C. Vices de situation
Ils doivent être divisés en deux classes : la première comprend les cas où le tube digestif, en totalité ou en partie , est placé hors de la cavité abdominale. Dans la seconde classe , le tube digestif est circonscrit comme de coutume par les parois de l'abdomen ; mais ses différentes parties n'occupent plus leur situation normale. Le cas le plus remarquable de cette
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dernière classe est celui où il y a transposition générale de toutes les parties de l'inteslin , de telle. sorte que ce qui doit être à droite est placé à gauche, et vice versa. Ainsi le grand cul-de-sac de l'estomac occupe l'hypochondre droit ; son orifice pylorique est silué au-dessous des fausses côtes gauches; les trois courbures du duodénum occupent à gauche la même place que normalement elles occupent à droite; leur concavité regarde le flanc droit. Le cœcum occupe la région iliaque gauche ; le colon ascendant se trouve dans le flanc du même côté ; le colon descendant se termine à l'S iliaque , qui est reçue dans la fosse iliaque droite. Dans ce cas , il y a également transposition , soit des autres viscères abdominaux , de la rate , par exemple , qui existe dans l'hypochonjjre droit j et du foie qui est logé dans le gauche, soit môme des viscères thoraciques : ainsi la pointe du cœur bat à droite , et c'est le poumon du côté gauche qui a trois lobes.
Les vices partiels de situation affectent principalement le colon transverse , tantôt passant au-devant de l'estomac, tantôt recouvert par lui, tantôt présentant son bord convexe en bas , et se dirigeant de telle manière qu'il forme un arc à convexité inférieure et beaucoup plus près du pubis que du bord colique <\ç l'estomac»
A la seconde classe appartiennent les hernies congénitales. Pour se faire une idée de leur mode de formation , il faut se rappeler que les parois abdominales ne se développent qu'assez long -temps après qu'ont apparu les viscères qu'elles doivent recouvrir , de telle sorte que jusqu'à l'époque de deux mois environ le
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foelus semble avoir ses diflerens organes hors de la cavité abdominale ; mais en rcalilé celle- ci n'exisLe pas encore. S'il y a arrêt dans le développement des parois , les intestins pourront se présenter, à l'époque de la naissance , dans la situation où on les trouve lors des premiers temps de la vie fœtale , c'est-à-dire qu'ils semblent être hors de la cavité abdominale. Ces mêmes parois peuvent de plus se développer d'une manière vicieuse ; elles peuvent se former derrière les viscères qui ne rentrent pas, et alors ceux-ci seront réellement situés hors de l'abdomen; mais ils n'en seront pas sortis, puisqu'en pareil cas ils n'y avaient jamais été contenus.
Les parois abdominales peuvent manquer dans leur totalité : alors non seulement on ne trouve aucun vestige des différens tissus qui forment les parois antérieure et latérale; mais le diaphragme lui-même n'existe pas ; cela coïncide le plus ordinairement avec une imperfection de développement dans les parois d'autres cavités , comme asternie, spina bifida, scissure plus ou moins laige de la voûte du crâne, bec de lièvre , etc. Une seule paroi peut être absente : tantôt c'est la supérieure, et alors les cavités thoracique et abdominale sont confondues en une seule; on observe qu'en pareil cas les poumons se développent ordinairement fort peu. Tantôt le diaphragme étant bien formé, c'est la paroi antérieure qui manque , soit dans sa totalité , soit d'un seul côté. De plus, l'une ou l'autie de ces parois peut exister, mais trèsimparfaitement sous le rapport du nombre et de la qualité des élémens anatopiiques qui les composetit.
