‹ Précis d'anatomie comparéeChapitre 20 sur 56 · CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LES SENS SPECIAUX ET SUR LEURS APPAREILS · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LES SENS SPECIAUX ET SUR LEURS APPAREILS

Les sens spéciaux ne sont , sous un rapport , que des modifications du sens général ou du loucher passif j car c’est toujours par un contact que le monde extérieur se révèle à l’individu. Les différences que nous remarquons entre ces sens proviennent de la manière dont a lieu ce contact , et du résultat, c’est-à-dire du genre de sensation et de révélation qui s’ensuivent.

Le contact peut être immédiat ou médiat j en d’autres termes, il peut avoir lieu ou par l’application directe du corps étranger sur la surface de l’organisme, ou à distance et par l’intermède d’un agent de transmission qui porte à l’animal , non plus le corps lui-même, mais son image ou ses ébranlemens moléculaires. On voit déjà que ce dernier mode de contact, étendant beaucoup la sphère des rapports de l’animal avec le monde qui l’entoure, appartient au perfectionnement de l’organisme, et suppose déjà, dans les êtres qui le présenteront , un certain degré de complication.

Quant aux sensations elles-mêmes , elles offrent chacune un caractère tellement spécial, tellement incomparable, qu’elles ne sauraient être mesurées ni classées d’après leur j)lus ou moins d’éloignement du type primitif et commun.

Ce sera donc le procédé extérieur de leur production , je veux dire le mode de contact du corps étranger avec la surface qui doit le sentir , qui nous fournira le moyen de coordonner les sens spéciaux et leurs appareils , de manière à exprimer leur ordre d’apparition dans l’organisme animal, ou, ce qui revient au même, la spécialisation progressive de leurs organes j car, ainsi que nous le verrons, les sens qui paraîtront les derniers seront ceux dont les appareils seront le plus spéciaux.

Les sens qui s’exercent par l’application immédiate des corps extérieurs sur la surface sensoriale, formeront un premier groupe j nous les disposerons ensuite entre eux selon que leur fonction s’exercera sur la masse des corps

EN GÉNÉRAL

OU sur leurs molécules dissoutes ou suspendues dans un fluide , qui pourra être liquide on gazeux. Nous aurons alors , 1°, le sens qui apprécie, par le contact immédiat, rétendue , la forme , la résistance des corps , et que nous nommons le ioiccher actif ; 2% le sens qui goûte les corps, c’est-à-dire qui les apprécie par certaines propriétés inoléculaires qui se révèlent à la surface sentante lorsqu'ils sont dissous dans un liquide fourni ])ar celle-ci , en un mot le sens du goût ; 3®, le sens de Vodorat ou celui qui fait connaître d’auti'es propriétés moléculaires des coi ps suspendus d’avance dans un fluide lujuide ou gazeux , notamment dans l’air atmosphéricjue. — Un second groupe , composé des deux sens (jui agissent par contact médiat, nous ofl'rira, en suivant toujours 1 ordre de la sjiecialisation de l’appareil et de l’apparition dans la série, d abord 4®, le sens qui nous fournit l’image des corps, ou le sens de la vue; 5°, celui qui nous instruit de leurs ébranlemens moléculaires, ou le sens de I’ok/c. Nous aurons donc cincj especes d’appareils sensoriaux à étudier; mais avant d’aborder cette étude, commençons par voir ce que nous devons entendre par un appareil de sensation externe s[)eciale.

Tout appareil dece genre comprendra, 1® , une surface sentante , sa partie essentielle, qui sera la peau elle-meme modifiée surtout dans la proportion de sa couche nerveuse, et probablement aussi dans l’organisation de cette couche et du nerf dont elle est l’épanouissement, d’où résultera sa sensibilité particulière; 2®, une partie de perfectionnement qui, par une influence physique ou chimique sur l’agent modificateur du sens, déterminera la limite, la netteté, et, par cela même, le caractère définitif de son action.

Nous allons voir , en parcourant l’histoire particulière des appareils sensoriaux, que leur organisation, en général, s’éloignera d’autant plus de celle de la peau, siiiqile organe de toucher passif, que nous approcherons davantage du sens de l’audition. Les changernens les plus prononcés porteront sur la partie de perfectionnement ; cependant ils finiront aussi par devenir mamfestes jusque

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