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mettent au sacrum de supporter le poids qui lui est transmis par la colonne lombaire ; en avant, la symphyse des pubis (3, fig. 24), outre le fibro-cartilage interposé aux pubis et leur adhérant, est également renforcée par des bandes fibreuses superficielles allant d’un os à l’autre. Ces symphyses font que tout le bassin (sacrum avec les deux os iliaques) forme une seule pièce; mais en même temps, grâce à ces articulations qui jouissent sinon de mouvements tout au moins d’une certaine élasticité, le bassin peut résister aux chocs qui lui sont transmis par la colonne vertébrale ou par les membres inférieurs, sans se briser, comme cela se produirait fatalement si cette ceinture osseuse était formée d’un seul os partout continu, pour ainsi dire d’une seule coulée. Les symphyses sacro-iliaques et pubienne jouent, par leurs cartilages inter-articulaires, le rôle de coussinets élastiques interposés, lesquels décomposent et éteignent le mouvement ou choc tel qu’il se produit, lorsque, par exemple, on saute d’un lieu élevé en retombant sur la plante des pieds.
Outre ces articulations en symphyse, le bassin présente encore des ligaments qui vont d’une partie osseuse à une autre partie plus ou moins éloignée : ainsi en arrière sont les deux ligaments sacro-sciatiques , qui, partant simultanément des bords de la partie inférieure du sacrum sous la forme d’une large bande fibreuse, se dirigent en dehors en divergeant, pour aller, l’un, le grand ligament sacro-sciatique, à la tubérosité de l’ischion, l’autre, le petit ligament sacro-sciatique, à l’épine ischiatique. Ces deux ligaments transforment les échancrures sciatiques en trous par lesquels passent des
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muscles importants et c’est seulement pour cela que ces ligaments ont dû être mentionnés ici, car ils ne se révèlent pas à l’extérieur lorsqu’ils sont couverts par l’épaisse couche des muscles fessiers. Il n’en est pas de même des ligaments ou des bandes fibreuses qui sont situées à la partie antérieure du bassin et qui vont de l’épine iliaque antérieure et supérieure à l’épine du pubis ; ce ligament, dit iléo-pubien , ou arcade crurale ou ligament de Fallope, est immédiatement sous-cutané et répond au pli de l’aine ; en effet, à son niveau, la peau ne se charge que peu ou pas de graisse, et, comme elle est rattachée à toute la longueur de ce ligament par le tissu cellulaire sous-cutané, il en résulte qu’elle dessine à ce niveau une dépression longitudinale allant de l’épine iliaque à l’épine du pubis. Cette dépression n’est autre chose que le pli de l’aine, marquant la limite entre la peau de l’abdomen et la peau de la face antérieure de la cuisse.
L’ensemble du bassin (fig. 24) forme une pyramide à base supérieure, à sommet inférieur tronqué ; ce sommet est entièrement caché sur le sujet complet, les membres inférieurs se détachant de chaque côté et se trouvant assez rapprochés l’un de l’autre à la partie inférieure du bassin pour ne laisser entre eux qu’un intervalle presque linéaire, le périnée, qui répond à l’extrémité inférieure du bassin. Mais la base du bassin dessine nettement son pourtour dans toute sa circonférence, du moins sur les côtés et en avant; de chaque côté, les crêtes iliaques, ou bords supérieurs des os iliaques, forment une ligne légèrement ondulée, dont la partie moyenne est la plus élevée, dont l’extrémité antérieure s’incline brus-
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quement en bas pour aboutir à l’épine iliaque antérieure et supérieure, toujours bien visible chez les sujets dont la peau n’est pas surchargée de tissu adipeux; en avant, la base du bassin dessine une vaste échancrure à concavité supérieure, dont la partie centrale correspond à la symphyse du pubis, et dont les parties latérales sont formées par les ligaments de Fallope ou arcades crurales, allant, de chaque côté, d’une épine pubienne à l’épine iliaque antérieure et supérieure correspondante. Cette échancrure médiane antérieure du bassin dessine la limite inférieure de l’abdomen et, faisant face à l’échancrure inférieure du thorax ou creux épigastrique, qui limite supérieurement l’abdomen, donne à la région abdominale antérieure cette forme en bouclier arrondi aux deux bouts, forme que les anciens paraissent avoir conventionnellement exagérée en adoptant pour le creux épigastrique une configuration arrondie au lieu de la forme ogivale qu’il présente sur le squelette. Nous avons précédemment (p. 5o) indiqué comment, dans de nombreux cas, la forme adoptée par les anciens statuaires se trouve suffisamment justifiée.
Après avoir étudié le bassin au point de vue de sa mécanique et de la part qu’il prend aux formes extérieures, nous devrions l’examiner au point de vue des proportions, c’est-à-dire des dimensions transversales de la région; mais comme la saillie des hanches est formée non seulement par le bord supérieur des os iliaques, mais encore par celle des grands trochanters (fémur), nous ne pourrons nous livrer à cet examen qu’ après avoir pris connaissance des rapports de l’os de la cuisse avec le bassin; c’est pourquoi nous nous bor-
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nerons à étudier pour le moment les proportions du bassin pris isolément et comparativement chez l’homme et chez la femme.
