‹ Précis d'anatomie comparéeChapitre 19 sur 56 · I)K L\ PEAU · texte numérisé non relu

I)K L\ PEAU

Les plumes présentent des dilTérenccs assez nombreuses* de structure , de forme, de grandeur, de cpaantité, d’arrangement, cpii se rattachent le j)lus ordinairement au rôle jiarticulier dont elles sont chargées et à la place qu’elles occupent ; elles varient aussi sous le rapport de leur coloration , et ces dernières différences sont surtout spécifiques , bien que plus ou moins soumises à l’influence du climat, du sexe et de l’âge. J’esquisserai rapidement l’hislüire de ces variations, en tant qu’elles intéressent laphysiologie, négligeant celles dont la considération ini-

piofonileur ; les autres, beaucoup plus 6ns, tombent obliquement et régulièrement par paires de chaque côté du sillon principal, et ils commencent dans la ligne médiane et centrale du bulbe. Il est fort probable que chacun de ces sillons latéraux reçoit lui-même des sillons tertiaires et beaucoup plus fins, du moins dans les plumes complètes; mais c’est ce que je ne puis assurer que par analogie, ne les ayant pas vus.

De cette structure du bulbe protecteur, il résulte que lorsqu’il vient a exhaler la matière de la plume, qui se dépose par grains non adhérens , a peu près comme le jiigmcntum, il se forme réellement une succession de cônes non distincts ; mais ces cônes ne s’emboîtent pas d’abord les uns les autres; ils se fendent le long de la ligne médiane inférieure , où les Glets cornés , produits des sillons, se réunissent, et dans la longueur même de ces Glets cornés, très pirobablement à l’endroit des sillons tertiaires. C’est ainsi que se forme la lame de la plume, ou la partie dont l’axe est plein et solide et qui est pourvue de barbes et de barbules. Mais lorsque le bulbe a produit cette ])artie qui est sortie au fur et à mesure de la capsule rompue à son extrémité, il a considérublement diminué d’activité vitale , et , soit que les sillons s’effacent, ou bien que sa base n’en offre plus, il exhale de toute sa circonférence de la matière cornée qui forme alors une tube complet. Ce tube renferme donc la pulpe, et comme l’extrémité de celle-ci, à mesure qu’elle diminue, se retire, elle produit des espèces de cloisons en forme des verres de montre; c’est ce qu’on nomme l’ame de lu jilume ; ce n’est autre chose que la succession de l’extrémité des cônes qui composent le tube.

<( Cependant, la cause organique qui avait déterminé le sang à se porter en si grande abondance dans les bulbes des plumes, qui les avait forcés de sortir en partie, et de faire, pour ainsi dire, hernie au-debors de la peau par un pore correspondant , venant à cesser, la partie du bulbe qui était extérieure disparait peu à peu , la capsule se réduit en poussière écailleuse, la pulpe diminue de jour en jour ilans le tube de la plume, et il ne reste plus sous le derme que la partie essentielle et primitive de ce bulbe; la plume y tient a peine et n’adhère presque pas le derme qui l’entoure à sa base : aussi tombe-t-elle avec la plus grande facilité, mais suivant des lois de l’organisme, pour être remplacée par celles que le bulbe repioduil. >>

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porte plus particulièrement à la science de la classification des animaux.

Les différences de structure sont peu considérables et ne portent guère ici que sur la proportion des parties cornée et médullaire qui prédominent tour à tour, selon que la plume a besoin de raideur , de résistance ou de souplesse; la première l’emporte, par exemple, dans les plumes qui servent au vol; la seconde, dans celles qui composent le duvet.

La forme varie au contraire de bien des manières. Elle peut dépendre d’abord de la longueur proportionnelle de la lame et du tube, puis de la disposition du nombre et de la dimension des barbes. Les plumes destinées au vol, celles de l’aile et de la queue, se font remarquer par un tube plus ou moins long; celui des plumes de recouvrement est au contraire assez court. La lame des premières est en général plus allongée et plus résistante que celle des secondes, qui offre en échange plus de largeur proportionnelle. 11 peut arriver que le tube existe seul , et alors il sert au combat ; c'est ce qui a lieu pour les plumes qui garnissent l’aile du casoar à casque. D’autres lois le tube porte deux lames superposées , comme nous le voyons dans le casoar de la IS ouvelle- Hollande ; d’autres fois encore un tube très court porte une lame très longue ettrès souple; mais alors la plume sert plutôt d’ornement que d’instrument de vol ou de protection; tel est le cas des plumes caudales du paon.

Les barbes qui composent la lame ont des longueurs très différentes ; en général elles sont proportionnellement plus courtes dans les plumes locomotrices que dans celles de recouvrement. Il en existe presque toujours sur les deux côtés de l’axe, où elles sont rangées symétriquement, sauf que dans la plupart des cas celles d’un côté sont plus longues que celles de l’autre, comme nous l’observons surtout pour les plumes locomotrices; quelquefois aussi les barbes ne se montrent que sur un seul côté de l’axe.

Chez les oiseaux de proie nocturnes , les barbes portent, outre les barbules, des espèces de poils soyeux qui s’appliquent sur la lame et lui donnent un aspect velouté ;

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011 pense que c’est, à celte disposition que les oiseaux de cette famille doivent de ne faire presipie aucun bruit en volant.

