SÉRIE MÉDIANE SUPÉRIEURE
Les pièces qui composent cette série ou les vertèbres sont des segmens scléreux formés par une partie moyenne ou corps et par des saillies ou apophyses paires, dont les principales circonscrivent ordinairement un et quelquefois deux espaces annulaires , destinés à loger les masses nerveuses ou des vaisseaux. Il y aura donc à considérer, dans les vertèbres en général , le corps ou la pièce médiane, et la masse apophysaire ou les pièces latérales. Ceux des élé« mens de la vertèbre pourront se trouver en rapport inverse de développement 5 mais quand l’un des deux disparaîtra , ce sera toujours la masse apophysaire.
Les vertèbres forment une chaîne qui s’étend de l’extrémité antérieure à l’extrémité postérieure du tronc des ostéozaires , et qui est la partie fondamentale , et partant la la plus constante de tout leur système solide. Cette chaîne se divise en plusieurs régions , dont chacune comprend un nombre de vertèbres qui peut beaucoup varier.
La première de ces régions, en procédant d’avant en arrière, n’est autre que la partie de la tête connue sous le
nom de crâne. La parfaite analogie de cette partie avec les autres portions du système vertébral, aperçue depuis long[temps par M. Duméril , est aujourd'hui uu fait incontestable; il est bien reconnu que le crâne appartient au rachis, au même titre que l’encéphale se rattache à la moelle épinière ; et les anatomistes , d’accord sur ce point, ne diflèrent plus que sur la détermination du nombre des vertèbres qui concourent à former cette boîte. Dans son travail sur ce sujet (i)p M. Duméril rejjardait celle-ci comme une seule vertèbre. Spix et Carus , guidés par les vues du naturisme , divisèrent le crâne en trois segmens , qui représentent , selon eux, les trois segmens céphalique, thoracique et abdominal du tronc. M. Geollroy Sainl-IIilaire , divisant le nombre des pièces élémentaires qui composent , selon lui, le crâne, par celui des élémens ([u’il compte dans la vertèbre , a trouvé pour résultat le chiffre sept , et décrit, en conséquence, sept vertèbres céphaliques. M. de Blainville professe, au contraire, depuis 1814 que le crâne n’est formé que de quatre de ces segmens, et la voie par laquelle il est arrivé à cette détermination nous semble la plus sûre et la plus réellement philosophique. M. de Blainville , partant des rapports qui existent entre les ganglions spinaux et les ganglions encéphaliques avec appareil extérieur, en a conclu ceux qui doivent exister entre les vertèbres rachidiennes et les vertèbres céphaliques, et, de même qu’il a compté une vertèbre pour chaque paire de ganglions spinaux, il en compte une également pour chaque paire de ganglions céphaliques donnant origine à des nerfs (2). En conséquence , et d’après sa manière d’analyser les masses nerveuses cérébrales et les cordons qui en émanent , ce savant professeur admet les quatre vertèbres suivantes dans le crâne des ostéozoaires.
La première, en procédant d’avant en arrière, a son corps représenté par le vomer , et sa masse apophysaire , parles os propres du nez; elle correspond au ganglion d’origine des nerfs olfactifs.
(1) 11 porte la date de 1808.
(2) of. riiistolre de l’appareil de l'incitation.
APPAREIL DE LA LOCOMOTION
La seconde a pour pièce médiane le sphénoïde antérieur, et pour apophyses, les frontraux. Elle est affectée au ganglion optique.
La troisième est formée par le sphénoïde postérieur et par les pariétaux qui en achèvent la ceinture. Elle répond au ganglion qui donne naissance au nerf trifacial.
Les pièces occipitales composent enfln la quatrième, dont le corps est représenté par la pièce basilaire. Cette vertèbre correspond au ganglion des nerfs pneumogastrique, glosso-pharyngien et hypoglosse.
Les autres régions de la série vertébrale ne sont pas toujours bien distinctes les unes des autres , et se composent d’un nombre très variable de vertèbres, articulées entre elles le plus souvent de manière à jouir d’une mobilité plus ou moins grande. Ces régions sont : la cervicale ou prutkoraciqiie J qui suit immédiatement l’occipital, avec lequel elle s’articule d’une manière mobile j la thoracique ou costale , caractérisée assez généralement par les appendices c[ui s’y rattachent, et dont nous parlerons tout à l’heure,* la région posthoracique ou lombaire^ où ces appendices cessent de se montrer; la région sacrée ^ qui ne se distingue des précédentes que lorsqu’il y a des membres postérieurs; enfin la région coccygienne ou caudale , qui se prolonge plus ou moins au-delà de ces membres, et termine la colonne vertébrale : ses segmens sont en général exclusivement affectés à la locomotion , et la masse apopbysaire finit , en conséquence, par disparaître complètement; cependant il y a des exceptions à cette règle.