Cette ouverture ou rebord orbitaire est quadrilatère (fig. 41), limitée par un bord interne (7) et un bord externe à peu près verticaux tous deux, par un bord supérieur (3) et un bord inférieur tous deux obliques de haut en bas et de dedans en dehors. Le bord supérieur est formé par Parcade orbitaire du frontal (3, fig. 41), précédemment décrite; le bord inférieur est formé par Pos maxillaire supérieur et présente, un peu au-dessous de sa partie moyenne un trou, dit trou sous-orbitaire (9, fig. 41 ), qui est placé à peu près sur la même ligne verticale que l'échancrure susorbitaire précédemment décrite (voy. p. 168). Le bord interne est formé par l'union de Papophyse orbitaire interne du frontal avec Papophyse mon-
Squelette de la face. — r, os frontal; — 2, bosse nasale; — 3, arcade orbitaire; — 4, trou optique ; — 5, fente sphénoïdale ; — 6, fente sphéno-maxillaire ; — 7, gouttière lacrymale; — 8, cloison et orifice des fosses nasales; — 9, trou sous-orbitaire ; — 10, 03 malaire; — ii, symphyse du menton ; — 12, trou mentonnier ; — 13, branche montante du maxillaire inférieur ; — 14, pariétal ; — 15, suture coronale ; — 16, temporal ; — i-j , suture pariéto-temporale ; — 18, grande aile du sphénoïde ; — 19, origine de la ligne qui limite la fosse temporale ; — 20, arcade zygomatique ; — 21 , apophyse mastoïde.
tante du maxillaire supérieur (fig. 89 et4i) ; à sa partie inférieure, ce bord présente une dépression, dite gouttière lacrymale (7, fig. 41) qui est le commencement d'un canal faisant communiquer Torbite avec la fosse nasale correspondante. Enfin le bord externe est formé par Tunion de Papophyse orbitaire externe du frontal avec Tapophyse supérieure de Vos malaire (ou os de la pommette) (10, fig. 41 ; 14 et i5, fig. 39).
La cavité même de Porbite a pour parois des lamelles osseuses appartenant au frontal (paroi supérieure) et aux divers os de la face, précédemment énumérés à propos de Touverture orbitaire. Nous ne saurions entrer ici dans la description de ces lamelles et des divers os spéciaux qui viennent les compléter. Nous dirons seulement que la paroi interne se dirige directement d'avant en arrière, tandis que la paroi externe est oblique d'avant en arrière et de dehors en dedans. Nous signalerons enfin, à la partie la plus profonde (vers le sommet) de la cavité, diverses ouvertures qui, faisant communiquer Porbite avec des cavités plus profondes, se traduisent sous Paspect détaches noires, c'est-à-dire obscures; c'est d'abord un orifice circulaire dit trou optique (4, fig. 41); puis, en dehors de celui-ci, deux fentes dirigées en dehors, l'une obliquement en haut [fente sphénoïdale; 5, fig. 41), Pautre obliquement en bas [fente sphéno-maxillaire ; 6, fig. 41).
IJ' orifice des fosses nasales (8, fig. 41) est situé sur la partie médiane de la face, au-dessous du niveau des orbites. Il a la forme d'un cœur de carte à jouer renversé (à base tournée en bas), il est circonscrit en bas par les deux maxillaires supérieurs qui s'unissent sur la
ligne médiane ; sur les côtés, par ces mêmes os maxillaires ; et en haut, par deux petits os juxtaposés de chaque côté de la ligne médiane, les os ^propres du we^(voy. fig. 39, p. i65.j, qui s'articulent en haut avec le frontal et latéralement avec Papophyse montante du maxillaire correspondant.
Au-dessous et en dehors de Porbite est la saillie de la pommette formée par Vos malaire (10, fig. 41). Cet os a la forme d'une étoile à quatre branches : la branche supérieure (i5,fig. 39] va rejoindre Fapophyse orbitaire externe du frontal ; la branche antérieure (ly, fig. 39), ou interne, forme, avec le maxillaire supérieur, le bord inférieur de Porbite; la branche externe (16, fig. 39), ou postérieure, va rejoindre Papophyse zygomatique du temporal pour former Y arcade ^ygomatique. Quant à la branche inférieure, elle est réduite à un bord saillant, nettement proéminent et qui se confond avec le corps de Pos pour former la saillie de la pommette.
11 ne nous reste plus à examiner dans le squelette de la face que les deux os qui circonscrivent la fente buccale- et supportent les dents, c'est-à-dire le maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur.
Le maxillaire supérieur (18, fig. 39) se trouve en grande partie décrit, puisque nous avons passé en revue ses principaux bords et son apophyse montante à propos pes ouvertures orbitaires et nasales. Il nous reste à signaler : I'' la forme légèrement excavée de sa face antérieure (fig. 41) ; 2° son bord inférieur ou alvéolaire, ainsi nommé parce qu'il présente une série de cavités (alvéoles destinées à loger les racines des dents supérieures. La présence de ces cavités se traduit, à la surface antérieure
du rebord alvéolaire, par une série de. saillies correspondant aux alvéoles , séparées par des dépressions correspondant aux intervalles des alvéoles.
Le maxillaire inférieur ou mâchoire (fig. 42) mérite de nous arrêter plus longtemps que tous les autres os de la face, car il prend une part si directe aux formes'extérieures qu^on peut dire que tous les détails de son modelé se traduisent dans la configuration de la région du menton et de la partie inférieure des joues.
Il est primitivement composé de deux moitiés distinctes , une droite et une gauche, qui se soudent de
bonne heure sur la li- — 5» fou mentonnier; — 8, angle de la mâ- , - choire; — 10, apophyse coronoïde ; — 11, con-
gne médiane en for- dyle; - 12, échancrure sigmoïde.
mant la symphyse du
menton (11, fig. 41). Aussi suffit-il de décrire Tune de ses moitiés, telle qu^on Taperçoit en considérant de profil (fig. 39) une tête osseuse.
On voit alors que cette moitié est formée de deux fortes lames osseuses, dites branches de la mâchoire, Pune horizontale dite corps (i, fig. 42), l'autre verticale, et réunies selon un angle plus ou moins droit, dont la saillie dirigée en bas et en arrière est dite angle de la mâchoire (27, fig. 39 et 8, fig. 42) . La branche verticale présente une face externe plane (2, fig. 42), un bord postérieur