EXTERNES
Au premier coup-d’ceil et en se plaçant au point de vue physiologique, il semble contradictoire de réunir la défense et les sensations externes dans un même genre d’appareils j il y a plus : les conditions de texture réclamées par ces deux ordres de fonctions sont nécessairement opposées, et l’on a droit de s’étonner que nous ne séparions pas , au moins à titre de sous-genre, la partie du tégument qui sert à la protection , de celle qui est préposée à la sensation. Mais qu’on y réfléchisse un instant, et l’on reconnaîtra l’impossibilité d’une pareille subdivision. Le tégument, en effet , ou pour spécialiser davantage, la peau ne se partage pas nettement en deux parties , dont l’une serait chargée de protéger l’organisme , et l’autre de ressentir l’impression des corps extérieurs. Quelquefois, il est vrai, la peau n’est que protectrice, au moins dans une partie, la plus grande peut-être de son étendue; mais je ne pense pas qu’on puisse jamais la considérer comme exclusivement sensoriale, pas même dans les endroits où les conditions de la protection sont arrivées à leur minimum , et celles de la sensation, à leur maximum; car, par cela seul que la peau représente le tégument extérieur, elle protège , quelle que soit d’ailleurs son organisation. Ici, la spécialisation a dù trouver une limite que nous ne méconnaîtrons pas, en essayant une division que la suite de ce chapitre ne cesserait de condamner. Nous décrirons la peau comme un seul appareil général , affecté tout à la fois à la défense et à la sensation; nous verrons d’abord quelles modifications elle subit, selon qu’elle doit être plus éminemment organe protecteur ou organe de sensibilité ;