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APPAREIL DE L ABSORPTIÜIV ALIMENTAIRE

des glandes salivaires buccales, un foie, qui verse son produit au commencement de l’intestin grêle , et en conserve une partie dans une poche de dépôt, enfin une nouvelle glande, le pancréas, qu’on pourrait appeler , en raison de son produit, glande salivaire abdominale, et dont les canaux excréteurs s’abouchent très près de canaux biliaires et se réunissent même quelquefois à eux.

Un grand nombre de petits cryptes isolés ou réunis parsèment en outre la surface alimentaire.

Les productions phanériques intestinales se localisent chez les ostéozoaires , et se concentrent vers l’entrée du canal pour servir à la mastication.

Voilà, en traits généraux, l’esquisse des progrès que nous offre l’appareil alimentaire dans les animaux vertébrés. Mais il existe, entre les diverses classes de ces animaux , des différences si importantes, sous le rapport de ce progrès 5 et sous celui des dispositions et de la formq de cet appareil , que nous devons , pour achever cette esquisse, revenir un peu sur chacune de ces classes en particulier.

Le progrès est encore peu prononcé dans les deux classes inférieures, cependant 011 ne peut jamais l’y méconnaître.

Avec les poissons commence la nouvelle disposition des mâchoires et leur nouveau mode de mouvemens. Ces appendices s’articulent , comme nous le verrons ailleurs, de manière à ce c[ue la bouche peut se dilater au point d’admettre des proies d’un volume supérieur à ses dimensions ordinaires. Cette cavité est armée de dents nombreuses^ et bien qu’à la différence de ce que nous voyons chez les animaux inférieurs, ces instrumens se montrent dès ici concentrés vers l’entrée du canal alimentaire, il est à remarquer qu’on les trouve semés presque indifféremment sur les divers points du tégument interne compris entre l'orifice buccal et l’œsophage , montrant par-là qu’ils appartiennent essentiellement à cette membrane. Elle offre des dents, non-seulement sur les deux mâchoires, mais aussi sur les os palatins et pharyngiens, sur les pièces de réunion des arcs branchiaux, enfin, sur la langue, qui est

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généralement, petite clans cette classe. Les poissons ne possèdent cependant pas tous des dents sur ces divers points en même temps; ce cas ne s’observe guère cjuc chez cjuelques /?Oi(ssow5 osseux, par exemple, chez le brochet et le saumon. Les poissons cartilagineux sont généralement moins riches sous ce rapport : ainsi les raies et les squales n’ont des dents qu’aux mâchoires.

Le rapport de la forme des dents avec les habitudes alimentaires se manifeste déjà d’une manière prononcée dans la classe qui nous occupe en ce moment. Les poissons sont généralement très voraces et ne font guère cjue saisir et avaler leur proie , qu’ils prennent assez ordinairement vivante. Ils ont reçu pour cela des dents pointues et à crochet, auxquelles s’en associent quekjues autres taillées pour l'incision. On en rencontre fort peu c|ui soient propres au broiement; celles-ci sont alors ou alongées; droites et caractérisées seulement par une pointe mousse, ou courtes et aplaties; ce dernier caractère s’observe chez quelques ra/es (i) , dont les dents représentent des rangées de petits pavés et servent à broyer les crustacés dont ces poissons se nourrissent.

La bouche se rétrécit dans son arrière-partie et va se perdre insensiblement dans l’œsophage. Un estomac le plus souvent fusiforme, dirigé directement d’avant en arrière, fait suite à ce conduit, sans transition marquée, et se continue de même avec l’intestin. Ce cas est particulièrement celui des poissons très voraces, et même dans quelques espèces on voit le conduit alimentaire aller en se rétrécissant peu à peu de la bouche à l’anus. A l’intérieur cependant on peut toujours déterminer la place qu’occupe l’estomac, sinon par une différence de calibre ou de forme , du moins par l’existence d’un bourrelet pylorique, ou par l’insertion des canaux biliaires. D'autres genres de poissons nous offrent un estomac mieux dessiné , même extérieurement, et légèrement incurvé de gauche .à droite. Déjà nous remarquons dans ces mêmes genres un cul-de-sac au voisinage du cardia , et

(1 ) I.Ps rhinobales, 1rs mourinrs , etc.

