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homologue du carpe, présente un développement considérable : il forme en effet la moitié de la longueur du pied. Aussi pour comprendre la forme du pied et son mécanisme, faut-il étudier surtout et avant tout les os qui composent le tarse.

De même que le carpe de la main était formé de deux rangées d’os, de même le tarse est composé de deux groupes d’os ou de deux moitiés : une moitié postérieure et une moitié antérieure. — La moitié postérieure comprend seulement deux os, qui sont superposés, c’est-à-dire que l’un est placé en bas, reposant sur le sol par une partie plus ou moins considérable de sa face inférieure; c’est le calcanéum (3, fig. 36; i à 6, fig. 38) qui se prolonge en arrière pour former la saillie du talon; tandis que l’autre est placé en haut, c’està-dire au-dessus du précédent; c’est V astragale (1,2, fig. 36; 7, 8, fig. 38), qui s’articule seul avec la jambe, avec la mortaise péronéo-tibiale. — La moitié antérieure est dédoublée en deux parties latérales : une externe simple, c’est-à-dire composée d’un seul os, le cuboïde (8, fig. 36; i3, fig. 38); et une partie interne plus complexe, formée d’un seul os postérieur, le scaphoïde (4, fig. 36), et de trois petits os antérieurs les trois cunéiformes (5, 6, 7, fig. 36).

Après cette rapide indication sur le schéma du tarse, et avant d’entrer dans les détails de la configuration de ses parties et de son ensemble, nous devons, ayant vu la place particulière qu’occupe V astragale, étudier son articulation avec les os de la jambe, avec la mortaise péronéo-tibiale. Nous connaissons cette mortaise; quant à la partie de l’astragale qui est reçue dans sa cavité, elle

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est formée par les trois quarts postérieurs (i, fig. 36) de la partie supérieure de l’astragale, séparés du quart antérieur par un rétrécissement qui porte le nom de col (2, fig. 36). Cette partie articulaire a la forme d’une poulie à gorge médiane antéro-postérieure à peine sensible, mais à lèvres se .prolongeant sur les côtés de l’os et se mettant en rapport avec les faces correspondantes des malléoles externe et interne. Une pareille configuration des surfaces articulaires nous permet de conclure à priori que Y articulation tibio-astragalienne ne doit présenter que des mouvements dans le plan antéro-postérieur, c’est-à-dire des mouvements en avant (flexion du pied ) et des mouvements en arrière (extension). En effet, l’astragale est reçu dans la mortaise comme dans un étau , et une pareille disposition ne peut permettre aucun mouvement de latéralité, laissant libres seulement les oscillations en avant et en arrière, c’est-à-dire dans le plan correspondant à l’ouverture de l'étau (à l’ouverture limitée par les deux malléoles). Il est vrai que chacun peut constater sur son pied des mouvements de latéralité, et notamment des mouvements par lesquels on élève le bord interne du pied

Fig. 36.

Ensemble du squelette du pied (droit), vu par la région dorsale. — i, astragale (avec sa tête et son col, 2); — j, calcanéum ; — 4, scaphoïde; — s, premier cunéiforme ; — 6, second cunéiforme ; — 7, troisième cunéiforme; — 8, cuboïde; — 9, le métatarse; — 10, 11, les deux phalanges du gros orteil; — 12, 13, 14, premières, secondes et troisièmes phalanges des autres orteils.

Si

en abaissant le bord externe et inversement; mais sur une articulation disséquée, on constate que ces derniers mouvements ne se passent pas entre l’astragale et la jambe, mais bien entre l’astragale et le reste du pied, ainsi que nous le verrons bientôt, et que l’articulation tibio-astragalienne ne permet que des mouvements de flexion et d'extension. De ces deux mouvements, celui d’extension est assez étendu, c’est-à-dire qu’il peut aller jusqu’à mettre l’axe du pied sur le prolongement de celui de la jambe et est arrêté dans cette situation par la rencontre du bord postérieur de la mortaise avec les saillies qui sont sur le bord postérieur de l’astragale; mais le mouvement de flexion, par lequel la face dorsale du pied se rapproche de la face antérieure de la jambe, est très limité, car il est impossible d’amener le pied à faire avec la jambe un angle moindre de 45 degrés, ouvert en haut et en avant. La forme de la poulie astragalienne nous rend compte de ce fait, car cette poulie est plus large dans sa partie antérieure que dans sa partie postérieure (voy. en 1, fig. 36), c’est-à-dire qu’elle a la forme d’un coin à base antérieure ; or, à mesure que la flexion se produit, c’est cette base, cette partie large du coin qui se place dans la mortaise, et bientôt l’astragale se trouve dans la même condition qu’un coin dont la base est trop large pour pouvoir pénétrer dans une cavité donnée ; alors le mouvement est arrêté, et l’articulation tibio-astragalienne est rigoureusement immobilisée. On ne pourrait porter la flexion plus loin qu’en faisant éclater la mortaise péronéo-tibiale, comme on fait éclater le bois dans lequel on force, avec violence, la pénétration d’un coin trop volumineux.

Sommaire. — Squelette du pied. — Union des os du tarse: astragale et calcanéum (cavité anfractueuse du tarse); ensemble des articulations sous-astragaliennes; rôle spécial de l'astragale dans la mécanique du pied. — Les autres articulations du tarse ne présentent que de légers mouvements de glissement. — Métatarse et métatarsiens : importance du cinquième métatarsien au point de vue des formes. — Orteils et leurs phalanges. — Ensemble du squelette du pied ou formes du pied. — Voûte plantaire. — Proportions du pied : le pied comme commune mesure du membre inférieur et de la taille.

Nous allons examiner rapidement les os du tarse en tenant surtout compte des détails qui ont trait à leurs articulations. — La face inférieure de l 'astragale présente deux facettes articulaires séparées par une gouttière transversale oblique; ces deux facettes sont en rapport avec deux facettes analogues disposées sur la face supérieure du calcanéum, mais placées tout à fait à la partie interne de cette face supérieure, parce que l’astra-* gale n’est pas directement superposé au calcanéum, mais chevauche un peu sur lui en dedans, de sorte qu’il, le dépasse de ce côté, tandis qu’il est dépassé par lui du côté externe (voy. fig. 36, p. 1 53) . Les deux facettes du calcanéum sont également séparées par une gouttière transversale oblique ; il en résulte que lorsque l’astragale

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est en place, la gouttière astragalienne et la gouttière calcanéenne, se regardant par leur concavité, forment par leur superposition une sorte de cavité, qu’on voit largement ouverte en dehors sur le squelette du pied (en 9, fig. 38) et qui est dite cavité anfractueuse du tarse. C’est dans cette cavité que sont disposés les principaux faisceaux ligamenteux qui rattachent l’astragale au calcanéum; il en résulte que ces ligaments, placés entre les deux articulations astragalo-calcanéennes, dont l’une est en avant et l’autre en arrière, forment une sorte de pivot autour duquel se passent les mouvements qui ont lieu entre l’astragale et le calcanéum; et comme, ainsi que nous allons le voir, le reste du tarse et de l’ensemble du pied fait corps avec le calcanéum, c’est autour de ces ligaments astragalo-calcanéens comme centre que se passent les mouvements par lesquels, en dehors de la mobilité empruntée à l’articulation du genou lui-même, la pointe du pied est portée en dedans ou en dehors, de même que ceux par lesquels le bord interne ou le bord externe du pied sont élevés l’un par rapport à l’autre.