De toutes les parties du squelette , c’est le bassin qui présente les caractères sexuels les plus prononcés, et rien n’est plus facile, avec un peu d’habitude, que de
Fig. 24.
Bassin d’homme. — 1, 1, crêtes iliaques; — 2, sacrum; — 3, symphyse pubienne. — 5, 5, cavités cotyloïdes; — 6, 6, branches descendantes des pubis et ascendante* des ischions; — 7, 7, trous sous-pubiens ou obturateurs; — 10, 10, fosses iliaque* internes.
juger au premier coup d’œil si un bassin appartient à un squelette d’homme ou de femme. Le bassin de la femme et celui de l’homme diffèrent en effet et par la forme générale et par certains détails de configuration.
Gomme forme générale, le bassin de la femme est plus large et plus court que celui de l’homme ; en effet, chez l’homme (fig. 24), le diamètre transverse supérieur, c’est-à-dire la ligne qui va de la partie la plus saillante de la crête iliaque d’un côté à la partie correspondante du
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côté opposé, mesure de 2 5 à 3 2 centimètres (moyenne, 28) ; tandis que chez la femme cette ligne mesure de 26 à 35 centimètres (moyenne, 3o). Au contraire, la hauteur du bassin est environ de 20 centimètres chez l’homme, tandis qu’elle n’est que de 18 chez la femme. De plus, en examinant comparativement (fig. 24 et 27) un bassin
Schéma montrant que le bassin de l’homme (A) représente un segment long (a, b% c, d) d’un cône court ( a , b , x ), tandis que le bassin de la femme (B) représente un segment court (a, b,c, d ) d’un cône long ( a , b, x).
d’homme et un bassin de femme, on voit que le premier est très étroit, le second relativement très large à sa partie inférieure. Si l’on suppose de chaque côté un plan tangent aux parties latérales du bassin, on voit que ces deux plans se prolongeraient très loin en bas avant de serencontrer, pour le bassin de la femme ; tandis que chez l’homme ils se rencontreraient à peu de distance de la partie inférieure du bassin. On peut donc dire, en considérant les figures 25 et 26 qui donnent cette disposition sous une forme schématique, et en tenant compte de ce que les
PRECIS D’ANATOMIE
bassins figurent des segments de pyramides ou de cônes, on peut donc dire, pour résumer ces considérations en une formule simple, que le bassin de V homme (fig. 2 5) représente un segment long d'un cône court , tandis que le bassin de la femme (fig. 26) représente un segment court d'un cône long.
Fig. 27.
Bassin de femme (lettres comme la fig. 26).
Les détails particuliers de configuration qui différencient encore le bassin dans les deux sexes sont relatifs : i° à l’épaisseur des parois ; chez l’homme, les parois du bassin sont plus fortes, la crête iliaque plus épaisse, les diverses saillies à insertions musculaires plus marquées ; 20 à Y arcade pubienne et aux trous obturateurs. Comme nous avons vu précédement que le bassin de la femme est, à sa partie inférieure, très notablement plus large que chez l’homme, il sera tout naturel de trouver chacun des éléments de cette partie inférieure plus étendus (transversalement), c’est-à-dire plus larges dans le bassin de femme que dans celui d’homme; c’est ainsi
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que Parcade pubienne, limitée en haut par la symphyse et de chaque côté par les branches descendantes des pubis, est très large et en même temps très basse chez la femme oü elle rappelle la forme d’un plein cintre surbaissé, tandis que chez l’homme (comparez la fig. 24 et la fig. 27, en 3, 6, 6), cette même arcade est étroite et élevée, c’est-à-dire triangulaire et rappelant la forme d’une ogive; c’est pour la même raison que les tubérosités de l’ischion étant plus écartées chez la femme que chez l’homme, les trous obturateurs ou sous-pubiens sont larges et triangulaires chez la femme, tandis qu’ils sont étroits et ovalaires sur le bassin d’homme.
Sommaire. — Du fémur : son extrémité supérieure : col , tête et trochanters. — Articulation de la hanche, ou articulation coxofémorale ; mouvements qu’elle permet; limites de ces mouvements (capsule articulaire et ligament de Bertin); limites rigoureuses de l’extension (ligament de Bertin); limites étroites de l’adduction (ligament rond); influence de la pression atmosphérique (expérience des frères Weber). — Dimensions transversales des hanches et des épaules chez l’homme et chez la femme; diverses formules (ovoïde des anciens; ovoïde et ellipse de Salvage); formule réelle; diamètres bi-huméraux et bi-trochantériens; diamètres bi-acromiaux et bi-iliaques. — Du modelé extérieur de la région des hanches et du grand trochanter en particulier; les saillies osseuses se traduisent en général sur le modelé extérieur par des méplats ou des parties déprimées.