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la dilatation g-astriquc est tout au moins plus largue dans ce point que vers son extrémité pylorique , où nous trouvons un détroit formé par un renforcement annulaire des fibres charnues.

L’intestin est ordinairement court, tantôt à peu près droit, tantôt un peu sinueux. Il va le plus souvent en se rétrécissant du pylore à l’anus sans ofîrir de ligne de démarcation entre sa portion absorbante et sa portion excrémentitiellej mais dans quelques cas le contraire a lieu, et l’on trouve un repli valvulaire au passage de l'intestin grêle au gros intestin : celui-ci se termine chez certains poissons ( les raies . les squales) , par un cloaque où viennent se l'cndre avec les excrémens solides l’urine et les produits des organes génitaux. Les autres animaux de cette classe ont une voie particulière pour les excrétions urinaire et génitale.

La membrane muqueuse est ici généralement assez molle , souvent veloutée et semée de quelques villosités dans l’estomac et le début de l’intestin. Elle offre aussi quelques plis, les uns longitudinaux , les autres transversaux.

Une membrane séreuse, mince et très molle recouvre la face externe du conduit intestinal, et lui fournit, en se réfléchissant sur les parois abdominales, un mésentère qui sert à fixer la situation de ce canal.

L’appareil de sécrétion est à peu près nul autour de la bouche, et n’y fournit pas de glandes salivaires, circonstance qui est parfaitement en rapport avec des habitudes alimentaires caractérisées par l’absence presque générale et à peu près complète de toute mastication. Il y a en échange un foie plus ou moins développé, d’un tissu peu consistant, mais tout-à-fait glanduleux, divisé en plusieurs lobes , et qui verse une partie de son produit dans une petite poche de dépôt connue sous le nom de vésicule biliaire. Enfin nous voyons ici , peut-être pour la première fois, un système salivaire abdominal, un pancréas. Simplement ébauché dans les poissons osseux, il y revêt encore la forme de cæcum plus ou moins nombreux, qui s’abouchent tout autour de la région pylorique. Chez les

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chonclroplérygiens le pancréas est une véritable glande conglomérée.

Chez les amphihiensy les diverses sections du conduit alimentaire sont déjà plus distinctes que chez les poissons.

La bouche largement fendue, sauf dans le genre 7?ro/c'c, se montre armée de dents petites et pointues , préparées uniquement, comme celles de la plupart des poissons, pour saisir la proie, non pour la broyer : ces dents se montrent moins abondantes que dans la classe qui précède, on n’en rencontre plus sur toute la surface buccale, mais seulement aux mâchoires (quelquefois même à la supérieure seule ) , et au palais.

La langue, d’un volume très variable selon les genres, présente chez les hatracicîis un caractère assez remarquable : adhérente à la partie antérieure du plancher de la bouche, elle a sa pointe dirigée en arrière, de telle sorte que pour être portée au-dehors, elle doit faire un retour sur elle-même en se repliant sur sa base.

L’œsophage est susceptible de se dilater beaucoup, grâce à la présence de gros plis longitudinaux.

Ces plis se continuent dans l’estomac, qui, d’abord assez large et assez droit, va ensuite en se rétrécissant et en s’inclinant un peu à droite. La diminution de son calibre est telle à son extrémité pylorique, qu’elle marque la limite des deux premières sections du conduit alimentaire.

L’intestin , constamment attaché à la paroi de l’abdomen par un mésentère péritonéal, a généralement peu d’étendue, sauf chez le têtard qui , se nourrissant de végétaux, a, par cela même, besoin d’un intestin plus long que celui de l’animal parfait , dont les habitudes sont carnassières. Du reste, la distinction des deux sections intestinales est assez manifeste, surtout chez les grenouilles et les salamandres. Le gros intestin se termine dans un cloaque.

Le système crypteux des amphibiens ne forme pas de glandes salivaires buccales, ce qui s’explique par l’habitude qu’ont les animaux de cette classe d’avaler leur proie sans la mâcher. Nous trouvons , en échange, chez la plupiirt d’entre eux, en arrière de l’estomac, un pancréas

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j)liis OU moins développé. Le foie est simple chez le létnrd et bilobé après la métamorphose.