En effet, les deux articulations par lesquelles la moitié postérieure du tarse est réunie à la moitié antérieure (voy. fig. 36, p. 1 53), c’est-à-dire l’articulation calcanéo-cuboïdienne en dehors, et l’articulation astra galo-scaphoïdienne en dedans, sont disposées selon des types tout à fait différents pour l’une et pour l’autre, et tels que tout le reste du pied se trouve faire corps avec le calcanéum et se mouvoir facilement avec celui-ci sur l’astragale. L’articulation de l’extrémité antérieure du calcanéum avec la face postérieure du cuboïde présente un emboîtement réciproque peu prononcé, mais entouré

de ligaments épais et solides, surtout à la partie inférieure (ligament calcanéo-cuboïdien inférieur ou grand ligament de la planté), de sorte qu’il ne peut y avoir entre le calcanéum et le cuboïde que des glissements insensibles, tels que ces deux os forment en réalité, au point de vue mécanique, une seule pièce, mais une pièce élastique. — Au contraire, l’articulation astragalo-sca - \ phoïdienne est formée par l’extrémité antérieure de l’astragale, c’est-à-dire par la partie qui, située en avant du col (voy. p. 1 53), a reçu le nom de tête (9, fig. 37) et mérite €n effet ce nom par sa forme saillante et arrondie en avant. Cette tête astragalienne se continue en bas, par sa surface cartilagineuse, avec la surface antérieure d’articulation calcanéenne antérieure de l’astragale. Il en résulte que l’astragale forme une pièce intermédiaire entre la jambe et le reste du squelette du pied, c’est-à-dire que par l’ensemble des articulations astragalo-calcanéennes et astragalo-scaphoïdiennes, formant un tout articulaire qu’on peut par abréviation désigner sous le nom à? articulation sous-astragalienne, le pied possède des mouvements de latéralité par lesquels sa pointe se porte en dedans ou en dehors, ou bien son bord externe s’élève, le bord interne s’abaissant, et inversement. Au contraire, les mouvements de flexion et d’extension se passent uniquement dans V articulation sus astragalienne , c’està-dire dans l’articulation, précédemment étudiée, de l’astragale avec la mortaise péronéo-tibiale.

Les os de la moitié antérieure du tarse, c’est-à-dire le cuboïde en dehors, le scaphoïde avec les trois cunéiformes en dedans, s’articulent entre eux par des facettes planes, mais présentant, vers leurs portions inférieures

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ou plantaires, des rugosités destinées à des ligaments interosseux. C’est assez dire que dans toutes ces articulations il ne se passe que de légers mouvements de glissement ayant pour but de donner non une véritable mobilité à ces os, mais seulement une certaine élasticité à l’ensemble qu’ils forment, c’est-à-dire à la voûte plantaire. Quant aux particularités à signaler pour chacun de ces os, nous indiquerons : pour le scaphoïde , sa forme aplatie d’avant en arrière et allongée de dedans en dehors ; pour le cuboïde, une gouttière oblique (14, fig. 38) qu’il présente à sa face inférieure ou plantaire et qui est destinée au tendon du muscle long péronier latéral (voy. ci-après). Enfin des trois cunéiformes, qu’on distingue, en les comptant de dedans en dehors, sous les noms de premier, second et troisième cunéiforme (voy. fig. 36, p. 1 53), le second (6) est le plus petit de tous, c’est-à-dire qu’il n’arrive pas en avant aussi loin que le premier (5) et le troisième (7, fig. 36) entre lesquels il est placé, de sorte qu’à son niveau la ligne tarso-métatarsienne forme une encoche, une mortaise rentrant dans le tarse et dans laquelle est reçue l’extrémité postérieure du second métatarsien.

En avant du tarse se trouve le métatarse correspondant au métacarpe, et les orteils correspondant aux doigts de la main. Nous n’avons que peu de mots à dire sur ces portions de squelette qui rappellent les parties homologues de la main.

Les métatarsiens, au nombre de cinq, sont des os longs, composés d’un corps prismatique et de deux extrémités, l’une postérieure ou tarsienne, configurée exactement comme les os cunéiformes, c’est-à-dire que leur ensemble rappelle la disposition des pierres d’une

voûte, l’autre antérieure ou digitale formée par une tête qui s’articule avec la base des premières phalanges. Ces os sont disposés parallèlement côte à côte, et celui du gros orteil n’est pas écarté de ses congénères, comme le métacarpien du pouce ; c’est qu’en effet le gros orteil ne jouit pas d’une mobilité comparable à celle du pouce de la main. Enfin, comme détails particuliers, il faut signaler : pour le premier métacarpien (19, fig. 3 7), son volume considérable; pour le second (20, fig. 38), sa longueur extrême, car il dépasse en arrière ses voisins (en entrant dans la mortaise qui correspond au second cunéiforme) et il les dépasse également en avant, ce qui fait que le second orteil est plus long que tous les autres. Pour le cinquième enfin, il faut remarquer la forme de son extrémité tarsienne qui se prolonge, en arrière, en une apophyse (19, fig. 38) qui constitue la partie externe la plus saillante du pied ; cette apophyse du cinquième métatarsien donne insertion au muscle court péronier latéral.

Les phalanges des orteils (fig. 3y et 38) rappellent, par leur nombre et leurs dispositions, les os homologues de la main; elles sont seulement beaucoup plus courtes, surtout celles du petit orteil, dont les deux dernières sont réduites à de petits noyaux osseux ; aussi ce cinquième doigt du pied est-il toujours beaucoup plus court que tous les autres. Les dénominations de ces phalanges sont les mêmes que pour la main [phalanges, phalangines, phalangettes, etc. ; voy. p. 89).

L’ensemble du squelette du pied forme une véritable voûte, qui présente deux courbures ou concavités, l’une antéro-postérieure, l’autre transversale. La plante du pied forme donc un creux qui va de l’extrémité postérieure du

calcanéum à l'extrémité antérieure des métatarsiens ; mais :e creux plantaire est beaucoup plus élevé en dedans (fig. 37), tandis qu’il est surbaissé en dehors (fig. 38). Il faut donc, pour bien se rendre compte de la forme générale du pied, considérer que son dos regarde en haut et en

Fig. 37.