Le fémur (fig. 28 et 3i), ou os de la cuisse, est un os long, le plus volumineux de tout le squelette, et composé, comme tous les os longs, d’un corps et de deux extrémités (fig. 28) ; nous étudierons d’abord son extrémité supérieure, afin de nous rendre compte de son articulation avec l’os iliaque.
L’extrémité supérieure du fémur se compose d’une tête , supportée par un col , et de tubérosités placées à la jonction de ce col avec le corps de l’os. — La tête du fémur (5, fig. 3i) est régulièrement arrondie et représente les trois quarts d’une sphère; sa surface sphé-
rique, tournée en dedans, est lisse et recouverte de cartilages , excepté au niveau d’une fossette (6, fig. 3 1) qu’elle présente un peu au-dessous de son centre et qui donne attache à un ligament intra-articulaire (ligament rond, voy. ci-après). — Le col du fémur (7, fig. 3 1) part de la base de la tête et se dirige en bas et en dehors, sous la forme d’un segment de cylindre un peu aplati d’avant en arrière, pour venir se souder à l’extrémité supérieure du corps du fémur sous un angle obtus ouvert en bas et en dedans (fig. 28). Cet angle, que fait l’axe du col avec l’axe du corps, est variable selon les sujets, dans des circonstances bien déterminées * chez l’homme adulte; il est d’environ 1 3 5 degrés; chez la femme, il est moins ouvert, c’est-à-dire qu’il se rapproche davantage de l’angle droit (90 degrés), ce qui contribue à augmenter les dimensions transversales de la région des hanches chez la femme; enfin, dans l’un comme dans l’autre sexe, cet angle se rapproche graduellement de l’angle droit avec les progrès de l’âge, ce qui contribue à l’abaissement de la taille chez le vieillard. — A la jonction du col du fémur avec le corps de l’os, se trouvent développées deux tubérosités, l’une située en
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Fig. 28.
Le fémur vu sur une coupe verticale : i, i , 2, 2, le corps de l’os avec le ca»nal médullaire dont il est creusé; — 3, le grand trochanter, d’où se détache le col, se terminant par la tête ; • — 4, extrémité inférieure de l’os.
hî6 PRECIS D’ANATOMIE.
haut et en dehors et dite grand trochanter (3, fig. 28 et 8, fig. 3 1) , l’autre située en bas et en dedans, dans l’angle rentrant du col et du corps et dite petit trochanter (10, fig. 3 1). Le grand trochanter est volumineux, de figure quadrilatère, dépassant le niveau du bord supérieur du col, et présentant sur sa face externe, sa face interne et ses bords de nombreuses empreintes oü nous verrons se faire les insertions des muscles de la région fessière; le petit trochanter, au contraire, est peu volumineux, de forme mamelonnée ou conoïde, et donne attache seulement au muscle psoas-iliaque.
L’articulation du fémur avec le bassin, dite articulation iléo-fémorale ou coxo-fémorale, est formée par la tête du fémur reçue dans la cavité cotyloïde qui l’emboîte étroitement ; en effet, le rebord de cette cavité est surmonté d’un bourrelet fibreux (bourrelet cotyloïdien) qui en régularise le contour en passant d’une extrémité de la grande échancrure cotyloïde à l’autre extrémité (voy. ci-dessus, p. io3), de manière à former comme un pont sur cette échancrure. En présence de semblables surfaces articulaires, c’est-à-dire d’une tête sphérique reçue dans une cavité également sphérique, on doit s’attendre à trouver dans cette articulation tous les mouvements possibles ; c’est ce qui a lieu en effet : la tête du fémur peut glisser en tous sens dans la cavité qui la reçoit, et ces glissements, selon la direction dans laquelle ils se font, se traduisent du côté de la cuisse soit par un mouvement d’ abduction (le membre inférieur se portant en dehors, s’éloignant du plan médian), soit par un mouvement d’ adduction (rapprochement vers le plan médian), soit par un mouvement de flexion (en avant, la face an-
térieure de la cuisse se rapprochant de la face antérieure de l’abdomen), soit enfin par un mouvement d'extension (mouvement inverse de la flexion, c’est-à-dire en arrière). Mais ces mouvements sont très diversement influencés par la disposition des parties ligamenteuses, de telle sorte que les uns sont très peu étendus, tandis que les autres n’ont presque pas de limite.
En effet, Y appareil ligamenteux de l’articulatipn coxofémorale se compose d’une longue capsule , ou manchon fibreux, qui part du pourtour de la cavité cotyloïde, contient tout le col du fémur dans son intérieur et va se terminer, par son autre extrémité, au niveau de la base du col; mais ici la disposition de cette capsule est très différente en arrière et en avant.
i° En arriérera capsule ne s’insère pas au coi du fémur; elle présente un bord libre qui forme un demi-
tie postérieure de la capsule, s’attachant à l’os iliaque, (bords de la cavité cotyloïde) et, d’autre part, ne prenant pas d’insertion au fémur, ne pourra jamais être tendue. C’est le mouvement en avant, ou de flexion, qui pourrait tendre cette partie postérieure de la capsule, si elle s’insérait par chacun de ses bouts à l’un des os ; mais ce mouvement peut aller aussi loin que possible sans qu’il y ait à songer à une tension de la partie postérieure de la capsule articulaire. C’est pourquoi on peut dire que la flexion de la cuisse n’a pas de limite, et en effet on peut la porter jusqu’à amener la face antérieure de la cuisse en contact avec la face antérieure de l’abdomen.