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Ainsi la cloison ordinairement charnue interposée entie les cavités du thorax et de l'abdomen peut être remplacée par une simple toile fibro-celluleuse , comme cela existe normalement chez certains animaux. La paroi antérieure peut aussi manquer de muscles, et n'être constituée que par ses tissus celluleux, fibreux, séreux, cutané. Celui-ci s'arrête souvent sur les parties latérales de l'abdomen , et en avant Ton ne trouve plus qu'une couche de tissu cellulaire plus ou moins condensé. Les différens tissus qui, par leur assemblage, doivent normalement former les parois de l'abdomen, s'isolent ici dans leur existence, comme on voit se séparer aussi dans le spina bifida , dans l'anencéphalie , les tissus qui concourent à former les parois crâniennes ou rachidiennes. D'autres fois la paroi antérieure ne manque que sur la partie médiane , à la place de la ligne blanche on trouve une fente longitudinale, à travers laquelle apparaissent les viscères. S'il est vrai que les parois abdominales sont formées de deux parties latérales qui , d'abord séparées , finissent par se rencontrer et s'unir sur la ligne médiane, on comprendra facilement que l'existence d'une fente à la place de la ligne blanche atteste un travail d'organisation qui ne s'est pas achevé. Cette fente elle-même peut diminuer de plus en plus, et ne plus consister qu'en une ouverture qui existe à l'ombilic ou dans ses environs ; et , au-devant de cette étroite ouverture , il arrive quelquefois que l'on trouve la plus grande partie de la masse des viscères abdominaux. Enfin, d'autres fois, il ne reste d'autre chose d'insolite dans la conformation des parois ab-
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dominales qu'une ampleur plus grande que de coutume des orifices naturels, sp"écialement de l'anneau inguinal ^i).
p. Occlusion des ouvertures naturelles ^ et Communication contre nature des intestins.
Les vices de conformation qui accompagnent cette occlusion peuvent être rangés en trois classes.
I»* Classe. Elle comprend les cas où , la cavité du tube digestif étant interrompue en un point de son étendue , ses parois n'en forment pas moins un tout continu. Souvent alors une membrane obturante , placée de champ , forme comme un diaphragme qui intercepte toute communication entre la portion d'intestin située au dessus de lui , et celle placée au dessous. D'autres fois, au lieu d'une simple membrane, dont la perforation rétablirait la continuité de la cavité de l'intestin, celui-ci forme un cordon plein dans tme certaine étendue par suite de l'accollement intime de ses parois. C'est surtout vers le rectum que ces différens vices de conformation ont été le plus souvent constatés.
Il' Classe. Elle comprend les cas où il y a nonseulement interruption de la cavité de l'intestin , mais même de ses parois. Ainsi l'on a vu l'œsophage complètement séparé de l'estomac , celui-ci du duodénum,
(i) Le plan de notre ouvrage et les limites que nous nous sommes tracées s'opposent à ce que nous traitions des hernies survenues accidentellement après la naissance. Nous ne pourrions que copier les excellentes descriptions qui (n ont déjà été données dans les ouvrages de chirurgie, et nous y renvoyons.
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et le colon du rectum. On a vu aussi l'intestin grêle se terminer en cul-de-sac à une certaine hauteur , puis la portion subséquente recommencer un peu plus bas par une extrémité également en cul-de-sac, qui se continuait d'une manière normale avec le gros intestin.
IIP Classe. Ici, comme dans la seconde classe, il y a terminaison de l'intestin en cul-de-sac en un point de son étendue ; mais plus bas on n'en retrouve plus de trace , et le lieu qu'il doit occuper n'est rempli que pardu tissu cellulaire. Ainsi , par exemple , le gros intestin peut ne consister que dans le cœcum ou dans un rudiment du colon ; celui-ci peut exister tout entier , et se terminer avec l'S iliaque par une extrémité aveugle. Il peut y avoir enfin un commencement du rectum qui n'est pas achevé , si l'on peut ainsi dire , et se termine par un renflement sans ouverture à une distance plus ou moins éloignée de celle où l'on trouve ordinairement l'anus.