Pied droit; bord interne. — i, 2, 3, 4, calcanéum ; — 5, 6, 7, astragale ; — 8, articulation astragalo-calcanéenne postérieure; — 9, tête et col de l’astragale; — io, ix, scaphoïde; — 12, articulation astragalo-scaphoïdienne ; — 13, 14, premier cunéiforme; — 15, articulation du premier cunéiforme avec le scaphoïde; — x 6, articulation du premier cunéiforme avec le métatarsien du gros orteil; — 17, second cunéiforme; — 18, son articulation scaphoïdienne ; — 19, premier métatarsien; — 20, second métatarsien;— 21, articulation du second métatarsien avec les cunéiformes; — 23, 24, phalanges du gros orteil; — 25, 25, phalanges des autres orteils.

dehors, que sa plante regarde en bas et en dedans, que son bord externe est mince et arrive presque au contact du sol, que son bord interne est épais, très élevé, c’est-à-dire très loin d’arriver au contact du sol. Un pied osseux bien articulé, posé sur un plan horizontal, n’est en contact avec ce plan que par l’extrémité postérieure du calcanéum (talon) et parles têtes des métacarpiens (avec les or • teils). Quand le pied est revêtu de ses parties molles, ces points de contact sont à peine changés, c’est-à-dire qu’outre le talon et l’extrémité antérieure, on voit de plus le bord externe, surtout dans la partie qui correspond au cinquième métatarsien, arriver à toucher le sol, mais

faiblement, à moins que le sujet ne porte un lourd fardeau qui, pesant sur la voûte plantaire, met en jeu son élasticité et arrive à l’aplatir légèrement. Nous verrons plus loin qu’il est des muscles (surtout le long péronier latéral) qui ont pour effet d’agir comme la corde

Fig. 38.

Pied droit; bord externe. — 1 à 6, calcanéum; — 7, poulie astragalienne ; — £, facette latérale de l’astragale en rapport avec la malléole externe ; — 9, cavité anfractueuse du tarse; — 10, articulation astragalo-calcanéenne postérieure} — 11, tête et col de l’astragale; — 12, scaphoïde; — 13, cuboïde; — 14, origine de la gouttière delà face inférieure du cuboïde (pour le tendon du muscle long péronier latéral); — 16, troisième cunéiforme; — 17, second cunéiforme; — 18, cinquième métatarsien avec son apophyse postérieure (19); — 20, 21, 22, 23, quatrième, troisième, second et premier métatarsien; — 24 à 25, phalanges des orteils.

qui tend en arc, c’est-à-dire de maintenir la voussure plantaire.

Comme nous l’avons fait pour la main et le membre supérieur, nous devons nous demander si l’étude du pied peut fournir quelques données relatives aux proportions du corps, ici, moins encore que pour la main, il n’est pas possible d’arriver à faire du pied une commune mesure pour la longueur du corps en général et pour celle du membre inférieur en particulier. Il faut s’en tenir à quelques indications qui ne sont exactes que pour la moyenne des sujets. Ainsi il est facile de constater sur un squelette que la distance qui va de

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l’extrémité supérieure de la tête du fémur au bord inférieur du condyle interne du fémur est égale à deux pieds ; mais cette notion n’a rien de pratique ; elle ne peut être utilisée sur le vivant, où il est difficile de reconnaître le niveau de la partie supérieure de la tête du fémur. Si, au lieu de la tête de ces os, on prend le bord supérieur du grand trochanter, partie bien sensible à travers la peau, on trouve alors que presque jamais il n’y a deux pieds dans la longueur qui va de ce bord supérieur du grand trochanter au bord inférieur du condyle externe ; c’est qu’en effet le grand trochanter est sur un niveau notablement inférieur à celui de la tête du fémur.

La jambe, même en y comprenant l’épaisseur du pied, ne renferme pas un nombre entier de fois la longueur du pied; on constate en effet que du bord inférieur du condyle interne du fémur au niveau du sol (ou de la plante), il n’y a pas tout à fait deux longueurs de pied; mais, fait intéressant, on constate, en général, que cette longueur de la jambe, plus l’épaisseur du pied, est égale à la distance qui sépare le bord supérieur du grand trochanter du bord inférieur du condyle externe, c’està-dire que le milieu du membre inférieur (en partant du grand trochanter) correspond précisément à l’interligne du genou.

Quand on reporte la longueur du pied sur la jambe, en partant de bas en haut, on trouve une proportion assez régulière et d’un intérêt pratique, à savoir que du sol à la partie moyenne de la rotule on mesure généralement deux longueurs de pied.

Comme commune mesure de la hauteur du corps, le

pied ne donne pas non plus un canon exprimé par un nombre rond; en effet, d’après les nombreuses recherches de Léger sur cette question, la longueur du pied est, en général, comprise 6 fois et i/3 dans la hauteur de la taille. Toutefois ce chiffre présente un fait intéressant quand on exprime cette proportion en prenant pour unité le tiers du pied: 6 pieds et i/3 formant 19 tiers de pied, on voit que la hauteur du corps comprendrait 19 tiers de pied. Or ce chiffre 19 est précisément le même qui, dans le canon égyptien, d’après Charles Blanc, exprime la proportion du doigt médius à la taille.

Quant au pied considéré en lui-même, nous dirons seulement que la ligne tarso-métatarsienne offre, sur le squelette, une manière assez simple de diviser le pied; cette ligne est oblique d’avant en arrière et de dedans en dehors, c’est-à-dire que son extrémité interne, à la base du premier métatarsien, divise le pied en une moitié antérieure et une moitié postérieure, tandis que son extrémité externe, à la base (apophyse) du cinquième métatarsien, divise le pied en un tiers postérieur et deux tiers antérieurs.

TREIZIÈME LEÇON

Sommaire. — Squelette de la tête : division en crâne et face. — Étude de la voûte ou calotte du crâne. — Os occipital ; son écaille. — Os pariétal (bosse pariétale et ligne courbe temporale). — Os frontal (bosses frontales, arcades sourcilières, arcades et apophyses orbitaires). — Os temporaux : apophyse raastoïde du temporal; son écaille; son apophyse zygomatique. — Suture des os de la voûte du crâne ; leur engrenage à aspect caractéristique; suture sagittale; suture lambdoïde; sutures sphénoïdales. — Forme générale du crâne : têtes longues, têtes carrées. — Indices céphaliques : dolichocéphales, brachycéphales, mésaticéphales.

Le squelette de la tête forme deux parties intimement unies l’une à l’autre : une partie supérieure et postérieure, constituée par des os plats de forme assez simple, et dite boite crânienne ou crâne , renfermant l’encéphale (cerveau et cervelet), c’est-à-dire les organes de l’intelligence et de la volonté: une partie antérieure et inférieure, constituée par des os nombreux à configuration très complexe, et dite squelette de la face , circonscrivant des cavités multiples qui logent les principaux organes des sens et les appareils de la mastication.

Du crâne. — La boîte crânienne a la forme d’un ovoïde à grand diamètre antéro-postérieur, et les parois qui la forment peuvent être distinguées en une base, que nous

TREIZIEME LEÇON

n'avons pas à étudier ici, et une calotte (parois latérales et supérieure, que nous devons examiner Les os qui entrent dans la constitution de cette calotte ou voûte du crâne sont: en arrière, Y occipital ; en avant, le frontal; en haut, les deux pariétaux ; sur des côtés, les temporaux.

Crâne; face latérale. — i, os frontal; — 2, pariétal; — 3, occipital; — 4, temporal, — 5, grande aile du sphénoïde (vo y. p. 170); — 6, suture coronale — 7, suture lambdoïde; — 8, 9, suture pariéto-temporale ; — 10, suture sphéno-pari étale; — 11, suture sphéno-temporale ; — 12, suture sphéno-frontale ; — 13, ligne courbe limitant la fosse temporale; — 14, 1 S , 16, os malaire; — 18, os maxillaire supérieur, avec le trou sous-orbitaire (19J; — 20, 21, 22, os propre du nez ; — 23, gouttière lacrymale; — 24, bosse nasale; — 25, maxillaire inférieur; — 26, trou mentonnier; — 27, angle de la mâchoire.