2° En avant, la capsule s’insère parfaitement à la base du col du fémur, sur une ligne rugueuse qui va du grand
anneau à la face postérieure du col ; par suite, cette par-
au petit trochanter; aussi devra-t-elle être tendue lorsque la cuisse se porte en arrière, va dans l’extension, et à un certain degré d’extension le mouvement aoit-il être arrêté. C’est ce qui a lieu en effet; mais, avant de préciseï la position à laquelle correspond cet arrêt, nous devons faire remarquer encore que cette partie antérieure de la capsule est très forte, très épaisse, composée de faisceaux ligamenteux descendant directement du bourrelet cotyloïdien vers l’espace intertrochantérin , et à l’ensemble desquels on a donné le nom de ligament de Bertin. Grâce à la force de ce ligament, le mouvement d’extension sera à un moment donné limité et arrêté, d’une manière très énergique, invincible. Or si l’on fait l’expérience sur soi-même, c’est-à-dire si, après avoir fléchi la cuisse sur l’abdomen, on l’étend graduellement, on constate que le mouvement est arrêté au moment même où l’axe de la cuisse se trouve sur le prolongement de l’axe du corps, c’est-à-dire, si le sujet est debout, au moment où la cuisse est dans la direction verticale. Si l’on répète cette expérience sur un sujet disséqué, sur une articulation préparée, on voit que le ligament de Bertin, relâché, est plissé tant que le fémur est en flexion sur le bassin, se tend à mesure qu’on porte cet os dans l’extension, et que cette tension, arrivée à son maximum dans la position où le fémur se trouve dans le plan prolongé du tronc, met alors un obstacle invincible à ce que l’extension soit portée plus loin.
Cependant l’homme debout peut porter la cuisse en arrière ; mais, il faut y faire bien attention, si par exemple c’est la cuisse droite qui est portée en arrière, ce n’est pas dans l’articulation coxo-fémorale droite que se passe
le mouvement, mais bien dans l’articulation coxo-fémorale gauche, où le tronc est porté en flexion sur le fémur gauche. On peut donc dire que lorsque la cuisse est arrivée, par l’extension, à être sur le même plan que le tronc, j cuisse et tronc forment une seule et même pièce, un tout dont les deux parties sont immobiles l’une sur l’autre; au point de vue de toute exagération du mouvement d’extension obtenu, et qui ne peut aller plus loin; et que, par suite, du moment qu’une cuisse est portée en arrière de la verticale, le tronc doit être porté d’une quantité égale en avant de la verticale, le tout représenté par exemple par la cuisse droite et le tronc se mouvant alors comme une seule pièce sur l’articulation coxo-fémorale gauche.
C’est encore le ligament de Bertin, c’est-à-dire les fibres antéro-inférieures de la capsule articulaire qui mettent obstacle à Y abduction, à l’écartement de la cuisse en dehors ; dans la station verticale, le ligament de Bertin, étant tendu, rend l’abduction difficile et très bornée; mais dès que la cuisse est légèrement fléchie sur le bassin, le ligament étant relâché, l’abduction (l’écartement des cuisses) devient relativement facile.
Le mouvement d ''adduction, ou de rapprochement des cuisses, présente ce fait très particulier qu’il est presque impossible dans la station verticale ; mais il devient très facile dès que l’articulation est légèrement en flexion. Si l’on expérimente sur une articulation dont le ligament de Bertin est coupé, on constate que dans la position d’extension le mouvement d’adduction est tout aussi difficile que si ce ligament était intact. Il faut donc chercher ailleurs que dans la partie antérieure de
PRECIS D’ANATOMIE
la capsule la disposition qui limite et arrête l’adduction de la cuisse; nous en trouvons l’explication dans l’existence d’un ligament intra-articulaire, c’est-à-dire placé dans l’intérieur même de l’articulation. Ce ligament, dit ligament rond, s’attache, d’une part, à la fossette rugueuse que présente la tête du fémur un peu au-dessous de son centre (6, fig. 3 1) etva, d’autre part, s’attacher, en se bifurquant, aux deux extrémités de la grande échancrure cotyloïde. Or nous avons vu précédemment que sur le bassin d’un homme placé debout cette grande échancrure regarde directement en bas (p. io3); le ligament rond, dans la station verticale, est donc lui-même vertical, et il est alors tendu, car il semble suspendre le bassin à la tête du fémur (d’où le nom de ligament sus penseur que lui ont donné quelques anatomistes). Or, dans la station verticale, le fémur étant vertical, tout mouvement d’adduction de la cuisse se produirait par un glissement de la tête du fémur de bas en haut, dans la cavité cotyloïde; mais ce glissement ne peut avoir lieu, la tête fémorale étant retenue dans ce sens par le ligament rond ou suspenseur alors tendu. Si, par contre, on fléchit légèrement le fémur, le ligament rond se trouve relâché; il permet le glissement de la tête dans la cavité, glissement qui du reste doit se faire d’avant en arrière pour produire l’adduction, et cette adduction peut en effet s’accomplir alors avec facilité et avec force. L’expérience qui constate ces faits, sans en donner l’explication anatomique (saisissable seulement sur des pièces préparées), est très facile à faire sur soi-même et donne lieu à un résultat frappant ; en effet, en se tenant rigoureusement debout, aussi raide et aussi ren-
versé en arrière que possible, on constatera qu’il est à peu près impossible de rapprocher les deux genoux, de faire disparaître par adduction des cuisses le faible intervalle qui sépare leurs extrémités inférieures et que souvent l’adduction est tellement nulle et impossible dans cette position, qu’on serait incapable d’écraser par un mouvement de rapprochement des deux genoux un corps fragile, par exemple un œuf interposé entre eux. Mais dès qu’on fléchit un peu les cuisses sur le bassin, ou plus simplement le tronc sur les cuisses, l’adduction devient extrêmement facile et cette fois c’est avec une grande force qu’on peut amener les faces internes des genoux à s’entrechoquer.