Soit que l'anus existe ou non , le tube digestif présente quelquefois des communications anormales, soit avec l'extérieur , et alors on l'a vu s'ouvrir à l'ombilic, immédiatement au-dessus du pubis , sous le pénis, soit dans divers organes creux , tels que la vessie ou îe vagin. Dans ce dernier cas, il y a tendance à la confusion des orifices terminaux des organes digestifs, urinaires et génitaux , et formation d'une cavité commune plus ou moins exactement analogue au cloaque des oiseaux.
d'anatomiï: PATnoLor.iQi e. KjÎS
ARTICLE lir.
LÉSIONS DE SÉCRÉTION
Les lésions de sécrétion dont le lube digestif est fréquemment le siège , et qui constiluent pour ce tube des maladies nombreuses, doivent ôire étudiées , 1°. à la surface libre de la membrane muqueuse; 2°. dans l'épaisseur même des divers tissus qui contribuent à former, en dehors de la muqueuse, les parois gastro-intestinales.
§. 1. PnODOITS DE SÉCUÉTIOS MORBIDE SCS-MUQCETTX.
Ces produits sont de deux sortes : les uns ne sont autie chose que les produits de la sécrétion normale augmentés seulement en quantité ; les autres sont des produits nouveaux.
A. Produits de la sécrétion normale augmentes en quantité.
Ces produits sont le mucus, la vapeur perspiratoire et les gaz.
En ouvrant certains cadavres, on est frappé de la prodigieuse quantité de mucosités qui couvrent parfois la surface interne de l'estomac ou des intestins. Ces mucosités forment souvent une couche épaisse , étendue sur une grande partie de l'intestin; au premier coup-d'œil on prendrait cette couche pour la membrane muqueuse elle-même , et on pourrait regarder cette dernière com;ne blanche et saine.
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Au-dessous de la couche de mucus qui la rcvct^ la surface interne du tube digestif peut se présenter dans deux étals opposés. D'abord l'on peut trouver au-dessous du mucus une rougeur vive de la membrane par laquelle il a été fourni ; ce cas est même le plus commun; mais on peut trouver aussi cette membrane pâle et sans aucune trace d'injection. Car l'augmentation d'une sécrétion n'entraîne pas nécessairement l'idée d'une congestion sanguine opérée dans l'organe sécréteur. La membrane muqueuse qui tapisse la surface supérieure de la langue nous offre à cet égard la plus grande analogie avec ce que nous montre l'ouverture des cadavres dans la partie du tube digestif qui, pendant la vie, se dérobe à nos regards. Ainsi, en même temps qu'une quantité insolite de mucus recouvre la face dorsale de la langue, tantôt on lionve au-dessous de ce mucus la muqueuse linguale d'un rouge vif, tantôt elle a sa couleur habituelle, et tantôt enfin elle est notablement [«lus pale que dans l'état physiologique.
Au lieu de mucus , il arrive quelquefois qu'on trouve dans le tube digesîif une énorme quantité d'un liquide semblable à de l'eau. Ce liquide paraît n'être autre chose que la vapeur qu'exhale ordinairement la membrane muqueuse , et qui , augmentée de quantité , se prés*^nle à l'état liquide. En pareil cas, on peut dire que la membrane muqueuse digestive sue véritablement. Ce remarquable accroissement d'exhalation peut s'accomplir d'une manière aiguë : c'est ce qui a lieu dans un certain nombre de cas de choléramorbus, où les abondantes évacuations qui ont lieu ne contiennent pas toujours de la bile , et sont parfois
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iniquement constituées par un liquide semblable à de la sérosité. Ouvre-t-on les cadavres en pareil cas : on trouve la membrane muqueuse assez fortement congestionnée, et rien autre cbose : c'est !a rougeur qui sur la peau accompagne la sueur; mais l'enveloppe cutanée ne se montre pas rouge et chaude, toutes les fois qu'elle devient le siège d'une exhalation séreuse abondante. Bien que froide et décolorée, la peau peut se couvrir de sueur. Il en est de même pour la membrane muqueuse digestive , et , sans rougir, elle peut aussi devenir le siège d'une abondante exhalation séreuse. En ouvrant les cadavres d'individus qui, vers la fin de diverses maladies chroniques, avaient eu une diarrhée séreuse sans douleur, j'ai été souvent frappé de l'état des intestins grêles : leurs parois, amincies et d'une remarquable pâleur, étaient distendues par un liquide séreux, tantôt incolore, tantôt légèrement teint en jaune. On a anciennement décrit sous le nom d'hydropisie de l'estomac une lésion qui me paraît avoir des rapports avec celle dont je viens de signaler l'existence dans l'intestin grêle. L'estomac était aussi rempli d'une grande quantité d'un liquide séreux; ses dimensions avaient considérablement augmenté, il occupait la plus grande partie de la cavité abdominale, et en même temps ses parois étaient extrêmement amincies. J'ai vu un cas de ce genre , dans lequel l'estomac, par sa grande courbure, touchait presque le pubis; ses parois très-minces laissaient voir à travers leur tissu transparent le liquide qui en remplissait l'énorme cavité. Bien différent d'un autre estomac , également très-dilaté , dont nous avons parlé plus haut, et dont le pylore était malade , cet eslo-
lo.
