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SYSTÈME NERVEUX SYMPATHIQUE

Cette portion spécialement harmonisatrice de l'appareil qui nous occupe est interposée , comme nous venons de le voir, entre le système viscéral et les ganglions de la vie animale. Toujours placé, comme ceux-ci, au dessus du canal alimentaire, sa structure et sa disposition ont quelque chose d’intermédiaire à ce qui se voit dans les deux systèmes précédons.

Le grand sympathique est étendu d’une extrémité à l’autre du système ganglionaire. Il nous offre une double série de renflemens ganglioniformes , en nombre égal à celui des ganglions vertébraux, et d’autant mieux formés eju’on s’approche davantage de la tête. Chacun de ces renflemens, d’une structure ferme, fournit d’abord un filet de communication avec le ganglion vertébral correspondant, puis deux autres filets, l’un ascendant, l’autre descendant, pour le renflement qui précède et pour celui qui suit; enfin, s'il se trouve dans le voisinage d’un ganglion viscéral, ceux-ci lui envoient un filet de communication.

Le ganglion sympathique de la vertèbre nasale, ou le plus antérieur, parait être celui que M. H. Cloquet a trouvé dans le canal incisif.

Celui de la seconde vertèbre est l’ophtalmique.

Celui de la troisième est le ganglion de Meckel, qui communique avec le suivant par des filets carotidiens.

Le renflement correspondant à la vertèbre occipitale est un ganglion découvert par Jacobson, et non le ganglion cervical supérieur.

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Quant à ceux qui se rattachent aux vertèbres du cou, il faut les chercher dans le canal de l’artère vertébrale. Ceux des cavités tiioraciques et abdominales , ou du tronc proprement dit, forment sur les côtés du rachis deux renlleraens bien visibles ; ces séries latérales se rapprochent en arrière de la ligne médiane, et finissent par n’en faire qu’une seule sur les vertèbres coccygiennes.

Terminons cette esquisse de l’appareil de l'incitation et de riiarmonisalion, dans le type des ostéozoaires, en indiquant quelques-unes des principales différences qu’il nous offre selon la classe dans laquelle nous l’étudions. Malheureusement l’état actuel do la science laisse encore , malgré tout ce qu’on a écrit dans ces derniers temps , beaucoup d’incertitudes sur les véritables analogies qui doivent servir de fil conducteur au milieu de ces difl’érences, pour les apprécier à leur juste valeur. On ne s’étonnera donc pas si nous nous bornons aujourd’hui à en rapporter un très petit nombre, malgré tout l’intérêt que présente un pareil sujet.

La moelle , les ganglions avec appareil extérieur et les viscéraux, sont les parties les plus constantes de l’appareil , et celles qui subissent les changemens les moins prononcés dans la série des animaux vertébrés.

La moelle remplit tout son canal chez les , et parvient jusqu’à l’extrémité postérieure du rachis, sans former de queue de cheval. Il en est de même dans les autres ovipares.

Dans les mammifères ^ on la voit se prolonger aussi fort en arrière, et toujours plus que dans l’homme adulte. Le canal qm continue le ventricule moyen , bien visible chez les ovipares y cesse de l’être dans les mammifères, par suite de l’augmentation de la matière qui en forme les parois.

Ou a cru que le système ganglionaire de la tête était plus complexe dans \cs poissons , et notamment dans certains d’entre eux , que clans les autres ovipares ; il n’en est

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rien ; le nombre des ganjjlions est ici toujours le même et ce qui a fait croire le contraire , c’est que dans certaines espèces le ganglion olfactif est immédiatement collé contre les narines , et que , dans d’autres , il s’applique contre les lobes olfactifs eux-mêmes. L’encéphale des poissons représente une sorte de double chapelet de ganglions plus ou moins gros et placés à la suite les uns des autres. On y reconnaît, en arrière, un cervelet toujours impair, c'est-à-dire réduit à la partie médiane ou processus vermi- ; on peut y retrouver néanmoins la structure paire, c’est-à-dire un double cordon médullaire diversement incliné et configuré selon les espèces , et qui s’élève de la partie supérieure de la moelle j il n’y a point de commissure analogue au pont de Varole; 2% au devant du cervelet, une paire de protubérances lisses , arrondies, ovalaires, creusées intérieurement, et que les uns ont prises pour des tubercules quadrijumeaux, d’autres pour les couches optiques, d’autres pour les hémisphères du cerveau , ce qui est beaucoup plus vraisemblable,- S», plus en avant encore, deux lobes ovales formés par une membrane repliée sur elle-même , et donnant naissance de la sorte à des ventricules latéraux , mais dépourvus do plissemens secondaires ou circonvolutions. Ce sont, non les hémisphères du cerveau, comme on le croit, mais les masses olfactives, plus développées chez les poissons et les ovipares que le cerveau lui-même. Les véritables tubercules quadrijumeaux sont peut-être, s’ils existent ici , représentés par les éminences qu’on voit au dessous de la voûte formée par les hémisphères,- quant aux couches optiques* elles se confondent encore avec la racine de ceuxci. Enfin, nous trouvons en avant des masses olfactives le ganglion de l’olfaction, et dans les espèces électriques telles que les torpilles ^ en arrière du cervelet, des renflemens gangliformes , qui correspondent aux nerfs de l’appareil qui caractérise ces poissons , nerfs qu’on peut assimiler à la portion vague ou pneumo-gastrique de la quatrième paire crânienne.