Les plumes allongées, à lame résistante, modifiées pour le vol , sont désignées sous le nom générique de pennes. On distingue les pennes des ailes elles pennes delà queue. Les premières se subdivisent encore en primaires.^ etsecon^ claires ou cubitales , selon (ju’elles ap|iarliennenl aux parties de l’aile qui représentent la main ou à celle qui représente l’avant-bras; les pennes de la main sont ensuite désignées, selon qu'elles s'implantent sur le pouce, sur les autres doigts ou sur le métacarpe, par les noms de ÿjolliciciles, digitales ou métacarpiennes . Du nombre et de la 1 ongueur proportionnelle de ces différentes pennes alaires résulte la forme des ailes, qui varie beaucoup et quia, comme on le conçoit bien , une très grande influence sur la nature et sur la force du vol. Quant aux pennes caudales , destinées à diriger l’oiseau , elles ont reçu l’épithète de rectrices. Elles sont placées par paires et d’une manière symétricjue , et leur ensemble ou la queue présente des lormes assez diverses, selon que toutes les pennes qui la composent sont égales ou inégales, et scion que, dans le .second cas, ce sont les pennes du milieu ou celles des extrémités qui l’emportent en largeur.

Les autres plumes servent de couvertures et sont exclusivement protectrices : ot-dinaireraent courtes , squammiformes, elles offrent cependant sur quelques parties, telles que l’aile et la queue, une certaine longueur , et peuvent même se développer considérablement , comme nous le voyons pour les plumes caudales du paon , qui dépassent de beaucoup les pennes de la même partie. Ce luxe de développement appartient au sexe mâle et se rattache généralement à l’époque des amours. Quelques pennes caudales peuvent aussi nous le présenter.

Les plumes recouvrantes sont en général implantées obliquement et de manière à s’imbriquer comme les tuiles d’un toit. 11 en est cependant quelques-unes qui se trouvent plus ou moins perpendiculaires à la surface ; quand clics sont courtes, ce qui est le cas le plus ordinaire, elles

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figurent alors une sorte de velours j plus longues et placées sur la tête, elles forment souvent des houppes, des aigrettes , etc.

L’abondance du plumage est en rapport avec Je besoin de protection, par conséquent avec le climat, le séjour habituel et les habitudes. Elle est d’autant plus grande dans les espèces, qu'elles habitent des pays plus froids, qu’elles s’élèvent davantage dans les hautes régions de l’atmosphère, ou que leurs liabitudes sont plus aquatiques. Ce sont les oiseaux terrestres et marcheurs qui ont le plumage le moins fourni.

Quant cà la coloration des plumes, elle varie, comme on le sait, de la manière la plus merveilleuse , et peut offrir toutes les nuances depuis les plus vives juscpi’aux plus ternes. Toujours indépendante de la couleur du tégument (qui est précisément iucolon; dans les endi-oits protégés par le plumage), celle des produits qui nous occupent se montre très souvent à la fois dans deux conditions,- c’est-à-dire qu’outre leur couleur fixe, duc à la matière qui les teint, beaucoup de plumes revêtent des nuances accidentelles, et se montrent sujettes à une sorte d’irisation , qui résulte de la manière dont les rayons lumineux tombent sur elles et se trouvent décomposés et réfléchis par les barbes et les barbules.

En général , les plumes les plus exposées à la lumière, par conséquent celles du dos, des ailes et du col, sont plus vivement colorées que celles (pii se trouvent abritées, telles que le duvet du ventre ou tics parties couvertes par les ailes. L’âge, le sexe, l’époque de l’année, influent dans la plupart des espèces d’une manière remanjuablc sur la coloration. La femelle et le jeune oiseau sont beaucoup moins bien partagés à cet égard que le mâle adulte, et cette différence se prononce encore davantage au moment des amours. C’est ce qu’on peut voir surtout chez plusieurs gallinacés ^ entre autres chez le paon et chez les faisans. Un certain nombre d’oiseaux font cependant exception à cette règle; les corbeaux, ]es perroquets , plusieurs /?a/mipèdes , quelques échassiers , enfin les oiseaux de proie ; chez ceux-ci cependant le plumage , bien que semblable

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dans les deux sexes, n’est pas, comme chez les premiers, le même dans la jeunesse que dans l’ag^e adulte.

Outre les plumes , nous trouvons , mais rarement, dans la classe des oiseaux , des produits pileux simples 5 nous en trouvons, par exemple, à la racine du col, chez les mâles des dindes^ autour de la mâchoire supérieure de Vengoiclèvent., etc. Quelquefois aussi les plumes du duvet nous offrent, dans le jeune animal, une apparence piiiforme.

En échange, il existe toujours des poils agglutinés et formant de la matière cornée 5 outre le bec , qui , comme nous l’avons dit ailleurs , appartient au système phanérique du tégument des mâchoires, et y représente l’appareil tlentaire des autres vertébrés , nous voyons ici constamment des ongles à l’extrémité de chacun des doigts des membres postérieurs, et même , chez quelques espèces, au pouce et aux premiers doigts du membre modifié pour le vol. Les ongles des pieds sont nécessairement en rapport avec les habitudes de l’animal. Les oiseaux qui volent plus qu’ils ne marchent les ont en général plus pointus, plus longs et plus courbés, surtout s’ils doivent s’en servir pour attaquer et déchirer une proie vivante; dans ce dernier cas, les ongles ont une force considérable, comme nous pouvons nous en convaincre en examinant les serres des aigles et des autres oiseaux du même ordre. Par leur base, les ongles des oiseaux enveloppent toujours complètement la phalange onguéale à laquelle ils appartiennent.