i\S ruiieis
mac ncprcsentaitd'aulre lésion ajjpréciable que celle
remarquable augmeiilatiou de dimension.
Les recherches des physiologisles modernes ont démontré que dans l'état normal le tube digestif contient toujours une certaine quantité de gaz, dont la chimie a , démontré la nature. Dans l'étal morbide, ces gaz viennent quelquefois à augmenter tellement de quantité , qu'ils distendent l'inleslin et causent plusieurs accidens.
Des diverses parties du tube digestif, le colon est celle où les gaz s'accumulent le plus souvent d'une manière morbide. Gel intestin se dessine alors à travers les parois abdominales; il refoule en haut le diaphragme , et il peut produire une dyspnée qu'il serait d'autant plus facile en pareil cas de confondre avec une dyspnée parhépalisalion pulmonaire, que le foie, refoulé avec le diaphragme, peut donner un son trèsmat jusqu'au-dessus du sein droit.
L'augmentation de la sécrétion gazeuse du lube dioeslif coïncide souvent avec un état d'irritation ait^uë de la membrane muqueuse; ainsi on l'observe fréquemment chez les individus dont les follicules de Peyer sont malades , soit simple^nent hyperémiés et ausmenlés de volume, soit surtout ulcérés. Cependant le seul fait de l'existence d'ulcérations dans le tube digestif ne donne pas lieu nécessairement à un accroissement de sécrétion gazeuse : en eflet, on ne trouve pas ordinairement distendus par des gaz les intestins ulcérés des phlhisiques.
D'un autre côté, j'ai vu plus d'une fois le ballonnement intestinal porté à un haut degré chez des individus dont l'intestin ne présentait après la mort
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aucune lésion, et qui avaient succombé à nne affection cérébrale aiguë. Aussi ne me semble- t-il pas démonlré que , dans les Gèvres typbokles, le ballonnement du ventre annonce nécessairement l'existence d'ulci raiions dans les intestins. Pent-êlre .serait- on plus près de la vérité en admettant qoe la ppcuiualese iniesîinale, lice souvent , mais non constamment , à un état d'ulcération du lubedioestil. est, comn^e cette ulcération, un eflet de la cause morbide qui produit cet ensenib'e de symptômes qu'on a provisoirement désignés par le terme générique de fièvre typboïde. Notez encore qne les ulcérations ont surtout 'euv siège dans l'iiileslin grêle, et que c'c^t le gros intestin qui est le siège le plus fréquent de la tympaniîe.