L’ occipital (3, fig. 39) forme la partie toute postérieure de la base et de la voûte du crâne; on lui distingue donc deux portions : 1 0 une partie inférieure, horizontale, percée d'un large trou ( trou occipital ) par lequel la boîte crânienne communique avec le canal vertébral. En avant de ce trou est Y apophyse basilaire de l'occipital; de

PRÉCIS D’ANATOMIE

chaque côté sont les condyles par lesquels la tête s’articule avec la colonne vertébrale, c’est-à-dire avec les masses latérales de la vertèbre atlas (voy. p. 3i). 2°Une partie postérieure (3, fig. 29), dite écaille de l’occipital, de forme triangulaire avec sommet dirigé en haut. Les bords de cette écaille sont creusés de nombreuses et irrégulières denticulations qui s’engrènent avec les denticulations semblables du bord postérieur des pariétaux (7, fig. 39) ; la face externe ou postérieure de cette écaille est parcourue vers sa partie moyenne par une crête semicirculaire donnant insertion aux muscles superficiels de la nuque (voy. trapèze et sterno-mastoïdien), et dont le milieu forme une saillie dite protubérance occipitale externe ou inion.

Les pariétaux (2 et i3, fig. 39) sont placés en avant de l’écaille de l’occipital, un de chaque côté de la ligne médiane; de forme quadrilatère, chaque pariétal présente quatre bords denticulés, dont le supérieur s’articule par engrenage avec le pariétal du côté opposé, le postérieur avec l’occipital (en 7, fig. 39), l’antérieur avec le frontal (en 6), l’inférieur, qui est concave (8, fig. 39), avec le temporal. Le pariétal ne présente de remarquable à sa face externe que : i° à son centre, une saillie dite bosse pariétale, plus accentuée chez les jeunes sujets que chez l’adulte, et représentant le lieu où commence chez le fœtus l’ossification de cet os; 20 au-dessous de cette saillie, une ligne courbe légèrement rugueuse ( 1 3, fig. 39) qui limite la fosse temporale, c’est-à-dire les insertions du muscle temporal, d’où son nom de ligne courbe temporale.

Le frontal (en 1 fig. 39), comme l’occipital, présente à la fois une partie qui appartient à la base du crâne et

TREIZIEME LEÇON

à la face (9, 9, fig. 40), car elle forme la voûte de l’orbite (voy. ci-après) , et une partie dite écaille qui forme la paroi antérieure et supérieure de la boîte crânienne. Cette écaille a un bord supérieur arrondi (n, fig. 40) qui s’ar-

Fig. 40.

Os frontal; face antérieure. — i, i, bosses frontales ; — 2, 2, arcades sourcilières;

— 3, bosse nasale; — 4, 4, arcades orbitaires; — 5, 5, apophyses orbitaires internes;

— 6, 6, apophyses orbitaires externes; — 7, 7, échancrure nasale; — 8, épine nasale;

— 9, 9, fosses ou voûtes orbitaires; — 11, bord supérieur; — 12, parties latérales de ce bord.

ticule par des denticulations avec les pariétaux (en 6, fig. 39) ; en partant de ce bord et en descendant vers la face, on trouve des parties importantes au point de vue des formes et qui sont successivement : les bosses frontales (1, 1, fig. 40), plus accentuées chez les jeunes sujets et chez les femmes que chez les hommes adultes; les bosses

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ou arcades sourcilières (2, 2, fig. 40), qui sont dirigées obliquement en haut et en dehors; ces bosses sont, au contraire, plus prononcées chez l’adulte et doivent leur relief à ce que l’épaisseur du frontal se creuse à leur niveau des cavités dites sinus frontaux qui sont d’autant plus développées que le sujet est plus avancé en âge; enfin les arcades orbitaires (4, 4, fig. 40) qui forment le bord supérieur de l’orbite. Courbe, avec concavité inférieure, chacune de ces arcades orbitaires forme en dehors une apophyse orbitaire externe (6, 6, fig. 40), articulée avec l’os malaire ou de la pommette (en 1 5, fig. 39), et en dedans une apophyse orbitaire interne (5,5, fig. 40) qui circonscrit, avec son homologue du côté opposé, une partie médiane dite échancrure nasale (7, fig. 40) dans laquelle sont reçus les os propres du nez (22, fig. 39) et l’apophyse montante du maxillaire (voy. Face). De plus, chaque arcade présente vers sa partie interne une petite échancrure dite échancrure susorbitaire (voy. fig. 40).

Les temporaux , un de chaque côté du crâne (1 1, 4 et 3i, fig. 39), sont des os de configuration très complexe, mais dont nous ne devons étudier ici qu’une portion. En effet, chaque temporal se compose d’une partie appartenant à la base , et d’une partie appartenant à la paroi latérale du crâne; la partie appartenant à la base forme une masse pyramidale de substance osseuse très dure, dite pyramide ou rocher ou ospétreux, qui contient les organes délicats de l’oreille interne; la partie appartenant à la paroi latérale du crâne (4, fig. 39) forme un disque osseux irrégulier reposant sur la base de la pyramide ou rocher; aussi trouve-t-on vers sa partie

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moyenne un orifice, le conduit auditif (3 1, fig. 39), qui conduit dans le rocher. En prenant pour point de repaire cet orifice du conduit auditif, on trouve à la face externe du temporal : i° en arrière du conduit auditif, la partie mastoïdienne du temporal (33, fig. 39) qui se prolonge en bas en un cône en forme de mamelon (ji,aaro'ç , mamelon) dit apophyse mastoïde . 20 En haut du conduit auditif, 1’ écaille du temporal (4, fig. 39), portion large et à bords arrondis s’articulant avec le bord inférieur du pariétal (8, fig. 39). — 3° En avant, une apophyse (20, fig. 41) qui se détache nettement pour se diriger horizontalement vers la face et rejoindre l’os malaire (16, fig. 39). Cette apophyse, joignant le crâne à la face, est dite apophyse zygomatique ($>y o'ç, joug, qui joint) et forme, avec la partie correspondante de l’os malaire, V arcade ZXg0" matique. L’apophyse zygomatique se détache du temporal par deux racines (fig. 39), l’une longitudinale antéropostérieure passant au-dessus de l’orifice du conduit auditif externe, l’autre transverse, située à la base du crâne et limitant, en avant du conduit auditif, une cavité où est reçu le condyle de la mâchoire inférieure. — Enfin, au-dessous du conduit auditif, le temporal présente une apophyse styloïde (32, fig. 39), longue, grêle, à sommet très aigu, qui donne insertion à quelques petits muscles du cou (voy. muscles sushyoïdiens)„

L’ensemble des os que nous venons de passer en revue s’articule par des bords denticulés et on donne le nom de sutures à ces lignes d’union. Comme le crâne doit être étudié par l’artiste non seulement au point de vue des formes extérieures, mais encore comme objet qui figure souvent à titre d’accessoire dans une composition, et

comme la représentation de ces sutures contribue à donner au crâne sa physionomie exacte, nous ne saurions nous dispenser ici de les indiquer avec soin. Il faut, à cet effet, considérer le crâne par en haut et par la face latérale.