Quelques espèces, mais en petit nombre, sont armées encore d’autres productions cornées qui revêtent certaines saillies apophysaires , soit de la tête, comme dans \ecasoar à casque ; soit du métacarpe, comme dans le knmichi (1) et les jacanas; soit enfin du tarse , comme chez plusieurs gallinacés ; les ongles anormaux, placés ainsi sur la longueur des membres, portent les noms d’éjoerons ou d'ergots.

Le tégument arrive enfin , chez les mammifères , à son plus haut degré de perfectionnement, et comme appareiJ

(1) Le Komiclii porte deux éperons à clia»jue aile, et outre cela sut le .soiuiuet de l.i tete.

une corne

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protecteur et comme appareil sensorial. Non seulement la protection est confiée ici , comme chez les oiseaux , à un système spécial d’organes tégumentaires au système phanéreuxj mais en outre les produits de ce système , cessant de se partager entre la fonction de la locomotion et celle de la défense, comme cela devait avoir lieu pour des animaux destinés à s’élever dans le milieu atmosphérique, sont désormais exclusivement et tout à fait spécialement protecteurs. Quant à son caractère d’organe sensorial , c’est-àdire à son caractère le plus élevé, la peau des mammifères tend à le revêtir et le revêt dans quelques espèces, notamment chez l'homme, à un degré jusqu’alors inconnu, même chez les animaux dont le tégument avait conservé de la mollesse (i).

L’esquisse des traits généraux et des principales différences que présente dans ce groupe des vertébrés l’enveloppe considérée soit dans son ensemble, soit dans chacune de ses parties constituantes, va démontrer parfaitement le double progrès que j’indique ici.

Considérée dans son ensemble, la peau des mammifères, toujours parfaitement distincte des couches sous-jacentes , et unie à elles par un tissu cellulaire tantôt lâche et tantôt serré, selon les régions de l’animal, recouvre en général le corps, de manière à en reproduire cxactetnent les formes; mais quelquefois, plus étendue que les parties qu’elle doit couvrir, elle forme des replis plus ou moins considérables qui constituent ou des loges, comme la double bourse testiculaire nommée scrotum (représentée par les grandes lèvres dans le sexe féminin), ou de simples plis, comme sont entre autres ceux qui couvrent les régions scapulaire et lombaire du rhinocéros des Indes y ou enfin des expansions plus ou moins larges, étendues, soit entre des appendices locomoteurs et fournissant à

(t) En effet, les animaux Inférieuis à tégumens mous sécrètent en général une mucosité plus ou moins abondante qui sert à la protection et nuit par cela même plus ou moins à la sensation. IJ’ailleurs le système nerveux cutané de ces especes, bien que plus abondant en général que celui des espèces à tégument encroûté ou défendu par des instrumens solides, demeure cependant incomparablement moindre que celui des mammifères.

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ceux-ci les surfaces propres à permettre le vol, ainsi que nous le voyons dans les chéiroptères , soit entre les doig^ts, modifiés alors pour la natation , comme c’est le cas chez la loutre, le castor , Vornithorhyuque , etc. Cette dernière disposition se trouvait au reste chez les oiseaux qjalmipèdes, chez plusieurs reptiles, et c’est par une extension tégumeiitaire analogue que se changent en nageoires les membres rudimentaires des q^oissoyis. Enfin , à côté de ces plissemens, nous placerons ceux qui forment les nageoires caudale et dorsale des cétacés, et qui sont tout à fait comparables à ceux qui constituent, avec ou sans le concours de supports ou rayons osseux , les nageoires médianes des poissons, formant ce que M. de Blainville désigne sous le nom de lophiodenne.

L’épaisseur très variable du derme diminue , en général , à mesure qu’on approche de l’espèce humaine. Comme toujours, ce caractère est surtout proportionné aux besoins de la défense j c’est-à-dire qu’il change avec la partie du corps, et que le derme sera plus épais sur les points les plus exposés à l’action des circonstances extérieures , par exemple, sur le dos et sur les parties externes de membres (l) , que sur la face abdominale du tronc et interne des appendices. Nulle part cette couche n’est plus considérable et plus dense que sur les extrémités qui s’appuient sur le sol pour la marche. Elle devient ordinairement alors plus ou moins calleuse. Ailleurs, par exemple, sur les lèvres, autour des narines, sur les paupières, à l’entrée de l’appareil génital, le derme s’amincit beaucoup et perd plus ou moins les caractères réclamés par la défense pour revêtir ceux qu’exige la sensation, A quelques exceptions près, parmi lesquelles nous citerons l’homme, les espèces les moins velues sont celles qui ont le derme le plus épais, comme on peut s’en convaincre en comparant la peau de Véléphant , qui n’est guère protégée que par sa

(1) 11 n’y a guère d’exception à cet égard que chez les espèces qui ont plus ou moins les habitudes bipèdes ; aussi chez l’homme la différence dont il s’agit est-elle réduite à très peu de chose. Chez les (juadrupèdes, qui pour se défendre se reuverhent stir le dos, le derme abdominal présente une épaisseur notable; c’est ee qu’en peut voir chez le blaireau et \e paresseux.