L’articulation coxo-fémorale, si remarquable par les divers détails de mécanique animale que nous venons d’exposer, l’est encore parce fait que c’est sur elle qu’on fait le plus commodément la démonstration d’une loi qui s’applique du reste à toutes les articulations, mais dont nous devions réserver l’exposé pour le moment où nous serions arrivés à l’articulation de la hanche; nous voulons parler de la loi relative à V influence de la pression atmosphérique sur le maintien au contact des surfaces articulaires. Jusqu’à présent, en étudiant les articulations, nous avons parlé de la forme des surfaces osseuses et, de leur configuration, nous avons pu déduire quelle devait être la nature des mouvements permis par l’articulation considérée; nous avons ensuite parlé des ligaments qui entourent l’articulation et, de leurs dispositions, nous avons pu déduire les limites plus ou moins étroites imposées à ces mouvements. Mais jamais nous n’avons parlé des conditions qui font
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que la surface articulaire d’un os glisse sur la surface articulaire sans jamais s’en écarter, c’est-à-dire des conditions qui maintiennent les surfaces dans un contact intime et permanent. On aurait peut-être pu croire que ce rôle est dévolu aux ligaments; mais ce serait là une erreur : c’est la pression atmosphérique qui maintient ce contact ; ceci demande une explication par un exemple pris en dehors de la mécanique animale et une démonstration par une expérience faite sur l’articulation coxo-fémorale.
Les exemples montrant comment la pression atmosphérique peut maintenir deux corps étroitement collés l’un à l’autre sont pour ainsi dire innombrables : les ventouses, par exemple celles qu’on applique contre une glace, y adhèrent fortement ensuite parce que entre elles et la glace est un air raréfié, et que, par suite, la pression atmosphérique agit à leur surface pour les comprimer et les faire adhérer. Il est un jouet qu’on voit souvent entre les mains des jeunes garçons et qui nous offre un exemple, plus simple encore. Il consiste en un disque de cuir fort et souple, ayant une ficelle fixée en son centre, sur l’une des faces. Quand on applique exactement l’autre face du disque sur une pierre, sur un pavé par exemple, de manière à comprimer le disque et à bien chasser tout l’air qui est entre lui et la surface de la pierre, si alors on tire brusquement sur la ficelle, on soulève le pavé et on le déplace, parce que la pression atmosphérique a suffi pour faire adhérer le disque de cuir et le pavé entre lesquels il n’y a pas d’air.