Examiné par en haut, le crâne présente une suture médiane, antéro-postérieure, interpariétale, dite suture sagittale. En arrière, au niveau de l’angle supérieur de l’écaille de l’occipital (en 7, fig. 39), cette suture médiane se bifurque pour se continuer avec les deux sutures occipito-pariétales, et on donne à cet ensemble le nom de suture lambdoïde, parce qu’il rappelle la forme d’un lambda grec (plus exactement d’un V renversé : \). En avant, la suture interpariétale (ou sagittale) est arrêtée par les deux sutures pariéto-frontales (en 6, fig. 3g) dont l’ensemble forme une ligne transversale à laquelle on a donné le nom de suture coronale.

En examinant le crâne par une de ses faces latérales, on voit que les sutures forment ici un dessin plus complexe, parce que, entre les os précédemment décrits, vient se placer, au niveau de la fosse temporale (en 3, 10, n, 12, fig. 39), une nouvelle plaque osseuse, qui prend part à la constitution de la paroi latérale du crâne. Cette lame quadrilatère appartient au sphénoïde , os très compliqué de la base du crâne, dans laquelle il s’enchâsse comme un coin (<jcwv, coin) , s’étendant latéralement, sous forme d’aile; c’est la grande aile du sphénoïde qui vient ainsi s’interposer à la surface latérale du crâne, au-devant de l’écaille du temporal et au-dessous de celle du frontal. On voit alors qu’en suivant de haut en bas la suture coronale (6, fig. 39), cette suture se bifurque inférieurement en une suture antérieure dite sphéno -

TREIZIEME LEÇON

frontale (12) et une suture postérieure (10) dite sphéno pariétale. Cette dernière, très courte, se divise également, à son extrémité postérieure, en une suture inférieure, verticale, dite sphéno-temporale (11) et une suture supérieure, courbe, dite temporo-pariétale (8), qui circonscrit l’écaille du temporal et va, tout en arrière, au niveau de la portion mastoïdienne de cet os, rejoindre l’extrémité inférieure de la suture lambdoide ou occipito-par létale.

Nous avons dit que la forme générale du crâne est celle d’un ovoïde à grosse extrémité postérieure; mais il est d’observation vulgaire que cet ovoïde peut présenter, selon les sujets, des proportions très différentes; par exemple, certains crânes montrent une grande prédominance du diamètre antéro-postérieur sur le diamètre transverse, et on dit alors vulgairement que la tête est longue; on dit, au contraire, que la tête est carrée, lorsqu’il semble que le diamètre transverse arrive presque à égaler l’antéro-postérieur. Les anthropologistes se sont appliqués à mesurer exactement ce rapport entre le diamètre transverse et le diamètre antéro-postérieur du crâne, et ils le désignent sous le nom d’indice céphalique. Comme nous l’avons dit précédemment à propos des proportions du bras et de l’avant-bras (voy. indice brachial, p. 97), on désigne par ce nom d’indice le chiffre qui marque le rapport d’une longueur plus petite à une longueur plus grande, celle-ci étant considérée comme égale à 100, c’est-à-dire les chiffres obtenus parla mensuration directe étant ramenés à une proportion centésimale. On trouve ainsi que sur certains crânes le diamètre transverse est relativement très court, puisqu’il est représenté par 75, l’antéro-postérieur l’étant par 100.

On dit que l’indice céphalique de ces crânes est de 7 5, et on donne à ces crânes le nom de dolichocéphales (^oXc/oç, allongé; xecpaXii, tête). D’autres présentent un diamètre transverse qui se rapproche de l’antéro-postérieur puisqu’il est représenté par 83 ou 84, l’antéropostérieur l’étant par 100. Cet indice céphalique de 83 est celui des têtes dites brachycéphales court).

Entre ces deux types sont les têtes de forme moyenne ou intermédiaire, dites mésaticépliales et dont l’indice céphalique est de 77 à 80. — On avait exagéré , au point de vue des races, l’importance des types dolichocéphale et brachycéphale, un anatomiste suédois, Retzius, ayant avancé que les races autochtones de l’Europe seraient brachycéphales, tandis que les races venues ultérieurement seraient dolichocéphales; mais le fait récemment démontré que les Basques sont dolichocéphales, et qu’on trouve des dolichocéphales parmi les crânes fossiles les plus anciens d’Europe, a enlevé toute valeur à cette théorie. On peut seulement dire, au point de vue de l’indice céphalique considéré dans les races diverses, que les types dolichocéphales les plus accentués se rencontrent chez les Australiens, les Hottentots, les Cafres, les Nègres et les Nubiens; les types brachicéphales les plus caractérisés, chez les Indo-Chinois, les Lapons, les Auvergnats; qu’enfin les Normands et en général les crânes parisiens (du xne au xixe siècle) présentent surtout le type mésaticéphale.

Sommaire. — Squelette de la face. — Cavités orbitaires : leur pourtour; leur fond. — Fosses nasales (orifice antérieur). — Saillie de la pommette (os malaire et ses branches en étoile). — Maxillaire supérieur. — Maxillaire inférieur: corps, branche verticale (échancrure sigmoïde, apophyse coronoïde et condyle); mâchoire inférieure selon les âges. — Des dents : leurs parties; leurs espèces (incisives, canines, molaires); leur nombre; dimensions relatives des dents incisives. — Articulation de la mâchoire. — De la face et du crâne en général, au point de vue des formes. — Angle facial de Camper : sa mesure; sa valeur réelle selon les races; son exagération dans les têtes antiques. — De la tête comme commune mesure : canon de huit têtes; variations selon la taille des sujets; point où correspond le milieu du corps.

De la face . — Au lieu de décrire séparément les os qui composent le squelette de la face, nous les grouperons autour des cavités qu’ils circonscrivent et des saillies qu’ils forment ; c’est ainsi que nous étudierons successivement la cavité de V orbite, l’orifice des fosses nasales, la saillie de la pommette et enfin la région de la bouche , à propos de laquelle nous aurons à décrire les dents, la mâchoire inférieure et son articulation avec la base du crâne.

Orbites. — Les orbites sont deux cavités situées symétriquement, une de chaque côté, à la partie supérieure

PRECIS D’ANATOMIE

de la face, au-dessous du front. — Chacune de ces cavités a la forme d’une pyramide à quatre faces, dont le sommet s’enfonce d’avant en arrière vers la cavité crânienne, dont

la base, tournée en avant, forme l’ouverture orbitaire. Cette ouverture ou rebord orbitaire est quadrilatère (fig. 41), limitée par un bord interne (7) et un bord externe à peu près verticaux tous deux, par un bord supérieur (3) et un bord inférieur tous deux obliques de haut en bas et de dedans en dehors. Le bord supérieur est formé par l’arcade orbitaire du frontal (3, fig. 41), précédemment décrite; le bord inférieur est formé par l’os maxillaire supérieur et présente, un peu au-dessous de sa partie moyenne un trou, dit trou sous-orbitaire (9, fig. 41 ), qui est placé à peu près sur la même ligne verticale que l’échancrure susorbitaire précédemment décrite (voy. p. 168). Le bord interne est formé par l’union de l’apophyse orbitaire interne du frontal avec l’apophyse mon-

Fig. 41.