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propre épaisseur ^ avec celle du mouton^ qu’une toison épaisse met à l’abri des influences nuisibles du dehors. Mais, de tous les genres de mammifères , il n’en est aucun qui nous offre un derme aussi épais que celui des tatous ; la peau de ces animaux est, par une sorte d’anomalie, incrustée de sels calcaires , comme le têt des crustaeés ; elle se trouve convertie sur toute la partie supérieure de la tête, du tronc, de la queue et des membres , ainsi que sur les côtés de l’animal, en une large couverture solide, composée d’une multitude de petites pièces polygonales, dans l’intei’valle desquelles le derme demeure mon et flexible , et qui, plus ou moins rapprochées, se disposent ici en bouclier, ailleurs en bandes parallèles, niais d’une manière un peu différente dans chaque espèce.

A sa surface , le derme présente assez généralement des inégalités qui , parfois très petites et très peu apparentes, se prononcent dans d’autres cas, principalement sur quelques parties , au point de former de grosses papilles tuberculeuses ou squammiformes et imbriquées. C’est ce qu’on voit surtout sur la queue de plusieurs rongeurs ^ tels que les cas/or.s, les rats, les inarmottes , les gerboises, et sur celle des sarigues, parmi \es. marsupiaux.

Quand l’enveloppe protectrice doit, pour remplir son office, prendre le caractère sensorial et avertir l’animal de la présence des corps environnans par le toucher, au lieu 'de le préserver d’une manière toute mécanique des influences extérieures, le derme, au lieu de prendre de l’épaisseur et de la densité, devient au contraire assez mince. C’est ce qui a lieu chez certains mammifères nocturnes dont les membres sont modifiés pour le vol j chez les chéiroptères l’expansion cutanée qui leur constitue des espèces d’ailes conserve un degré de finesse remarquable , et le derme s’y convertit, en outre, dans quelques points, en filets de tissu élastique, à l’aide desquels la peau se replie quand le membre entre en repos. Nous" voyons aussi le derme conserver une finesse assez grande dans l’espèce humaine , dont le tégument est aussi bien plus sensorial que protecteur, mais, comme nous le savons, à des degrés très différens , selon les régions du corps.

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Les besoins de la défense variant avec le séjour , nous voyons les espèces que leurs habitudes exposent constamment aux influences nuisibles des circonstances extérieures , être pourvues d’un derme beaucoup plus épais que celles qui peuvent s’abriter; les éléphans et plusieurs grands mammifères sont dans le premier cas, le second est celui de la plupart des rongeurs.

On remarque enfin , dans la classe qui nous occupe, une augmentation croissante dans l’épaisseur et surtout dans la consistance du derme à mesure que l’animal s’éloigne du moment de sa naissance. Cette couche est aussi généralement plus mince chez la femelle que chez le mâle.

Le réseau vasculaire, toujours exactement moulé sur le derme, est assez évident chez les mammifères . Il est dans chaque animal proportionné, dans son développement, à l’activité vitale de la membrane tégumentaire et de la partie que couvre celle-ci ; par conséquent, c’est dans la jeunesse de l’individu que ce réseau est le plus considérable ; il l’est également dans certains endroits, tels que les lèvres et les joues dans notre espèce, et s’y annonce, du moins chez la race blanche, par une couleur rosée qui, chez les races colorées, est plus ou moins complètement masquée par les teintes foncées du pigmeutum.

Quant au pigmentum lui-même , son existence n’est rien moins que constante dans la classe dont il s’agit ; lorsqu’il existe, il varie beaucoup et sous plusieurs rapports. On peut établir en règle que les espèces très velues n’ont pas de pigmentum dans les mailles de leur réseau vasculaire; ce produit n’est évident que chez les mammifères à peau plus ou moins nue, tels que l’/tomwie , \es chéiroptères , les prohoscidiens , les cétacés ; nous en trouvons chez les singes à la face et au voisinage des parties génitales externes où le tégument est resté à découvert. Et parmi les espèces qui possèdent ainsi du pigmentum, sa quantité peut être généralement évaluée d’après l’intensité des teintes qu’il donne à l’enveloppe. C’est ce qui se voit surtout en coni”'

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parant entre elles les diverses races de notre espèce : pâle chez riiomme de race caucasiqtie, et plus ou moins dominée par celle du réseau vasculaire, elle se rembrunit de plus en plus en prenant diverses nuances de roufre ou de jaune, à mesure que nous passons de celle race à la mongole, à l’américaine, et enfin à rélhiopiennc , qui nous offre une teinte plus ou moins voisine du noir. Chez les autres espèces, nous ne trouvons guère que du gris et du brun de plusieurs nuances 5 quelques singes seulement nous présentent des teintes plus vives sur les parties nues de leur tégument; tels sont entre autres le mandrill j qui porte du bleu et du rouge carmin sur la face, du rouge encore au pourtour des organes génitaux; et le mico , petit singe dont la face, la paume des mains et les oreilles offrent aussi du carmin.

L’élément nerveux de la peau est abondant chez les mammifères; à en juger par la quantité de nerfs qui se perdent dans cette membrane, et par le degré de sensibilité dont elle jouit, la couche nerveuse doit offrir aussi des degrés fort différens de développement , selon les parties du corps , selon que le tégument revêt plus ou moins le caractère d’organe protecteur, qu’il est couvert d’un épiderme plus épais, de poils plus nombreux.