Or la tête du fémur est reçue dans la cavité cotyloïdedans des conditions absolument identiques à celles
que nous venons d’indiquer. D’une part, la tête du fémur est exactement appliquée contre le fond de la cavité cotyloïde, et ce contact est rigoureusement parfait, les irrégularités que présente le fond de la cavité sur le squelette étant comblées par des coussinets adipeux. D’autre part, le bourrelet cotyloïdien embrasse étroitement la base de la tête du fémur et représente ici les bords de la ventouse dont il a été question dans une des comparaisons précédentes. Or, comme le vide existe entre les deux surfaces articulaires, et que l’air ne peut pénétrer entre elles, elles adhèrent très fortement l’une à l’autre, tout en pouvant glisser l’une sur l’autre (la tête rouler dans la cavité) ; mais, si par un moyen quelconque on donne à l’air extérieur accès dans l’espace articulaire, entre les surfaces articulaires, aussitôt l’adhérence cesse, la pression atmosphérique se faisant sentir alors aussi bien en dedans qu’en dehors de l’articulation. L’expérience classique, propre à mettre ces faits en évidence, a été instituée par les frères Weber et peut se reproduire de la manière suivante : sur un sujet suspendu par la région des épaules, on dissèque les parties molles (peau et muscles) qui entourent l’articulation de la hanche et on enlève ces parties de manière à mettre à nu la capsule articulaire ; si alors on coupe circulairement cette capsule dans toute son épaisseur, on constate que le memore inférieur correspondant ne se détache pas du tronc, et cependant il n’y a plus aucun ligament qui rattache le fémur au bassin (car on ne peut invoquer la présence du ligament intra-articulaireou ligament rond, qui suspend le bassin au fémur et qui laisse facilement ce dernier sortir de la cavité cotyloïde) ; c’est donc la
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pression atmosphérique qui maintient le contact des deux surfaces articulaires. Et, en effet, si, pénétrant par l’intérieur du bassin, on perfore le fond de la cavité cotyloïde, on entend un léger sifflement se produire, Pair pénètre dans la cavité, se répand entre les deux surfaces et aussitôt le membre inférieur correspondant se détache et tombe, la tête du fémur n’étant plus maintenue par rien. Mais ce n’est pas tout; on peut, sur ce même sujet, sur cette même articulation, renouveler l’expérience et la rendre encore plus démonstrative. Si, en effet, on prend le membre détaché, et si, après avoir bouché avec un peu de cire le trou fait à l’arrière-fond de la cavité cotyloïde, on replace la tête de fémur dans cette cavité, en lui faisant exécuter quelques mouvements de glissement afin de rendre parfait le contact des surfaces articulaires et de chasser l’air interposé entre elles, on constate que dès lors la tête du fémur demeure adhérente dans la cavité, et que le membre inférieur est de nouveau suspendu par elle au bassin; mais qu’on enlève, en arrivant par l’intérieur du bassin, le bouchon de cire et qu’on permette ainsi à l’air de se précipiter de nouveau entre les surfaces articulaires, aussitôt on verra le membre inférieur se détacher du bassin, la tête du fémur sortant de la cavité cotyloïde. L’expérience peut être ainsi reproduite un nombre pour ainsi dire infini de fois.
Nous avons cru devoir insister ici, une fois pour toutes, sur ce rôle important de la pression atmosphérique dans la mécanique des articulations ; des expériences analogues, mais plus délicates à exécuter sur les autres articulations, montrent que partout cette pression
joue ce même rôle relativement au maintien en contact des surfaces articulaires. Pour en revenir à l’étude de la région de la hanche, ou plutôt du grand trochanter en particulier, il nous reste à examiner quelles sont les dimensions transversales de cette région, et quelles sont les formes qui, dans le modelé extérieur, résultent directement de la présence du grand trochanter.
La dimension transversale qui va d’un grand trochanter à l’autre doit être comparée à celle qui va d’une tête humérale à l’autre, c’est-à-dire qu’il nous faut comparer le diamètre des hanches au diamètre des épaules.
Ce qui frappe le plus, sous ce rapport, au premier coup d’œil sur une série de squelettes ou de sujets complets, c’est la forte saillie que forment les hanches chez la femme. Pour exprimer cette disposition, diverses formules ont été proposées; elles consistent à considérer le tronc comme une figure plus ou moins régulièrement ovale, dont une extrémité correspond aux épaules, l’autre aux hanches, et à se demander quelle est, selon les sexes, l’extrémité dont le diamètre l’emporte sur l’autre. Les anciens n’hésitaient pas à exprimer cette formule de la manière suivante : chez l’homme et chez la femme, le tronc représente un ovoïde, c’est-à-dire un ovale comparable à celui que figure un œuf, ayant un gros bout et un petit bout; mais chez l’homme cet ovoïde est à gros bout supérieur, tandis qu’il est à gros bout inférieur chez la femme. Cela revient à dire que chez la femme le diamètre des hanches l’emporte sur celui des épaules, tandis que chez l’homme c’est le diamètre des épaules qui l’emporte sur celui des hanches. Cette formule, pour ce qui est de la femme, est évidem-
ment exagérée, ainsi que nous allons le voir dans un instant par la comparaison des chiffres réels ; elle parut, en effet, exagérée à Salvage et à Malgaigne, qui, dans leurs ouvrages d’anatomie, proposèrent de la remplacer par la formule suivante : tandis que le tronc de l’homme forme un ovoïde à grosse extrémité supérieure, le tronc de la femme forme une ellipse, c’est-à-dire un ovoïde dont les deux bouts sont de même dimension : ce qui revient à dire que chez l’homme le diamètre des épaules l’emporte sur celui des hanches et que chez la femme le diamètre des hanches ne l’emporte pas sur celui des épaules, mais arrive seulement à l’égaler.