Squelette de la face. — i, os frontal; — 2, bosse nasale; — 3, arcade orbitaire; — 4, trou optique ; — 5, fente sphénoïdale ; — 6, fente sphéno-maxillaire ; — 7, gouttière lacrymale ; — 8, cloison et orifice des fosses nasales; — 9, trou sous-orbitaire ; — 10, os malaire; — 11, symphyse du menton;— 12, trou mentonnier ; — 13, branche montante du maxillaire inférieur ; — 14, pariétal; — 15, suture coronale; — 16, temporal; — 17 , suture pariéto-temporale ; — 18, grande aile du sphénoïde ; — 19, origine de la ligne qui limite la fosse temporale ; — 20, arcade zygomatique; — 21, apophyse mastoïde.

tante du maxillaire supe'rieur (fig. 3 9 et 4 1 ) ; à sa partie inférieure, ce bord présente une dépression, dite gouttière lacrymale (7, fig. 41) qui est le commencement d’un canal faisant communiquer l’orbite avec la fosse nasale correspondante. Enfin le bord externe est formé par l’union de l’apophyse orbitaire externe du frontal avec l’apophyse supérieure de l’os malaire (ou os de la pommette) (10, fig. 41 ; 14 et i5, fig. 39).

La cavité même de l’orbite a pour parois des lamelles osseuses appartenant au frontal (paroi supérieure) et aux divers os de la face, précédemment énumérés à propos de l’ouverture orbitaire. Nous ne saurions entrer ici dans la description de ces lamelles et des divers os spéciaux qui viennent les compléter. Nous dirons seulement que la paroi interne se dirige directement d’avant en arrière, tandis que la paroi externe est oblique d’avant en arrière et de dehors en dedans. Nous signalerons enfin, à la partie la plus profonde (vers le sommet) de la cavité, diverses ouvertures qui, faisant communiquer l’orbite avec des cavités plus profondes, se traduisent sous l’aspect détachés noires, c’est-à-dire obscures; c’est d’abord un orifice circulaire dit trou optique (4, fig. 41); puis, en dehors de celui-ci, deux fentes dirigées en dehors, l’une obliquement en haut fente sphénoïdale; 5, fig. 41), l’autre obliquement en bas (fente sphéno-maxillaire ; 6, fig. 41).

L’ orifice des fosses nasales (8, fig. 41) est situé sur la partie médiane de la face, au-dessous du niveau des orbites. Il a la forme d’un cœur de carte à jouer renversé (à base tournée en bas), il est circonscrit en bas par les deux maxillaires supérieurs qui s’unissent sur la

PRECIS D’ANATOMIE

ligne médiane ; sur les côtés, par ces mêmes os maxillaires ; et en haut, par deux petits os juxtaposés de chaque côté de la ligne médiane, les os propres du ne% (v oy. fig. 39, p. i65.j, qui s’articulent en haut avec le frontal et latéralement avec l’apophyse montante du maxillaire correspondant.

Au-dessous et en dehors de l’orbite est la saillie de la pommette formée par l’os malaire (10, fig. 41). Cet os a la forme d’une étoile à quatre branches : la branche supérieure ( 1 5, fig. 39) va rejoindre l’apophyse orbitaire -externe du frontal ; la branche antérieure (17, fig. 39), ou interne, forme, avec le maxillaire supérieur, le bord inférieur de l’orbite ; la branche externe (16, fig. 39), ou postérieure, va rejoindre l’apophyse zygomatique du temporal pour former Y arcade zygomatique. Quant à la branche inférieure, elle est réduite à un bord saillant, nettement proéminent et qui se confond avec le corps de l’os pour former la saillie de la pommette .

Il ne nous reste plus à examiner dans le squelette de la face que les deux os qui circonscrivent la fente buccale et supportent les dents, c’est-à-dire le maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur.

Le maxillaire supérieur (18, fig. 39) se trouve en grande partie décrit, puisque nous avons passé en revue ses principaux bords et son apophyse montante à propos pes ouvertures orbitaires et nasales. Il nous reste à signaler : i° la forme légèrement excavée de sa face antérieure (fig. 41) ; 20 son bord inférieur ou alvéolaire, ainsi nommé parce qu’il présente une série de cavités (alvéoles destinées à loger les racines des dents supérieures) . La présence de ces cavités se traduit, à la surface antérieure

du rebord alvéolaire, par une série de saillies correspondant aux alvéoles , séparées par des dépressions correspondant aux intervalles des alvéoles.

Le maxillaire inférieur ou mâchoire (fig. 42) mérite de nous arrêter plus longtemps que tous les autres os de la face, car il prend une part si directe aux formes extérieures qu’on peut dire que tous les détails de son modelé se traduisent dans la configuration de la région du menton et de la partie inférieure des joues.

Il est primitivement composé de deux moitiés distinctes , une droite et une gauche, qui se soudent de bonne heure sur la ligne médiane en formant la symphyse du menton (1 1, fig. 41). Aussi suffit-il de décrire l’une denses moitiés, telle qu’on l’aperçoit en considérant de profil (fig. 39) une tête osseuse.

On voit alors que cette moitié est formée de deux fortes lames osseuses, dites branches de la mâchoire, l’une horizontale dite corps (1, fig. 42), l’autre verticale , et réunies selon un angle plus ou moins droit, dont la saillie dirigée en bas et en arrière est dite angle de la mâchoire (27, fig. 39 et 8, fig. 42). La branche verticale présente une face externe plane (2, fig. 42) , un bord postérieur

Fig. 42.

Maxillaire inférieur : vue latérale. — i, corps du maxillaire et ligne oblique externe; — 2, branche montante; — 3, symphyse du menton; — 5, trou mentonnier; — 8, angle de la mâchoire; — 10, apophyse coronoïde ; n, condyle; — 12, échancrure sigmoïde.

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épais, un bord antérieur mince qui en bas se continue sur la face externe de la branche horizontale ou corps sous la forme d’une ligne légèrement saillante dite ligne oblique externe (1, fig. 42) ; enfin un bord supérieur qu’une profonde échancrure (échancrure sigmoïde, 12, fig. 42) divise en deux parties fortement saillantes. La saillie postérieure est épaisse et se termine par une tête articulaire ou condyle de la mâchoire (11, fig. 42), formant l’articulation temporo-maxillaire; la saillie antérieure est plus mince, sous forme de lame triangulaire : elle porte le nom d 'apophyse coronoïde (ro, fig. 42) et donne insertion au muscle temporal. — La branche horizontale ou corps de la mâchoire s’étend de l’angle de la mâchoire à la symphyse du menton (3, fig. 42) ; elle présente une face externe sur laquelle on remarque un orifice (12, fig. 41 et 5, fig. 42) dit trou mentonnier qui est placé sur la même ligne verticale que l’échancrure susorbitaire et le trou sous-orbitaire. Son bord inférieur est parfois légèrement ondulé, son bord supérieur est alvéolaire, c’est-à-dire présente les saillies et sillons correspondant aux alvéoles des dents et à leurs interstices.