Que si l'on doutait que l'augmentation de sécrétion gazeuse du tube digestif pût exister sans lésion de circulation ou de nutriiioii de ce tube lui-môme, je rappellerais ces cas de tympanites si remarquables qui s'observent bien souvent chez les 'femmes hystériques. Que vovons-nous en pareil cas? une modification non douteuse de l'innervation, et une tympanite coïncidant assez souvent avec cette modification pour qu'il soit logique de la regarder comme en étant un des résultats. De ce fait remonlez à ce qui pout avoir lieu relativement à la sécrétion gazeuse , dans les fièvi'es typhoïdes, où un rôle immense, soit primitif, soit consécutif, est cerlaiuement joué par l'innervation.
La réaction toute chimique des principes alimentaires introduiis dans les voies digestives est souvent une cause de lyrapanite; les vétérinaires savent qu'en nourrissant les moutons d'une certaine manière , on produit chez eux un tel développement de gaz dau5
Ja pause, quo ( es animaux périraient snflfoqucs, st ou n'évacuait proniptement ces gaz en plongeant un trocart jusque dans l'intérieur de la panse , à travers les parois abdominales.
B. Produits noiiveaaos.
a. Sang. Ce liquide se rencontre quelquefois dans la cavité de l'estomac ou des intestins : on l'y trouve a l'état liquide ou à l'état coagulé ; tantôt il n'y existe qu'en petite quantité et en quelques points ; tantôt il la remplit au point d'en distendre les parois.
Les causes sous l'influence desquelles le sang vient à se répandre à la surface interne du tube digestif sont les suivantes;
1*. Un obstacle mécanique apporté à la circulation de la veine porte : il en a été déjà question.
'j". Une irritation de la membrane muqueuse gastrointestinale : c'est ainsi que certains poisons corrosifs portés dans l'estomac produisent une hématémèse , et que certains drastiques donnent lieu à un flux de sang par l'anus. Du reste, en variant à l'infini les degrés on les modes d'irritation , on ne déterminera pas plus à volonté une hémorrbagie de l'estomac ou des intestins , qu'on ne déterminera un ramollissement ou une ulcération de ces parties.
5". Une congestion sanguine , qui n'est ni mécanique, comme dans le premier cas, ni déterminée par un travail d'irritation évidente , comme dans le second. Le sang s'accumule en un point de la trame de la muqueuse digestive , et il fine hors de ses vais-. seaux :. voilà tout ce que nous pouvons saisir.
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4'. Certains étals du sang lui-même , dans lesquels il est modifié de telle sorte qu'il tend de toutes parts à s'échapper de ses voies normales. C'est ce qui a lieu dans certains erapoisonnemens parabsorption, dans les typhus. Alors les fréquentes hémorrhagies qui ont lieu par la membrane muqueuse digestive n'ont plus leur cause dans une altération primitive de cette membrane elle-même; ces hémorrhagies , dont le vomissement noir de la fièvre jaune présente îe pins iVappantexemple , ne sont plus qu'un clés élémens d'une maladie qui existe partout où va le sang.
5°. Enfin, il ne faut pas oublier que le sang qu'on trouve dans l'estomac ou dans les intestins peut s'y être introduit par l'acte de la déglutition. C'estce qui arrive dans certains cas d'hémoptysies abondantes, et surtout lorsqu'un anévrysrae de l'aorte vient à s'ouvrir dansl'œsophage. On trouve, dans ce dernier cas, l'estomac distendu par un énorme caillot.
Quelle que soit la cause qui ait donné lieu à la présence du sang dans le tube digestif, l'anatomiste trouve en pareil cas la surface interne gastro-intestinale tantôt plus ou moins vivement injectée , tantôt, au contraire, très-pâle. J'ai trouvé cette surface parcourue à peine par quelques vaisseaux d'un médiocre volume, sans injection des capillaires, chez un individu qui succomba en moins d'une heure à une hémorrhagie très-abondante, qui eut lieu par le fondement pendant le cours d'une fièvre légère. Une grande quantité de sang couvrait la membrane muqueuse digestive depuis le commencement de l'iléum jusqu'au rectum; ainsi la source de l'hémorrhagie ne pouvait être douteuse. Dans le premier comme dans le second