Sauf quelques différences dans les proportions de son

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(léveloppeincnt , lo système {jan{jlionairo des autres ovipares ressemble à celui des poissons , et aucun dos ganglions céphaliques n’acquiert assez de volume pour couvrir les autres. A mesure qu’on s’élève dans cette sous-classe, on voit la proportion relative du centre médullaire et de la masse cérébrale changer en sens inverse, ou mieux , cette dernière augmenter tandis que le centre demeure comparativement stationnaire. Nous voyons aussi la proportion relative des masses olfactives et des hémisphères changer progressivement aux dépens des premières. Les commissures demeurent très incomplètes dans les ovipares ; il n’y a pour les lobes cérébraux ni corps calleux , ni voûte j le cervelet réduit à sa partie médiane n’a pas non plus sa commissure annulaire , le pont de Varole.

Quant aux mammifères , on peut leur appliquer assez généralement l’esquisse générale que nous avons faite de l’appareil. Les différences les plus importantes qu’on observe entre les divers animaux de cette classe, portent surtout sur les ganglions sans appareil extérieur j et même ee sont essentiellement ces différences qui déterminent anatomiquement le rang zoologique de l’animaL Le lobe olfactif décroît successivement à mesure qu’on s’élève vers l’espèce humaine. Toutefois , certaines circonstances pourront influer, en quelque sorte accidentellement, sur sou développement 5 tel sera le besoin de respirer dans l’eau, qui réduira beaucoup Tappareil olfactif, surtout s’il doit livrer habituellement passage à un liquide plus ou moins excitant J ce cas est celui des cétacés.

La masse hémisphérique' qui domine dans les mammifères la masse précédente tend de plus en plus à couvrir toutes les parties de l’encéphale , à mesure qu’on s’élève vers Vhom7}te. Dans les espèces inférieures, cette masse laisse encore le cervelet à découvert. Le nombre des circonvolutions et leur profondeur vont également en augmentant , aussi bien que l’épaisseur et la largeur des commissures.

Les tubercules quadrijumeaux se montrent, dans leurs variations, indépendans du développement de tout appa-

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reil extérieur, même de celui de la vision, qu’on a voulu y rattacher.

Quant au cervelet, sa partie fondamentale va en diminuant , et ses lobes latéraux aufjmentent et se plissent de plus en plus, à mesure qu’on s’élève des mammifères inférieurs à Vhommc. Sa commissure transversale ou le pont de Varole, qui appartient à ses hémisphères, devient en même temps de plus en plus saillante.

Les différences que présentent les ganglions viscéraux dans le type des ostéozoaires, ne portent que sur leur plus ou moins de développement. Il en est de même de celles qui concernent le système grand sympathique , qui se prononce et augmente successivement des poissons aux mammifères; ses ganglions ne se distinguent pas bien chez les premiers de leurs cordons intermétliaircs , et ne deviennent un peu évidens qu’à partir des reptiles (i).

Encore une fois, le système nerveux, condition organique des fonctions les plus élevées de l’animalité, réclame de nouvelles études comparatives, pour que nous puissions formuler d’une manière un peu plus complète l’histoire de ses différences, comprendre celles-ci, et les rattacher avec une certaine exactitude aux modifications qui en dérivent dans le reste de l’organisation, puis aux mani-

(1) On avait signalé l’absence du grand sympathique sur lès vertèbres cervicales des oiseaux et des autres ovipares, en quelque sorte comme une particularité propre à distinguer ces vertébrés des mammifères, et cependant on connaissait déjà, chez les premiers, la présence de petits ganglions dans le canal de l’artère vertébrale. Mais en y regardant de nouveau, on s’est convaincu, lo, qu’ ainsi que nous l’avons dit, ces derniers ganglions existent aussi chez les mammifères, et que ce sont eux qui continuent réellement dans tout le type le système dont il est question.

Que devenait alors le ganglion cervical supérieur, si intimement uni avec les nerfs pneumo-gastrique et glosso-pharyngique, même d’aprèsles observations de ceux qui le décrivent comme un ganglion du grand sympathique? Évidemment un ganglion intervertébral; « Ce ganglion, dit Cuvier, est situé (chez les oiseaux') immédiatement sous le crâne; il communique presque aussitôt avec la neuvième paire, et surtout avec la huitième , avec laquelle il a l’apparence de se confondre entièrement, u Ces faits ne justifient-ils pas complètement le rôle que M. de Blainville assigne au ganglion cervical supérieur ?

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festations vitales propres à chaque espèce. L’unité, la variété et le progrès de cet appareil une fois bien connus et bien appréciés, nous aurons des principes certains pour procéder à l’étude de cette triple loi , dans l’ensemble des conditions anatomiques de la vie, nous aurons une anatomie et bientôt après une physiologie véritablement scientifiques.

TABLE DES MATIÈRES

Préface.

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