L’épiderme, toujours très distinct, présente des différences faciles à apercevoir. Son développement et sa densité augmentent beaucoup avec l’âge , et sont du reste toujours en rapport avec les besoins de la défense , par conséquent en proportion inverse de la sensibilité de la peau, ou, ce qui revient au même, de son système nerveux. Quand la défense est confiée au système phanérique ou au derme lui-même plus ou moins solidifié , l’épiderme peut demeurer fort mince. Son rôle spécial , dans la fonction toute passive de la protection , est de garantir les parties sous-cutanées de l’effet des frottemens et des pressions habituelles ; aussi le trouvons-nous très épais sur les points des appendices locomoteurs qui sont en contact avec le sol et qui supportent le poids du corps. Quelquefois alors il n’y a qu’épaississement et condensation de la couche épidermique; c’est ce qu’on voit sur la face palmaire des

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quatre malus dos singes , et sur la plante des pieds chez- Vhonune. Mais d’autres fois le développement de l’cpiderme est tel ([u’il constitue des espèces de plaques ou bourrelets plus ou moins durs , comme cornés, qu’on, désigne sous le nom de callosités, et l’on distingue alors en zoologie chacune de ces callosités par des noms qui indiquent leur siège (l). Nous en observons à des degrés divers de développement chez les rongeurs , chez les carnassiers ^ et surtout chez les grands mammifères j tels que Véléphant , le rhinocéros , Vhippopotame , etc., qui s’appuient presque complètement sur une large callosité, véritable semelle épidermique revêtant la partie terminale de leurs pieds. Les singes de l’ancien continent , qui ont l’habitude de s’asseoir sur leurs tubérosités ischiatiques , les chameaux , qui s’appuient dans le repos sur la poitrine et sur les articulations des membres , portent également sur ces parties des callosités épidermiques.

La protection de la surface contre les frottemens est confiée, dans quelques endroits, à des produits onctueux foui’nis par des cryptes. C’est ce que nous voyons par exemple sur les replis mobiles de la verge , désignés sous le nom de prépuce, ainsi que sur la jonction des membres avec le tronc au coté interne de l’articulation, ou sur les surfaces correspondantes de deux membres qui glissent l’un sur l’autre. Quant aux cryptes plus généralement répandus sur le tégument, leur fonction paraît être encore de protéger l’organisme , mais d’une autre manière, c’està-dire en défendant la peau contre l’action desséchante de l’atmosphère. Aussi ce système est-il d'autant plus développé et son produit d’autant plus abondant, que le climat est plus sec et plus chaud 5 c’est ce dont on peut se convaincre eji comparant la peau du «ègre avec celle des habitans des zônes tempérées. Mais il est encore, chez les mammifères , d’autres cryptes agglomérés en masse sur certaines parties du corps, dont l’utilité nous est généralement inconnue. Ils ne présentent, quant à leur struc-

(1) EUps peuvent être pol'icialcs, digitales^ carpiennes, etc. La fourcliotte des solipèiles n’est que la callosité du seul doigt qui reste dans cette fuiiiille-

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t«re, non plus que les autres, rien qui mérite une mention particulière ; mais quelques-uns des groupes qu’ils forment demandent à être cités comme propres à certaines espèces de la classe dont nous sommes occupés. Le plus remarquable peut-être de ces amas de cryptes, est cclia qui constitue le larmier des cerfs et de plusieurs antilopes. Ce groupe, que son nom ne doit nullement faire rattacher a l’appareil lacrymal, est situé dans une poche au-dessous de l’angle interne de l’œil , poche ordinairement logée dans une excavation osseuse et s’ouvrant au-dehors par une fente assez étroite. Il y a dans le sanglier du Cap une sorte de sillon analogue au larmier du cerf. D autres fois c’est dans l’aîne que nous trouvons des cryptes agglomérés; il en existe, entre autres, chez les antilopes y qui versent leur produit dans un repli cutané disposé en poche inguinale y et connu sous ce nom. Ailleurs ce sera sur le dos que nous découvrirons une masse de cryptes cutanés; tel est le cas du pécari : chez lui aussi c est dans un sac commun que tous les cryptes groupés de la sorte viennent verser leur produit, et celui-ci sort ensuite par une petite fente longitudinale qui se voit lorsqu ou écarte les poils qui surmontent le dos.

Enfin on peut encore citer comme appartenant au système crypteux de la peau , la glande temporale de 1 «/ephanty masse ovalaire dont le nom indicjuc assez le siégé ^ et qui vient s'ouvrir au-dchors par un canal excréteur dont les parois ressemblent beaucoup au tégument externe. Cette glande sécrète une humeur visqueuse et fétide, dont l’abondance est beaucoup plus grande , surtout chez le mâle, à répo([ue des amours qu’à toute autre; on peut supposer que son usage est d’avertir les sexes diflérens de l’époque du rut.

C’est par son système phanéreux et par la nature particulière du produit qui en émane, que la peau des mammifères se distingue le plus de celle des autres animaux, et qu’elle revêt le plus complètement les caractères d un appareil de protection à mesure qu’elle dépouille davantage ceux d’organe sensorial. Ce n’est plus en général a de's frottemens ou à des pressions externes qu’elle oppose

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ce nouveau moyen de défense ; c’est plus particulièrement, comme chez les oiseaux, à l’aclion des circonstances atmospliéri(jucs, et quelquefois aux attaques d’un ennemi. Le produit dont il est question a reçu le nom générique de ])oil. Nous avons déjà vu paraître le poil sur des points limités de la peau des reptiles et des oiseaux; chez les mammifères, il se généralise, se montre sous toutes les formes, et devient caractéristique de la classe aux yeux du zoologiste.