La mâchoire inférieure présente des caractères très différents selon les âges : chez l’enfant, son angle est très obtus et peu saillant ; chez l’adulte, il arrive à figurer presque un angle droit ; chez le vieillard, la forme de la mâchoire se modifie par la chute des dents, par la résorption du bord alvéolaire et, par suite, de la diminution de hauteur de la branche horizontale. Il en résulte que, pour amener le maxillaire inférieur au contact du supérieur, le vieillard fait subir à la mâchoire inférieure un fort mouvement de bascule en avant et en

haut, d’où une saillie caractéristique de la symphyse du menton qui semble se projeter en haut et en avant à la rencontre de la saillie nasale.

Les dents qui garnissent chacun des maxillaires sont au nombre de 32 chez l’adulte, 8 dans chaque moitié latérale de chaque maxillaire. On distingue aux dents une partie engagée dans la cavité alvéolaire et dite racine , et une partie libre dite couronne ; la forme de la couronne permet de classer les dents en quatre espèces distinctes, qui, sur chaque moitié de mâchoire, sont disposées de la manière suivante, en partant de la ligne médiane : deux incisives ; une canine (c, fig. 42); deux petites molaires ( b , fig. 42 ) ; et trois grosses molaires ( m , fig. 42) (total : 8). Situées à la partie la plus externe et la plus postérieure de l’arcade dentaire, les molaires sont cachées par les joues, et nous dirons seulement qu’elles sont caractérisées par une couronne formée de plusieurs tubercules (quatre pour les grosses molaires, deux pour les petites). Au contraire, les canines et les incisives deviennent bien visibles quand les lèvres s’écartent; les canines sont caractérisées par une couronne conique à extrémité très pointue, laquelle présente un grand développement chez les carnassiers, par exemple chez le chien (d’où le nom de canines). Les incisives présentent une couronne aplatie d’avant en arrière, de forme rectangulaire (carrée) avec un bord libre tranchant comme un ciseau. Leur volume relatif est soumis à une loi assez constante pour devoir être ici énoncée : les deux plus grosses incisives sont les médianes supérieures ; viennent ensuite, par ordre de décroissance, les latérales

180 PRECIS D’ANATOMIE

supérieures, puis les latérales inférieures, et enfin les deux médianes inférieures, qui sont les plus petites.

L’articulation de la mâchoire avec le crâne, ou articulation temp or o -maxillaire, se fait par le condyle de la mâchoire (u, fig. 42 et 29, fig. 39) qui est reçu dans la cavité que présente le temporal en avant du conduit auditif et en arrière de la racine transverse de l’apophyse zygomatique (voy. p. 169); cette cavité glénoïde du temporal est revêtue de cartilage, ainsi que la racine transverse en question, laquelle est à certains moments en contact avec le condyle de la mâchoire. C’est qu’en effet la capsule fibreuse qui entoure l’articulation est renforcée en dehors par un ligament latéral externe qui va obliquement, du point de jonction des deux racines de l’apophyse zygomatique, en bas et en arrière, s’attacher au col du condyle de la mâchoire. Il en résulte que lorsque la mâchoire s’abaisse, par un mouvement de rotation du condyle maxillaire sur son axe, ce ligament latéral externe est tendu, exerce une traction sur le condyle et l’attire en avant, le faisant sortir de la cavité glénoïde pour le mettre en contact avec la racine transverse de l’apophyse zygomatique. Il y a donc, lorsque la bouche est très fortement ouverte (la mâchoire inférieure très abaissée), un déplacement du condyle de la mâchoire en avant, déplacement bien visible chez les sujets très maigres, et qui par suite devait être signalé ici, ainsi que son mécanisme particulier.

La face considérée en général présente surtout de l’intérêt quand on compare, selon les individus et selon les races, son développement avec celui du crâne. Engéné*

rai, plus le squelette de la face est saillant en avant, et moins le crâne (le front) est développé. C’est ce qu’avait bien saisi Camper, artiste hollandais du milieu du xvme siècle.

Camper a proposé d’apprécier le développement relatif du crâne et de la face par la mesure d’un angle qui

Fig. 4î.

Mesure de l’angle facial (goniomètre appliqué sur un crâne). — i, plan inférieur horizontal du goniomètre; — 2, pièce mobile avec tige introduite dans le trou auditif; — 4, cercle gradué; — 3, plan oblique articulé en 6as par charnière avec le plan horiluntal; — 6, crémaillère pour placer la branche (7) sur la partie saillante du front.

est comme la traduction géométrique du profil de la face et de la partie antérieure du crâne. Cet angle facial a été depuis l’objet de nombreuses études de la part des anatomistes et des anthropologistes, qui ont modifié et perfectionné les procédés de le mesurer. Il nous suffira ici de l’indiquer tel que le prenait Camper et tel qu’il l’a étudié pour, disait-il, fournir aux artistes le moyen de donner leur caractère aux diverses physionomies des hommes et des animaux. Cet angle est déterminé par deux

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plans (sur une tête dessinée de profil , par deux lignes) : l'un, -qu’on peut dire horizontal, va du conduit auditif externe à l’épine nasale, située au bord inférieur de l’orifice des fosses nasales (i, fig. 43 et a b , fig. 44) ; l’autre, plus ou moins oblique de bas en haut et en arrière, est tangent en bas à la saillie des dents incisives et en haut

Fig. 44.

Angle facial d’un sujet de race caucasique (Camper). — a b et c d, lignes qui déterminent cet angle (voir le texte) ; — i, trou auditif; — 2, épine nasale; — 3, partie la plus saillante du front.

à la partie la plus saillante du front (c d, fig. 44). La figure 43 donne une idée de l’appareil avec lequel on mesure aujourd’hui l’angle facial ; elle représente le goniomètre facial de Jacquart; le mode de mensuration diffère ici de celui employé par Camper en ce que le plan inférieur ou horizontal va passer en avant, non par l’épine nasale, mais par la saillie des incisives.

Les figures 44 et 45 , qui sont la reproduction même de celles de Camper, montrent, d’une part, que jamaisl’angle facial n’arrive à être égal à un angle droit, mais qu’il

s’en rapproche dans les types les plus beaux de la race blanche. C’est donc par une exagération, dans laquelle ils ont cherché à idéaliser le profil de la face humaine en augmentant l’ampleur du front, que les anciens ont donné volontiers aux têtes de dieux et de héros un angle facial supérieur à 90 degrés (fig. 46). Ces figures montrent

également la décroissance de l’angle facial à mesure qu’on passe de la race blanche aux races jaune et noire. « L’angle que fait la ligne faciale ou caractéristique du visage, dit Camper, varie de 70 à 80 degrés dans l’espèce humaine. Tout ce qui s’élève au-dessus se ressent des règles de l’art (de l’imitation de l’antique) ; tout ce qui s’abaisse au-dessous tombe dans la ressemblance des singes. Si je fais tomber la ligne faciale en avant, j’ai une tête antique; si je la fais pencher en arrière, j’ai une tête de nègre; si je la fais encore plus incliner, il en résulte une tête de singe ; en s’inclinant davantage encore, j’ai

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celle du chien, puis enfin celle de la bécasse 4. » Les chiffres qui justifient ces appréciations sont en effet les suivants: l’angle facial de Camper est de 80 degrés en moyenne dans la race caucasique, de 7 5 degrés dans la race jaune ou mongole, de 60 à 70 degrés dans la

Fig. 46.