Or cette dernière formule elle-même exagère les proportions réelles du diamètre des hanches chez la femme; la formule exacte est la suivante : chez l’homme comme chez la femme le tronc représente un ovoïde à grosse extrémité supérieure; mais, tandis que chez l’homme la différence entre cette large extrémité supérieure et la petite extrémité inférieure est très considérable, chez la femme cette différence est beaucoup moindre. Nous allons voir en effet par les chiffres que chez la femme le diamètre des hanches, tout en restant toujours inférieur à celui des épaules, arrive à n’en différer que peu. Chez l’homme, la distance qui s’étend de la limite externe d’une tête humérale à la partie correspondante du côté opposé (diamètre bi-huméral) est en moyenne de 3g centimètres; et la mesure prise d’un grand trochanter à l’autre (diamètre bi-trochantérien) est de 3i centimètres, c’est-à-dire qu’il y a entre ces deux diamètres une différence d’environ i/5. Chez la femme, le diamètre bi-huméral étant en moyenne de
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35 centimètres, le diamètre bi-trochantérien est de 32; c'est-à-dire qu’il y a alors entre ces deux diamètres une différence de 1/1 2 seulement. Ces chiffres peuvent encore servir à démontrer que le diamètre des épaules est plus grand chez l’homme que chez la femme (39 à 35); et qu’inversement le diamètre des hanches est plus grand chez la femme que chez l’homme (32 à 3 1) ; que, par suite, si un homme et une femme de taille moyenne sont supposés projeter directement leur ombre sur une même partie d’un écran, l’ombre des épaules de l’homme couvrira largement l’ombre des épaules de la femme, et qu’inversement l’ombre des hanches de la femme couvrira l’ombre des hanches de l’homme, mais ne dépassera cette dernière que d’une faible quantité.
Par diamètre des hanches nous avons, dans les considérations précédentes, entendu le diamètre bi-trochantérien. Il est cependant une manière de considérer les choses qui justifie jusqu’à un certain point les formules adoptées par les auteurs précédemment cités; c’est celle qui consiste à comparer, sur le squelette, chez l’un et l’autre sexe, le diamètre du bassin (les fémurs étant enlevés) au diamètre des épaules (les humérus étant enlevés) : alors les épaules sont représentées par le diamètre bi-acromial , et les hanches par le diamètre bi-iliaque (d’une crête iliaque à l’autre). Dans ces circonstances, les mensurations exactes montrent que chez l’homme le diamètre bi-acromial est de 32 centimètres et le bi-iliaque de 28 ; c’est-à-dire qu’ici, comme précédemment, le tronc dépouillé de ses membres représente encore un ovoïde à grosse extrémité supérieure ; mais on constate que, chez la femme, le diamètre bi-acromiai
étant de 29 centimètres, le diamètre bi-iliaque atteint 3o centimètres, c’est-à-dire qu’ici le tronc, dépouillé de ses membres, représente une ellipse, ou un ovoïde à grosse extrémité inférieure, l’extrémité supérieure différant très peu en largeur de l’extrémité inférieure. Mais c’est là un mode de mensuration qui tient trop peu de compte de la réalité complète, car l’artiste n’a pas à considérer le tronc autrement que complet, c’est-à-dire pourvu des membres supérieurs et inférieurs, et il doit tenir compte de la part que prennent aux diamètres des deux extrémités du tronc la présence des racines de ces membres (tête de l’humérus et grand trochanter). Nous avons tenu cependant à rapporter ici ce procédé de mensuration, parce qu’il met bien en évidence la prépondérance du diamètre du bassin chez la femme, comparativement à ce qu’on constate chez l’homme, ainsi que, du reste, nous l’avons vu précédemment (ci-dessus, p. ni).
Si l’on dispose en tableau les chiffres précédemment indiqués pour les diamètres bi-huméral, bi-trochantérien, bi-acromial et bi-iliaque chez l’homme et chez la femme, ou si, mieux encore, on traduit ces chiffres par des lignes proportionnelles destinées à donner, sur une silhouette de femme et sur une silhouette d’homme, la valeur des diamètres de la région des épaules et des diamètres de la région du bassin et des hanches, et si on fait passer des lignes verticales par les extrémités des diamètres biiliaques et bi-trochantériens, on obtiendra deux figures qui résument d’une manière graphique toutes les indications précédentes (fîg. 29 et 3o). On y constatera, en effet, que chez l’homme (fig. 29) les lignes verticales
(, x txÿ) passant, aussi bien par l’extrémité du diamètre bi-trochantérien [d, d) que du diamètre bi-iliaque (c, c), viennent en haut tomber toutes deux en dedans aussi bien de l’extrémité du diamètre bi-huméral (b, b) que du
Fjg. 29.
Fig. 30.
Schéma des rapports des diamètres des hanches avec les diamètres des épaules chez l’homme. (Voir le texte.)
Schéma des rapports des diamètres des hanches et des diamètres des épaules chez la femme.^(Voir le texte.}
diamètre bi-acromial (æ, a) ; au contraire, chez la femme, (fig. 3o) on verra que ces mêmes lignes verticales viennent toutes deux tomber en dedans de l’extrémité du diamètre bi-huméral, mais en dehors du diamètre biacromial.