Le bulbe qui produit le poil est en général beaucoup j)lus petit que celui qui fournit la plume; il est ovalaire et présente du reste la structure de tout bulbe phanérique. La pulpe productrice qui en occupe la cavité excrète à sa surface des couches successives d’une matière cornée, qui se montre quelquefois plus molle intérieurement, plus consistante et colorée à l’extérieur. La succession de ces couches, dont les plus récentes poussent devant elles les plus anciennes, forme le poil , qui sort du bulbe par un pore extérieur, en se faisant accompagner des couches vasculaire et épidermique , lesquelles demeurent attachées autour de la base du poil et la soutiennent.

Les poils peuvent demeurer simples et isolés les uns des autres, ou s’agglutiner et constituer des parties cornées qui prennent diverses formes, selon la partie qu’elles occupent et le rôle qu’elles doivent remplir.

Les poils simples présentent un grand nombre de différences que les zoologistes étudient avec soin. Ici je dois me borner à indiquer celle dont la raison physiologique est plus ou moins connue.

Il est des poils raides peu ou point flexibles , à pointe aigue et résistante, évidemment destinés à défendre l’animal contre les attaques de son ennemi; on leur donne plus spécialement le nom de jjiqnans. Leur structure a ceci de particulier, qu’ils sont composés de deux matières, l'une interne, l’autre corticale; la première molle, médullaire, incolore; la seconde beaucoup plus dense, tout à fait cornée et colorée dans la plupart des cas; celle-ci envoie parfois dans rinléricur de l’autre des prolongemens en forme de cloison, comme nous le voyons chez la porc-

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épie commun et chez le hérisson ^ especes chez lesquelles l’enveloppe cornée dont je parle a passablement d’épaisseur. Cette écorce est généralement très épaisse chez l’echidné; elle s’y montre très dure et très lisse. Il est des cas où îa matière médullaire est extrêmement rare et semble même avoir disparu ; les poils sont alors creux : tels sont ceux du pécari^ qui, sous ce rapport, se distingue du sanglier^ son représentant dans notre continent. D autres fois au contraire la matière spongieuse prédomine et n’est entourée que d’une écorce fort mince ; le poil devenu alors plus ou moins fin, conserve eneore de la raideur, mais se montre en même temps très cassant ; il ne peut donc plus protéger à la manière des piquans, mais seulement comme les poils ordinaires. ^

Ceux-ci , composés d’une seule substance , de 1 externe, sont assez résistans à la rupture et se partagent en deux espèces : l’une comprend des poils plus ou moins raides et grossiers, droits et en général couchés les uns sur les autres , dont les soies du sanglier et les crins de la queue du cheval nous donnent les exemples les mieux caractérisés ; ceux de la seconde espèce sont beaucoup plus fins , beaucoup plus flexibles, se contournent en tous sens sur eux-mêmes , et se mêlent de manière à se perdre les uns dans les autres; ils forment ce que nous nommons de la laine ou de la bourre; ils sont surtout commun dans la famille des ruminans. Ces deux sortes de poils interviennent différemment pour la défense. Les poils soyeux ne sont guère appelés , en général , qu’à opposer une résistance aux actions mécaniques qui pourraient menacer 1 animal , aussi ne sont-ils nulle part plus grossiers et mieux caractérisés que sur tes parties dorsales du tronc et exteines des membres. Les poils laineux et ceux de la bourre , toujours très longs et très touffus , sont au contraire plus spécialement chargés de s’opposer aux effets d une température froide, à la soustraction du calorique ; aussi sont-ils en général beaucoup plus communs chez les espèces du Nord que chez celtes de la zêne torride ; et , dans les pays qui sont alternativement chauds et froids, la bonne tombe et repousse selon les besoins de la saison. Cependant e g

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nVxisle jamais seule, et toujours la laine est enlre-mêléc de quelques jjoils plus droits et plus raides qui forment ce qu'on dési'jne sous le nom de jar dans nos rutninaus à laine.

La couleur des poils, ou ce qu’on nomme le jiclage, varie beaucoup dans la classe des mammifères; cependant j)lusieurs teintes qui existaient dans le système plianéreux des oiseaux, manquent chez les premiers; tels sont le rouge proprement dit, le bleu , le vert et le jaune [)ur. Du reste, nous faisons ici les mêmes observations que dans les classes précédentes, à l’égard de l’influence du climat sur la vivacité des couleurs et sur les diflerences qui existent entre les diverses parties du corps, en raison du degré de lumière qui les éclaire : toutes choses égales d’ailleurs, les couleurs les plus vives appartiennent aux mammifères des pays chauds ; dans le Nord au contraire l’albinisme est très fréquent et s’empare de beaucoup d’espèces qui portent des nuances plus ou moins vives dans les climats mieux favorisésde l’action solaire. L’albinisme est également un résultat assez constant de l’âge; les teintes de l’animal adulte sont les plus prononcées; celles du jeune en ditfèrent, en général, par une nuance plus claire et quelquefois par des dispositions transitoires qui constituent ce qu’on nomme une livrée. Enfin les parties inférieures du tronc et internes des membres sont généralement plus pâles que les parties opposées.

Outre les poils simples qui forment la couverture ordinaire du corps des mammifères , nous avons dit que nous trouvions encore, chez ces animaux, des poils composés, c’est-à-dire des poils qui, venant à s’agglutiner par groupes plus ou moins considérables , constituent des pièces ^ cornées. La forme de ces pièces varie beaucoup, et dépend avant tout de l’usage auquel elles sont destinées , usage qui varie lui-même considérablement.