Angle facial d’une tête antique (Apollon du Belvédère) (Camper).

race nègre, de 3i degrés chez les grands singes (gorille), enfin de 2 5 degrés sur la tête d’un chien de Terre-Neuve.

Au fur et à mesure que nous avons étudié les divers segments des membres, nous avons vu que certains d’entre eux avaient été choisis, selon divers systèmes, pour servir de commune mesure de ces membres et du corps entier. Nous avons eu ainsi à parler de canons ayant pour unité la main (contenue environ 10 fois dans

1. Pierre Camper. Dissertations sur les différences réelles que présentent les traits du visage che% les hommes de différents pays et de différents âges. {Œuvres posthumes. Paris, 1786.)

la hauteur du corps), le pied (contenu un peu plus de 6 fois dans la taille totale), le doigt médius (contenu 19 fois), etc., etc. Il était vraisemblable que la tête, c’està-dire la distance verticale de son sommet à la base du menton, devait avoir été prise aussi comme commune mesure, et c’est ce qui a eu lieu en effet dès longtemps, puisque déjà Vitruve, parlant des proportions du corps humain , énonce ce fait que la hauteur de la tête serait la huitième partie de tout le corps. Léonard de Vinci,

Dürer, J. Cousin ont suivi la règle de l’auteur latin , et le canon qui fait de la tête le huitième de la taille totale est depuis longtemps devenu classique dans toutes les écoles. Le choix de la tête comme unité paraît assez justifié par ce double fait que, d’une part, dans toute représentation du corps humain, la tête est toujours visible et forme une partie bien détachée du reste du corps, et que, en admettant qu’elle fasse la huitième partie de la taille , ce chiffre est particulièrement commode, n’étant pas très élevé et, de plus, pair, c’està-dire divisible par 2 (et par 4) ; à cet égard, il offre, par exemple, des avantages incomparables sur celui de 19 qui représenterait la proportion du doigt médius à la taille.

Gerdy, qui a adopté le canon de huit têtes, les distribue ainsi dans la hauteur du corps: la première division comprenant la tête elle-même, la seconde s’étend du menton au niveau des mamelons, la troisième des mamelons à l’ombilic, la quatrième de l’ombilic aux organes

Fig. 47.

Angle facial d’un singe. (Camper.)

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de la génération, la cinquième de ces organes au milieu de la cuisse, la sixième de la cuisse au-dessous du genou, la septième de dessous le genou au milieu de la jambe, et enfin la huitième du milieu de la jambe à la plante du pied.

Avant d’examiner la valeur de ce canon classique, rappelons que la tête elle-même a été divisée en quatre parties, égales chacune à une longueur de nez: la première partie va du sommet de la tête jusqu’à la naissance des cheveux; la seconde delà naissance des cheveux jusqu’à la racine du nez ; la troisième de la racine jusqu’à la base du nez; la quatrième de la base du nez au menton.

Or si l’on soumet au contrôle de l’expérience le système du canon de huit têtes, on constate qu’il n’est exact que pour les sujets de grande taille, pour ceux qui atteignent im, 85 et plus; au-dessous de im, 80, les sujets ne mesurent plus que 7 fois et demie ou même seulement 7 fois la hauteur de leur tête. C’est qu’en effet la hauteur de la tête est une quantité qui varie très peu selon les sujets; elle est en moyenne, comme valeur absolue, de 22 à 23 centimètres, et les oscillations que peut présenter cette valeur ne descendent pas au-dessous de 21 centimètres, de même qu’elles ne montent pas au-dessus de 23. Un sujet qui a huit têtes a une grande taille (z3 X 8 = im, 84) égale ou supérieure à im, 84; un sujet qui n’a que sept têtes a une petite taille (22 X 7 = 1,54) égale et le plus souvent déjà supérieure à im, 54.

Cette différence dans le nombre de têtes que mesure le corps selon la taille absolue des sujets nous paraît plus intéressante à noter que la théorie étroite qui consisterait à vouloir assigner rigoureusement huit têtes à

toute figure humaine; ce système absolu est en contradiction avec ce que permet de constater l'observation. Du reste, ce serait une erreur de croire que les anciens statuaires se soient rendus esclaves d'un pareil système de proportions, puisque nous trouvons dans leurs œuvres précisément les mêmes variations que dans la nature même. Le Gladiateur , il est vrai, mesure huit têtes ; mais aussi, au premier coup d’œil jeté sur ce chef-d’œuvre, nous avons l'impression d’un sujet de taille élevée, d’un homme grand et élancé; Y Apollon ne mesure que 7 têtes 2/3, le Laocoon de même, et Y Antinous que 7 têtes 1/2.

Ces variations individuelles tiennent presque uniquement à une longueur plus ou moins grande des membres inférieurs; que le sujet soit grand ou petit, le torse (avec la tête et le cou) varie relativement peu ; mais ce sont les cuisses et les jambes qui présentent le plus de différences de longueur. Aussi en présence de la diversité qu’on rencontre à ce sujet, voit-on que Gerdy luimême a mis bien peu de précision dans l’indication des points de repère où commencent et finissent les longueurs de tête qui se partagent le membre inférieur: le milieu de la cuisse, la partie inférieure du genou ; ce sont là des points assez mal définis, surtout quand on ne précise pas où est l’extrémité supérieure de la cuisse. Mais le vague et la contradiction même deviennent bien plus évidents, lorsqu’on veut rechercher où doit se trouver, selon les divers auteurs, l’intersection entre la quatrième et la cinquième tête, c’est-à-dire le milieu du corps; sans parler de cette singulière inconséquence de Vitruve qui place le milieu du corps au niveau du nombril, signalons seulement ce fait que, pour le passage de

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la quatrième tête à la cinquième, les uns parlent du pubis, les autres vaguement des parties génitales. C’est que précisément ce centre de la taille tombe plus ou moins bas selon que le sujet est de stature plus ou moins élevée , c’est-à-dire que les membres inférieurs sont moins longs.

Le professeur Sappey a constaté que chez les sujets de petite taille la partie médiane de la taille (le centre susindiqué) correspond à la symphyse du pubis; pour lestailles moyennes et élevées, il tombe environ à 1 3 millimètres au-dessous du pubis, c’est-à-dire à la racine de la verge. Mais il peut être situé à un niveau encore inférieur, et en effet les artistes de l’antiquité l’ont souvent placé plus bas. C’est qu’en effet, dit Sappey, plus la stature s’élève, plus le centre du corps tend à s’abaisser audessous de la symphyse et la haute stature convient aux images des héros et des dieux.

Nous dirons donc en résumé: i® que la tête, comparée à la taille, est d’autant plus petite que celle-ci est plus haute; 2° que pour faire qu’une figure humaine produise, quelles que soient ses dimensions absolues, l’impression d’un sujet de petit taille, il faudra lui donner environ 7 têtes et demie et faire que le centre du corps tombe sur la symphyse pubienne; tandis que, pour qu’une figure produise l’impression d’un sujet de haute stature, il faudra lui donner 8 têtes, en plaçant le centre du corps plus ou moins bas au-dessous de la symphyse pubienne.

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