Après cette étude sur les proportions des hanches, nous devons dire un mot de la part que le grand trochanter prend au modelé des formes extérieures. En voyant sur un squelette le grand trochanter se détacher
si nettement et faire en dehors une saillie si considérable, on pourrait s’attendre à trouver dans le modelé extérieur une saillie reproduisant la forme du grand trochanter. Il n’en est cependant rien. Les muscles qui viennent du bassin et vont s’attacher au trochanter sont nombreux, superposés, épais, et le corps charnu des plus superficiels est assez fort pour faire une saillie qui dépasse légèrement celle du trochanter; au niveau de celui-ci leur corps charnu est remplacé par un tendon plus ou moins aplati, de telle sorte qu’en définitive la face externe du trochanter se trouve traduite sur le modelé extérieur par une dépression bornée en avant parla saillie du muscle tenseur du fascia lata, en haut et en arrière par celles du moyen et du grand fessier ; en bas, le méplat concave correspondant au grand trochanter se continue directement avec le vaste méplat qui règne sur la face externe de la cuisse et qui correspond à l’aponévrose fascia lata (voy. ci-après).
C’est là, du reste, un cas qui a beaucoup d’analogues : les saillies osseuses se traduisent souvent à l’extérieur par un modelé plus ou moins creux; et la cause en est toujours dans la même disposition que précédemment, à savoir que les saillies osseuses donnent insertion à des muscles dont le corps charnu s’arrête à peu de distance de la saillie osseuse et forme ainsi, par son épaisseur, un certain relief autour de la saillie; d’une manière plus générale encore on peut dire que, à quelques exceptions près (par exemple les malléoles ou chevilles), toutes les fois qu’une surface osseuse n’est recouverte que par la peau, les muscles qui environnent cette surface s’élèvent au-dessus de son niveau et, par suite, font
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qu’elle se traduit extérieurement par un creux d’autant plus prononcé que le sujet est plus musclé. C’est ainsi que la partie médiane du sternum se traduit extérieurement par une gouttière limitée de chaque côté par le relief des muscles grands pectoraux ; que la face interne du tibia forme une longue et large gouttière lorsque les muscles antérieurs et postérieurs de la jambe sont très développés, etc.
Sommaire. — Squelette de la cuisse et du genou. — Corps au fémur; sa courbure; sa direction oblique; ligne âpre. — Extrémité inférieure du fémur : condyles; espace intercondylien ; trochlée antérieure. — Rotule ; ligament rotulien. — Partie inférieure des os de la jambe. — Tibia ; ses plateaux; sa tubérosité anté* rieure. — Tête du Péroné. — Articulation du genou : rapports des os dans la flexion et dans l’extension. — Appareil ligamenteux : capsule; sa laxité et son étendue en avant, d’où facilité et étendue du mouvement de flexion; sa force et sa brièveté en arrière, d’où limite du mouvement d’extension. — Ligaments latéraux du genou; leur mécanisme spécial déduit de leur insertion supérieure excentrique. — Mouvements de latéralité du genou; ligaments croisés. — Modelé de la région du genou : méplat susrotulien; saillies rotuliennes; tendon rotulien et pelotons adipeux qui le débordent. — Saillies osseuses de la face externe et tendons y aboutissant. — Simplicité du modelé de la face interne du genou.
Après avoir étudié l’extrémité supérieure du fémur au point de vue de l’articulation, des proportions et des formes de la région des hanches, nous devons continuer l’étude de cet os en examinant son corps et son extrémité inférieure , cette dernière partie nous amenant à Y articulation du genou.
Le corps du fémur n’est pas droit, mais bien légèrement courbe avec convexité tournée en avant; sur le sujet complet cette convexité se reconnaît encore dans la forme de la face antérieure de la cuisse très nettement
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convexe de haut en bas (bombée en avant) , les muscles qui recouvrent le fémur en avant étant disposés de manière à exagérer encore cet aspect puisque leurs corps charnus sont surtout accumulés au niveau de la partie moyenne de la région antérieure delacuisse. — D’autre part, le fémur, sur un sujet debout, n’est pas dirigé verticalement, mais bien obliquement de haut en bas et de dehors en dedans (fig. 3 1) , de telle sorte que les extrémités supérieures des deux fémurs sont relativement très éloignées l’une de l’autre, tandis que leurs extrémités inférieures se rapprochent beaucoup au niveau des genoux. Chez la femme, cette obliquité est plus prononcée que chez l’homme, ce qui tient à ce que les extrémités supérieures des deux fémurs sont, chez elle, plus écartées, ainsi qu’il résulte des considérations dans lesquelles nous sommes précédemment entrés relativement au diamètre des hanches (diamètre bi-trochantérien) chez la femme.
La forme du corps du fémur est celle d’un prisme triangulaire présentant trois faces, une antérieure, une postéro-externe , une postero-interne, et trois bords, deux latéraux et un postérieur. Les deux bords latéraux sont très arrondis, non tranchants; le bord postérieur, au contraire, est très saillant sous forme d’une ligne rugueuse dite ligne âpre ( i , fig. 3 1 ) , laquelle donne insertion à un très grand nombre de muscles. Cette ligne âpre se divise en haut en deux bifurcations légèrement divergentes, dont l’externe (2, 2, fig. 3 1) va vers le grand trochanter et l’interne (3) vers le petit trochanter. En bas, la ligne âpre se bifurque de même, l’une de ses branches allant vers la tubérosité interne, l’autre vers la tubérosité externe du fémur (4, 4, fig. 3i).
PRECIS D’ANATOMIE