Nous en trouvons d’abord qui remplacent les poils simples pour la protection du corps entier; elles prennent alors la forme d'écailles tranchantes à leur bord libre , et qui , bien que très distinctes par leur origine des écailles dermique des poissons, et des épidermiques des reptiles, les

DANS LA SÉRIE

rappellent néanmoins les unes et les autres par leur siéfje , leur usage, et leur disposition imbriquée. Ces fausses squammes, qu’on peut appeler écailles phanériques , se voient sur \es pangolins , dont elles couvrent la plus grande partie du corps , des membres et de la queue; elles protègent admirablement ce faible édenté contre la voracité des grands carnassiers qui tentent d’en faire leur proie , et qui ne gagnent que des blessures à tous les assauts qu’ils lui livrent.

Le plus ordinairement c’est à armer les extrémités des doigts que sont employées les pièces cornées formées par l’agglutination des poils. Elles constituent alors ce qu’on nomme génériquement un ongle , et naissent du tégument de la dernière phalange des doigts, désignée pour cette raison par la dénomination de phalange onguéale. Mais l’ongle est appelé à rendre plus d’un genre de service, et se modifie en conséquence. Il ne sert, dans certaines espèces, qu’à protéger l’extrémité des doigts; chez d’autres il arme cette extrémité d’un instrument d'attaque ou d’industrie.

Quand il est essentiellement protecteur, il constitue ou l’ongle proprement dit, ou l’ongle en sahot ^ selon qu’il protège plus ou moins complètement la phalange terminale.

L’ongle proprement dit est celui que nous voyons chez Vhonime et chez les quadrumanes ; il ne manque à aucun doigt, si ce n’est au pouce des extrémités postérieures de V orang-outang ; placé seulement sur la face dorsale du doigt , il conserve une forme plus ou moins aplatie ; son bord libre est tranchant, et tend à se courber en avant et à se disposer eu crochet ([uand on laisse prendre à l’ongle tout son accroissement; il tend par conséquent à prendre un peu le caractère d’un instrument d’attaque.

Le sabot protège beaucoup plus complètement que l’ongle proprement dit. Formé de poils qui naissent à la fois de toute l’étendue de la phalange , le sabot entoure celleci comme le fait la chaussure dont il porte le nom; aussi remplit-il le même usage, l’animal touchant au sol par l’ongle lui- même. Cette espèce d’ongle n’appartient,

DE LA PEAU

comme on le conçoit parfaitement , qu’à des animaux plus ou moins exclusivement phytophages j et parmi les herbivores, ce sont les espèces dont les pieds sont réduits, au moins pour la marche, au plus petit nombre de doigts, qui nous offrent de vrais sabots 5 les mieux caractérisés se voient chez les ruminans et surtout chez les solipèdes.

Parmi les autres modifications que subissent les ongles, nous signalerons d’abord celles qui en font des instrumens propres à creuser la terre. Nous rencontrons ces modifications chez les taupes , chez la plupart àcs édentés terrestres , et chez les rongeurs qui habitent des terriers j elles rappellent plus ou moins la forme des sabots.

Enfin, quand les ongles doivent servir d’instruraens pour grimper, pour s’accrocher, ou pour attaquer et saisir une proie , ils prennent une forme nouvelle qui en fait ce qu’on nomme des griffes. La griffe est un ongle plus ou moins prolongé au-devant de la phalange sur laquelle il a sa racine, enroulé sur lui-même latéralement, conique, pointu et plus ou moins recourbé en crochet. Nous rencontrons cette modification , surtout chez les carnassiers et chez les royigcursy à différens degrés de développement et avec quelques variations de formes. Chez les carnassiers ^ ce sont en général les griffes des membres antérieurs qui sont les plus fortes et les plus aiguës (1), tandis que chez les rongeurs qui grimpent les quatres membres sont également bien armés.

Il arrive fréquemment que tous les ongles du même membre ne se ressemblent pas j ainsi, dans les makis., l’ongle de l’indicateur, et quelquefois celui du médius de la main j)ostérieure , sont beaucoup plus longs que ceux des autres doigts, et se prolongent en pointe au-delà de la phalange. Chez les fouisseurs, il n’y a souvent que deux ou trois ongles qui soient propres à creuser la terre. En un mot, nous observons beaucoup d’anomalies dans la longueur proportionnelle et dans la configuration des on-

(1) Les chéiroptères font ixception sous ce rapport, et à tel point qu’ils manquent d ongles au moins à quatre de leurs doigts antérieurs ; mais la locomotion propre à cette famille de carnassiers explique sufhsaminent cette anomalie.

gles des mammifères j mais la plupart de ces particularités n’ayant pas encore de valeur physiolofjique dans l’état actuel de la science, et n’intéressant que la zoologie, sont par cela même en-dehors du cadre de ce travail.

Outre les écailles et les ongles, les poils composés forment encore un genre d'instrument plus offensif que défensif, et qui est connu sous le nom de cornes. Les cornes proprement dites ne se rencontrent que chez un petit nombre de mammifères, chez quelques ruminans y chez les rhinocéros et chez Vornithorhynque. Dans ce dernier nous trouvons une sorte d’éperon ou d’ergot surmontant une éminence osseuse du tarse , et qui offre ceci de particulier qu’il est percé à son extrémité d’un orifice correspondant à un orifice analogue de l’espèce d’apophyse sur lequel l’ergot est placé.

