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GANGLIONS ET NERFS DE LA VIE DE RELATION

Cette partie importante de l’appareil qui nous occupe comprend deux groupes généraux de ganglions : des gangltons sa?is appareil extérieur j c’est-à-dire n’envoyant de faisceaux nerveux qu’à la masse centrale j et des ganglions avee appareil extérieur, c’est-à-dire qui émettent, outre les faisceaux centripètes , par lesquels ils se rallient au système entier, des nerfs qui vont à la périphérie animer les organes sensoriaux et locomoteurs.

Il est à remarquer que chez les animaux vertébrés tous ces ganglions demeurent au dessus du canal alimentaire, en sorte que nous ne trouverons plusici d’anneau œsophagien.

La masse ganglionaire encéphalique , qui n’était représentée dans les types précédens que par un très petit nombre de ganglions, souvent même plus ou moins confondus avec le renflement central , devient très considérable dans les ostéozoaires 5 son volume et sa complication augmentent progressivement, depuis les derniers vertébrés aux mammifères et à Vhomme. On y distingue parfaitement , d’une part, les ganglions sans appareil extérieur, dont nous parlions tout à l’heure 5 d’autre part, un certain nombre de ganglions sensoriaux et locomoteurs. La masse de ceux-ci , d’abord prédominante dans les espèces inférieures du type , est dominée à son tour de plus en plus par l’ensemble des premiers, à mesure qu’on approche des espèces supérieures.

A. Les ganglions sans appareil extérieur sont les instrumens des actes instinctifs et psychologiques. Ceux de chaque paire sont unis entre eux par des commissures médianes ,

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qui consistent souvent clans une sorte d’échange et d’entrecroisement de quelques-unes de leurs fibres. Ces paires sont, d’api'ès M. de Blainville, au nombre de quatre, savoir: eu procédant d’arrière en avant, ou de la plus voisine à la plus éloignée du centre.

1° paire cérébelleuse ou le cervelet, composée d’une partie fondamentale , qui forme une seule masse sur la ligne médiane, et à lacjuelle s’ajoutent latéralement deux lobes plus ou moins considérables , qui finissent meme par constituer la portion la plus volumineuse du ganglion, ou les hémisphères du cervelet. La commissure transverse de cette paire se fait par des fibres cpii vont passer sur la face inférieure de la moelle allongée, et qui constituent là ce qu’on appelle la protubérance annulaire ou \epont de Varole. Sa communication avec le centre est établie par les faisceaux qu’on nomme vers la moelle (l),

et d’autres faisceaux se portent en avant, pour lier la masse cérébelleuse aux ganglions des paires suivantes.

2° Les tubercules quadrijumeaux. Cette seconde paire de ganglions est assez généralement considérée aujourd’hui comme affectée à l’appareil de la vision , dont on dépossédait les masses qu’on nomme couches optiques. M. de Blainville démontre que les tubercules quadrijumeaux sont bien réellement des ganglions sans appareil externe j non seulement il n’a pu en voir partir les nerfs optiques, mais le développement de ces derniers n’est nullement en rapport avec celui des tubercules dont on les fait provenir. J observerai en outre que les partisans de l’opinion moderne, et entre autres M. Tiedemann, conviennent qu’ils ont suivi les racines inférieures des nerfs visuels jusqu’à la surface des couches optiques. Les tubercules quadrijumeaux doivent leur nom à ce que , dans leur état de parfait développement, ils offrent à la surface de leur masse commune quatre éminences mamillaires séparées par un double sillon cruciforme. Les ganglions de cette paire sont un peu creusés en dessous,' leur commissure tranverse est fort épaisse* ils communiquent avec la moelle par des

(1) Les 'pédoncules du cervelet sont un diverticule de l'organe central.

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faisceaux qui se rattachent aux renflemens olivaires de celle-ci, et envoient à la paire suivante une commissure longitudinale, en même temps qu’ils en reçoivent, comme nous l’avons dit, une du cervelet.

3° La paire cérébrale ou cerveau proprement dit. C'est celle qui finit par prédominer. Les deux ganglions de cette paire sont parfaitement distincts dans ce qu’on nouime les /lémisphères masses plus ou moins volumineuses, qu’on peut se représenter comme formées par une sorte de feuillet replié sur lui-même, de dehors eu dedans et de haut en bas, de manière à embrasser des cavités connues sous le nom de ventricules latéraux. Les éminences ou cii’convolutions qui se développent à la surface de ces hémis- ])hères, chez les vertébrés supérieurs, sont aussi comme les résultats d’un autre plissement, qui permet la multiplication de la surface cérébrale sans augmentation de son volume apparent (l). Il faut rattacher aux circonvolutions diverses saillies et certains prolongemens des parois des ventricules, et notamment les corps striés j le septum lucidum y qui n’est qu’un diverticule des corps striés, les pieds

Hippocampe ou cornes d’ Ammon , et l'ergot de coq. Les deux hémisphères cérébraux ont pour principale commissure médiane ou transversale le corps calleux ; par les faisceaux des pédoncules , ils sont mis en rapport avec la moelle allongée, et plus particulièrement avec ses cordons inférieurs ou pyramidaux, qui s’entrecroisent comme nous l’avons vu. Enfin, les deux faisceaux qui forment la voûte à trois piliers rattachent le cerveau à la paire la plus antérieure des ganglions qui nous occupent , et complètent leur enchaînement les uns aux autres.