En nous élevant des ainphibiens aux reptiles y nous n’apercevons pas de progrès bien saillant dans l’organisation du canal alimentaire. Il est cependant à remarquer que chez certains animaux de cette classe l’estomac prend quelque peu de développement et une direction plus oblique que celle qu’il nous a présentée jusqu’ici c’est ce qui a principalement lieu chez les cliéloniens. Les deux intestins se distinguent peut-être aussi plus nettement l’un de l’autre; et cela , non-seulement par une dillerence plus sensible de calibi’e et de longueur , mais quelquefois par la présence d’une valvule, quelquefois encore par celle d’un appendice cœcal à leur point de réunion. Enfin, il n’est pas indifférent de noter que des plis assez nombreux se montrent à la surface interne de l’appareil , et que par eux celte surface acquiert chez les reptiles plus d’étendue proportionnelle qu’elle n’en avait che^ les animaux inférieurs. Quant aux autres particularités que présente dans cette classe l’appareil de l’alimentation, elles se rattachent plutôt aux habitudes alimentaires qu’au développement général de l’organisme. Je crois néanmoins devoir indiquer les principales d’entre elles.

La bouche, toujours très largement fendue, peut, chez la plupart des reptiles, se dilater considérablement, grâces à ce que la mâchoire inférieure s’articule avec des pièces mobiles, qui permettent aux parois osseuses de cette cavité un grand écartement. Cette disposition coïncide avec la voracité carnassière des animaux chez qui nous la rencontrons, et leur permet d’avaler des proies énormes; d’autant plus que l’œsophage et l’estomac jouissent de la même extensibilité , à la faveur des plis longitudinaux considérables qu’ils offrent dans leur état de repos. Chez les chénoliens , espèces qui se nourrissent pour l’ordinaire de végétaux ou d’animaux proportionnés au calibre de leur bouche, la mâchoire inférieure s’articule à des pièces fixes, et ne permet pas le même écartement des parois de cette cavité.

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Chez les ophidiens, les sauriens, les crocodiles, animaux voraces qui engloutissent sans mastication des proies vivantes souvent très volumineuses, la bouche est armée de dents plus ou moins nombreuses, plus ou moins pointues et à crochet, propres, en un mot, à saisir, à retenir, et quelquefois à inciser. Ces dents sont situées, ou seulement sur les bords correspondans des mâchoires, ou en même temps aussi sur la surface palatine. Le plus souvent elles ne sont implantées que dans l’épaisseur du tégument buccal J chez les crocodiles , en échange , nous les trouvons enchâssées dans des alvéoles creusées dans les os maxillaires. Mais de toutes les particularités que présentent les dents chez les reptiles, nulle ne mérite davantage d’être signalée que la disposition des crochets venimeux dont certains serpens se trouvent armés. Ces crochets sont des dents maxillaires. Traversés depuis leur base jusque près de leur sommet par un canal résultant d’un déploiement de la dent sur elle-même, embrassés par un pincement de la membrane gingivale , ils correspondent et touchent par leur extrémité adhérente à la terminaison du canal excréteur de la glande parotide , canal qui se renfle ici pour former une sorte de petite vésicule. Lorsque l’animal mord, ses crochets venimeux appuient fortement sur ce petit réservoir, et forcent le liquide qu'il contient à en sortir; celui-ci rencontrant devant lui l’ouverture du canal dentaire dont nous avons parlé, s'échappe par cette issue et se trouve ainsi lancé dans la plaie.

Les chénoliens sont privés de dents. Chez eux ces instruments sont remplacés par des plaques cornées à surface inégale, qui revêtent les bords correspondants des deux mâchoires : ces plaques servent à broyer les algues et les animaux testacés dont les chéloniens se nourrissent.

La langue est rudimentaire chez les crocodiles et les chéloniens, et, en échange, plus ou moins développée chez les serpens et les sauriens; dans ces deux derniers ordres de reptiles, elle oflre, en outre, à son extrémité libre une bifurcation plus ou moins prononcée, et se fait remarquer par des mouveraenstrèÿ rapides d’extension et de rétraction. La langue du caméléofi se distingue éminemment de celle des autres rep-

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