Chez les ruminans à cornes , nous trouvons celles-ci implantées sur le front, au nombre de deux dans la plupart des cas J les poils (jui les composent sont produits par des bulbes qui circonscrivent des saillies de l’os frontal, et , comme il n’y a de bulbe qu’à la base de ces saillies, et que le sommet en est dépourvu , il en résulte que la corne conserve un espace vide à son centre , et qu’elle grandit par la formation d’une série d’anneaux dont les plus nouveaux poussent les plus anciens devant eux. Ces derniers étant les plus petits, en raison du peu de développement ^ qu’avait l’éminence frontale au moment de leur formation , il s’ensuit que cette espèce de corne est plus ou moins pointue à son extrémité libre j elle peut du reste varier beaucoup dans sa direction et dans sa forme , comme on le voit en comparant entre elles celles des bœufs y des moutons , des chèvres y des antilopes y et des diverses espèces de chacun de ces genres.

Le chanfrein des rhinocéros est surmonté d’une ou deux cornes (i) qui servent, comme celles des ruminans y à repousser les attaques de l’ennemi ’ mais ces cornes ne sont pas creuses comme les précédentes j elles proviennent chacune d’un groupe de bulbes phanériques serrés les uns

(1) Lne dans l’espèce d’Asie, deux dans celle d'Afiique.

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contre les autres , et dont les produits s’agglutinent eu une masse compacte et conique.

La peau et ses dépendances jouissent, chez les mammifères , d’une mobilité très prononcée , au moins sur certaines parties du corps. Elles doivent cette mobilité au développement que prend , dans cette classe , un plan de fibres contractiles qui vient se rattacher spécialement à l’enveloppe chez les vertébrés supérieurs. Ce plan, qui manque tout à fait dans les deux classes inférieures de ce type, qui n’apparait que chez les ophidiens , parmi les. reptiles , prend déjà un peu plus de développement chez les oiseaux, et commence à s’y fasciculer* mais il n’acquiert , véritablement quelque importance que dans la classe qui nous occupe en ce moment. On distingue surtout ici des i muscles plus ou moins larges qui meuvent quelque partie i plus ou moins étendue du tégument, et d’autres faisceaux i plus petits qui s’attachent en particulier à certains bulbes .| pilifères , pour changer momentanément, dans certaines.! circonstances, la position de leurs produits.

Le peaucier proprement dit peut être divisé en deux;; grandes portions : l’une destinée à la tête, et nommée cé--\ 2Jhalique ; la seconde , étendue sous la peau du tronc, et,; désignée sous le nom de gastro-thorachiqne. La portion i: céphalique se subdivise elle-même en portion supérieure , , ou cervico-nasale , et portion inférieure , ou thoraco-faciale ^ . La portion du tronc se subdivise de son côté en trois au-.i très : une hrachio-derrnienne, une scapulo-dermienne, et une gastro-humérienne. Cliacune de ces subdivisions peut à son» tour sefasciculer plus ou moins, selon que l’exigent les mœurs» particulières de l’animal, son mode de station ou les bc--i soins de la défense j leur développement varie également t selon qu’elles sont appelées à une action plus ou moins » énergique , plus ou moins fréquente.

Parmi les exemples que j’en pourrais citer , je me borne- -i rai à ceux qui nous montrent plus particulièrement le=;! développement du peaucier en rapport avec les besoins de? la défense. Chez le porc-épic , mais surtout chez le hérisson , . animaux protégés par des piquaiis qu’ils liérissent au mo--

DANS LA SÉRIE

ment du danger pour les opposer à leur ennemi , nous trouvons attaché au derme qui porte cette armure un muscle gastro-thorachiquc très épais. Il n’offre pas d’autre particularité chez le porc-épic; mais chez le hérisson , qui jouit à un plus haut degré de la faculté de s’abriter sous sa cuirasse épineuse , nous trouvons la portion scapulaire de cette partie du peaucier extrêmement développée et formant un large disque musculaire , ovale , qui s’étend de la queue à la racine du col , et d’où partent d’autres faisceaux du ihoracliique ou du céphalique , qui irradient ceux-ci vers la tête , ceux-là vers la queue ou sur les côtes du tronc jusque sous le ventre; c’est à cette disposition remarquable que le hérisson doit la faculté de se rouler complètement sur lui-même et de retirer sa tete et ses membres dans l’espèce de bourse que lui forme, par sa contraction , son disque musculaire ; ne présentant à son ennemi qu’une surface hérissée de piquans , que relève cette même contraction du peaucier dans lequel ces piquans sont comme enfoncés. Bien qu’implantés aussi jusque dans le peaucier thorachique, les piquans du poi’c-épic , malgré l’épaisseur de ce muscle , ne pourraient se relever uniquement à l’aide de sa contraction; aussi chacun d’eux reçoitil un petit faisceau musculaire qui , du tissu cellulaire sous-dermien , se porte à la face dorsale de leur base. La même particularité se remarque chez \e pangolin^ chez Véchidné ; et, bien que l’observation ne l’ait pas encore démontrée directement, il est permis d’admettre des muscles analogues pour tous les mammifères qui ont la faculté de redresser leurs poils sur une partie quelconque du corps.

Ici se termine l'esquisse que j’avais à faire du tégument externe , étudié comme appareil de protection et comme appareil de sensation générale ou de simple toucher passif. Je passe maintenant à celle des modifications particiilières que subit l’enveloppe, soit dans ses couches constituantes, soit dans ses dépendances, pour fournir des appareils de sens spéciaux , pour faire connaître à l’animal telle ou telle qualité, tel ou tel phénomène du monde qui l’entoure.

APPAREILS DES SENS SPÉCIAtX

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