4° Les masses olfactives. Cette paire n’est autre que ce qu’on nomme ordinairement dans l’homme les Jierfs olfactifs. M. de Blainville enseigne que ces prétendus nerfs

(1) On sait que Gall avait la prétention de déplisser réellement le cerveau, et de ne faire en cela que le ramener naturellement à sa structure primitive. Mais évidemment ce déplissement ne peut avoir lieu sans un peu d’artifice, c’est-à-dire , sans rupture , parce que les fibres qui vont aux parties de la circonférence les plus rentrées ne peuvent s’étendre autant que celles qui vont aux points en saillie.

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sont de véritables ganglions sans appareil extérieur; ils sont formés , comme les trois paires précédentes, d’une couche extérieure de substance grise, et d’une couche intérieure de substance blanche. Cet anatomiste leur donne pour commissure transversale ce qu’on nomme la comw/ssure antérieure du cerveau, et il regarde comme leur moyen d’union avec le centre, un double faisceau de fibres blanches , qui passe sous les corps striés , va se réunir aux pédoncules cérébraux et aboutit aux cordons pyramidaux de la moelle.

B. Les ganglions avec apjiareil extérieur sont, avonsnous dit, ceux d’où partent des nerfs ou cordons centrifuges qui vont se distribuer aux organes sensoriaux et locomoteurs. On peut distinguer ces ganglions en ceux qui se rattachent à l'extrémité encéphalique de la moelle, et en ceux qui sont en rapport avec la partie rachidienne de ce centre. Toujours très rapprochés de celui-ci , ils communiquent chacun avec lui par deux groupes de cordons ou de racines, qui s’insèrent aux faux sillons de ses faces supérieure et inférieure. Mais des racines en question , les supérieures seules appartiennent bien évidemment au ganglion; les inférieures ne s’y rattachent jamais aussi intimement, et peuvent même, comme nous allons le voir, en être indépendantes et fournir directement une partie des nerfs de la paire correspondante. Remarquons enfin que les ganglions céphaliques , et une partie de ceux du cou, se portent en avant de l’endroit où leurs cordons rentrants s’insèrent à l’organe central, tandis que ceux du reste du rachis se portent de plus en plus en arrière (l).

(1) Le centre nerveux céplialo-racliitlicn peut être considéré comme composé de deux cônes réunis base à base, et représentés, l’un par la partie céphalique, l’autre par la portion épinière de ce cordon. A partir du point ou ces cônes se rencontrent, en formant le renflement bulboïde de la moelle, les ganglions et les nerfs qui se rattachent à chacun d’eux sc dirigent généralement en sens oposés; ceux du cône crânien se portent d’arrière en avant, ceux du cône rachidien d’avant en arrière. Ces directions sont d’autant plus prononcées, les cordons nerveux tendent à marcher d’autant plus directement, les uns en avant, les autres en arrière, que ces cordons s’insèrent sur des points de l’axe central plus éloignés du bulbe médullaire; au voisinage de celui-ci, on trouverait encore des exceptions à la règle générale. Ainsi tend à

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Les g^anglions et les nerfs céphaliques sont au nombre de quatre paires, destinées principalement aux quatre appareils des sens spéciaux; c’est d’après cette considération, et d’après l’endroit où les nerfs sortent du crâne , qu’on peut diviser celui-ci en quatre vertèbres.

La première paire , en procédant d’avant en arrière, est la 2>airG olfactive, dont le (jauglion est appliqué contre les masses du môme nom , mais toutefois distinct de ces masses. Tous les filets de cette paire se distribuent à la membrane pituitaire, et paraissent consacrés à sa fonction spéciale.

La seconde paire mérite le nom à'ophtalmique , parce qu’elle est destinée principa'îemcnt à l'appareil de la vue. Elle a pour ganfjlion particulier les corps grenouilles externes , et son insertion au centre médullaire est sigrnalée par les renÜemcns que nous connaissons sous le nom de couches optiques. Du reste, nous commençons à trouver ici les deux ordres de racines qui rattacheront désormais chaque paire de nerfs au centre ; et en même temps nous voyons les cordons qui les composent se partager en sensoriaux et locomoteurs, ce qui n’était pas le cas pour la paire précédente. Aux racines supérieures de l’ophtalmique appartiennent le nerf optique et le nerf pathétique (4® p. des anat.) ; aux racines inférieures, les nerfs moteur oculaire commun, et moteur oculaire externe.

La troisième paire céphalique pourrait être appelée

se former aux deux extrémités de cet axe ce qu’on nomme une queue de cheval; cependant les choses n’en viennent réellement jusque là qu’à l’extrémité du cône postérieur , et seulement encore lorsque la moelle ne se prolongeant pas aussi loin que son canal, ses dernières paires de uerfs ont dû remonter jusqu a élit et parcourir tout l’espace qui sépare leurs trous de conjugaison de la terminaison de l’organe central.

La diflérence que nous venons de signaler dans la direction des organes nerveux de la vie de relation, est fort importante à noter, car elle est en harmonie avec ce que nous voyons dans l’appareil locomoteur et sensorial, A la tete, en effet, c’est aussi d’arrière en avant que se dirigent les appendices, et les organes des sens spéciaux deviennent d’autant plus complètement ante'rieurs, que leurs nerfs s’insèrent plus loin du bulbe de la moelle. Au , tronc, au contraire, les appendices, et surtout les membres, se dirigent d’avant eu arrière.

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maxillo-auditive; c’est celle qui appartient à la vertèbre sphénoïdale postérieure ou spbéno-pariétale. Son ganglion est ce qu’on nomme la patte d’oie. Les renflemens ou corps olivaires et le ruhan gris^ marquent son insertion à la moelle. Par ses racines supérieures, elle fournit les portions dure et molle du nerf auditif; par ses inférieures , elle donne le trifacial ou la cinquième paire des anatomistes de riiomrae. Il est ù remarquer que cette paire envoie à la vertèbre précédente un nerf sous le nom à'ophtahniqxie , et quelle communique d’ailleurs par de nombreuses anastomoses avec les blets nerveux de cette même vertèbre.

Enfin la quatrième paire, où celle de la vertèbre occipitale, pourrait recevoir le nom à'intestinale antérieure^ parce qu’elle se distribue ù la section antérieure du tégument rentré (l). M. de Blainville considère comme son ganglion le ganglion cerpical supérieur y que cet anatomiste retire par conséquent au grand sympathique, pour en faire l’analogue d’un ganglion intervertébral. Le bulbe rachidien correspond spécialement à cette paire. Des racines supérieures de celle-ci sortent les nerfs glosso-pbaryngien et pneumo-gastrique; de ses racines inférieures, le nerf hypoglosse.

Viennent maintenant les ganglions qu’on nomme vertébrauxy parce qu’ils se rattachent aux vertèbres proprement dites ou rachidiennes, et qu’ils se trouvent placés plus ou moins profondément dans les espaces intervertébraux nommés trous de conjugaison.

Chacun de ces ganglions se rattachera à la moelle par deux racines; mais il n’y aura encore que la supérieure qui se perde réellement en lui. Outre leurs rapports avec la moelle, ces petits organes en entretiennent les uns avec les autres, et avec le grand sympathique , au moyen de filets plus ou moins déliés. Le faisceau qui sort ensuite de chaque masse ganglionaire , pour se porter à la périphérie, se subdivise en deux parties, l’une dorsale et

(1) Aussi est-elle, quant à sa structure, comme intermédiaire ans net fs de. la vie animale et à ceux de la vie organique.

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l’autre abdominale; celle-ci communique toujours avec la paire suivante par un filet plus ou moins gros qu’elle lui envoie, puis elle se dichotomise elle-même, et donne des cordons pour chaque segment du corps. Lorsqu’il y a des membres , les nerfs qui leur sont destinés se réunissent et forment des plexus, d’où sortent les cordons qui vont se distribuer à ces appendices. Une partie des nerfs intervertébraux se ramifie et se perd dans la peau, pour les sensations générales; l’autre se répand dans les couches musculaires , et détermine par sa distribution parfaitement fixe leur mode de division et leurs formes secondaires, qui donneront ensuite la forme de l'appareil entier, et par suite, celle du corps en général, avec sa constante symétrie.

3° SYSTÈME NERVEUX VISCERAL.

La portion de l’appareil incitateur spécialement destinée aux organes de la vie nutritive, n’a pas, à beaucoup près, le développement, l’énergie et la régularité de la portion affectée aux fonctions de relation. 11 semble que ce petit système puisse être placé indifféremment au dessus ou au dessous du canal alimentaire. Voici comment il est composé dans son état le plus complet et le plus facile à étudier.

Il nous offre d’abord un premier ganglion plus ou moins plexiforme, désigné par l’épithète de cardiaque, lequel, situé à la partie supérieure du principal tronc des vaisseaux centrifuges, fournit des filets, d’une part au cœur, où ceux-ci se rendent en accompagnant les ramifications des artères particulières de cet organe, d’autre part au système sympathique, au moyen duquel le ganglion dont il s’agit se met en rapport avec le centre de tout l’appareil.

Nous trouvons plus loin une seconde masse nerveuse viscérale beaucoup plus considérable que la précédente, toujours placée au dessous de l’aorte abdominale , en avant du trépied cœliaque. Cette masse, formée elle-même d’un nombre plus ou moins considérable de petits tubercules ganglionaires , a la forme d’une demi-lune , d’où le nom

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de ganglion ou plexus semi-lunaire. Elle fournit de ses deux bords des filets nombreux et très anastomosés, qui se portent aux intestins et à leurs annexes, en suivant les ramifications de leurs vaisseaux j puis elle donne d’autres filets, mais centripètes, qui, sous le nom de grand et petit splanchniques, vont mettre le plexus semi-lunaire en communication avec le grand sympathique , et par lui , avec le centre et avec l’ensemble du système nerveux.

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